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Laurent Queyssi passe aux aveux pour Correspondant local

Bepolar : Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire ce livre ?
Laurent Queyssi : J’avais envie d’écrire un polar depuis longtemps. J’en avais le cadre depuis ma lecture, il y a longtemps, des polars de Joe Lansdale qui se situent dans l’East Texas (Les Marécages ou sa série Hap et Leonard, par exemple). J’avais aussi quelques idées saillantes, mais pas encore le personnage principal. Une fois qu’il est apparu, j’ai pu me lancer.

Jusqu’ici, j’ai plutôt œuvré dans le fantastique ou la SF, des genres qui travaillent, en tout cas dans ma pratique, des choses assez vastes comme la conscience ou les mythes et j’avais envie de me frotter au roman noir et de voir comment je pourrais m’y immiscer. Il me fallait changer mon approche et le cadre et le protagoniste m’ont donné les points d’appui pour le faire.

Un comité de lecteurs a un jour reproché à ma bibliographie d’être trop disparate. C’est au contraire quelque chose que je revendique. J’écris des nouvelles, des romans, des bandes dessinées, des films et j’essaie d’explorer différents univers, plusieurs genres, d’éviter la vision tunnel. Je vois bien que certains ne comprennent pas cette approche, mais j’ai envie de me diriger vers la lumière, vers mes envies. Je n’écris pour rester englué, mais pour la liberté que cela permet. Et beaucoup de lecteurs me suivent dans mes diverses aventures, ce qui est plutôt rassurant.

Bepolar : On y suit Alexandre, qui est journaliste. Comment tu pourrais nous le
présenter ?

Laurent Queyssi : Alexandre n’est pas vraiment journaliste. C’est un correspondant de presse. Il s’occupe des articles dont le journaliste du quotidien régional ne s’occupe pas. Et c’est un emploi par défaut. À la suite d’un drame, Alexandre est retourné dans la ville où il a grandi et il vivote depuis, sans véritables perspectives. Il est sans doute peut-être un peu dépressif, mais attachant, j’espère.

Bepolar : Il est correspondant local, c’est à dire qu’il est journaliste sans la carte de presse. Il s’occupe des actualités du coin. Pourquoi avoir choisi ce statut ? Tu voulais parler de ces gens qui sont des milliers en France et parfois pas très bien considérés par rapport aux autres journalistes ?
Laurent Queyssi : Je n’ai pas choisi le statut pour revendiquer quoi que ce soit (le côté social est ailleurs dans le roman), mais parce que son travail m’offrait un personnage qui connaissait tout et tout le monde dans la petite ville où il vit et travaille. Cela me permettait de visiter cette petite société semi-rurale sans avoir recours à des artifices. Alex était là pour ça, idéalement placé.
J’ai découvert quelques éléments sur le statut de correspondant local en effectuant mes recherches sur le livre et j’ai distillé quelques-unes de ces découvertes dans le texte.

Bepolar : Un petit mot sur Castelneau. Comment tu vois cette ville ? Pourquoi y avoir placé ton intrigue ?
Laurent Queyssi : Castelnau est une petite ville du Sud-Ouest, au bord de la Garonne, entre Toulouse et Bordeaux, disons. Elle ressemble un peu à la ville où j’ai grandi, mais reste en grande partie inventée, stylisée disons. Je ne voulais pas m’interdire quoi que ce soit ou être retenu par la vérité d’une ville qui existait vraiment. J’ai donc utilisé mes souvenirs de l’endroit (je n’y habite plus depuis plus de vingt-cinq ans) et j’ai arrangé le reste à ma sauce. Sans me comparer à ces illustres prédécesseurs, j’ai repris le principe utilisé par Andrea Camillari qui cache sa ville de Porto Empedocle sous le nom de Vigàta ou, pour revenir à lui, la façon dont Lansdale fait sillonner à ses personnages la région qui entoure Nacogdoches.
Et j’ai sans doute aussi suivi l’adage du « écris sur ce que tu connais ». Je ne suis pas journaliste, mais je gagne ma vie en écrivant et je me suis assez imprégné de ce type de ville, plus jeune, pour pouvoir en faire ressortir quelques caractères, me semble-t-il.
Et je voulais aussi sortir du côté urbain du polar. D’abord parce que je ne me sentais pas qualifié, et ensuite parce que parler de ce genre de petites villes me paraissait plus original, ou me correspondre plus en tout cas.

Bepolar : Une critique sur le net parle d’ambiance "Chabrolienne". C’est une influence que tu revendiques ? Tu voulais être à hauteur du quotidien ?
Laurent Queyssi : Alors, non, ce n’est pas une influence que je revendique. Je comprends d’où peut venir la comparaison et je ne la rejette pas, je suis même flatté car j’aime assez les films de Chabrol, mais ce n’était pas du tout une influence consciente. J’ai l’impression que Chabrol se concentre un peu plus sur une autre classe sociale. Je crois que mon correspondant local est plus du côté des paysans que des notaires de province.
Quant à être à hauteur de quotidien, oui, c’était le but. Je crois que c’était justement le but. En contraste avec mon travail sur le fantastique, par exemple. Les deux pieds ancrés dans le caniveau, ou dans la terre.

Bepolar : Ce n’est pas tout à fait ton premier polar, tu en avais fait notamment en jeunesse, mais on sait que tu navigues entre les genres. Tu reviendras au polar ?
Laurent Queyssi : J’avais écris trois thrillers jeunesse. Qui n’étaient pas vraiment du polar dans le sens où on l’entend, mais plutôt de l’espionnage pour ado.
Oui, je reviendrai très certainement au polar. J’ai très envie d’écrire une suite à ce roman. Les idées viennent et mûrissent. Quand j’aurai ma première phrase, je vais me lancer comme pour ce texte, sans filet. Ça a bien marché la première fois.

Bepolar : Quels sont tes projets ? Sur quoi travailles-tu ?
Laurent Queyssi : Je suis en train de finir une novella fantastique et j’écris aussi une bd intitulée Mundus qui sortira l’année prochaine chez 404 comics. Par ailleurs, j’écris une expérience en réalité virtuelle intitulée Le Cabinet de Curiosité de Thomas Merritt, un trip dans la galaxie à la recherche d’un explorateur spatial. Toujours aussi « disparate ».
Je m’occuperai des projets qui mûrissent quand j’aurais fini tout ça.

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