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L’interrogatoire de Pierre Berville

Bepolar : La Ville des Ânes est votre premier roman. Qu’est-ce qui vous a amené à l’écriture ?
Pierre Berville : Même si j’adore les grands auteurs français, russes, et anglo-saxons du 19 e siècle (que j’ai dévoré pendant ma jeunesse, étudié pendant mes études de lettres et jamais cessé de relire), j’ai toujours éprouvé un grand intérêt pour toutes les formes d’écriture, sans distinction de genre. J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie et traversé beaucoup d’univers. Je me suis toujours consacré avec enthousiasme à mes deux passions : profiter de l’existence et écrire joyeusement ce qu’elle m’inspire ! J’ai été journaliste, rédacteur publicitaire, parolier, auteur de fiction et de non-fiction. La Ville des Ânes est mon premier roman à proprement parler mais j’avais écrit auparavant un témoignage à succès sur la publicité à son âge d’or dans les années 80’ : « J’enlève le haut ». Ce n’est pas rien d’avoir réussi à accoucher d’un livre de plus de 400 pages, et qui surtout, a plu à ses lecteurs. J’y ai exploré mon style. Plusieurs amis auteurs m’ont fortement encouragé. Cela m’a donné la nécessaire confiance en moi pour attaquer le polar -plus précisément le roman noir- que j’avais toujours rêvé d’écrire.

Bepolar :Comment est née l’idée de ce livre ? Qu’aviez-vous envie de faire ?
Pierre Berville : Je crois qu’on ne peut bien écrire que les livres qu’on aurait aimé lire. J’ai toujours été un énorme fan de littérature policière, avec tout ce qu’elle comporte d’observation des réalités humaines, sociales et économiques, et surtout quand elle s’exprime avec un ingrédient indispensable pour moi : l’humour plus ou moins cynique. Jim Thompson, Donald Westlake, Elmore Léonard, Lawrence Bloch, Jean-Pierre Manchette sont mes dieux (j’en oublie quantité d’autres !) Je n’avais pas envie de raconter des histoires invraisemblables avec des superflics, des tueurs monstrueux, de l’épouvante et du gore à toutes les pages. Je respecte les thrillers et leurs auteurs, mais ce n’est pas ma tasse de thé. Je préfère l’aventure au quotidien, les lieux familiers, les personnages réels qu’on peut croiser dans sa propre existence. Ils sont pour moi bien plus fascinants. Et puis n’oublions pas que dans roman noir, il y a roman. J’ai d’abord et surtout envie d’écrire de bons livres.

Bepolar :On y suit le narrateur, Philippe, après la mort de son ami, un promoteur à succès. On y suit aussi sa veuve et toute l’intrigue tient dans les personnages. Comment construisez-vous vos personnages et quels rapports avez-vous avec eux en tant que leur créateur ?
Pierre Berville : Comme beaucoup d’auteurs, je laisse les personnages me dicter leur propre cohérence. C’est un phénomène assez magique. Ils évoluent, interagissent comme des vraies personnes auxquelles je m’attache au fur et à mesure de l’écriture. J’ai l’impression qu’il est difficile de créer des caractères solides et touchants si on ne leur laisse pas cette part d’autonomie. Il arrive même que mes créatures tentent de n’en faire qu’à leur tête ! A moi de les orienter poliment et affectueusement sur le chemin de l’histoire que j’ai décidée de leur faire vivre. Quand j’ai fini d’écrire, ces êtres chimériques me manquent, même les plus pervers et les plus bêtes d’entre eux. S’en détacher est presque un petit deuil. J’ai l’impression de voir sortir de ma vie des amis chers ou des relations excitantes Certains lecteurs m’ont dit avoir ressenti quelque chose du même ordre. Après avoir refermé mon livre, une partie du souvenir de celui-ci les accompagnait quelque temps. Je crois qu’il n’y a pas de plus beau compliment.

