#SerialKiller : Le Silence des Agneaux de Thomas Harris

Les meilleurs livres de serial killers, jour 29

Derniers jours de notre saga sur les serial killers et on s’approche clairement de l’excellence, du chef-d’œuvre qui va durer dans le temps avec Le Silence des Agneaux de Thomas Harris : un thriller d’exception inspiré de la réalité, un personnage mythique, le tueur en série réinventé et un film culte. Tous les ingrédients sont là…

L’histoire :

Il s’appelle Hannibal Lecter. Il est psychiatre. Emprisonné à vie pour une série de meurtres, il est la plus grande autorité du pays en matière de démence criminelle. Pour comprendre les motivations secrètes d’un psychopathe connu sous le pseudonyme de « Buffalo Bill », car il découpe la peau de ses victimes comme l’on dépèce le pelage d’un animal sauvage, qui terrifie l’Amérique, la police a besoin de ses « intuitions ». Mais Lecter n’accepte de communiquer qu’avec Clarice Starling, jeune agent spécial du FBI. Si elle veut bien lui parler d’elle-même, de son enfance, de ses peurs intimes, peut-être l’aidera-t-il à trouver le tueur... Ou le tueur à la trouver.

Pourquoi ce livre est important :

Ce roman fait partie d’une tétralogie cohérente, où Lecter prend de plus en plus d’importance et où certains événements et personnages sont inspirés de la réalité, habilement reconstruits et enrichis en une fiction originale. Ainsi, Thomas Harris « synthétise » pour ses deux personnages des tueurs en série comme Jerry Brudos, Gary Heidnik, Gary Ridgway, Ed Kemper voire « le Monstre de Florence » ou Albert Fish. Le « costume en peau de femmes » de « Buffalo Bill » est inspiré d’Ed Gein, qui sert aussi pour… d’Hannibal Lecter, car il pratiquait le cannibalisme. Ce dernier doit également à Ted Bundy, un sociopathe charismatique et au Dr Salazar, rencontré lors d’un entretien en prison.

Hannibal Lecter... Probablement le serial killer le plus connu du monde, fiction et réalité mélangées. Un personnage mythique magnifiquement incarné par Anthony Hopkins à l’écran. Lecter fascine : distingué, courtois, délicat, cultivé, lettré, mélomane et fin gourmet, psychiatre brillant au parcours tumultueux, cannibale, hypermnésique doté d’un immense « palais de mémoire », féroce et impitoyable, expert en rhétorique et manipulation, sans aucun sens moral mais doté d’un profond sens de l’humour (noir)… Lecter, ce personnage insondable et paradoxal. THE serial killer.

Thomas Harris mène à son paroxysme le mythe du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Il innove avec ce concept de « meta-serial killer », un tueur en série qui enquête sur un congénère, prenant un rôle « positif » dans la narration. Ce roman est aussi en creux une critique de la domination masculine : les femmes doivent sauver leur vie et gagner leur place dans le monde de chaos des hommes. D’ailleurs Lecter et Sterling sont intimement liés psychologiquement parlant, le premier étant une sorte de guide spirituel pour la seconde, qui incarne une sorte de chemin de rédemption.
Enfin, ce livre puissant a profité d’une caisse de résonance mondiale avec le film culte éponyme, réalisé par Jonathan Demme, le troisième seulement à avoir obtenu la « quinte majeur » (« Big Five ») des récompenses aux Oscars en 1992 : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario adapté, meilleur acteur pour un Anthony Hopkins de gala, pourtant présent à l’écran 25 minutes seulement), meilleure actrice, la 2ème statuette ainsi obtenue par Jodie Foster.

Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :

1. Saluons une fois encore le travail de sélection et de mise en avant des jurys de prix de polar : le livre a ainsi reçu le prix Anthony en 1989, le Grand prix de littérature policière (1991) et le prix Mystère de la critique (1991).

2. Journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, Thomas Harris rencontra de nombreux criminels pour crédibiliser ses intrigues. Il a également entretenu des liens étroits avec le FBI, notamment la Division des Sciences Comportementales, basée à Quantico, spécialisée dans les affaires de serial killer.

3. Harris s’est notamment inspiré du travail d’un des plus célèbres agents du FBI, le profiler Robert Ressler, connu entre autres pour avoir popularisé l’expression « serial killer », permis l’arrestation de plusieurs tueurs en série et avoir participé à l’interrogatoire et la collecte de données auprès de criminels célèbres comme Charles Manson ou Ted Bundy.

4. Sur l’affiche emblématique du film, la tête de mort sur le dos du papillon est tirée d’une photographie de Philippe Halsman. Celle-ci représente le peintre Salvador Dali devant une tête de mort faite de corps de femmes.

5. Petite anecdote sur le personnage d’Hannibal Lecter. S’il a des origines lituaniennes, le célèbre tueur a pris la nationalité… française ! Un Français psychopathe ? Ça se saurait…


Tous les meilleurs livres de serial killers : https://www.bepolar.fr/Les-meilleurs-livres-de-serial-killers

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