Les Suppliciées du Rhône - Coline Gatel

Notez
Notes des internautes
1
commentaire
Inscrivez-vous ou connectez-vous pour pouvoir participer au Club !
Vous devez être inscrit ou connecté pour bénéficier de votre médiathèque!
Notez
Notes des internautes

Résumé :

Lyon, 1897. Alors que des corps exsangues de jeunes filles sont retrouvés dans la ville, pour la première fois des scientifiques partent à la recherche du coupable, mettant en pratique sur le terrain toutes les avancées acquises en cette fin de XIXe siècle. Autopsies des victimes, profils psychologiques des criminels, voilà ce que le professeur Alexandre Lacassagne veut imposer dans l’enquête avec son équipe, mais sait-il vraiment ce qu’il fait en nommant à sa tête Félicien Perrier, un de ses étudiants aussi brillant qu’intrigant ?
Entouré d’Irina, une journaliste pseudo-polonaise, et de Bernard, un carabin cent pour cent janséniste, Félicien va dénouer, un à un, les fils enchevêtrés de cette affaire au cœur d’un Lyon de notables, d’opiomanes et de faiseuses d’anges. Jusqu’à ce que le criminel se
dévoile, surprenant et inattendu, conduisant le jeune médecin au-delà de ses limites.

Pour aller plus loin

Vos avis

  • Annec 10 décembre 2018
    Les Suppliciées du Rhône - Coline Gatel

    1897. Le cadavre d’une jeune femme retrouvé dans la ville est examiné à la faculté de Médecine par le Professeur Lacassagne à l’Hôpital Universitaire de Lyon. Ainsi, afin de mettre en application ses théories criminalistes, il confie l’autopsie de ce corps non identifié à ses meilleurs élèves. Son étudiant favori Félicien Perrier est pressenti comme le plus à apte à poursuivre ses recherches. Il l’envisage même, et pourquoi pas, comme le genre idéal. La thése défendue par Lacassagne se détache de celle du fameux Lumbroso, maître en matière criminalistique. Selon Lacassagne :

    Tout homme né dans la fange pouvait s’en extraire, car rien n’est mauvais dans l’esprit, tout est à cultiver.

    Fort de la totale confiance accordée par le Professeur Lacassagne, Félicien va constituer un binôme appliqué et motivé avec son camarade et ami Bernard Lecuyer. Ils deviennent référents en investigation criminelle. En parallèle de la police, leur science en anatomie « décortique » la victime pour éclaircir des énigmes du crime. En effet, la priorité est aussi de rendre une identité à ces corps sans vie. Face à la réticence des policiers de cette immixtion dans le domaine criminel, Lacassagne n’hésite pas à mettre tous les moyens matériels possibles à disposition de Félicien et Bernard rejoints par Irina, une pigiste au Progrès. Friande de scoops et captivée par cette affaire de crime la jeune femme intègre l’équipe qui saura tirer le meilleur et le pire de chacun pour mieux enquêter.
    Mais la découverte d’une autre femme dans la ville va augmenter la pression sur le trio. Et bientôt, Lacassagne en ressent un enjeu personnel à la lecture de missives invectives du meurtrier, envoyées à l’Université de Médecine. Il se sent visé et en danger à travers les crimes commis.
    Mais la progression de l’enquête avance. Et les observations et les découvertes de chacun les pousse à soupçonner ses acolytes… Finalement, le meurtrier serait-il donc si proche de ces médecins quasi-auxiliaires de police ?

    MON AVIS

    Quel véritable plaisir pour ce voyage dans le temps. Ma reconnaissance et mes remerciements vont donc naturellement aux Editions Préludes et au site Netgalley pour la découverte de ce roman.

    Un roman historique et social

    L’aspect historique garantit une qualité indéniable au roman qui attise notre curiosité et notre désir d’affouiller les nombreux sujets abordés. Mes recherches sur Wikipédia sont ainsi signalées.

    On visite le Lyon fin 19è. Connaissant un peu cette ville d’histoire, j’ai retrouvé les monuments et quartiers typiques qui lui procure du corps. Les lyonnais apprécieront cette incartade historique dans leurs rues, quais, traboules et bouchons. Bienvenue à Lyon, cité à ABSOLUMENT découvrir…

    Les principaux quartiers sont décrit à travers une toile sociale de l’époque du roman. Les pentes de Croix-Rousse abritent la vie des canuts, ces ouvriers tisserands. Essentiels à la prospérité de Lyon, les soyeux ont contribué à sa renommée. Le roman dépeint le quartier de pentes de la Croix Rousse ainsi que les débuts de son Centre Hospitalier encore de bonne réputation et performant. Aujourd’hui agrandi pour les besoins de la science, ses anciennes ailes ont aussi été modernisées au fil du temps. Car, évidemment, l’évolution sociale et économique a modifié le panorama urbain.

