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Chambres noires - Karine Giebel

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15 #AvisPolar
7 enquêteurs
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25 enquêteurs
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Résumé :

Il y a des soupirs, des souvenirs et des sourires.
Il y a ces jours sans fin et ces NUITS sans chaleur. Cette sensation d’être sale, d’être rien, moins que rien.
Ces dangers qu’on n’a pas vu venir, ces risques qu’on n’a pas osé prendre. Ces tentations auxquelles on n’a pas eu la force de résister.
Il y a ces mauvais héritages, ces mauvais choix, mauvaises pentes, mauvais départs.
Il y a ce manque de chance.
Il y a cette colère, ce dégoût.
Il y a…
Des fois où on préférerait être mort.

Voilà ce qu’on découvre dans les Chambres noires de Karine Giebel, recueil de quatre nouvelles inédites dont les héros, ou anti-héros, incarnent et dénoncent tour à tour les manquements de notre société. Quatre histoires pour lesquelles l’auteure emprunte les titres de grands films qui l’ont marquée.
Karine Giebel, dont les romans sont parmi les plus lus en France et ont fait le tour du monde, a désormais une place de choix dans l’univers exigeant de la nouvelle. Après D’ombre et de silence (2017), elle nous offre un nouveau recueil tout en noir, humain, bouleversant, qui agit comme un révélateur, nous faisant ouvrir les yeux sur le monde en dépit de son opacité et de sa noirceur. Des textes engagés d’une auteure engagée.
À la fin de l’ouvrage, en bonus, trois nouvelles déjà parues dans Treize à table ! (Pocket) au profit des Restos du Cœur ainsi que Sentence, nouvelle écrite en plein confinement et publiée dans Des mots par la fenêtre (12-21) au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

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Vos #AvisPolar

  • Lettres et caractères 7 février 2021
    Chambres noires - Karine Giebel

    Je ne suis pas une lectrice assidue de Karine Giebel mais le peu que j’ai lu d’elle m’a toujours enchantée et ce recueil de nouvelles ne fait pas exception.

    En débutant l’écoute de Chambres noires, je m’attendais précisément à ce que j’ai trouvé dans la première nouvelle : du suspense, des frissons, de l’exaltation. Je savais où je mettais les pieds, j’étais en terrain connu. Et puis l’auteure m’a cueillie par surprise avec sa deuxième nouvelle totalement différente. Elle a continué à souffler le chaud et le froid tout au long de ce recueil en alternant avec brio, littérature noire et blanche. L’hémoglobine laisse souvent la place à une tension psychologique exacerbée. Certaines histoires sont émotionnellement difficiles, ce sont mes préférées. J’étais venue chercher du noir, du sordide, du triste, du cauchemardesque et au milieu de tout ça, j’ai trouvé ce que je n’attendais pas ici : de l’amour, de la passion, des rêves, des espoirs, du respect, de l’honneur et parfois même de la lumière. De la lumière chez Giebel, qui l’eût cru ?

    J’avais déjà été impressionnée par ses romans très noirs, très sombres, qui parviennent à rendre le lecteur complice de bourreaux en suscitant une empathie étonnante et malsaine envers eux. Elle m’avait déjà pas mal bousculée avec Meurtres pour rédemption et Ce que tu as fait de moi et je pensais commencer à cerner le personnage mais pas du tout ! Karine Giebel a une sensibilité qu’elle ne met pas uniquement au service d’histoires sordides, la preuve en est dans ce recueil de nouvelles qui invite aussi l’actualité et des faits de société à donner corps à des portraits et des récits d’un réalisme saisissant.

    Elle sait retranscrire avec finesse les rouages psychologiques qui se mettent en action quand la colère, la peur, la vengeance, le désespoir sont aux commandes. L’humain et l’inhumain n’ont aucun secret pour elle, elle dissèque l’âme, la met en pièce, nous la livre sur un plateau pour nous faire vivre des émotions douloureuses et intenses par procuration. Plus je la lis et plus j’ai de l’admiration pour son travail. Je connais très peu d’auteurs qui sont capables de nous entraîner dans un tel tourbillon.

