J’irai tuer pour vous - Henri Lœvenbruck

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Résumé :

L’histoire vraie (et incroyable) d’un agent clandestin de la DGSE à la fin des années 80.
Un roman inspiré d’une histoire aussi vraie qu’elle est incroyable, une plongée dans les milieux obscurs des services secrets français, à l’époque des attentats qui frappèrent Paris dans les années 1980 et des prises d’otages au Liban...
Le destin extraordinaire d’un homme singulier, aventurier et savant, terriblement romantique et romanesque, un baroudeur au parcours improbable, qui devint "assassin de la République", et dont l’histoire nous confronte aux plus troublantes questions sur la Raison d’état...

Vos avis

  • jeanmid 23 octobre 2018
    J’irai tuer pour vous - Henri Lœvenbruck

    Il est des livres qu’il vous est plus difficile de quitter après avoir passer des heures en leur compagnie. "J’irai tuer pour vous" fait incontestablement partie de ceux-là.
    On est au milieu des années 80 , la France vit alors des deux côtés de la Méditerranée deux grands drames :
    - des journalistes français se sont fait kidnappés au Liban et il ne se passe pas une journée sans qu’on égrène leurs noms au journal télévisé de 20h.
    - des attentats multiples sont perpétrés dans la capitale parisienne faisant de nombreuses victimes et semant la terreur dans la population .
    Derrière tout ça un pays est à la manoeuvre même si officiellement elle n’y est pour rien : l’Iran qui va devenir pour quelques années l’interlocuteur nécessairement incontournable du gouvernement français usant tantôt de menaces ou de négociations diplomatiques pour arriver à ses fins .
    La coalition inédite au pouvoir , Mitterand - Chirac , cherche par tous les moyens à mettre fin à ces tragiques événements et confie aux Services Secrets - DST et DGSE - ainsi qu’à un cabinet occulte dirigé par un proche de Pasqua , Ministre de l’Intérieur de l’époque, la lourde tâche de libérer les otages et de débusquer les terroristes présents sur le sol français . En somme mettre fin à cette situation fâcheuse pour leur carrière, les élections de 1988 se rapprochant à grands pas .
    Dans l’ombre s’activent trois personnages principaux :
    * l’officier Olivier Dartan Chef Adjoint de la cellule DGSE au Liban
    * le commissaire Batiza de la DST
    * Marc Masson , aventurier transformé en agent clandestin par la DGSE et dont le profil hors norme en fait le poulain et l’homme clef de Dartan pour toutes les opérations délicates menées par " la Boîte ".

    On suit donc les pérégrinations de Marc qui agit pour le compte de l’Etat que ce soit pour des opérations homo - comprendre homicide - ou arma - comprendre dissuasions en tout genre - dans tous les théâtres d’action où le mènent ses missions non officielles. Sans autres protections que ses aptitudes au combat et au tir il suit les instructions de son mentor et officier traitant quels qu’en soient les risques encourus et au détriment de sa vie conjugale .Mais que ne ferait on pas pour sa patrie et l’honneur de la France ?

    Henri Loevenbruck nous offre ici un magistral roman basé sur de longs entretiens réalisés avec un ancien membre des services secrets , rebaptisé pour les besoins du roman Marc Masson . Mélangeant avec brio réalités historiques et fiction l’auteur nous brosse le portrait de ces quelques années de folies meurtrières comme un écho aux attentats qui ont ensanglanté notre pays il y a peu .
    Un récit choc et intense dont les personnages comptent autant que l’histoire qui se déroule malgré eux . Les jeux de pouvoir , les luttes intestines où des protagonistes multiples aux rôles incertains et parfois troubles sont parfaitement mis en évidence. Comme ces relations entre pays , protéiformes , pleines de rebondissements , et de soubresauts auxquels l’actualité nous habitue sans cesser de nous surprendre.
    L’écriture est incisive et enlevée et la maîtrise des mots et de leur rythme vous envoutent instantanément , laissant transparaître par instant de merveilleux moments d’intenses émotions.
    Sans doute l’un des meilleurs romans sorti cette année que j’ai eu l’occasion de lire .

  • jean_paul_dos_santos_guerreiro 25 octobre 2018
    J’irai tuer pour vous - Henri Lœvenbruck

    Bonjour à toutes et à tous…

    Roman “coup de poing“ !!!

    La 4e de couverture, n’était que la partie visible de cet iceberg percutant. Je sais d’ores et déjà que "J’irai tuer pour vous" va continuer a résonner encore longtemps dans mon esprit.

