Rever - Franck Thilliez

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Résumé :

Si ce n’étaient ses cicatrices et les photos étranges qui tapissent les murs de son bureau, on pourrait dire d’Abigaël qu’elle est une femme comme les autres.
Si ce n’étaient ces moments où elle chute au pays des rêves, on pourrait jurer qu’Abigaël dit vrai.
Abigaël a beau être cette psychologue qu’on s’arrache sur les affaires criminelles difficiles, sa maladie survient toujours comme une invitée non désirée. Une narcolepsie sévère qui la coupe du monde plusieurs fois par jour et l’emmène dans une dimension où le rêve empiète sur la réalité. Pour les distinguer l’un de l’autre, elle n’a pas trouvé mieux que la douleur.

Comment Abigaël est-elle sortie indemne de l’accident qui lui a ravi son père et sa fille ? Par quel miracle a-t-on pu la retrouver à côté de la voiture, véritable confetti de tôle, le visage à peine touché par quelques bris de verre ? Quel secret cachait son père qui tenait tant, ce matin de décembre, à s’exiler pour deux jours en famille ? Elle qui suait sang et eau sur une affaire de disparitions depuis quelques mois va devoir mener l’enquête la plus cruciale de sa vie. Dans cette enquête, il y a une proie et un prédateur : elle-même.

Vos avis

  • Krysaline555 6 juillet 2017
    Rever - Franck Thilliez

    A la recherche DU thriller de l’année mais un peu circonspecte quant à ce nouvel opus de Thilliez parce que un peu déçue par les précédents romans, j’ai été cependant rassurée car celui-ci est un one-shot et non pas une énième péripétie du tandem Franck Sharko/Lucie Hennebelle. C’est déjà un bon point car les derniers « Angkor », « Gataca » et « Syndrome E » ne m’avaient pas super emballé (oui, je sais, je ne ne vais pas me faire « que des amis »…). C’était un peu mieux avec Pandémia, mais bon, on n’atteignait pas les sommets de ses premiers romans selon moi tel "l’anneau de Moëbius" ou "mémoire fantôme".

    Mais là, Waouhh, c’est « Welcome in the darkness » !! Une pure folie au sens propre comme au figuré. Une histoire de fou qui aurait dû s’intituler « cauchemarder » et non « rêver ». Dingo, complètement dingomaniaque le Thilliez !! Je dois avouer qu’accrochée au bouquin jusqu’à la dernière page, scotchée par le suspense, j’ai « marché » dans son histoire à fond les gamelles. Invraisemblance ou pas, j’ai été complètement bluffée. le « grand » Thilliez, le retour ? Insomnies nocturnes garanties. Des rapts d’enfants, une mémoire peu fiable, une bonne dose de psychiatrie, l’escalade dans l’horreur, la descente aux enfers non seulement de l’héroïne, mais aussi de tous ceux qui l’entourent. : Tous les ingrédients du thriller sont réunis. A vos nuits blanches… prêt (e)s …. Partez !

    Évidemment, il m’a fait penser, souvent, à l’excellent « Anneau de Moëbius » du même Thilliez il y a quelques années. Cette mémoire labyrinthique et défaillante d’Abigaël (la psy de service qui aide la gendarmerie dans une enquête d’enlèvements d’enfants) dû à sa narcolepsie et autres cataplexies aussi inattendues qu’indésirables (il s’agit d’une maladie qui vous fait vous endormir n’importe où, à n’importe quel moment, sans prévenir. Remarquez au passage que ce thriller est ultra-documenté) sont là pour relancer le suspense tout au long des chapitres.

    D’ailleurs en parlant de chapitre ! Tellement « happée » par le récit que j’ai « zappé » le chapitre 57 ! Pas vu !! Enfin, pas vu, qu’il n’y était pas !....