    Et comme si ça ne suffisait pas, Karine Giebel écrit en plus des textes qui se prêtent formidablement bien à une lecture audio. Vous pouvez vous lancer dans ce recueil de nouvelles lu tour à tour par Thierry Blanc, Catherine Griffoni et Olivia Nicosia, vous n’en manquerez pas un seul mot, pas un seul silence, pas un seul battement de cœur ni le dernier souffle de vie.

    Avis complet sur lettres-et-caracteres.com

  • Killing79 8 janvier 2021
    Chambres noires - Karine Giebel

    Karine Giebel nous présente 4 nouvelles inédites d’une cinquantaine de pages et quatre nouvelles plus brèves déjà présentes dans d’autres recueils. Je trouve que son style fonctionne beaucoup mieux sur des histoires un peu plus étoffées. Son talent s’exprime vraiment avec un minimum de mise en place qui lui permet de nous faire entrer dans l’ambiance et de mieux nous surprendre à la fin.

    Dans ces diverses aventures, elle reprend ses thèmes de prédilection que sont l’enfermement et la défense des invisibles. Elle aime mettre en lumières les drames des personnes que l’on ne voit pas. Sa force de frappe littéraire est utilisée pour dénoncer les injustices et les abus. Derrière leur violence, chaque histoire transmet un message et ce n’est jamais seulement gratuit. Dans ce volume, on croise alors des sujets aussi variés que la justice, les immigrés, la maladie, le passé torturé, les traditions barbares, les SDF, le traumatisme de la guerre, la transmission…

    Lorsque l’on se lance dans un Karine Giebel, il ne faut être frileux. Si vous cherchez des bons sentiments, de la douceur et de la bienveillance, vous pouvez passer votre chemin. Elle s’amuse à nous montrer les côtés sombres de l’Homme. Mais même si son approche est souvent brutale, ces récits dégagent néanmoins une grande humanité. C’est d’ailleurs de ce paradoxe que naît la qualité de ces ouvrages. Ils sont capables de nous choquer tout en nous émouvant !

    Karine Giebel excelle donc aussi dans l’exercice de la nouvelle. Toujours aussi sobre dans son écriture, elle prend toute son ampleur dans la puissance de son imagination. Elle n’a rien perdu de ses habitudes et ne fait pas dans la dentelle. C’est féroce, ça cogne fort et on ne sort jamais indemne de ses pépites noires. Ce recueil est une bonne porte d’entrée dans l’univers de l’auteure ! PS : Gros coup de cœur pour la bouleversante nouvelle « Au revoir les enfants ».

    http://leslivresdek79.com/2021/01/08/615-karine-giebel-chambres-noires/

  • angelita 8 janvier 2021
    Chambres noires - Karine Giebel

    Malgré toutes les qualités d’un auteur, que je lis toujours avec grand plaisir, dont j’achète les derniers romans, je ne suis vraiment pas fan des nouvelles. Ici, c’est Karine Giebel. Je ne vais pas écrire que les nouvelles sont mauvaises, loin de là, car ce n’est pas le cas. La nouvelle est tout de même un art difficile. Il faut faire passer un message en un minimum de pages. Sur toutes, le message passe, loin de là. Mais à chaque fois, c’est un changement d’ambiance, et pas forcément celui à laquelle l’auteur, la romancière nous habitue à chaque fois, dans ces romans psychologiques, noirs.

    La pandémie est aussi passée par là. On la retrouve avec cette vieille dame, dans un Ehpad. Elle aurait voulu laisser une trace de ce qu’elle a fait lorsqu’elle était plus jeune. Toutes ces personnages âgées, victimes de la Covid-19, qui l’attrapent, qui ne sont pas soignées, qui meurent ou que l’on aide à mourir, cela fait froid dans le dos. Mais Karine Giebel agrémente sa nouvelle du passé de cette vieille dame qui a vécu la guerre, la Résistance, qui a été déportée. Cela fait froid dans le dos.

    Pour la première, j’ai retrouvé le style de la romancière avec un héros qui doit faire face à sa violence, suite à un passé extrêmement douloureux. Qu’est-ce qui est vrai ? Qu’est-ce qui est faux ? Au lecteur de finir les dernières lignes pour comprendre.

