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Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

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Résumé :

Renato Donatelli est un simple flic. Un costaud, un baraqué, un type qui a quitté son île, la Nouvelle-Calédonie et qui s’acquitte de son job du mieux qu’il le peut, honnêtement, toujours prêt à rendre service, parce que c’est comme ça que Mama Loma l’a éduqué. Les magouilles de la brigade des stups, il refuse d’y participer. Le kanak comme il est surnommé par le reste de la bande est toujours poli mais faut pas venir lui chercher des noises. « Je vais te laisser le choix... » C’est toujours comme ça qu il commence quand le mec en face se met à le gonfler. « Soit tu passes ton chemin, soit je te mets une gifle amicale ! » Alors quand il tombe sur une famille dépecée à coups de machette, il se fait un devoir d’élucider cette boucherie, d’arrêter les massacres même si tout le monde tente de l’en dissuader. Aidé d’un jeune freluquet fraîchement sorti de l’école de police et d’une médecin légiste collectionneuse de cartes postales, le kanak va remonter la piste d’une vengeance, d’un génocide africain où les bourreaux d’hier sont les victimes d’aujourd’hui.

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Vos #AvisPolar

  • Bill 1er juillet 2021
    Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

    Cela faisait un moment que je n’avais pas été autant emballée par un roman policier français, toulousain qui plus est !

    Avec ce premier opus de Christophe Guillaumot, capitaine de police au SRPJ de Toulouse, on suit Renato Donatelli, gardien de la paix kanak à la brigade des stups toulousaine, affecté dans une équipe où les petits arrangements avec la loi sont légion ...

    Sauf que Renato est réglo ! Il ne dira rien mais ne fera non plus rien de répréhensible !

    Un jour, alors que son équipe perquisitionne chez un dealer, il est intrigué par la porte voisine qui bat doucement et laisse apparaître une toute petite fille ... il va explorer l’appartement et découvre que les parents du bébé ont été victimes d’un carnage ...

    S’ensuivra une enquête tortueuse qu’il mènera en off avec la dernière recrue de la Crim’, préposé aux procédures .. .

    Une enquête qui fera remonter à la surface les atrocités commises pendant la guerre civile du Rwanda ...

    Un roman bien mené, avec des personnages attachants et bien campés, tant parmi les héros que pour les second rôles !

    Une ville de Toulouse évoquée et parcourue avec justesse, sans erreurs, ni invocations sirupeuses de l’âme de Claude Nougaro dont il n’est fait nulle mention (comme quoi c’est possible !)

    Un roman qui évoque à peine - et à bon escient - la catastrophe d’AZF, point Godwin toulousain !

    Bref, un auteur que je découvre mais dont je vais activement rechercher les autres productions !

  • IsaVP 1er août 2020
    Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

    Le grand malheur de Renato c’est d’avoir été nommé à la brigade des stups de Toulouse : il est bien trop honnête pour ce genre de job !
    De son île de Nouvelle Calédonie, celui que l’on surnomme le Kanak, a ramené dans ses bagages de simple gardien de la paix, un profond altruisme, une force sans limites que lui confèrent aisément ses 1m99 et surtout une totale intolérance à l’illégalité. Il a aussi une légère difficulté à se plier aux ordres irraisonnés.
    C’est une enquête qu’il mène de son propre chef, sur l’assassinat d’une famille africaine, qui va le plonger dans les résurgences du génocide rwandais de 1994 et révéler la traque des « grands arbres », les bourreaux de ce massacre qui sont tranquillement installés en France.
    Les personnages qui vont croiser sa route sont tous plus attachants les uns que les autres et Christophe GUILLAUMOT a su donner une âme originale à cette équipe de flics borderline qui se rencontrent dans ce roman et que l’on espère bien retrouver dans les suivants.
    La partie judiciaire de l’enquête est minutieusement détaillée mais cette dernière est tellement souvent en dehors des clous que jamais la profession de flic de l’auteur, ne fait de l’ombre à son style drôle et incisif.
    Un cocktail sensuel, violent et émouvant à la fois, compose ce très bon polar et je me suis régalée à le découvrir.
    J’attends la suite avec impatience.

  • Musemania 4 février 2019
    Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

    Voici un des trois polars de la sélection de mars 2018 qui concourent pour le Prix du Meilleur Polar des éditions Points (que je remercie de m’avoir sélectionnée).

