Code 93 - Olivier Norek

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Résumé :

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d’autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d’un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire.
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d’un mystérieux dossier, le " Code 93 " ?
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison...

Vos avis

  • Nicolas Elie 7 juillet 2017
    Code 93 - Olivier Norek

    Je vais pas te mentir… En général, les policiers, ça m’intéresse pas. Pas parce que c’est mal écrit, ou parce que j’aime pas le style, juste ça m’intéresse pas. Je t’explique, je pense que j’ai trop bouffé d’enquêtes policières quand j’étais gosse. Tu te souviens ?

    Le commissaire Maigret, Colombo, et toutes ces séries que celui qui matait la télé nous obligeait à avaler…

    Donc, j’aime pas trop ça.

    J’ai croisé Olivier Norek. Je l’aime bien ce garçon. Une chouette rencontre chez Humeurs Noires, à Lille. L’entendre parler, et raconter sa manière de travailler (il est flic…), j’avoue que ça m’a donné envie de me faire dédicacer un bouquin (deux, en fait). Quand t’as la dédicace, tu le range pas. Tu le lis. Je l’ai lu. Rapide, en deux jours, parce que même s’il fait plus de 300 pages, t’as pas trop envie de le lâcher.

    C’est une histoire d’amitié. D’abord. Une histoire d’amitié entre des types qui bossent dans un drôle de secteur. Le secteur, c’est le neuf-trois…

    T’en as entendu parler, toi aussi ?

    Pas franchement une réputation qui te donne envie de t’y installer.

    Les types, ce sont des flics. Il y a une nana au milieu. Deux, en fait. Vivantes. Et une troisième. Elle est morte. C’est ça le truc. Elle est morte, mais t’as l’impression de la croiser quand tu la regardes dans les yeux. Et tu la regardes dans les yeux. Ses yeux qui te disent : « Ça peut arriver à ta fille, à ta sœur, ou à ta meilleure amie… Fais gaffe. »

    L’amitié de cette équipe de flics, c’est ça qui tient l’histoire. Le tueur, parce que forcément, il y en a un, et même si tu te doutes un peu de qui c’est, il n’a finalement pas vraiment d’importance. J’explique.

    Les meurtres, c’est leur quotidien. Il y en a un par semaine. Tu suis donc l’enquête, comme eux. Les hésitations, les fausses pistes, les erreurs, les larmes, et le sang qui balise cette histoire. Tu pleure avec Coste, quand il tient dans ses bras celle qui a choisi de le laisser tout seul. Tu souris quand il a tellement les chocottes de commencer une autre histoire qu’il se barre en courant… Et tu croises des phrases qui te restent en mémoire.

    « La tristesse, ça se partage pas. »

    L’écriture d’Olivier Norek, c’est de la balle. Tu t’ennuies pas. Jamais. Il t’emmène au bout de son livre, et quand tu le fermes, tu te dis que tu vas attaquer le suivant. Pas le choix. T’as envie de voir où ils vont ces flics. T’as envie de voir si l’équipe qu’il nous a laissé entrevoir continue à avancer. Si Coste va se décider à tomber amoureux (suis un peu fleur bleue parfois)…

    Je te raconte pas l’histoire, parce que tu vas aller l’acheter.

    Il est chez Pocket.

    Pas cher.

    Et encore une fois, si t’as le choix entre un paquet de clopes et ce bouquin, prends le bouquin…

  • Root 8 avril 2018
    Code 93 - Olivier Norek

    Le corps a été découvert dans un squat de la Seine-Saint-Denis. Elle avait 20 ans peut-être, ravagée par la drogue, les chairs meurtries de sexe barbare. Appelés pour l’identifier, son frère et sa mère déclarent que ce n’est pas Camille. Bien sûr que c’est Camille. Alors pourquoi ce mensonge ? La nuit suivante, le capitaine Victor Coste est appelé en banlieue. Un autre cadavre. Celui-là a le pénis garroté avec de la ficelle à rôti, ses bijoux de famille ont disparu. Mais tandis que la légiste pratique l’autopsie, le mort se réveille. À première vue, rien ne relie ces deux affaires, mais Coste et son équipe ne laissent rien passer, et une chose en entraînant une autre… Coste va mettre les pieds dans une magouille politique, le fameux Code 93, de laquelle il aurait mieux valu rester à l’écart.

    Il fallait oser. S’attaquer de front à nos bons dirigeants et, passez-moi l’expression, leur mettre le nez dans leur merde, c’est gonflé. D’autant que c’est fait avec une certaine finesse, au milieu d’une intrigue touffue à souhait et qui se tient de bout en bout. L’affrontement entre les petits costards de la République et les bas-fonds de la cité sonne on ne peut plus juste, et laisse une place de choix à chaque personnage, aussi secondaire soit-il.

    L’équipe de Coste, ce sont des flics auxquels il sait pouvoir confier sa vie parce qu’il les a recrutés lui-même, à l’exception de Johanna, nouvellement affectée au SPDJ du 93, et qui va devoir se faire une place dans la meute – les dialogues sont truculents. Coste, dans le rôle de l’homme cassé qui mise tout sur le boulot car fatigué de ramasser les morceaux de sa vie privée et qui « pourrait se taper une crème glacée pendant n’importe quelle autopsie » est remarquable. S’il n’a plus d’idéaux, il lui reste sa conscience et le sens du devoir. Dès le prologue, on sait que ce roman sera un grand cru classé. On arrive (trop vite) au dernier chapitre, essoufflé, écœuré, effaré tant par l’endroit que par l’envers de ce décor brillamment dépeint par Olivier Norek qui parvient, avec des mots simples, des phrases brèves, à donner vie à une ville en déperdition, devenue pantin du peuple et des élus.

    Code 93 se rue effrontément dans une réalité poisseuse.

    Sans artifices. Brut, brutal.

    Fiction vous dites ?

  • Pati Vore 12 mai 2018
    Code 93 - Olivier Norek

    Premier roman d’Olivier Norek, c’est violent, costaud, ça dépote quoi ! J’ai adoré et j’en redemande, surtout après avoir pu communiquer avec l’auteur aux Quais du polar, simple, authentique, drôle ! On fait connaissance avec le capitaine Coste et son équipe, une équipe hétéroclite et je les aime tous ; du brut, du lourd, des descriptions importantes, de l’humour noir, ça en jette et j’en veux encore plus !

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