    Des personnages écorchés, des personnages qui souffrent, des personnages que l’on peut connaître ou rencontrer, comme ce SDF, accompagné de son chien. Avec Karine Giebel, tout prend une réelle dimension humaine, comme cette nouvelle sur les migrants. Ce n’est pas nouveau, certes, mais un rappel est toujours indispensable surtout lorsque ces personnes ont connu la guerre, ont fuit leur propre pays car elles ont tout perdu, même leur famille.

    L’auteur a nommé ses nouvelles suivant des titres de films. Elle a réussi à donner une autre dimension à un titre. Ses nouvelles sont un plaidoyer pour les femmes, contre les injustices humaines, contre tous ceux qui s’enrichissent sur le dos des êtres humains. Critique, également, sur tous ces gouvernants, sur une crise sanitaire mal gérée avec tout et son contraire. Critique également envers ces pays qui n’hésitent pas à tuer à cause de coutumes ancestrales qui ne donnent aucune place aux femmes.

    Karine Giebel, avec son éditeur, réédite trois nouvelles parues pour 13 à table et une au profit de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Elle a été écrite pendant le confinement.

    Je ne sors pas déçue de ma lecture, mais il me tarde vraiment de retrouver Karine Giebel dans tout son art. Je sais que son dernier roman n’a pas forcément plu car très dérangeant, mais outre la violence physique, psychologique dans ce couple, je veux retrouver, de nouveau, de telles ambiances. Je veux être bousculée, dérangée.

  • leido 18 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    J’aime beaucoup Karine GIEBEL mais là, je n’ai pas adhéré. Le changement est certainement trop brutal pour moi.

  • Alex-Mot-à-Mots 18 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Je suis une fan inconditionnelle de l’autrice, il fallait donc que je lise son recueil de nouvelles sont certaines étaient déjà paru dans la série 13 à table ! pour les Restos du Coeur.

    J’ai aimé les premières nouvelles qui reprennent des titres de vieux films (Le vieux fusil, Au revoir les enfants) dont j’ai vu certains mais pas tous.

    J’ai aimé certains personnages au grand coeur, et détesté ceux en colère.

    J’ai aimé que l’autrice me donne à voir par petites touches les invisibles qui se débattent dans notre monde si difficile.

    Et si la première chambre est bien noire (la première nouvelle est très dure), il perce tout de même une lueur d’espoir dans chaque histoire.

    https://alexmotamots.fr/chambres-noires-karine-giebel/

  • Jessica de BePolar 18 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    [DÉCEMBRE NOIR 2020]

    Merci de ne PAS renseigner le mot-clé dans les commentaires !!
    Votre participation ne sera pas prise en compte !

    Rendez-vous sur LE FORMULAIRE TOUT EN BAS de la page DÉCEMBRE NOIR pour valider le mot-clé et votre participation ! >https://www.bepolar.fr/DecembreNoir2020

  • livrement-ka 16 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    On ne présente plus Karine GIEBEL une des maîtres du thriller française ; ni les éditions Belfond.

    On prend le tout et on fait un recueil de nouvelles : j’ai adoré tout simplement.

    J’ai aimé encore une fois la plume de l’auteure, les histoires toutes plus différentes les unes que les autres, toute avec une intrigue travaillée, maitrisée et qui vous retourne le cerveau en quelques pages.

    Que vous dire : du thriller psychologique en veux tu en voilà : de la résistance, à la pauvreté en passant par la séquestration, la vengeance, aux rêves prémonitoires, tous les ingrédients sont là pour assurer un succès énorme.

    Je ne vais pas vous détailler les histoires mais je ne peux que vous conseiller cette lecture.

