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L’interrogatoire de Michael Fenris sur Déviation !

Bepolar :Comment est né l’idée de ce roman ?

Michael Fenris : Initialement, j’avais prévu de faire une nouvelle d’une cinquantaine de pages environ, mettant en scène des personnes lambda coincées dans un tunnel, et attaquées par des créatures qu’on n’identifierait pas. Son titre temporaire était les survivants de l’autocar. J’adore écrire des nouvelles, j’en écris toujours en pagaille, je pense plus d’une quarantaine désormais. Un peu à la façon d’une histoire de Stephen King, The Mist, où les gens sont enfermés dans un supermarché. Le but était surtout d’imaginer une sorte de survival d’horreur avec des personnes qui ne se connaissent pas et finissent par se liguer les unes contre les autres afin de savoir qui s’en sortira. Et puis, en commençant la rédaction avec le personnage de Jack Armstrong, j’ai créé des liens avec ce personnage, et j’ai réalisé que je ne pouvais pas me contenter d’en faire un simple pion de l’histoire. Il me fallait aussi expliquer le pourquoi du tunnel. Du coup, l’option nouvelle d’horreur a disparu pour laisser place à un roman, qui commence comme un thriller classique et finit par basculer.

Bepolar :Vos personnages sont coincés dans un espace-temps sans fin, coincés dans un tunnel. Qu’aviez-vous envie de faire ?

Michael Fenris : Ce qui m’intéresse dans une histoire, c’est la psychologie des protagonistes. Je trouve qu’un roman n’est jamais aussi intéressant que quand même les personnages secondaires ont une vraie dimension par exemple. Dans le cas de Déviation, je me suis posé la question : jusqu’où certaines personnes seraient prêtes à aller pour pouvoir se sortir d’une situation a priori insoluble ? J’ai pensé par exemple au film tiré d’une histoire vraie, Alive, qui raconte la survie d’une équipe de rugbymen uruguayenne victime d’un accident dans la cordillère des Andes. Là, nous sommes dans une situation qui échappe à tous les occupants de l’autocar, qui vont être contraints de se dépasser, mais aussi de se poser la question : que devrions-nous faire pour nous en sortir ? Toute la question est là : à leur place, qu’est-ce que vous, ou moi, ferions.

Bepolar :C’est un thriller fantastique prenant. Qu’est-ce que vous apporte le fantastique justement ? Une meilleure approche des personnages pour révéler leurs caractères ?

Michael Fenris : Même s’il m’est arrivé d’écrire des romans bien plus fantastiques que celui-ci, j’aime bien y avoir recours par petites touches. Ça augmente le champ des possibilités. Dans le cas d’un précédent, Thérianthrope par exemple, le fantastique n’est présent que dans les dernières pages. Comme pour l’île. j’aime bien le côté : « okay, toute son histoire est possible, sauf que… À quel moment cela devient une impossibilité ? » Le fantastique me permet de jouer avec les limites d’un récit, d’aller plus loin. D’un seul coup, on se dit : cette route ne va pas à droite, elle continue tout droit. Et si justement elle allait à droite, que se passerait-il tout au bout ? Par contre, le fantastique doit être au service du récit et des personnages, mais pas l’inverse. Je pense que Jack Armstrong, par exemple, aurait pu tout à fait être le sujet d’un vrai polar, un jeu de chat et souris aussi bien à notre époque que dans le passé.

Bepolar :C’est ultra-rythmé. Comment avez-vous travaillé pour l’écriture du livre ?

Michael Fenris : Merci :) J’avais l’intention de faire un récit court donc il fallait être plongé tout de suite dans l’ambiance. Je n’ai pas à proprement parler de rituel d’écriture pour un roman. Je pars le plus souvent d’une idée, vous savez, le fameux : « et si… ? » Je me rappelle que Stephen King (encore lui) déclarait justement à propos de sa nouvelle the Mist : il était en train de faire des courses dans un supermarché et il faisait la queue lorsqu’il a imaginé un ptérodactyle planer au-dessus des rouleaux de papier toilette… Donc, pour en revenir à Déviation, l’idée de base, ma nouvelle, c’était : et si des personnes se retrouvaient coincées dans un car et attaquées par des créatures ? Après, je pars de l’idée, je me mets devant le clavier, et j’écris. Sans savoir comment se développe l’histoire. Je ne sais d’ailleurs jamais comment elle se termine. Les personnages qui sont restés vivants et ceux qui meurent, et comment ils meurent. Je n’ai pas de plan, parce que je ne sais pas m’y tenir. En fait, je vois plutôt l’histoire comme un film qui se déroule devant mes yeux, je mets les scènes en place, je regarde si elles collent, et j’écris ce que je vois. J’essaie d’être le plus visuel possible, quitte parfois à revenir sur un chapitre écrit plus tôt parce qu’il ne colle pas à ce que j’ai décidé de raconter.

Bepolar :Il y a d’autres livres ou films qui utilisent le même procédé. Avez-vous eu des influences ou des récits qui vous ont servi de référence ?

Michael Fenris : Alors, pour cette histoire, pas spécialement, mais quelque part il y a toujours une influence dans nos lectures, même inconsciente. Des auteurs que je préfère, qui sont une source d’inspiration. Comme je l’ai dit, Stephen King est indiscutablement une référence dans ma façon d’écrire. Surtout sa façon d’entrer dans les détails, et de faire vivre ses personnages. J’aime bien aussi la façon dont Michael Connelly mène ses récits jusqu’au final souvent inattendu. Pour ce qui est de la façon d’écrire, du rythme, un auteur compte plus que tous les autres, c’est Henri Vernes, le créateur de Bob Morane. Il a su parfaitement pendant des années mener des récits d’aventures où il ne faut pas cent pages pour être dans le vif du sujet. Si j’écris, c’est grâce à lui. J’ai eu la chance de converser avec lui au téléphone et en direct ; et recevoir un cours d’écriture est un moment que je n’oublierai jamais.

Bepolar :Quels sont vos projets désormais ? Sur quoi travaillez-vous ?

Michael Fenris : J’ai toujours trois ou quatre projets en cours, sur lesquels je travaille en alternance. J’aime bien commencer plusieurs histoires et passer de l’une à l’autre si je bloque. J’ai un roman que j’ai confié à Prisma, l’éditeur de Déviation entre autres, qui a pour cadre une institution psychiatrique assez particulière, et je travaille sur la suite de Feuilles. En parallèle, j’ai la suite des aventures de Jeff Fergusson qui paraissent chez Eaux Troubles et qui sont pour le coup des polars à l’ancienne, comme ceux qui étaient publiés dans les années 50/60. Je réfléchis à publier un autre recueil de nouvelles, et j’ai un autre projet de thriller se déroulant au cours de la seconde guerre mondiale dans un camp de prisonniers.
J’ai aussi un roman beaucoup plus léger, qui narre les aventures d’un jeune homme d’une trentaine d’années incapable de s’assumer. Et un projet de BD encore secret.
Comme vous le voyez, j’ai de quoi m’occuper :)

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