    Dès le départ du récit, l’auteur nous plonge dans l’action des services de police et plus particulièrement, de la brigade des stups. Renato Donatelli, géant venant de Nouvelle-Calédonie en fait partie mais il ne rêve qu’à une chose, pouvoir retourner un jour sur son île de l’autre côté du monde. En attendant, il doit composer avec son unité, pour laquelle ne comptent que la corruption et l’argent facile. Lors d’une intervention, il découvre une famille africaine massacrée. Au fil de son enquête où il se fera aidé par Avril, belle médecin légiste et Jérôme Cussac, jeune recrue de la brigade criminelle, le Kanak se rendra compte que les intérêts les plus hauts de l’Etat français se retrouvent sur la sellette et que les apparences sont souvent trompeuses.

    J’ai aimé ce roman policier pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’histoire prend ses marques dans la ville de Toulouse. C’était la première fois que je découvrais cette ville par l’écriture et l’auteur a su m’y transporter et me donner envie, pourquoi pas, d’un jour aller la découvrir. Ensuite, j’ai trouvé le personnage principal, Renato Donatelli particulièrement attachant (même si, parfois, un peu caricatural). Loin de son île natale, l’intégration du policier étranger en métropole est loin d’être évidente : que ce soit avec ses collègues de la brigade des stups ou dans la vie de tous les jours, si différente de ce qui se passe dans les départements d’Outre-Mer et surtout pour lui, en Nouvelle-Calédonie. Pour développer ce personnage, l’auteur, lui-même policier, s’est inspiré d’un de ses collègues disparus et la dédicace de ce livre est touchante.

    Christophe Guillaumot a eu le cran de mêler l’Histoire avec un grand H à sa narration. Petite fille lorsqu’il s’est déroulé, je me rappelle pourtant les images du génocide rwandais qui passaient à la télévision. Les amis et voisins d’hier étaient alors devenus les meurtriers et les bourreaux du présent. Loin de ce petit pays d’Afrique, l’Europe regardait ces images avec un certain détachement. Pourtant, en 100 jours, près de 800 000 personnes ont perdu la vie dans d’innommables conditions. La communauté internationale ne s’est jamais dressée contrer ces milliers de suppliciés alors que la mort d’un seul occidental parvenait à soulever des montagnes.

    Christophe Guillaumot s’est très bien documenté sur le sujet et cela se ressent. Cela reste bien entendu un polar, mais il prend le temps d’expliquer les grandes lignes du déroulé des faits, poussant le lecteur à la réflexion sur ce qui s’est passé, près de 25 ans (en 2019) après les faits, notamment quant à l’implication implicite de la France.

    Vous vous demanderez sûrement la signification de ce titre pour une histoire aussi noire mais vous le découvrirez au fil des pages et il n’en sera que plus prenant et plus fort.

    Pour ma part, ce livre que je ne connaissais pas avant de le découvrir dans le cadre du Prix du Meilleur Polar Points est plutôt une bonne surprise. Pour ceux qui l’ont apprécié comme moi, sachez que vous pourrez retrouver ce personnage aussi bien naïf qu’attachant du géant Renato dans une seconde enquête : « La chance du perdant », sorti en 2017 aux éditions Liana Lévi.

    Chronique sur mon blog : https://musemaniasbooks.blogspot.com/2018/05/abattez-les-grands-arbres-de-christophe.html

  • universpolars 24 novembre 2018
    Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

    Sur la 1ère page, l’éditeur nous explique que la collection "Du Noir au Sud" nous transporte dans le Sud, ses villes, ses villages, à la découverte des habitants, de leurs traditions, leurs secrets, tout ceci avec crime et intrigue. Un beau challenge pour l’auteur !

    C’est un aspect qui me plaît énormément, qui me motive à découvrir ce roman, mais encore faut-il que l’auteur honore cet aspect pas si évident à réaliser !

    Bon alors, comment dire... A ce niveau-là, je dois admettre que je n’y ai pas trouvé mon compte. Au niveau secrets et traditions par rapport à la région, il me semble qu’il n’y a pas grand-chose de percutant. Par contre, si je fais abstraction de cela, j’ai vraiment pris mon pied. Belle intrigue !