  • L’atelier de Litote 12 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Il est des formats que je ne lis que rarement, c’est le cas pour les nouvelles. Venant d’une de mes auteures préférées, j’ai voulu tenter. J’ai bien fait car même si en arrière pensée, je me disais comment peut-on donner de la profondeur au récit en si peu de pages ? C’est là qu’intervient le talent de l’auteur, savoir faire passer un maximum d’émotions, de sentiments et d’empathies pour les personnages qui peuples ce recueil de 7 nouvelles dont 4 inédites. Je ne ferai pas ici l’inventaire exhaustif des sujets abordés mais sachez qu’ils font régulièrement la une de l’actualité. Entre immigration, violences faites aux femmes, harcèlement et autres sujets qui font mal. On découvre une galerie d’écorchés vifs qui font tout ce qu’ils peuvent pour s’en sortir sans que ce ne soit jamais assez.
    Le Noir, version Giebel c’est du Soulages sans les reflets. On parle des victimes mais aussi des bourreaux, de tous ceux qui n’ont pas su prendre le bon chemin, ceux qui partent à la dérive, celles qui ne savent pas partir à temps et bien sur les enfants comme des dommages collatéraux. Tous ces rendez-vous manqués qui font de la vie un parcours absurde et bien souvent dangereux. Je ne ressors pas de cette lecture indemne, je n’ai pourtant que soulevé le voile sur de courtes histoires mais elles ont su me transpercer et me toucher profondément. Il y a là, l’essence même de l’humain on y trouve le pire plus souvent que le meilleur et reste comme un poids sur le cœur. Une image comme un instantané sur notre société qui va mal, juste un constat, pas de solutions où l’amorce d’une réponse. Seuls les êtres humains peuvent faire la différence, c’est à nous d’écrire ce que sera demain. Courez lire ces sept petites merveilles qui ne peuvent qu’éveiller les consciences. Bonne lecture.
    http://latelierdelitote.canalblog.com/archives/2020/12/12/38654986.html

  • bonne_heure_litteraire 8 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Une fois encore, c’est une réussite ! J’aime toujours la plume de Karine Giebel. Cette écriture qui vous touche, vous fait mal et vous fait passer par tout un tas de sentiments différents...
    8 nouvelles compose ce recueil. Sombres, glaçantes mais tellement addictives !
    .
    Il me reste encore quelques livres de l’auteure dans ma PAL mais je les garde de côté afin d’en sortir un de temps en temps et ne pas en rupture de ses livres, pour les avoir tous déjà lus !

    En revanche, je trouve très dommage que sur ces 8 nouvelles il n’y ait que 4 inédites. Les 4 autres sont des nouvelles déjà parues notamment dans les recueils "13 à tables" ou encore dans le recueil "Des mots par la fenêtre" donc si vous avez déjà lu ces recueils, ça peut s’avérer frustrant de payer 18 euros ce livre pour des nouvelles dont la moitié ne sont pas inédites...
    .
    Pour ma part je n’avais pas lu ces recueils (heureusement) car je pense que j’aurais été très déçue...En tout cas, ça reste de très bonnes nouvelles, très bien écrites et elles ne font que confirmer le fait que Karine Giebel est bien mon auteure préférée avec un talent indéniable pour l’écriture.

  • Loudiebouhlis 7 décembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Tous le monde n’excèle pas dans l’art de la nouvelle. C’est un exercice ardu qui demande beaucoup de finesse.

    Cette année, pour sa nouvelle parution, Karine Giebel revient avec un recueil de nouvelle sombre, avec beaucoup qui s’avère plus touchante qu’effrayante. Chacune comporte un message caché, un message fort qui percute le lecteur.

    C’est du moins ce qui m’est arrivé. Certaines m’ont touchés plus que d’autres mais me laissant immanquablement une trace.

    Alors si vous ne connaissez pas encore cette auteur et que vous hésitez encore à la découvrir, ce recueil peut être une bonne manière de voir si vous apprécierez son travail. Et si vous la connaissez, alors vous aurez l’impression de retrouver une bonne amie et de passer un excellent moment.

  • loeilnoir 23 novembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Définition de chambre noire : (en latin « camera obscura ») est un instrument optique objectif qui permet d’obtenir une projection de la lumière sur une surface plane, c’est-à-dire d’obtenir une vue en deux dimensions très proche de la vision humaine. Choix de titre très pertinent : l’écriture-instrument qui permet à l’auteure de retranscrire une vision du monde. La couverture donne le ton : une salle de cinéma, un écran où une femme allongée sur le sol émeut, questionne. Un petit air de voyeurisme certain, dérangeant mais surtout terriblement intrigant. Flash sur le côté sombre de l’âme humaine.