    En parallèle de l’enquête sur la disparition d’enfants Abigaël est aussi frappée par un drame personnel où elle perdra son père et sa fille dans un terrible et très violent accident de voiture dont elle sera la seule survivante. Étrange ? Sans s’arrêter aux évidences, aux rapports d’enquête, elle ne cessera de se poser des questions quant au déroulement de celui-ci.

    L’histoire va de décembre 2014 (l’accident) à juin 2015 (le lavoir en flammes), mais les chapitres ne se succèdent pas dans l’ordre chronologique. Une ligne temporelle nous aide à nous repérer dans le temps de ce roman. Pas simple puisqu’en plus, on navigue entre rêves imbriqués dopés au Propydol (médicament qui aide Abigaël à lutter contre sa narcolepsie mais qui l’amène à oublier une partie de ses souvenirs) et réalité mais qu’est ce qui est « vrai » ? Pour rester connectée à la réalité, Abigaël s’automutile, se pique avec des aiguilles, puis se brûle avec des cigarettes. Tout est bon pour savoir si elle évolue dans un rêve ou non.

    Par contre la fin est légèrement en deçà des ambitions du récit, mais originale tout de même.

    Ce thriller très réussi nous emmène aux confins de la folie à travers une lucidité onirique effrayante. Une histoire angoissante et captivante, tortueuse à souhait ! Vous êtes un génopathe M. Thilliez ! (mélange de génie et de psychopathe) Merci !

  • feursy 18 juillet 2017
    Rever - Franck Thilliez

    " où naissait le rêve ? Quand se terminait-il ? Il y a toujours un rêve qui veille ! "

    Dès la première page, un petit avertissement nous indique que ce récit va être original. Comme l’héroine, nous naviguons entre rêve, hallucinations et réalité, heureusement Franck Thilliez trouve une astuce pour qu’on ne se perde pas dans la chronologie du récit. Bien sur il y a quelques invraisemblances, mais on se laisse happer par cette sordide histoire. Et que dire de l’épilogue où l’auteur nous invite à télécharger un chapitre manquant (voir ci-après) où se trouve une table des matières pour relire le livre dans la chronologie des faits.

  • universpolars 24 novembre 2018
    Rever - Franck Thilliez

    Des ouvrages traitant de la distorsion du temps, ou de lieux, j’en ai connu quelques-uns. Mais une distorsion de la réalité, il fallait le faire ! De plus, ce roman est pour moi une sorte de paradoxe, soit de la mécanique de précision déstructurée. Je veux dire par là que la structure est découpée au scalpel, avec une grande minutie, mais avec un contenu livré à des créneaux horaires aléatoires. Au final, une trame surprenante car très claire, nette et limpide.

    Dans ce thriller, Franck Thilliez nous présente quelques variantes qui s’orienteront quasiment toutes vers le thème du sommeil, un sujet qui va aller jusqu’à atteindre nos terminaisons nerveuses. Ce thème est varié et peut prendre des directions très obscures, ceci dans tous les sens du terme. Sommeil et cruauté sont des mots qui peuvent avoir quelques dénominateurs communs, surtout lorsqu’ils sont maniés par l’auteur.

    Abigaël Durnan est atteinte d’un trouble du sommeil assez rare nommé narcolepsie. Sans aller dans les détails, nous pourrions dire qu’une personne atteinte de ce trouble s’endort n’importe où, n’importe quand, d’une seconde à l’autre, sans aucun contrôle.

    Ce qui peut paraître "fascinant", c’est qu’une telle personne plonge en général dans un sommeil paradoxal - phase durant laquelle nous rêvons - très rapidement. Une grande confusion apparaît ainsi lors du réveil. Étrange trouble qui peut également pousser la personne à avoir des hallucinations lors de l’éveil ou même lors de l’endormissement.

    Sans oublier ce dommage collatéral, ce symptôme bien malheureux, la cataplexie. Une perte immédiate du tonus musculaire, une chute libre à tout moment, n’importe où, principalement lors d’intenses émotions.