    L’entrée en matière me plaît énormément car l’auteur se focalise sur un personnage, et pas des moindre ! Renato Donatelli, un grand black tout en muscles, est flic à Toulouse. Par contrainte, il a dû quitter son île, la Nouvelle-Calédonie, il y a déjà quelques années. Son rêve est d’y retourner un jour, mais sa hiérarchie s’y oppose. Renato, dit le Kanak, est un flic droit, honnête, serviable, qui est comme cela car il y croit vraiment ! C’est inné, c’est dans sa plus profonde nature.

    Pour lui, il n’y a pas de "petits boulots" : toute personne qui commet un délit ou un crime doit être livrée à la justice. Le Kanak donne de temps en temps quelques claques, de bon cœur, à dévisser une tête, mais il laisse toujours le choix avant de les administrer aux délinquants. En gros, sympa, mais il ne faut pas le chercher non plus. J’adore ce type !

    Durant l’introduction, nous allons découvrir deux choses majeures. La première, c’est que nous avons à faire à une vraie bande de ripoux, notamment au sein des stups. La seconde chose que nous allons découvrir, en même temps que le Kanak, c’est un couple africain assassiné, démembré, éventré, dans son appartement crépi d’hémoglobine. Un jeune enfant en couche-culotte, présent, a été épargné.

    Le Kanak, ayant encore une qualité supplémentaire, soit l’utilisation de ses neurones à bons escient, va se donner le devoir de résoudre l’enquête sur ce massacre. Il en fait son affaire, c’est lui qui a tout vu, c’est lui qui a subi cette vision d’horreur, donc c’est à lui de trouver ce qu’il s’est passé. Notre gardien de la Paix ne réfléchit pas plus loin, c’est une évidence pour lui.

    Mais, bien évidemment, ce n’est pas vraiment dans ses compétences. Il va devoir donc œuvrer un peu à contre-courant. Mais le Kayak, de toute manière, il s’en fout un peu : c’est le résultat qui compte.

    En solo, ou presque, son début d’enquête va le conduire vers le passé, vers un événement vieux de plus de 20 ans : le génocide au Rwanda. 800´000 morts. Vengeance ?

    A voir l’intérêt qu’il va susciter auprès des services de renseignements, nous pouvons partir du principe que le Kanak se dirige dans la bonne direction et, surtout, qu’il devient gênant.

    Au cours de cette intrigue, l’auteur nous place en équilibre au milieu d’une balance et nous avons le pied qui dérape sans arrêt d’un côté comme de l’autre. Victimes, bourreaux, ou inversement, cela devient difficile de juger. D’un point de vue éthique, Christophe Guillaumot nous donne un exemple concret vis à vis duquel la justice des hommes atteindrait presque ses limites. Qui sommes-nous, finalement, pour pouvoir prétendre être capable de juger d’une manière implacable, "juste" et neutre ? Et, surtout, juste par rapport à quoi ?

    Question difficile je vous l’assure.

    Le personnage du Kanak, qui se situe au centre de cette intrigue, va s’avérer être très intéressant car il s’agit d’un homme qui a la justice dans les yeux et dans l’âme et qui, pourtant, va être tourmenté par cet aspect de "rendre justice".

    L’intrigue, qui est pourtant bien rendue, n’est pas pour moi l’élément phare du roman. A mon sens, ce sont avant tout les personnages, le style d’écriture et les scènes, très justes et fidèles au niveau police, qui m’ont vraiment séduits.

    L’auteur place également au centre de son intrigue plusieurs problèmes internes, à savoir la "cohabitation" entre les divers services de police et de renseignements. C’est une guerre qui n’est pas gagnée d’avance pour chacun d’entre eux !

    Et, pour conclure, la grande question concernant cette histoire restera pour moi la suivante : où se situe la barrière entre justice et vengeance ? Qu’est-ce qui est le plus juste à appliquer, parfois, pour que justice soit rendue ? La vengeance ? À méditer...

    Mais, de toute manière, l’auteur ira encore un petit peu plus loin dans l’intrigue et le problème ne sera plus vraiment de savoir si nous avons à faire à de la vengeance ou de la justice. Nous parlerons plutôt du fait d’atténuer les braises, écraser le passé, effacer et gommer une partie de sa vie.

    Parfois vous pouvez frotter pendant des heures avec une brosse à chiotte, il restera toujours une merde qui refera surface un jour ou l’autre. (Houla désolé mais c’est tellement ça !)

    Bonne lecture.

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