    Henri Loevenbruck nous livre un magnifique pavé, au sens propre comme au sens figuré, basé sur des faits réels. Il nous plonge au cœur des services de renseignements dans la France du milieu des années 80. Les attentats à Paris, les journalistes français kidnappés, un monde politique en pleine effervescence à la veille de nouvelles élections présidentielles, des secrets d’état et autres magouilles politiques.
    Récit choc, très intense, plein de suspense et de rebondissements dont l’écriture hypnotisante alterne entre phrases courtes, dialogues très denses, entrecoupés d’extraits du carnet du héros.
    Et malgré tout, en parallèle, Henri Loevenbruck arrive à nous offrir aussi une très belle histoire d’amour, dans ce récit qui malgré tout, comme à son habitude reste un condensé d’émotions assez incroyable.
    Le parcours tortueux de celui qui va devenir “Hadès” ne vous laissera insensible…

    Ce roman est un véritable hommage pour ces hommes de l’ombre, qui au delà de leur vie, font passer leurs devoirs avant tout, n’hésitant pas à se mettre en danger au quotidien !
    Henri n’a pas fini de m’étonner… Excellent moment de lecture.

    Je remercie Masse critique et Babelio pour m’avoir transmis ce roman quelques jours avant sa sortie et aussi pour leur confiance !

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    Extrait :
    “Très jeune, j’ai été déçu par le sens que le monde moderne a donné à la politique. Et par ceux qui la font. J’ai le sentiment que, comme va le monde, les gens s’intéressent trop à la politique et pas assez à la philosophie. La norme semble non plus d’avoir une pensée, mais un avis. Un avis politique. Au lieu de se forger chaque jour une philosophie de vie propre, on se sent obligé de choisir un camp, on devient un partisan, dès lors on cesse de penser.
    …/…
    Les gens qui font de la politique et ceux qui les élisent ne le font plus pour des raisons philosophiques, mais partisanes. Ils ne pensent plus à l’humanité, à leur portefeuille.
    J’ai toujours pensé que l’homme ne devrait se battre que pour protéger les faibles, jamais pour les assouvir. L’homme ne devrait pas être dirigé par l’homme, mais pas ses idées, ou ses idéaux, il faut s’instruire, apprendre, écouter, chercher questionner, remettre tout en question à chaque instant, y compris ses propres convictions.”

  • Root 13 novembre 2018
    J’irai tuer pour vous - Henri Lœvenbruck

    En 1985, j’étais gamine. À la maison, mon père regardait « les informations ». C’était un truc pour les grands, il y avait trop de visages, trop de noms, le journaliste nous emmenait aux quatre coins du monde et c’était toujours triste. Toujours, quelque part, il y avait la guerre. C’était un truc pour les grands qui ne me plaisait pas du tout, ces « informations ». Mais j’étais curieuse. Alors on m’a expliqué, avec des mots qu’un enfant peut entendre, ce que le nombre énoncé tous les soirs au JT signifiait. Je découvrais ce qu’était un otage. Dans ma petite tête de petite fille, ce nombre avait des allures de décompte. Était-ce pour leur métier qu’on les punissait ? Combien de temps ces hommes, avec des familles qui leur manquaient, des besoins naturels à satisfaire même, allaient-ils tenir le coup entre les mains de leurs bourreaux ? Ce nombre, pourrait-il grimper encore et encore ou les jours de détention s’épuisaient-ils, atteignant le point de non-retour ? Le compteur est au bout, arrêtez tout. Les otages, dans ma petite tête de petite fille, c’étaient des papas qui ne rentreraient pas à la maison pour prendre leurs enfants dans leur bras.

    Je ne suis pas sûre, aujourd’hui, d’avoir des réponses à mes questions.

    Pour Marc Masson, tout a commencé à 12 ans, c’est ainsi qu’il débute ses mémoires, le « carnet de Marc Masson », donc les extraits se mêlent à l’histoire de J’irai tuer pour vous. En vacances en Bolivie, chez son grand-père, il surprend ce dernier par un geste dont le vieil homme se sent incapable. Un geste qu’un petit homme n’aurait pas dû avoir. Un geste d’homme, tout court. Qu’on n’oublie jamais. Marc Masson avait la carrure pour devenir un homme de l’ombre, comme on les appelle souvent. Un de ceux qui ne craignent rien ou presque, qui montent au front, quel qu’il soit, pour accomplir leur mission.

    C’est à travers la vie de cet homme, qui lui été inspiré par un ancien de la DGSE, qu’Henri Lœvenbruck revient sur les événements qui ont agité la France entre 1985 et 1987. En cavale après avoir déconné lors d’une intervention ordonnée par une boîte privée, Marc Masson ne tarde pas à intégrer la Boîte, la grande : les Services secrets. Devenu l’agent Hadès, il est de ces épaules sur lesquelles reposent la libération de ses compatriotes retenus au Liban, dans une France paralysée, terrorisée par la vague d’attaques terroristes islamiques perpétrés à Paris. L’auteur, avec un héros différent de ceux qu’on lui connaît (Ari Mackenzie, Damien Louvel…) signe là un roman aussi dense que passionnant, mêlant habilement faits historiques et fiction. Je n’entrerai pas dans les détails, le résumé est suffisamment éloquent, et puis il y en a des détails, ce qu’il faut pour que l’on saisisse les enjeux, les motivations, les risques, je n’entrerai pas dans les détails, donc, je vous dirai juste : lisez-le. En gardant en tête que ce n’est pas évident de s’inspirer de faits connus de tous pour monter une histoire, d’ajouter des personnages à la réalité, et que l’Histoire, on ne la refait pas, les hommes se monnaient, s’échangent, se suppriment. C’est avec un sentiment d’impuissance, de révolte, d’inéluctabilité qu’on passe d’une voix à l’autre au fil des chapitres, avec une émotion particulière qui prend à la gorge. Surprenant, perturbant, J’irai tuer pour vous n’aurait pas pu porter un meilleur titre.