    Mais au final, je crois que la médecine ne connaît pas encore grand-chose sur ce "monde étrange de la nuit".

    Franck Thilliez va donc exploiter ce "phénomène" pour ce nouveau millésime et peut-être même aller au-delà des explications médicales ? Quoi qu’il en soit - thriller oblige ! -, il va réussir à bien nous surprendre avec cette histoire à cauchemarder debout ! La peur du croquemitaine version 2016 !

    Abigaël Durnan, malgré son handicap lié au sommeil, est une brillante psychologue et œuvre comme consultante pour la police. Des enlèvements d’adolescents, perpétrés par un homme surnommé "Freddy", sont malheureusement à l’ordre du jour. Un Freddy Krueger qui joue sérieusement avec les nerfs des enquêteurs et avec l’âme démolie de parents en manque d’espoir. L’agresseur s’amuse également avec les indices, en développant un patchwork complexe dans la tête des enquêteurs. Mais pas seulement.

    Deux périodes clés dans cette histoire : décembre 2014 et juin 2015. La première période contient le déroulement d’un grave accident de voiture impliquant la psychologue ; à ce niveau-là - vous verrez -, tout n’est pas très net et pas très clair. Concernant la seconde période, je dirais laconiquement qu’elle représente la fin d’un cauchemar. Il faudra vous contenter de cette explication !

    Franck Thilliez nous pousse dans le monde des rêves, mais aussi un peu dans la réalité, ou alors est-ce peut-être l’inverse ? Tout le génie de ce roman demeure là. Que cela soit pour l’héroïne de cette histoire ou que cela soit pour nous, lecteurs, nous ne savons plus dans quel monde nous déambulons ! Le fil paraît si fin entre ces deux mondes que nous le traversons sans même le sentir.

    L’auteur veut absolument que nous nous fassions les réflexions suivantes : qui peut prétendre que là, à présent, je suis en pleine conscience. Vous êtes-vous déjà réveillés après un puissant rêve en vous disant que c’était tout ce qu’il y avait de plus réel ? Moi si. Où est le réel alors ? Que représente-t-il, en fin de compte ?

    Le personnage d’Abigaël va nous faire perdre pied, nous abattre à coups de confusions et nous laisser songeurs - justement ! -. Franck Thilliez, par l’utilisation de petits détails, va réussir à nous pousser à faire cette fameuse réflexion sur cette réalité qui ne l’est peut-être pas. Ou alors est-ce uniquement un simple mélange des deux ? Quelle confusion !

    Un rêve peut-il être si intense, si fort, que le dormeur ne saurait même plus de quel côté se tourner pour savoir dans quel état il se trouve ? Demandez peut-être à un patient atteint de narcolepsie, il pourra peut-être vous répondre ! Demandez à Abigaël…

    Mais est-ce peut-être un peu trop facile de tout mettre sur le compte des rêves et de l’imagination ? C’est évidemment un aspect qu’il faudra bien suivre dans cette histoire.

    Plusieurs éléments qui n’étaient vraiment pas destinés à se rejoindre vont tout de même prendre la même tangente ; grande spécialité de l’auteur ! Plutôt bien vu.

    Une affaire familiale va apparaître également dans le scénario, avec ses secrets, un grand mystère, des informations post-mortem troublantes et inquiétantes. Abigaël va devoir affronter sa maladie, dans la douleur, s’attaquer à la réalité des choses mais également à ses rêves. Elle va devoir aussi se battre contre l’impossibilité de faits pourtant bien présents, ou peut-être pas. Confusion toujours et encore.

    Jusqu’à la dernière ligne, Franck Thilliez nous laisse seuls face à de multiples interrogations, auxquelles il nous fournira quelques réponses, au compte-gouttes, jusqu’à nous balancer la totale. L’intensité des confusions va diminuer, les interrogations aussi, et l’explosion de nos neurones face au dénouement va prendre une place de choix !

    Bonne lecture et bonnes nuits blanches !

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