Bepolar :L’intrigue est bien ficelée. Dès le départ on sait qu’Ange meurt et il falloir comprendre qui l’a tué (si quelqu’un l’a fait). Comment travaillez-vous ? Êtes-vous de ces auteurs qui connaissent dès le départ la résolution de leur énigme ?
Pierre Berville : Oui, je suis assez classique, voire scolaire, à cet égard. J’aime bien connaitre en détail mon intrigue jusqu’au dénouement avant de me lancer dans l’écriture proprement dire. Je suis un travailleur. Je me documente énormément, vérifie tous les faits que je peux vérifier, cherche une vérité psychologique et sociologique la plus plausible possible. Avec La Ville des Ânes, je suis devenu incollable sur le notariat, la promotion immobilière, l’histoire des Hauts-de-Seine et la vie du peintre Caillebotte ! Connaitre l’aboutissement de mon histoire m’aide à créer de la logique et de la vérité dans le déroulement et dans les caractères. Et, en même temps, j’adore que ma plume me fasse des surprises, ce qui n’a rien de contradictoire avec une histoire soigneusement construite. Marguerite Duras exprimait à juste titre que ce qui est beau dans l’écriture, c’est qu’on ne sait jamais vraiment ce qu’on va écrire. Il est important de sauvegarder cette part d’inattendu. C’est ce qui rend le texte plus poétique, et parle à l’imaginaire. Mais attention, je suis un jeune auteur qui ne connait de l’intérieur que sa propre façon d’écrire, et me garderais bien de me donner en exemple. A chacun son style et sa méthode. Le grand Stephen King, par exemple explique volontiers ne pas connaitre la fin de ses histoires quand il les attaque. Et ses livres fonctionnent, c’est le moins qu’on puisse dire. Comme le disait un jazzman de mes amis : la seule règle, c’est que ce soit bien !

Bepolar :Un petit mot de votre style, plein de verve. Vous aviez envie d’un roman enlevé et plein de sourires ?
Pierre Berville : Si vous voulez bien me pardonnez la trivialité de l’expression, j’attache une coquetterie démesurée à ce que mes efforts passionnés de construction et d’écriture ne sentent pas la sueur. Raymond Queneau, cette immense figure littéraire, soulignait qu’il est très difficile d’écrire un livre. Même mauvais ! Mais il ajoutait « on n’est pas là pour emmerder les populations ». Il avait bien raison. Il faut travailler beaucoup pour apparaitre léger et naturel. Il y a une part de divertissement à soigner. J’essaie d’écrire comme Fred Astaire ou Prince dansaient. Que jamais la douleur du labeur ne se ressente. Tout doit sembler facile. L’idéal c’est que ne restent que l’émotion et, oui en effet, le sourire du spectateur de nos prouesses.

Bepolar :Qu’aimeriez-vous que les lecteurs et lectrices retiennent de votre roman une fois la dernière page tournée ?
Pierre Berville : Qu’ils aient appris deux ou trois trucs amusants ou étonnants sur le monde qui nous entoure, qu’ils se soient divertis, et – surtout- qu’ils aient pris du plaisir et partagé quelque chose avec le texte, qu’ils y aient reconnu un peu de ce qui leur arrive de ressentir. Quand un lecteur ou lectrice a l’immense gentillesse de m’en faire la confidence, c’est pour moi la plus belle des récompenses. Je suis beaucoup en contact avec eux via les réseaux sociaux. Qu’ils soient remerciés de leurs encouragements, vraiment. Rien ne me touche davantage.

Bepolar :Sur quoi travaillez-vous ?
Pierre Berville : La ville des Ânes, c’est Asnières. La banlieue Ouest de Paris, où se déroule l’action de mon livre est un décor passionnant, incroyablement riche en histoire(s) et aux populations très diverses. C’est là que j’ai grandi. La suite des aventures de mon narrateur s’y déroulera encore, sans doute avec d’autres personnages secondaires, d’autres univers sociaux et dans d’autres communes. J’y travaille en ce moment.

Bepolar :Quels sont vos projets ?
Pierre Berville : Pour ce prochain livre, j’aimerais beaucoup ne pas être cette fois-ci mon propre éditeur (Aquilon, c’est moi !). J’avais fait ce choix par impatience, et aussi parce que je connais bien les ressorts de la communication. Et après tout, pourquoi pas ? Proust s’était bien fait éditer à compte d’auteur et Balzac s’était bien lancé dans l’imprimerie ! Mais partager avec un complice enthousiaste et compétent l’aventure qu’est la naissance d’un livre, sa promotion auprès des lecteurs et des libraires, est une expérience qui m’enthousiasmerait. Même si j’obtiens par moi-même de bons résultats, (à vrai dire inespérés !), suivre toute la vie d’un livre est un travail chronophage et qui demande de l’expérience. Si cette perle d’éditeur existe et qu’elle apprécie ce que j’écris, qu’elle n’hésite pas à se signaler. Aujourd’hui, ma priorité et ma plus grande joie, c’est d’écrire.

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