Les envies de la rédac : Mars 2018

Mars, en librairie, c’est le mois du polar. Le moment où l’attention médiatique se porte plus que d’habitude sur votre genre préféré. BePolar vous offre un tour d’horizon (sélectif) des nouveautés : les bonnes, les attendues, et bien sûr les petites pépites qui vous feront briller à la machine à café (noir, bien entendu). Bonnes lectures !

Pour les découvreurs (grand format)
Peu d’auteurs bestsellers ce mois-ci, mais de très belles découvertes à faire, nous allons donc sortir des sentiers battus, en espérant croiser le grand méchant loup…
Complètement atypique, Olivier Barde-Cabuçon donne un Carnaval des vampires (Actes Sud) qui amène un « commissaire aux morts étranges » parisien dans la Sérénissime Venise, où la population est effrayée par des morts suspectes, car vidées de leur sang…

Beau titre (Par les rafales), belle couverture et belle surprise que la nouveauté de Valentine Imhof au Rouergue Noir, tribulations meurtrières d’une héroïne qui s’est placée sous la protection de Loki, le dieu destructeur de la mythologie nordique.

Les talentueuses éditions Agullo nous emmènent dans les Apennins italiennes avec les aventures du commissaire Soneri, qui se croyait en vacances dans son village d’enfance de Montelupo. Mais même dans ses belles régions boisées et isolées, l’Italie reste confrontée à des démons. Une pépite signée Valerio Varesi.

Figure emblématique du festival Quais du Polar à Lyon, le truculent Craig Johnson, Stetson de cow-boy à la tête, nous fait visiter son Wyoming grâce à une enquête de son emblématique shérif Walt Longmire. Sa curiosité est attirée par un suicide via deux balles dans la tête, soit une balle de trop…

Don Winslow, dont La Griffe du chien est désormais considéré comme un classique, sort aux éditions du Seuil Missing : Germany où il est questions de femmes parfaites et de trahison.

Une des attractions de ce mois est de savoir ce que vaut Le Journal de ma disparition de Camilla Grebe paru aux éditions Calmann-Lévy. Lauréate du Prix du meilleur livre suédois cet ouvrage ne déçoit pas : cold case, disparitions, on y trouve un peu de Camilla Läckberg et de Jussi Adler-Olsen et on se dit que décidément les Scandinaves ont une grande réserve de talents.

Poids lourd de ce mois de mars et des meilleures ventes, Michaël Connelly livre avec Sur un mauvais adieu (Calmann-Lévy) un roman où son héros récurrent Harry Bosch doit résoudre une double enquête qui le met aux prises avec son passé : retrouver un héritier putatif que personne n’attend vraiment et débusquer un violeur en série particulièrement retors.

Le maître du thriller allemand, Sebastian Fitzek publie Passager 23 (L’Archipel), digne d’Harlan Coben où de mystérieuses disparitions sur un paquebot vont peut-être enfin trouver leur épilogue…

Il y a comme une ambiance de True Detective dans la nouveauté de John Connoly, Le Temps des tourments, paru aux Presses de la Cité : un homme déchu accusé de pédophilie sort de prison et convainc un détective de son innocence avant de disparaître….

Trois belles nouveautés chez Métailié noir, dont Le grand roman de la violence péruvienne, Ayacucho d’Alfredo Pita, sur les zones troubles des guerres antirévolutionnaires et le nouveau livre de Lilja Sirgurdardòttir, Le filet, après le remarqué Piégée.

Petite pépite que ce Il est à toi ce beau pays de Jennifer Richard paru chez Albin Michel et qui nous narre l’étrange suicide d’un Pygmée natif du Congo aux Etats-Unis en 11916. Entre traite des Noirs et exposition « coloniale », on remonte les traces d’un célèbre explorateur britannique, un certain Livingstone…

Désormais solidement installées dans le paysage du polar, les charmantes et lougfoques enquêtes d’Agatha Raisin de M.C. Beaton trouve en Panique au manoir (Albin Michel) une surprenante mise en abyme autour de l’écriture et un personnage principal accusé de meurtre… Vous avez dit Agatha comment ?

Autre poids lourd, le maître du suspense et du fantastique Stephen King nous mène dans un monde où les femmes sont victimes d’une étrange torpeur et les hommes livrés à eux-mêmes avec Sleeping beauties (Albin Michel).

Hervé Commère est tout en sensibilités dans Sauf paru chez Fleuve noir où un homme, orphelin depuis ses 6 ans suite à un tragique accident, voit ressurgir à 40 ans passés un album photo qui ne devrait pas exister…

Sonatine nous propose (notamment) deux psychopathes avec un associable obsédé par la guerre du Vietnam et confronté à une folie meurtrière (Jesse le Héros) et un cas d’exorcisme qui passe en direct à la télévision et qui va mal tourner, Possession, un livre qui aurait effrayé Stephen King, qui en pourtant vu d’autres.

