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L’interrogatoire de Jean-Charles Fauqu‌e

Bepolar : Comment est née l’idée de Clémence Sénile ? Qu’est-ce qui vous intéressait dans cette mise en scène de la vieillesse ?
Jean-Charles Fauqu‌e : La maladie d‘Alzheimer avait atteint une personne de ma famille. Cette paisible grand-mère se mit à faire preuve d’une riche inventivité dans les descriptions qu’elle nous faisait de ses visions. Elle usait alors d’un vocabulaire dont on ignorait qu’elle le connaissait, maniant l’injure, la menace, la délation, les malédictions… Elle avait un chat noir, ne lui manquait qu’un balai.
On pouvait dès lors lui prêter les plus noirs desseins…
Auteur de polars, familier du crime littéraire, je ne mis pas longtemps à imaginer que démence sénile et assassinat pourraient fort bien s’associer. En toute impunité, assurée par la perte de mémoire. L’aveu est la reine des preuves, mais qu’avouerait qui ne se souvient de rien ?

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Bepolar : Parlez-nous un peu de votre personnage principal, comment l’avez-vous travaillé ? Est-ce que c’est facile de mettre en scène un "vieux" plutôt qu’un personnage très actifs, ou plutôt une joie ?
Jean-Charles Fauqu‌e : Bien sûr, la maladie n’atteint (à de rares exceptions près) que des individus d’un âge certain Mais qui a dit que les criminels étaient obligatoirement jeunes ? Il est des vieillards tout aussi mal intentionnés que leurs petits enfants. Il y a peu de dictateurs sanguinaires de dix huit ans. Aigris, revanchards, jaloux de leurs facultés perdues et de l’humanité juvénile, ces vieillards feraient volontiers table rase de tous ceux nés après eux.
Une chance pour la littérature policière : à l’ère des écrans, les jeunes ne lisent plus, laissant aux vieux ce plaisir solitaire. Les vieux, en revanche, s’obstinent à se croire toujours jeunes en renouant avec les pratiques de leur jeunesse, voire de leur enfance où ils vont bientôt retomber. L’espérance de vie s’allongeant, les lecteurs agés seront de plus en plus nombreux, ouvrant aux éditeurs de juteux nouveaux marchés. D’autant qu’avec leur mémoire défaillante, les vieillards risquent fort d’acheter deux fois le même titre. Il était donc temps d’inventer le « gérontopolar » Avec Clémence Sénile, c’est fait. Une histoire de vieux, pour les vieux, par un vieux.
Par ailleurs, quand j’étais journaliste, j’ai eu l’occasion de visiter des EHPAD et des établissements de long séjour. Autant de moments d’observation et une source d’inspiration bouleversante quand on se dit que c’est là sans doute que nous mènera notre destin…
Donc pas de difficulté pour moi à mettre en scène un vieillard. A mon âge, on sait déjà ce que va être la vieillesse : un naufrage, certes, mais aussi une période de sérénité et de sagesse enfin approchées peut être le seul age où l’on frôle le bonheur...

Bepolar : Cela parle aussi de l’incompréhension, de l’inadaptation du héros principal face à la situation. La première scène de meurtre le montre hébété, ne sachant pas quoi faire. Aviez-vous des envies de satire sociale également ?
Jean-Charles Fauqu‌e : Plus qu’une critique sociale, c’est celle de nos institutions, sclérosées, figées dans des procédures et des protocoles jamais remis en question, car cela demanderait de faire un effort, ce dont personne n’a envie, et surtout pas notre héros. Devant un meurtre évident, on préfère le qualifier d’accident car les procédures sont plus simples. Nous rencontrons tous ce genre de comportement tous les jours. Ce roman est donc une description/dénonciation de ce qu’on nomme aujourd’hui « le système », où face à une difficulté, chacun cherche à surtout ne rien faire.

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