- Auteur : Maxime Chattam
- Genre : Thriller
- Editeur : Albin Michel
- Date de sortie : 5 novembre 2025
- EAN : 9782226470096
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Résumé :
8,2 secondes :
C’est le temps qu’il faut pour tomber amoureux.
C’est le temps qu’il faut pour mourir.
May et Constance ne se connaissent pas. Mais un même secret les relie. Et les menace.
Un thriller psychologique envoûtant entre New York et les grands lacs de la frontière canadienne. Maxime Chattam nous entraîne dans un suspense Hitchcockien impossible à lâcher.
Ce polar peut être conseillé à un plus large public, notamment aux admirateurs de Freida McFadden, Ruth Ware ou Andrea Mara. - Page des libraires
Source : Albin Michel







































































































































lecturesdudimanche 24 juin 2026
8,2 secondes - Maxime Chattam
Maxime Chattam fait ce qu’il aime et aime ce qu’il fait. Quoi qu’on en dise, ça, c’est un acquis et un vrai gage de sincérité.
Avec ce nouveau roman, l’auteur prend une fois de plus ses lecteurs à contre-pied en offrant une intrigue plus simple, plus introvertie, plus douce. Il nous convie à un double voyage intérieur.
Le premier, aux côtés de Constance, scénariste, qui s’isole dans sa vieille maison familiale pour décider des suites à donner à son existence. Car la mort l’a frappée de plein fouet en lui arrachant son mari et son fils. Continuer ou abandonner, c’est un dilemme que seuls ceux qui ont tout perdu peuvent vraiment comprendre.
Le deuil, à travers Constance, prend une ampleur lyrique sous la plume d’un auteur qui prouve qu’il ne sait pas décrire que le mal.
Le second voyage, nous l’entamons auprès de May. Officier de police, elle découvre la scène d’un meurtre rapidement attribué à celui qu’on surnomme depuis des années le Grand Méchant Loup, un tueur en série insaisissable et monstrueux. May tient absolument à participer à l’enquête. Elle n’y voit pas qu’un moyen de faire ses preuves. Plus que tout, c’est un besoin viscéral de rendre justice à la victime qui la taraude. Et pendant ce temps, l’amour frappe à sa porte.
Je crains fort que le nom de l’auteur m’ait immanquablement mise en condition pour la lecture d’une histoire qui tabasse. Un récit décapant qui me laisse sans souffle et me secoue les méninges.
Or, ici, l’auteur prend le temps. Le temps de poser ses personnages, le temps d’écouter battre leurs cœurs.
J’ai été touchée par bien des passages, incontestablement. J’ai ralenti, j’ai souri. Mais malgré tout, la psychopathe qui sommeille en moi attendait avidement de se lancer sur les traces d’un vrai tordu. Cette part de moi est complètement restée sur sa faim.
Certes, ce Grand Méchant Loup est infâme, mais quand bien même May court après de maigres traces, on ne plonge jamais dans sa psyché. La peur, elle, vient de la retraite de Constance : si le décor paraît idyllique le jour, la nuit le transforme en repaire d’ombres et les cauchemars prennent vie. J’ai aimé cette peur-là.
J’admets volontiers m’être fait berner pour certaines choses, car j’avais vite acquis une certitude sur le secret qui unit Constance et May, évoqué dans la quatrième de couverture, et j’avais tout faux. Même si, une fois le voile levé, la conclusion s’imposait avec logique, je ne boude pas le plaisir de m’être fait cueillir.
Au commencement, j’ai donc savouré, ravie de retrouver l’auteur dans un registre différent, encore. J’aime le voir prendre des risques. Mais j’ai fini par me lasser. J’espérais qu’à la langueur angoissante de l’introspection de Constance s’opposerait une traque plus nerveuse avec May. Mais May arpente les trottoirs de New York à la recherche d’une aiguille dans une botte de foin. Un travail de fond qui est, certes, plus représentatif de la réalité de terrain des enquêteurs que des rebondissements qui s’enchaînent à la vitesse de l’éclair en fiction. Cependant, moi, je les aime, ces codes du thrillers qui bousculent mes neurones, quitte à sacrifier un brin la crédibilité. Sans parler de cette histoire d’amour qui prend tant d’espace ! Lassée, je le disais, mais parce que je suis une indécrottable allergique à la romance.