Des ossements d’enfants découverts au zoo de Vincennes, dans l’enclos des lions ? Danielle Thiéry, ancienne lauréate du prix du Quais des Orfèvres nous mène sur les traces d’un prédateur bien plus dangereux que les grands fauves chez Flammarion.
Un cadavre au somment d’un immeuble, au beau milieu d’Edimbourgh ? La reine du polar écossais, Val McDermid nous entraîne dans Skeleton Road (Flammarion) sur la route des criminels de guerre des Balkans.

Karin Slaughter chez Harper Collins Noir nous propose avec Une fille modèle une passionnante histoire de famille traumatisée par un drame obligée de se reconstituer pour enquêter sur une fusillade dans un lycée. D’actualité, non ?

Petit coup de cœur pour Le Hotu d’Albert Simonin, ressorti des cartons empoussiérés par la toujours surprenante La Manufacture de livres. L’auteur de Touchez pas au grisbi et des Tontons flingueurs connus pour ces adaptations cultes, narre l’histoire d’un duo chic (ou pas) et de choc qui ravira les amateurs de polars vintages.

Toile diabolique pour le nouveau Daniel Cole, L’appât, paru dans la collection La Bête noire (Robert Laffont). L’auteur du très remarqué best-seller Ragdoll offre ici des meurtres mis en scène qui vont affoler les médias et les polices du monde entier.

Le talentueux Emmanuel Grand propose une fresque hélas réaliste de la françafrique et de la chinafrique avec Kisanga chez Liana Lévi où un gisement de cuivre congolais est à l’origine de biens des appétits et d’une course-poursuite où sont en jeu bien des pouvoirs…

Prix polar Cognac 2017, Michel Moatti revient avec Les Retournants (HC éditions), un beau roman d’atmosphère qui nous emmène sur les traces des déserteurs de 14-18.

Star montante du polar islandais, Ragnar Jonasson, nous offre une troisième enquête de son inspecteur Ari Thór dans Natt (La Martinière). Alors que l’été et son jour permanent s’installent, un cadavre est trouvé près d’un fjord, alors que le volcan Eyjafjallajökull plonge le pays et l’Europe dans une obscurité propice au crime…

Pour les fauchés, ou ceux qui voyagent léger (poche)
Sire Cédric confirme les espoirs placés en lui avec Du feu de l’enfer chez Pocket : quand une sœur qui maquille des morts et un frère qui maquille des voitures se trouvent mêlés à des assassinats sordides, le capitaine Raynal rentre dans la danse.

Toujours chez Pocket, Nadine Monfils poursuit ses polars barrés avec Ice-cream & châtiments où un sosie officiel d’Elvis va de catastrophe en catastrophes alors que tout commence quand il renverse quelqu’un avec sa Cadillac.

Très belle fabrication (effet argenté sur vernis ?) et coup de coeur grand public pour La Menace de S.K. Tremayne (Pocket) : une jeune femme issue des milieux défavorisés de Londres épouse un riche veuf et emménage dans sa majestueuse demeure en bord de falaise. Alors que son jeune beau-fils semble l’avoir adopter, de sombres rêves, qui semblent prémonitoires, atteignent le jeune enfant.

Qualifiée de “James Ellroy du polar africain” par Le Point, Janis Otsiemi propose une saga gabonaise dans Tu ne perds rien pour attendre. A Libreville, un homme fait chaque soir le même rêve, celui de tuer un homme. Entre vengeance et innocence, le cœur du lecteur balance.

Le scénariste et écrivain Niko Tackian fait partie de ces écrivains qu’on surveille : avec Quelque part avant l’enfer (Pocket) il nous propose une trame narrative innovante : suite à un grave accident où elle est en phase de mort imminente, une femme voit un personnage lui prédire sa mort prochaine. Alors que sa vie reprend son cours, des femmes sont assassinées dans les rues de Paris...

Un corps, six victimes, aucun suspect. C’est le point de départ proposé par Daniel Cole dans le très attendu Ragdoll  : les forces de police pourront-elles éviter un nouveau cadavre recomposé à partir de différentes victimes ? Pour les amateurs du film Seven.

Karin Slaughter paraît en poche chez Harper Collins Poche, géant mondial mais petit nouveau dans le paysage éditorial français. Dans Au fond des bois, une policière est confrontée à une violente agression à son domicile qui se révèle être lié à un pédophile et trafiquant d’héroïne dissimulé au fond des bois...