    Karine Giebel possède un pouvoir démoniaque. Celui de nous transformer, nous pauvres lecteurs présumés innocents en voyeurs sadiques et tortionnaires. Initialement, tout va bien dans le meilleur des mondes, tout est à sa place : nous savons distinguer le bien du mal, différencier la victime de l’assassin. Mais voilà, dans les romans de Karine Giebel, la limite entre la victime et le bourreau est si ténue que nos émotions de lecteur en sont bouleversées. Impossible de rester de marbre face à ces personnages : l’autrice va bafouer notre innocence en nous faisant apprécier les crimes de ses personnages. Une victime que l’on va peu à peu se mettre à détester, des tortionnaires pour lesquels on va donner raison de torturer (Le Vieux Fusil). Derrière ce thème de la vengeance souvent évoqué dans les romans de l’autrice, se cache une image réaliste des travers du système judiciaire français.

    Rares sont les auteurs qui parviennent à percevoir le monde avec une telle acuité, à retranscrire de façon si réaliste leur vision et à transmettre si intensément leurs émotions. Pour certaines de ces nouvelles, Karine Giebel confirme son statut d’autrice engagée qui dénonce les injustices de notre société « L’armée des ombres« , « Dans les bras des étoiles » mais également le statut des femmes dans des pays où sévissent guerres et religions (« Sentence« ). L’autrice a une façon bien à elle de nous faire prendre conscience du monde dans lequel nous vivons, ouvrir les yeux sur ce qui se passe, chez nos voisins mais également ce qui se trame hors de nos frontières. J’ai toujours l’impression de me prendre une bonne claque à la lecture de Karine Giebel car elle sait mieux que personne nous ramener à la réalité.

    Une réalité comme celle de la pandémie que nous traversons, avec cette nouvelle inoubliable « Au revoir les enfants « . J’ai rarement ressenti autant d’émotion en lisant un texte. L’écriture très visuelle sert le réalisme du récit. Une réalité, dure, et crue, celle que nous sommes tous en train de vivre, cette période de confinement dramatique où l’on ne peut assister nos proches en fin de vie. Résidente d’un EPHAD, Yvonne a 96 ans, traine derrière elle de lourds souvenirs de la seconde guerre mondiale : aux portes des camps de la mort, elle a vu la sélection faite entre les forts et les faibles. L’horreur se reproduit quand face à la maladie, au manque de matériel et de médecin, il faudra de nouveau faire une sélection. Je me répète mais j’admire immensément l’acuité avec laquelle Karine Giebel observe notre époque, (nouvelle écrite au début du premier confinement), alors que nous n’avions pas de recul pour appréhender la situation.

    Karine Giebel s’est inspiré du titre d’un film célèbre pour chacune des quatre premières nouvelles inédites de ce recueil. Les suivantes ont déjà été publié dans des recueils caritatifs. Je remercie Net Galley et les Editions Belfond pour cette lecture. Ce fut un plaisir de retrouver l’immense talent de l’autrice, qui excelle tant au niveau du roman que de la nouvelle à retranscrire une pléiade d’émotions pour lesquels nous ne sommes pas forcément préparés à la lecture d’un ouvrage de divertissement. Mille bravos.

  • myfabulousreading 17 novembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Karine Giebel est une auteure que j’affectionne beaucoup, et que j’avais découverte avec le purgatoire des innocents. Son style très noir et les émotions fortes qu’elle arrive à susciter chez son lecteur ne sont plus à démontrer ; si vous ne l’avez pas encore lue, alors foncez sans plus attendre.

    Karine nous revient donc cette année avec un recueil de 8 nouvelles (dont 4 sont inédites) toutes plus sombres les unes que les autres. Avec elle, la violence n’est jamais édulcorée. Chacun de ses personnages à travers son histoire interpelle le lecteur et lui fait vivre cet ascenseur émotionnel que la plume de Karine maîtrise si bien. Ce recueil est tout aussi réaliste qu’il est brutal. On est ému, touché ou révolté.

