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L’Aigle Noir - L’interrogatoire de Jacques Saussey

Bepolar : Comment est née l’idée de ce nouveau roman ? Pourquoi l’avoir situé sur l’île de la Réunion ?
Jacques Saussey : La toute première idée de cette histoire est venue d’une discussion avec un ami enseignant qui réside à la Réunion depuis plus de trente-cinq ans. Il m’a fait part de certains faits ignobles qui s’y déroulent, comme en métropole, mais dans une plus forte proportion, et dont il a souvent été témoin. En tant que parent, en tant qu’homme, je suis profondément révolté par ces actes que rien ne peut pardonner. Le sujet central du livre s’est imposé de lui-même, et avec fracas.

Bepolar : Est-ce que le fait que ce soit sur cette île et que ce soit une île justement a influé sur votre écriture ?
Jacques Saussey : L’héritage insulaire de la Réunion a été fortement marqué par l’esclavage depuis le XVIIe siècle jusqu’en 1848, où il a été aboli plusieurs mois après la métropole. La société qui en a découlé est imprégnée de ce passé difficile et des clivages d’ethnies qu’il a générés. La famille y tient un rôle encore plus prépondérant qu’ailleurs, et c’est un cercle fermé très étanche où grandissent les enfants. Si ce nid est la plupart du temps un gage de sécurité pour les petits, il arrive que ce soit l’inverse, et que le diable se cache sous les traits de personnes qui ont autorité sur eux. Et là, le pire se déroule sous les yeux parfois fermés d’un certain nombre de proches. Cela concernerait au moins deux ou trois enfants par classe d’une trentaine d’élèves. De quoi avoir vraiment froid dans le dos.

Bepolar : Il y a un peu de Vaudou dans votre roman. Qu’est-ce qui vous intéresse là dedans ?
Jacques Saussey : Rien de mystique dans ce choix. Si le vaudou est présent dans une faible mesure dans la construction de ce thriller, c’est en fait uniquement comme d’un prétexte dont Sogbe se sert pour imposer son « église » à ses fidèles à la Réunion. Lui-même n’y croit pas, la drogue seule lui permet d’invoquer les puissances supérieures dont il se prévaut auprès d’eux d’être l’élu depuis son Togo natal, et qu’il a trahies dès le prologue dans la scène du lac. Ce trait particulier de Sogbe m’a été inspiré par un autre personnage, bien réel, celui-là, qui a commis un certain nombre de méfaits de cet ordre au début des années 2000 dans l’archipel des Mascareignes. Prêtre vaudou autoproclamé, l’homme en question a été incarcéré et condamné à de nombreuses années de prison suite à de multiples abus sur des jeunes enfants.

Bepolar : Un petit mot sur votre héros, Paul Kessler. Pourquoi avoir choisi un retraité de la police ? Est-ce que ça lui donne des choses en plus (une liberté, une expérience ?) par rapport à un policier en fonction ?
Jacques Saussey : Moi-même en retraite depuis peu, je me suis demandé à quoi songeait un flic qui stoppe brusquement toute activité professionnelle. J’ai imaginé ses pensées et réflexes bien éloignés de ceux issus du monde ouvrier qui a toujours été le mien. Kessler est un homme de terrain rompu aux enquêtes difficiles et aux traques en tous genres. Comment penser qu’un type aussi averti sur les affaires criminelles peut s’arrêter comme une pendule qu’on cesse de remonter ? Ça m’a paru tout bonnement impossible. Voilà un gaillard inactif par obligation, et qu’une soudaine opportunité peut remettre sur les rails en ressuscitant le fin limier qui forme son ADN depuis des décennies. Et lorsque celui qui lui demande de l’aider au début de ce roman, a, comme lui, perdu un fils dans un accident, Paul Kessler ne peut rester insensible à ce drame et aux doutes du vieil homme. Mais comme il n’est plus un policier en exercice, il n’a plus accès aux filières d’investigation de la Criminelle. Partant, il devra enquêter par ses propres moyens. En revanche, comme tout un chacun, il pourra laisser parler son libre arbitre. Il sera d’autant plus facile d’inviter le lecteur à prendre position par empathie sur les thèmes abordés au cours de ses prochaines aventures.