Pour autant, je sais que si ce récit portait un autre nom sur la couverture, je l’aurais savouré. Ce qui m’amène à vous parler de quelque chose qui m’agace, je dois le dire, profondément. Le fait qu’un lecteur n’aime pas un livre (pour un tas de bonnes ou mauvaises raisons qui lui sont propres) en fait-il un mauvais livre ? La réponse tombe sous le sens : évidemment, non ! Sauf que, si en général, une déception est exprimée avec respect, on dirait bien que descendre le dernier Chattam est devenu le nouveau sport à la mode ! « plat, ennuyeux », et j’en passe. Je l’ai dit, je l’ai écrit, je ne reviendrai pas sur mes propos : oui, il m’a déroutée et oui, je m’attendais à autre chose. Oui, j’étais déçue. Pour autant, ce livre est bien loin d’être mauvais. Si j’y reviens avec le recul (je l’ai terminé depuis une semaine), il m’en reste une impression teintée de mélancolie, presque poétique. Comme une méditation sur tout ce qu’on perd en chemin : les illusions, les certitudes, parfois même une part de soi. Plusieurs fils s’entrecroisent, plusieurs manières d’aborder cette perte, et c’est peut-être là que réside la véritable richesse du récit. Au-delà de mes attentes bousculées, au-delà de ma surprise première, demeure une profondeur discrète, un écho qui continue de vibrer.
J’avais refermé ces pages avec une impression douce-amère : celle d’avoir apprécié le propos, mais d’avoir ressenti un vrai manque de fond.
Je sens qu’autant que Lux (que j’avais adoré !), ce Chattam-ci risque encore de déclencher des passions. Il y aura les “pros” et les “antis”.
Et puis, il y aura moi, à mi-chemin entre les deux : émue par la lumière, frustrée par une ombre trop discrète, mais définitivement accro à la façon dont Chattam réussit encore à me surprendre… même quand il me frustre… Mais surtout, agacée, vraiment agacée, par ceux qui confondent déception et mépris, et oublient qu’on parle ici du travail d’un auteur. Un livre peut ne pas nous séduire, sans qu’on lui manque de respect pour autant.
angelita 10 janvier 2026
8,2 secondes - Maxime Chattam
May est une inspectrice de la police de New York. Elle a 35 ans. Son binôme est un vieux briscard, qu’elle couvre mais avec qui elle a peu de contacts. May a eu une aventure avec un collègue marié. Elle connaît très bien son quartier et enquête sur pas mal de petites affaires. Elle est la première à être appelée sur les lieux d’un crime. Une jeune femme a été assassinée et tout laisse à penser que c’est le tueur en série qui sévit. May est une bonne flic. Elle va s’interroger, regarder et sera les yeux et les oreilles pour le service qui s’occupe de ce crime. Mais elle est affectée aux basses besognes et elle en veut plus. Cette affaire va lui prendre son temps et son énergie. Lors d’une enquête de voisinage, May tombe sur Jack, un homme très mystérieux dont elle va tomber amoureuse.
Constance est partie dans le chalet familial, accompagnée de son chien, pour prendre la décision de vivre ou de mourir. En effet, son mari et son fils sont morts, il y a un an et elle doit faire face. Elle profitera du cadre pour se ressourcer. Scénariste, elle va se plonger dans une histoire qui lui permettra de ne pas réfléchir, de reporter la décision finale. En même temps, elle va découvrir des éléments concernant sa famille, avec un arrière grand-père qui a fait fortune en distillant de l’alcool.
