#SerialKiller : Le Parfum de Patrick Süskind

Les meilleurs livres de serial killers, jour 31

Chef-d’œuvre que Le Parfum de Patrick Süskind : c’est tout d’abord le livre d’un sens, l’odorat, porté à son paroxysme, mais aussi une quête symbolique de la beauté pure et enfin un récit historique passionnant doublé d’un conte philosophique sous la forme d’un roman de serial killer.

L’histoire :

Le bâtard qui voit le jour dans le quartier le plus nauséabond de Paris est nommé Grenouille par un hasard du destin. Né sans parents ni amour, sans racines ni odeur, il est bientôt exploité par un tanneur qui l’emploie aux tâches les plus répugnantes. Dans la fange parisienne du XVIIIème siècle, Grenouille, doté d’un odorat et d’un instinct de survie jamais connus auparavant, mène une vie de nomade, volant les senteurs pour les recomposer. Il prend bientôt son destin en main en quête de l’odeur suprême, « apothéotique », la beauté pure, dans un voyage macabre et poétique où il ne s’impose aucune limite…

Pourquoi ce livre est important :

On sent ce livre presque autant qu’on ne le lit : il se présente comme la quintessence d’un des cinq sens, probablement le moins estimé, l’odorat. Les parfums sont omniprésents et nous donnent à voir, écouter, goûter, toucher des odeurs : ambiances de puanteur, odeurs corporelles ou parfums frais de fleurs... Grenouille ne vit que par et pour les odeurs, les arômes, les phéromones en une obsession pathologique, il se persuade vite que « qui maîtrise les odeurs, maîtrise le cœur des hommes ». Dans son parcours meurtrier, le parfum est à la fois le souvenir et l’âme, ce qu’il reste de l’homme quand il ne reste plus rien.

Mais il faut aller au-delà des sens et décrypter la quête symbolique qui se cache derrière le cheminement de Grenouille : celle de la beauté pure, ultime forme d’éternité. Süskind se sert pour cela de ses études en histoire et en littérature : il décrit brillamment la société française pré-révolutionnaire, celle d’avant l’hygiène, qui figure une époque impure, au sens propre comme au sens figuré, du corps comme de l’âme. La saleté y est omniprésente, tout y est nauséabond, violent, empreint de superstition et sombre avant que ne surgisse la lumière des savoirs.

Le Parfum est bien un conte philosophique sous forme de roman de serial killer. Grenouille est un tueur en série dont la vie n’a de sens que par sa quête, il sème la mort et le chaos autour de lui, dans un premier temps sans volonté ni conscience de le faire : c’est l’envie qui va le rendre réellement meurtrier. Son physique difforme, ses difficultés à s’exprimer, son absence d’empathie, son odorat surdéveloppé le rangent du côté de l’animal : c’est la passion de posséder qui le rend humain.

Les dernières scènes sont quasi mystiques : la foule devient plus monstrueuse que le monstre, le dieu nouveau méprise ses créatures. L’auteur inverse totalement le système de valeurs, il nous entraîne sur une pente dangereuse : accepter l’inacceptable, déshumaniser totalement les victimes, transformer un sociopathe en divinité. Les fidèles doivent ainsi dévorer corps et âme leur sauveur. Grenouille se sacrifie dans un acte d’art, totalement gratuit. La beauté pure, c’est la création, qui parfois peut être littéraire. Süskind s’y essaie avec brio.

Ce qu’il faut retenir (pour briller en société) :

1. Ce livre a valu à Süskind une reconnaissance internationale : le livre a été traduit en plus de de 50 langues et s’est vendu à plus de vingt millions d’exemplaires. Il a été adapté au cinéma en 2006 par le réalisateur allemand Tom Tykwer.

2. Les sources de l’écrivain sont évidemment multiples mais l’on prête une certaine influence au passionnant essai de l’historien français Alain Corbin intitulé Le Miasme et la Jonquille. Grenouille aurait été inspiré en partie du parfumeur italien Giovanni-Maria Farina.

3. Ce livre culte a évidemment influencé beaucoup d’œuvres en retour mais notons ce surprenant exemple : Kurt Cobain se serait inspiré du roman pour sa chanson « Scentless Apprentice », qu’il considérait comme l’une de ses préférées. Smells like teen spirit, right ?


Tous les meilleurs livres de serial killers : https://www.bepolar.fr/Les-meilleurs-livres-de-serial-killers

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  • Michèle 8 septembre 2018
    #SerialKiller : Le Parfum de Patrick Süskind

    Le parfum de Patrick Süskind, c’est mon préféré et que j’ai du le lire au moins trois fois 😊c’est un roman les plus déroutants qu’il m’ait été de lire 😊l’intrigue est sublime,aux niveaux des sensations,la personnalité de Jean Baptiste Grenouille et ses actes épouvantables... le top 😊

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