Figure du polar noir français, Hugues Pagan signe Profil perdu chez Rivage/noir un délicieux polar noir où un duo de flics va être confronté à un parrain du crime et à une femme fatale.

Duo de romancier de polar historique de grand talent et réputés pour leur grande courtoisie,, Thierry Bourcy et François-Henri Soulier proposent chez 10/18 une freque d’espionnage sur les traces de Ravaillac, le mystérieux assasin du roi Henri IV.

Inattendue en polar mais toujours avec la finesse de plume qui la caractérise (qui lui vaut d’être très souvent pressentie pour le Nobel) Joyce Carol Oates dresse une glaçant fresque d’un Viol d’une femme libre, devant sa fille, et de l’injuste justice qui la condamne une seconde fois. A moins qu’un flic épris de justice, et épris tout court... Disponible aux éditions Philippe Rey.

Très, très beau programme chez Points, avec une nouvelle aventure de Walt Longmire de Craig Jonhson, confronté à la justice tribale chez les Cheyennes (A vol d’oiseau) ; dans Kabushiko, Dominique Sylvain nous plonge dans ce quartier sulfureux de Tokyo, dans le monde des Geisha modernes ; gros coup de cœur pour le mordant et plein de sombre ironie La Daronne d’Hannelore Cayre, multi-primé (Grand Prix de Littérature policière, Prix Le Point du meilleur polar européen) où l’on suit une traductrice dure à la tâche du Ministère de la Justice qui devient la Marraine du trafic du drogue, à découvrir d’urgence ; deux autres polars islandais de l’éditeur d’Indridason, avec Mörk de Ragnar Jonasson, la mort trouble d’un inspecteur dans une tranquille communauté, en pleine nuit polaire, et Piégée de Lilja Sigurdadottir, sur le destin trouble d’une femme qui sert de passeuse de drogue ; enfin live adapté sur grand écran avec Red Sparrow de Jason Matthews, le destin d’une belle jeune femme russe devenu agente de son pays et appât auprès d’un infiltré de la CIA.

Clare MacKintsoh, belle découverte des éditions Marabout voit rééditer Je te vois au Livre de Poche : dans le métro de Londres, une femme reconnaît sa photo, prise à son insu, en-dessous d’une petite annonce. Nul ne s’en inquiète jusqu’au jour où une femme ayant vécu la même situation est retrouvée assassinée..

Roi du polar judiciaire, John Grisham signe avec L’informateur (Le Livre de Poche) une enqête où une avocate de l’inspection judiciaire est confrontée à une alliance entre une juge de Floride et la mafia locale pour l’argent d’un casino. Une affaire périlleuse, voire très dangereuse...

Maître du thriller allemand, et explorateur infatigable des troubles psychiques, Sebastian Fitzek nous entraîne dans les traces d’un Somnambule que sa femme quitte précipitamment un matin, après avoir été agressée. Victime ou coupable ? (Le Livre de Poche)

La grande dame du thriller Patricia MacDonald imagine dans Message sans réponse (Le Livre de Poche) le message reçu de manière inattendue, un soir, par Eden, de la part de sa mère, avec qui elle entretient des relations distantes, et qui lui demande de la rappeler. Le lendemain, alors que le rappel n’a jamais eu lieu, la mère se suicide en entraînant le fils d’Eden dans sa chute...

Ecrivain libertaire de romans noirs, Jean-Bernard Pouy livre chez Folio Policier un roman où un sourd devenu muet par choix face aux affres de la vie va voir sa vie bouleversée par le meurtre d’une des rares personnes qui l’acceptait tel qu’il était. Noire vengeance.

Beau programme aussi chez J’ai lu, à commencer par le projet carritatif Phobia 14 écrivains de polar explorent les phobies pour la bonne cause, les bénéfices étant reversés à l’association ELA, qui lutte contre les leucodystrophies. Mais aussi deux valeurs sûres avec Danielle Thiéry et Des clous dans le cœur, réédition du livre qui reçut le Prix du Quai des Orfèvres et fit connaître l’auteur, ainsi que la suite du roman phénomène de Linwood Barclay Cette nuit-là, intitulé En lieux sûrs où une famille confrontée ses vieux démons voit l’histoire bégayer ; à suivre aussi la nouveauté de Jax Miller, Candyland, qui arrive juste après son Grand Prix des lectrices de Elle (obtenu avec Les Infâmes) et qui confirme son talent d’écorchée vive. Enfin, terminons en beauté ce riche mois de mars en concluant avec Guillaume Chérel qu’Un bon écrivain est un écrivain mort où il imagine 10 des auteurs les plus médiatiques réunis mystérieusement... et où la mort rôde, hommage en mode thriller à Dix petits nègres.

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