    L’exercice de la nouvelle n’est jamais simple, mais l’auteure s’inspire de l’actualité pour relever le défi haut la main. J’ai vraiment beaucoup aimé.

    https://www.instagram.com/p/CHsx7AgHegq/?igshid=xtcf3f94snpu

  • Nourriture livresque 5 novembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    J’ai vraiment adoré ce recueil de nouvelles. Je le trouve d’une richesse humaine incroyable. Beaucoup de sujets très forts sont évoqués. Ce n’est pas qu’un ouvrage de littérature « noire », c’est bien plus que ça ! Il remet les pendules à l’heure. Nous montre des belles choses, mais également la noirceur du monde sous différentes formes. Beaucoup de sujets actuels qui sont autant de sujets militants. Oui, c’est bien un livre engagé ! Engagé et humain !

  • Happy Manda Passions 5 novembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    J’ai beaucoup aimé lire cette auteur sous le format nouvelle. Chaque année je me dis "non ne te laisse pas tenter, attention c’est noir etc" mais invariablement je craque.
    Alors cette année quand j’ai vu ce recueil je me suis précipitée dessus et j’ai bien eu raison.
    En plus d’être excellent c’est beaucoup moins oppresant que les romans plus longs qu’elle nous livre. Et oui car on n’est pas tous parés à lire de Giebel il faut avoir le coeur bien accroché.

    C’est un concentré d’émotions noires saisissantes et toujours aussi bien écrites. L’humaine est particulièrement bien mis en avant. A découvrir
    je vous laisse le lien vers ma chronique sur le blog au plaisir de vous retrouver
    https://happymandapassions.blogspot.com/2020/11/chambres-noires-nouvelles-karine-giebel.html

  • Aude Lagandré 5 novembre 2020
    Chambres noires - Karine Giebel

    Karine Giebel est une auteure atypique. L’intensité de ses romans ne peut laisser insensible, et c’est toujours le cœur en vrac que vous les refermez. Peu sont capables de susciter de telles émotions, souvent contradictoires, mais toujours extrêmement puissantes, denses, si épaisses qu’elles stagnent au creux de vos tripes longtemps après la lecture. On pourrait se dire que l’exercice de la nouvelle est plus difficile, pour ne pas dire périlleux quand on écrit habituellement des romans longs qui permettent de construire une intrigue profonde en prenant son temps, de développer la psychologie parfois ambivalente de ses personnages. Détrompez-vous : elle aussi efficace sur des textes courts.

    Elle explore ici les prisons, sous toutes leurs formes : les prisons extérieures, les prisons intérieures, les prisons sociales, les prisons psychologiques, les prisons légitimes.

    Chaque nouvelle porte le titre d’un film, comme une collaboration implicite entre un réalisateur et un auteur. La couverture met en lumière une salle de cinéma, sombre, et ce titre « Chambres Noires ». Un souci du détail qui va de pair avec la précision du verbe, jusque dans les non-dits et les allusions implicites, un appel à tous les sens, un contrat tacite entre l’auteur et le lecteur.

    Les héros ou antihéros de Karine Giebel sont toujours des êtres cabossés par la vie. Il est toujours question d’injustice sociale, d’êtres « mal nés », de situations discriminatoires, de quêtes d’un avenir meilleur, d’espoirs souvent déçus. Oubliez les « happy ends », jusqu’au bout elle malmènera ses personnages pour mettre l’accent sur notre monde sans justice. Aujourd’hui, 5 novembre 2020, force est de constater qu’elle a raison. C’est sans doute l’année la plus anxiogène jamais vécue jusque-là, où les injustices crasses flirtent avec des décisions délirantes. Les premiers impactés sont les êtres humains que nous sommes, et comme d’autres avant elle (Olivier Norek, Nathalie Hug/Jérôme Camut, Michaël Mention) elle utilise la littérature noire pour faire passer des messages et dresser un bilan des problématiques de notre société.

    Le vieux fusil :

    « C’est quoi, la justice ? Cette chose qui laisse les meurtriers en liberté ? C’est de cette mascarade que vous parlez (…) ? La justice, la vraie, c’est nous. »

    Le Martin de cette histoire est celui qui a échappé à la justice des hommes. Cela ne l’a pas rendu plus reconnaissant, bien au contraire. Son comportement vis-à-vis de sa femme le démontre. Alors, quand il finit séquestré au fond d’une cave et qu’une sentence d’emprisonnement est prononcée par un tribunal clandestin, le lecteur n’est pas enclin à le plaindre.

