Seules les bêtes - C - A -

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  • Nicolas Elie 7 juillet 2017
    Seules les bêtes - C - A -

    T’as lu peut-être les romans guyanais de Colin Niel. Pas moi. Jamais ouvert un seul de ses livres avant. J’aime pas les trilogies et les trucs à rallonge, ça me gonfle de devoir acheter des suites. Alors là, je me suis dit que c’était l’occase. En plus, le Massif Central, je connais un peu. Les arbres, la neige, ça me parle…

    Encore un « roman rural noir » tu vas me dire. Ouais. Et un bon. J’ai rencontré ça avec « Grossir le ciel » de M’sieur Bouysse il y a quelque temps, et avec des Américains. Rarement avec un gars de chez nous.
    Ça veut dire que j’ai aimé ? Ben ouais. Grave.

    Le pitch : Une nana disparaît sur le plateau des Causses. Elle s’appelle Évelyne, mais on s’en tape. Elle aurait pu s’appeler Ghislaine, c’était pareil. C’est une bourgeoise, un peu trop belle, un peu trop riche, un peu trop tout, et dont tu te demandes, quand tu la croises dans ce village perdu sur le Causse, ce qu’elle peut bien faire ici. Elle se fait chier, c’est sûr, alors peut-être qu’elle a fugué, ou peut-être qu’il lui est arrivé un truc grave. Comment savoir ?
    Et puis tu vas écouter ceux qui te parlent. Ils sont cinq.

    Celle qui se fait suer avec son mari qui pense qu’à ses bêtes, les bêtes qu’il a récupérées du père de sa femme, avec la ferme et la fille, un genre de paquet cadeau. Elle est assistante sociale, elle s’occupe des paysans. C’est pas simple. C’est des taiseux. Ils sont seuls, comme elle finalement. Elle s’appelle Alice.
    Celui qui s’est pas vraiment remis de la mort de sa mère, qui vit avec ses bêtes, qui te raconte comment c’est difficile la solitude sur le Causse, et ce que tu peux finir par faire pour plus avoir à la supporter. Il s’appelle Joseph.
    Celle qui croit que l’Amour ça existe pour de vrai, et qu’il faut juste attendre qu’il frappe à ta porte, et qu’à chaque fois que ça marche pas, c’est juste une vie, et que c’est pas grave, tu vas en vivre d’autres. Et qu’entre deux vies, t’es juste toute seule. Elle s’appelle Maribé.
    Celui qui va t’expliquer que finalement la solitude, c’est chez les autres, ceux qui ont tout, alors que toi, t’as pas grand-chose. Que ce que tu as, c’est le rêve et que c’est déjà pas mal. Il s’appelle Armand.

    Et puis celui qui va te donner la fin de l’histoire, que t’auras jamais vue venir. Il s’appelle Michel.
    Voilà.

    C’est un putain d’écrivain, et il te raconte une putain d’histoire. Chacun des narrateurs a son propre langage et tu finis par ne plus les lire. Juste tu les écoutes. C’est magique, et c’est rare, tellement rare qu’un écriveur t’emmène aussi loin dans la tête des gens…
    Le sixième personnage, finalement, c’est le Causse. Sauf que lui, il te parle pas, il te montre. Il te fait marcher sur son plateau, respirer les odeurs de la nature, refermer ta veste parce qu’il fait froid, apercevoir des fantômes, ceux qui font des bruits bizarres les nuits où tu trouves pas le sommeil, les fantômes de ces regrets que t’as parfois quand tu regardes en arrière.
    T’en as croisé, toi aussi, de ces gens qui vivent à travers leurs souvenirs, à travers leur jeunesse qui s’est barrée depuis un moment, à travers leurs frustrations et leurs regrets.
    Tu vas croiser la folie aussi.
    Pas celle du dictionnaire ou des hôpitaux psychiatriques, celle des gens ordinaires et qu’on sait pas comment nommer.

    Tu vas lire des trucs sur le « roman choral ».
    Des termes vachement pointus pour dire juste qu’il y a plusieurs chanteurs…
    Pour moi, y en a qu’un.
    C’est le mec qui a écrit ce roman.

  • feursy 18 juillet 2017
    Seules les bêtes - C - A -

    " Dans le temps, les vieux disaient que ton ombre, c’était l’image de la mort. Comme un double de toi qui s’accroche à tes pas et qui te quittera que le jour où tu seras sous la terre. "

    Toutes les histoires ont un début, celle-ci commence le 19 janvier le jour où Evelyne Ducat, la femme d’un notable a disparu. Comme chaque jour elle est partie pour un après-midi de randonnée, et depuis plus rien. Chacun se rappelle ces deux institutrices disparues dans la tourmente, on les avait retrouvées congelées. Et puis les ragots commencent à circuler, cette disparition c’est juste une histoire de fesses, et en plus parait même qu’elle n’aime pas que les hommes. Mais un jour une nouvelle disparition va survenir.
    Ce récit tourne autour de cinq personnes qui à tour de rôle vont être le narrateur et nous expliquer comment ils ont été mêlés dans la disparition d’Evelyne Ducat.
    Alice, assistante sociale à la mutuelle agricole, mariée à Michel éleveur d’Aubracs qui manque d’ambition, mais Alice tombe amoureuse de Joseph.
    Joseph, éleveur de brebis, qui ne sait parler qu’aux bêtes et à son chien, un homme que l’isolement a cassé.
    Maribé, des nichons d’actrice, elle a seulement 26 ans et pourtant elle a l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. Quand elle rencontre Evelyne elle va complètement s’abandonner à elle.
    Armand, vit quelque part en Afrique, il ne pense qu’à faire la fête et passer du temps avec Monique, sa "Gazelle". Les arnaques sur internet c’est son travail, c’est comme cela qu’il va entrer en contact avec Michel.
    Michel, sa plus grande erreur a été de prendre à la fois la ferme et la fille du père Brugier. Alors quand plus grand-chose ne va dans sa vie, la ferme, son mariage avec Alice, il cherche une porte de sortie.

    La dure vie du causse, les hivers rigoureux où le temps ralentit, le ciel s’affaisse, la force du vent, la solitude des éleveurs qui restent, les autres sont partis petit à petit, le loup qui plante ses crocs dans la laine des bestiaux, les anciennes haines dont l’origine est un détournement d’eau ou des limites de terres non respectées. Voilà le cadre de ce roman policier original où des incroyables concours de circonstance vont conduire au drame. L’auteur avec talent, réussit à changer totalement de style à chaque narrateur différent. Il nous entraîne d’une vie rurale faite d’isolement et de détresse morale, à l’Afrique continent de la débrouille et de la misère.

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