    La place particulière de l’Hotel Dieu tient sa légitimité dans le roman à son histoire. Vaste et imposant sur les bord du fleuve, il est emblématique dans le récit, mais dans la ville. Premier hôpital de Lyon, il est aujourd’hui devenu vieillot et obsolète avec le temps, et donc reconverti en appartements (d’après mes sources) pour lui redonner une seconde vie.

    Pour l’aspect historique au niveau national, j’ai été titillé par ce « certificat de travestissement ». Une très intéressante illustration du personnage d’Irina.

    Ici, on décrypte aussi l’historique du système des infirmières et des ambulances. Ici, cette notion peu extrapolée par le récit, le roman suscite encore la curiosité dans le domaine. L’auteur met en lumière sur cette notion d’infirmière laïque naissante mais pas encore répandue dont l’origine vient de Suisse.

    Les prémices de la science criminelle

    Ce roman tend présenter les prémices de la science criminelle telle qu’on la connait aujourd’hui. Mais les amateurs de la série américaine « les experts » resteront sur leur faim car les moyens scientifiques ont évolué et continuer de progresser. Nous sommes fin 19è, où seules les empreintes digitales sont réputées fiables et uniques. Aucune notion de serial killer puisqu’elle est née aux Etats-Unis des années plus tard. La criminologie joue aussi beaucoup sur la psychologie.

    Mais grâce à Lacassagne auquel aujourd’hui (ou jusqu’à peu de temps) est dédié un institut où est enseigné la criminologie à Lyon dans la faculté de Medecine. Cette estampe policière et sociale met en évidence les éclaircissements soumis par un cadavre et donc la medecine légale. De cette discipline nait une coopération nécessaire et essentielle à la police dans les crimes.

    Dans le roman, Lacassagne a enseigné à l’Hôtel Dieu (en vrai, je ne crois) mais la contribution de ce medecin l’avancée de la science criminelle demeure incontestable. On retrouve aussi dans le livre ses quelques théorie d’anthropométrie. Il en ressort sa brêche avec son homologue italien Lombroso qui théorise lui, le criminel né. Selon le roman, voici la théorie du criminel pour Lacassagne.

    L’évocation de la morgue à Lyon à l’époque laissera le lecteur songeur. En abordant le sujet du bateau-morgue, le bouquin donnera une connotation intéressante et historique aux abords de la Guillotière (page 63).

    Personnages ambigus

    Le récit policier se situe dans un cadre historique, mais des questions en chaine surgiront au fil des pages. Les victimes, des jeunes femmes nubiles présentent des cadavres marqués de traces de foeutus récents ou d’avortements. Leur passé, leur vie antérieure décortiqué nous dépeint un tableau hétéroclite de la société. Une turpitude de faiseuse d’anges ? Leur milieu social d’origine diverse perturbe l’enquête car quel lien les unit toutes ? En quoi le meurtrier inquiète les hommes de Lacassagne ?

    Les protagonistes, brillants, jeunes et enjoués dynamisent et animent cette ambiance morbide, de morgue, et de mort. Félicien Perrier détonne avec le personnage lisse imaginé par Lacassagne. Son caractère dur et ambigu façonne un individu perturbant.

    Je suis malsain… mais ça l’avenir te le prouvera.. et même tortionnaire. je me délecte de voir la peur dans le regard des gens. »

    Sa duplicité alimente son côté « clair-obscur »dans l’enquête. Il se fond dans les méandres des opiumeries, sa sexualité est équivoque, quant à son passé…

    Irina Bergovski, la journaliste du Progrès n’a rien n’a lui envier. D’origine étrangère, elle s’insère dans la société avec un étonnant succès. Inconvenante, elle affiche un look masculin, à contre-courant de la mode et des conventions sociales. Son attitude et son passé contribue à troubler le lecteur dans ses suggestions pour l’enquête même si son hardiesse et son courage le surprendra.

    Le secret le plus déroutant sera révélé par Bernard Lecuyer sur son passé.

    Une enquête à rebondissement nous tient en haleine des suppositions possibles. Le cadre historique pourvoit à drainer le charme de l’intrigue. Par contre je regrette un peu la confusion sur les mobiles du coupable selon moi un peu alambiqués.

Votre commentaire

Votre note :
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.