    Karine Giebel explore ici la prison des murs, mais aussi la prison de l’âme, ce face-à-face terrible avec sa propre conscience. Les ténèbres, le silence, la solitude, la dépendance, le repli intérieur. « L’obscurité, le silence, la solitude… ça ressemble à la mort. »

    L’armée des ombres :

    « Il y a ces mauvais héritages, ces mauvais choix, mauvaises pentes, mauvais départs. Ces erreurs qui ont mené à l’impasse, ces chemins cahoteux, ces sens interdits. Il y a ces portes qu’on n’a pas su ouvrir, ces pièges qu’on n’a pas su éviter, ces opportunités qu’on n’a pas su saisir. Il y a ce manque de chance. Il y a cette colère, ce dégoût. Il y a… Des fois où on préférerait être mort. » Mathilde est prisonnière de sa vie. Pour subsister, elle enchaîne trois boulots. Sa fille, qu’elle ne peut pas loger, passe ses nuits chez sa sœur. Mathilde, elle, dort dans sa voiture. Une forme de liberté puisqu’elle ne doit rien à personne, mais une prison sociale qui l’amène lentement à emprunter un chemin glissant… De cette prison sociale aux faux accents de liberté, Mathilde glisse progressivement vers une prison d’enfermement délibéré pour réparer ses erreurs…

    Un monde parfait :

    Dans un monde parfait, on est présent pour protéger ceux que l’on aime. Mais Axel « (…) est incapable de se dominer. Parce qu’il en a toujours été ainsi. » Sa prison intérieure a des profondeurs vertigineuses : il est le captif de ses instincts. Le respect est une politesse élémentaire : quiconque le bafouera se retrouvera sévèrement jugé. Le rêve aussi peut être une prison, une des plus redoutables qui soient puisqu’Axel ne peut agir… et de cette impuissance naît une forme de folie…

    Au revoir les enfants :

    Yvonne est née au milieu des années folles. Aujourd’hui, elle a 96 ans et vit dans un EPHAD. Elle se promène dans son passé, douloureux. Un passé qu’elle souhaite coucher sur le papier afin que personne ne l’oublie jamais, un témoignage pour sa nièce Aurélie. « Les hommes ont la mémoire courte et l’appétit féroce. » Yvonne a vécu la Deuxième Guerre et en garde des séquelles psychologiques ineffaçables. À 96 ans, elle est confrontée à une guerre encore plus redoutable : une zoonose. Comme en 39-45, « Aujourd’hui encore, on fait le tri. Les plus faibles d’un côté, ceux qui peuvent travailler de l’autre » les personnes âgées ne sont pas prioritaires face à cette nouvelle épidémie qui touche le monde. À défaut de kits de survies, masques, gels hydroalcooliques, les directeurs des maisons de retraite se voient livrer des kits de fin de vie. Tout le talent de Karine Giebel s’illustre magistralement dans cette nouvelle aux résonnances cruelles de notre époque où les plus faibles sont fatalement laissés de côté, où il faudra choisir quelle vie on décidera de sauver… La justesse et la violence des mots laissent entrevoir toute l’empathie et la sensibilité exacerbée de Karine Giebel pour les plus faibles. Ce texte m’aura littéralement arraché des sanglots venus du plus profond de mon récent vécu et je la remercie d’avoir mis des mots sur une situation ubuesque, d’avoir osé le rapprochement entre les horreurs de la guerre et la situation sanitaire catastrophique actuelle.

    Quatre autres nouvelles déjà parues dans différents recueils suivent ces nouvelles inédites. Je vous laisse les découvrir. Elles sont plus courtes, il est donc plus difficile d’en parler.

    Karine Giebel a choisi son camp : celui des écorchés vifs, des opprimés, des plus faibles. Son écriture, percutante, ne cessera jamais de me surprendre par sa justesse. Elle est aussi douée dans l’exercice de la nouvelle que dans le roman : une plume noire qui met la lumière sur la crasse de notre société.

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