    Un bel hommage d’Henri Lœvenbruck à celui qui s’est confié à lui, cet anonyme aux yeux du monde qui a servi l’État arme en main, ses valeurs en écharpe, sans se laisser griser par le jeu de la gloire et du pouvoir, animé par son seul sens du devoir.

  • Sonia Boulimique des Livres 2 décembre 2018
    J’irai tuer pour vous - Henri Lœvenbruck

    J’ai eu la chance de rencontrer Henri aux Quais du Polar il y a 2 ans. Ne le connaissant pas du tout (oui, je sais, j’ai d’énormes lacunes), il m’avait conseillé « Nous rêvions juste de liberté. Un mega coup de cœur pour moi !

    J’attendais ce nouveau roman impatiemment. Et j’ai été loin d’être déçue ! Alerte au coup de cœur !!!

    On change totalement de registre. C’est une facette de cet auteur que j’apprends à apprécier, il ne reste pas enfermé dans un style ou une manière d’écrire. Avec lui, je sais que ça va être un voyage différent du précédent, mais toujours intense du point de vue émotionnel. Ça, de l’émotion, il n’y a en a une sacré dose dans ce roman !

    Dès le premier chapitre déjà, on a la larme à l’œil. Nous faisons connaissance avec notre personnage principal, Marc Masson, en 1985, il est alors mercenaire, et un drame va bousculer sa vie. Nous allons suivre le parcours de Marc, agent de la DGSE, à travers ses missions, entre véhicules blindés, itinéraires de repli et fausses identités. Mais n’oublions pas que même un agent secret a droit à une vie « normale » de temps en temps. C’est ce qu’Henri va nous faire découvrir. Comment un agent secret peut il vivre normalement lorsqu’il n’est pas en mission ? A t il le droit (le devoir) d’aimer ? Comment peut il faire abstraction de son amour inconditionnel pour son pays le temps d’une pause ? Car ce livre c’est ça ! Une formidable histoire d’amour, mais un ménage à trois, entre Marc, la douce Pauline, prête à toutes les concessions et abnégations, et la France, pour qui Marc donnerai sa vie sans hésitation.

    L’autre partie du récit est poignante, puisqu’elle décortique le travail géopolitique, que ce soit officiel ou officieux, par rapport au terrorisme naissant dans les années 80 en France, mais aussi et surtout pour tenter de libérer les otages français au Liban : Marcel Carton, Marcel Fontaine, Jean Paul Kauffmann, Michel Seurat. Pour moi, qui ai vécu mon adolescence en entendant chaque soir, au début du Journal Télévisé de 20 heures, leur noms s’égrener, ainsi que le nombre de jours de détention, le volet émotionnel est terrible. Le roman prend alors une dimension documentaire et réelle. Nos tripes se serrent en découvrant l’innommable réalité des conditions de détention des otages.

    La cohabitation Chirac-Mitterrand nous immerge encore un peu plus de l’autre côté du miroir, et j’ai trouvé cette vision très intéressante. Ce roman est à la fois une histoire de sentiments, d’amour, mais aussi et surtout, de loyauté, de dévouement, d’espoir, il dépeint le monde dans lequel on vit, notre réalité dont nous ne sommes pas toujours conscient.

    Ce livre est un hommage formidable, déchirant et bouleversant à la vie de Marc Masson, ami de l’auteur.

    Je termine ma lecture chamboulée, vidée. Les 199 chapitres ont défilés sans que je ne m’en rende compte. Terriblement addictif, le récit permet au lecteur de comprendre énormément de choses sur le contexte politique et diplomatique de l’époque, d’ouvrir les yeux également sur l’évolution de notre société. Le travail de documentation est énorme. Mais cela reste malgré tout un thriller, avec du rythme, des rebondissements, un page turner affolant, une écriture vive et touchante, des personnages auxquels on s’attache indéniablement.

    Je crois que je pourrai vous en parler pendant des heures ! Ce livre est une réussite, tout simplement !! Un conseil : allez-y, foncez sans réfléchir. Tel un sniper qui a sa cible dans son viseur, appuyez sur la gâchette et lancez-vous dans cette aventure.

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