Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

Notez
Notes des internautes
1
commentaire
Inscrivez-vous ou connectez-vous pour pouvoir participer au Club !
Vous devez être inscrit ou connecté pour bénéficier de votre médiathèque!
Notez
Notes des internautes

Résumé :

Renato Donatelli est un simple flic. Un costaud, un baraqué, un type qui a quitté son île, la Nouvelle-Calédonie et qui s’acquitte de son job du mieux qu’il le peut, honnêtement, toujours prêt à rendre service, parce que c’est comme ça que Mama Loma l’a éduqué. Les magouilles de la brigade des stups, il refuse d’y participer. Le kanak comme il est surnommé par le reste de la bande est toujours poli mais faut pas venir lui chercher des noises. « Je vais te laisser le choix... » C’est toujours comme ça qu il commence quand le mec en face se met à le gonfler. « Soit tu passes ton chemin, soit je te mets une gifle amicale ! » Alors quand il tombe sur une famille dépecée à coups de machette, il se fait un devoir d’élucider cette boucherie, d’arrêter les massacres même si tout le monde tente de l’en dissuader. Aidé d’un jeune freluquet fraîchement sorti de l’école de police et d’une médecin légiste collectionneuse de cartes postales, le kanak va remonter la piste d’une vengeance, d’un génocide africain où les bourreaux d’hier sont les victimes d’aujourd’hui.

Vos avis

  • universpolars 24 novembre 2018
    Abattez les grands arbres - Christophe Guillaumot

    Sur la 1ère page, l’éditeur nous explique que la collection "Du Noir au Sud" nous transporte dans le Sud, ses villes, ses villages, à la découverte des habitants, de leurs traditions, leurs secrets, tout ceci avec crime et intrigue. Un beau challenge pour l’auteur !

    C’est un aspect qui me plaît énormément, qui me motive à découvrir ce roman, mais encore faut-il que l’auteur honore cet aspect pas si évident à réaliser !

    Bon alors, comment dire... A ce niveau-là, je dois admettre que je n’y ai pas trouvé mon compte. Au niveau secrets et traditions par rapport à la région, il me semble qu’il n’y a pas grand-chose de percutant. Par contre, si je fais abstraction de cela, j’ai vraiment pris mon pied. Belle intrigue !

    L’entrée en matière me plaît énormément car l’auteur se focalise sur un personnage, et pas des moindre ! Renato Donatelli, un grand black tout en muscles, est flic à Toulouse. Par contrainte, il a dû quitter son île, la Nouvelle-Calédonie, il y a déjà quelques années. Son rêve est d’y retourner un jour, mais sa hiérarchie s’y oppose. Renato, dit le Kanak, est un flic droit, honnête, serviable, qui est comme cela car il y croit vraiment ! C’est inné, c’est dans sa plus profonde nature.

    Pour lui, il n’y a pas de "petits boulots" : toute personne qui commet un délit ou un crime doit être livrée à la justice. Le Kanak donne de temps en temps quelques claques, de bon cœur, à dévisser une tête, mais il laisse toujours le choix avant de les administrer aux délinquants. En gros, sympa, mais il ne faut pas le chercher non plus. J’adore ce type !

    Durant l’introduction, nous allons découvrir deux choses majeures. La première, c’est que nous avons à faire à une vraie bande de ripoux, notamment au sein des stups. La seconde chose que nous allons découvrir, en même temps que le Kanak, c’est un couple africain assassiné, démembré, éventré, dans son appartement crépi d’hémoglobine. Un jeune enfant en couche-culotte, présent, a été épargné.

    Le Kanak, ayant encore une qualité supplémentaire, soit l’utilisation de ses neurones à bons escient, va se donner le devoir de résoudre l’enquête sur ce massacre. Il en fait son affaire, c’est lui qui a tout vu, c’est lui qui a subi cette vision d’horreur, donc c’est à lui de trouver ce qu’il s’est passé. Notre gardien de la Paix ne réfléchit pas plus loin, c’est une évidence pour lui.

    Mais, bien évidemment, ce n’est pas vraiment dans ses compétences. Il va devoir donc œuvrer un peu à contre-courant. Mais le Kayak, de toute manière, il s’en fout un peu : c’est le résultat qui compte.

    En solo, ou presque, son début d’enquête va le conduire vers le passé, vers un événement vieux de plus de 20 ans : le génocide au Rwanda. 800´000 morts. Vengeance ?

    A voir l’intérêt qu’il va susciter auprès des services de renseignements, nous pouvons partir du principe que le Kanak se dirige dans la bonne direction et, surtout, qu’il devient gênant.

    Au cours de cette intrigue, l’auteur nous place en équilibre au milieu d’une balance et nous avons le pied qui dérape sans arrêt d’un côté comme de l’autre. Victimes, bourreaux, ou inversement, cela devient difficile de juger. D’un point de vue éthique, Christophe Guillaumot nous donne un exemple concret vis à vis duquel la justice des hommes atteindrait presque ses limites. Qui sommes-nous, finalement, pour pouvoir prétendre être capable de juger d’une manière implacable, "juste" et neutre ? Et, surtout, juste par rapport à quoi ?

    Question difficile je vous l’assure.

    Le personnage du Kanak, qui se situe au centre de cette intrigue, va s’avérer être très intéressant car il s’agit d’un homme qui a la justice dans les yeux et dans l’âme et qui, pourtant, va être tourmenté par cet aspect de "rendre justice".

    L’intrigue, qui est pourtant bien rendue, n’est pas pour moi l’élément phare du roman. A mon sens, ce sont avant tout les personnages, le style d’écriture et les scènes, très justes et fidèles au niveau police, qui m’ont vraiment séduits.

    L’auteur place également au centre de son intrigue plusieurs problèmes internes, à savoir la "cohabitation" entre les divers services de police et de renseignements. C’est une guerre qui n’est pas gagnée d’avance pour chacun d’entre eux !

    Et, pour conclure, la grande question concernant cette histoire restera pour moi la suivante : où se situe la barrière entre justice et vengeance ? Qu’est-ce qui est le plus juste à appliquer, parfois, pour que justice soit rendue ? La vengeance ? À méditer...

    Mais, de toute manière, l’auteur ira encore un petit peu plus loin dans l’intrigue et le problème ne sera plus vraiment de savoir si nous avons à faire à de la vengeance ou de la justice. Nous parlerons plutôt du fait d’atténuer les braises, écraser le passé, effacer et gommer une partie de sa vie.

    Parfois vous pouvez frotter pendant des heures avec une brosse à chiotte, il restera toujours une merde qui refera surface un jour ou l’autre. (Houla désolé mais c’est tellement ça !)

    Bonne lecture.

Votre commentaire

Votre note :
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.