Deux histoires et le lecteur se demande à quel moment elles vont se recouper pour faire une seule histoire. Le roman a une construction tout à fait classique. Un chapitre est consacré à May, un autre est consacré à Constance et ainsi de suite. J’ai trouvé l’histoire de May agréable à lire surtout sur la partie enquête contre le tueur en série. Ensuite, May est une femme forte mais aussi fragile. Elle a peu confiance en elle, surtout en matière de relations amoureuses. Dans son travail, elle fait tout pour ne rien laisser passer même si son binôme semble lui mettre des bâtons dans les roues. Pour Constance, outre sa décision finale, que fuit-elle ? De quoi a-t-elle peur ? Elle est armée. Le lecteur la sent fragile, au bout du rouleau. Elle s’évade en discutant avec son meilleur ami qui déroule toute l’histoire pour qu’elle prenne ses responsabilités. Les parties qui concernent Constance n’ont pas forcément trouvé mon adhésion. Je ne sais pas où cela allait me mener. Il a suffi des trente dernières pages pour connaître la finalité de l’histoire. Un roman psychologique qui aurait pu être beaucoup plus intense mais Maxime Chattam a raté la partie de Constance. Il donne des interprétations de la Bible, dans la partie des grands-parents de Constance. Franchement, ces interprétations ne m’ont franchement pas gêné car elles peuvent être correctes si on a l’esprit pas forcément étriqué. La culpabilité, le déni sont-ils des éléments qui empêchent l’âme de s’élever pour être en paix ?
8,2 secondes pour tomber amoureux, mais aussi 8,2 secondes pour mourir. Franchement, pas forcément le meilleur Maxime Chattam, même si c’est bien construit, que cela se lit correctement. Mais je n’ai pas eu de coup de coeur car je me suis ennuyée.
universpolars 23 décembre 2025
8,2 secondes - Maxime Chattam
Êtes-vous du genre à chercher des réponses là où elles ne se trouvent pas… jusqu’à ce qu’un livre vous montre une autre perspective ?
J’ai été bluffé par ce récit qui m’a profondément touché. L’auteur nous montre que l’amour et la mort partagent la même urgence : celle de l’instant absolu ...
Deux ambiances, deux atmosphères, une seule intrigue. D’abord New-York, où nous suivons une enquêtrice sur une affaire d’homicides. Puis l’arrière-pays - les lacs, la forêt -, proche de la frontière canadienne, où une scénariste new-yorkaise s’est retirée dans la maison familiale, refuge de son enfance et de son passé.
La mort, le deuil, la douleur, le mensonge puis le doute seront nos durs alliés durant cette intrigue qui risque de vous marquer l’esprit.
Ce récit démarre très lentement. L’auteur nous fait avancer à un rythme tranquille, mais ponctués de doutes qui se transforment en craintes, puis en angoisses. La force trompeuse d’une cadence paisible qui annonce du lourd. On le ressent, les personnages le ressentent, tout le monde le ressent, mais ne le voit presque pas venir.
Nous sommes constamment ballotés entre l’enquête new-yorkaise et la retraite de cette femme en deuil dans l’arrière-pays. Le lien entre les deux ne saute pas aux yeux, ce qui crée une certaine frustration. Mais c’est une frustration positive car le lecteur que je suis, envahi par ce calme omniprésent, reste constamment sur ses gardes.
Le doute, au bout d’un moment, évolue et se métamorphose en trouble. Certains personnages deviennent troublants, mais aussi certaines circonstances, et peut-être aussi la logique. Même cette dernière devient déroutante.
Il m’est alors arrivé quelque chose de très rare. Bien que ce récit se déploie avec une grande lenteur, j’ai choisi de le lire encore plus lentement, histoire de faire durer le plaisir. C’est un sentiment très paradoxal. Les éléments sont dévoilés au compte-gouttes, et pourtant … J’ai voulu resserrer encore davantage le sablier pour que l’intrigue s’écoule plus longtemps. Preuve que l’auteur a réussi, malgré ce rythme, à captiver totalement le lecteur que je suis.
Proche du dénouement, l’auteur nous fait bien comprendre que l’essentiel ne se trouve pas forcément là où on le cherche. Tout est une question de perspective et de points de vue. Je n’en dirai évidemment pas plus.
Maxime Chattam nous livre un récit extrêmement intime, une histoire très dure, où la culpabilité, le deuil, la résilience et l’amour prennent toute la place. C’est profondément et immensément humain.
La structure que l’auteur a mis en place est tout simplement brillante et bluffante.