Bepolar : Les lecteurs et lectrices saluent dans leurs chroniques votre intrigue et sa constitution. Comment construisez-vous vos romans ?
Jacques Saussey : Pour L’Aigle noir, j’ai construit un plan très détaillé des événements. La période « présente » de la narration est rythmée tous les sept chapitres par un acte du parcours criminel de Sogbe, comme un coup de gong funèbre qui scande l’avancée du mal dans le récit. J’ai toujours aimé jouer avec le temps, et notamment avec deux champs différents dont l’un avance plus vite que l’autre. La difficulté consiste à ne pas perdre le lecteur quand les deux fils se croisent. Les indications de temporalité, ainsi que celles des lieux, doivent être précises sans devenir ostentatoires pour ne pas alourdir le livre. Mon idée, au départ, était de coudre l’intrigue principale avec deux autres qui la masqueraient un peu tout en étant intimement liées. Je voulais que le lecteur ne sache pas vraiment sur quel pied danser avant que je n’écarte le rideau des coulisses et l’invite à plonger dans le plus noir de ce roman.

Bepolar : Quels sont vos projets désormais ? Sur quoi travaillez-vous ?
Jacques Saussey : Mon prochain roman est terminé. Il met en scène encore un nouveau personnage : Alix Charbonneau, une jeune étudiante en médecine. Celle-ci réside dans un petit appartement sous les toits à Paris, mais ses parents vivent dans le Morvan, près de Vézelay. À l’occasion d’une visite chez eux, un week-end froid de novembre, Alix va faire une découverte morbide qui va bouleverser la vie de pas mal de monde, dont la sienne. Ce roman sortira en octobre 2023 chez Fleuve noir.
J’ai commencé à travailler sur le suivant, dont l’action se déroulera entre la Provence et Lyon. Les lecteurs y retrouveront Paul Kessler dans une seconde enquête qui va le ramener dans la région où il a autrefois exercé dans la Criminelle. Mais, là-bas, tout le monde ne sera pas ravi de le voir venir fouiner de nouveau dans le secteur à propos de….
Vous verrez ça en 2024 !

Galerie photos

  • Sylvie Geoffrion 13 juin 2023
    L’Aigle Noir - L’interrogatoire de Jacques Saussey

    Je découvre Jacques Saussey avec ce titre L’Aigle Noir. Et pour une première, disons que je suis servie. le prétexte pour nous raconter l’horrible ? Un crash d’hélicoptère qui tue l’héritier d’un riche propriétaire de vanilleraies. Celui-ci ne croit pas réellement à la thèse de l’accident et demande à un policier retraité, Paul Kessler, d’aller vérifier, sur place à La Réunion, les résultats de l’enquête de police concluant à l’accident.
    Kessler quitte donc la métropole pour se retrouver dans un univers inconnu, une flore exubérante, un climat excessif, une géographie stupéfiante, qui le heurtera, le contraindra mais ne l’arrêtera pas dans sa recherche de vérité. Et cette vérité affichera l’inexprimable, l’incompréhensible, le pire des hommes. Oui le propos de cette lecture m’a choquée, m’a découragée, m’a abattue. Il reste que L’aigle noir est captivant grâce aux mots de l’auteur, à ses descriptions très, parfois trop visuelles et parce que malgré ce qu’il raconte, on se soumet au rythme de l’auteur car on veut tout découvrir.
    Tout y est : assassinats, trafic de drogue, cupidité et la pire des concupiscences. Un roman noir, un polar qui mène enquête de police pour meurtres(s) et moeurs dans un lieu paradisiaque n’occultant en rien la part d’ombre la plus sombre de l’âme.

  • Marielle69 13 avril 2023
    L’Aigle Noir - L’interrogatoire de Jacques Saussey

    Premier roman pour moi de Jacques Saussey et ce ne sera sûrement pas le dernier !
    J’ai adoré ce livre.
    Une enquête confiée à un policier lyonnais à la retraite et le voilà parti sur l’île de la Réunion. Dépaysement garanti (on a envie de mettre nos chaussures de marche et de suivre Paul Kessler) mais surtout beaucoup d’humanité dans ce roman qui traite pourtant d’un sujet très dur, de faits ignobles.
    Le rythme est soutenu tout au long de cette intrigue captivante, pas de temps mort ; les personnages sont très attachants (les gentils bien sûr).
    L’Aigle noir, c’est une plongée en enfer, une plongée dans ce que l’être humain peut faire de pire, mais vous ressortirez de ce voyage avec l’envie de commencer un nouveau livre de cet auteur.

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