Termnus Elicius - Karine Giebel

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Résumé :

Toujours le même trajet. Istres-Marseille. Marseille-Istres. Sa mère, son travail. La vie de Jeanne est en transit. Elle la contemple en passager. Une lettre suffira à faire dérailler cette existence morose : « Vous êtes si belle, Jeanne. » Glissée entre deux banquettes, elle l’attendait. Une déclaration. D’amour. De guerre. Car l’homme de ses rêves est un monstre, un tueur sans pitié. Elle sera sa confidente, son épaule.
Il sera son âme sœur, son dilemme. Le terminus de ses cauchemars... « Ma chère Jeanne, J’aimerais que vous m’aimiez comme je vous aime. Mais, pour m’aimer, il vous faut me connaître. Savoir ce que je suis… Certains diront un monstre. D’autres chercheront des explications lointaines, surgies de mon passé. Beaucoup jugeront, condamneront. Mais qui comprendra vraiment ? Vous, je l’espère. Hier soir, j’étais avec une autre femme que vous.
Mais je ne suis pas resté longtemps avec elle. Juste le temps de la tuer… »

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  • QuoiLire 2 juin 2018
    Termnus Elicius - Karine Giebel

    Que ce soient les amateurs de romans policiers ou les habitués de Karine Giebel, ce roman va les déstabiliser.

    Terminus Elicius n’est pas un roman policier à proprement parler. Certes il y a des meurtres, une enquête pour découvrir l’auteur de ces faits tragiques, mais ce n’est pas le point central du roman. Donc que les habitués de Karine Giebel ne s’attendent pas à une profusion de détails sanguinolents,de tensions dans l’investigation.

    Non, ici, l’auteure cherche à exploiter la petite histoire parallèle à l’affaire : le criminel installe un échange épistolaire avec une policière réservée et proche de l’enquête, lui confessant ses crimes, mais la charmant par la même occasion. S’engage alors une guerre psychologique pour la policière : que faire face un homme qui lui témoigne sa confiance, son amour, mais qui en même temps enlève des vies.

    Pour ce premier roman, Karine Giebel fait appel à ses connaissances : Marseille, la côte méditerranéenne, le train jusqu’à Miramas. Sans aucun problème le lecteur est rapidement projeté dans l’univers du roman, et se laisse embarquer dans cette correspondance ben loin de ses habitudes littéraires.

    Mais si le tueur charme la policière ; Karine Giebel n’a pas eu le même effet sur moi. Si le style et le rythme sont plutôt maîtrisés pour un premier roman ce n’est pas au niveau des derniers romans comme dans Meurtres pour rédemption. De plus, les personnages et le mobile du crime sont un peu trop caricaturaux, ce qui gâche quelque peu le plaisir de la lecture.

    Si vous décidiez de le lire, je vous conseille de trouver la dernière édition qui inclut une nouvelle où les personnages croisent ceux de Terminus Elicius. Ce "crossover" est particulièrement savoureux.
    (https://quoilire.wordpress.com/2018/05/03/karine-giebel-terminus-elicius/)

  • universpolars 24 novembre 2018
    Termnus Elicius - Karine Giebel

    "Si quelqu’un t’a mordu, il t’a rappelé que tu as des dents." Proverbe de source inconnue.

    Voici une terrible et profonde histoire de vengeance. Terrible car intense et violente ; profonde car désespérée, accablante et séculaire. La vengeance est pour moi un sentiment qui est fort, parfois excessif, souvent immodéré, mais ô combien délivrant. Elle ne résout souvent rien, c’est vrai, mais c’est tellement humain, aussi, de retourner le mal que l’on a subi. Est-ce un sentiment de justice ? Vaste sujet.

    Le train-train quotidien. Ce terme prend tout son sens dans ce thriller. Jeanne, personnage aux manies quelque peu étonnantes, prend tous les jours le train et le métro aux mêmes heures, toujours à la même place, ne surtout rien changer.

    Cette femme extrêmement maniaque, qui travaille comme secrétaire dans un commissariat près de Marseille, effectue toujours les mêmes gestes d’une manière extrême et excessive. Peur du changement, de l’inconnu ?

    L’inconnu, justement. Un soir, un inconnu va lui laisser à côté de son siège habituel, plus précisément entre les sièges, une lettre manuscrite. Cette surprenante missive révèlera son amour pour elle. Un homme qui est là tous les jours, dans ce transport en commun, souhaitant apparemment entrer en contact avec elle. Mais cet homme ne va pas en rester là, il va lui raconter sa vie, toujours en lui laissant des lettres.

    Lui raconter sa vie consistera notamment à lui expliquer comment et pourquoi il tue froidement des gens qui, selon lui, ne méritent plus de vivre. Jeanne ne pourra cependant pas vraiment réagir face à cet homme qui sait apparemment tout d’elle et qui connaît toutes ses petites habitudes. De plus, la mise en garde semble assez claire et explicite.

    Jeanne est une femme sérieusement paranoïaque de nature, semblant souffrir de troubles de la personnalité. Se retrouver alors la confidente d’un tueur "en série" va devenir un sérieux problème pour elle. Un homme manipulateur, fou et dangereux contre une femme paranoïaque, solitaire, influençable et très fragile, cela va devenir un face à face compliqué et très pervers.

    Jeanne va devoir choisir entre le dénoncer, faire face à une peur chronique et extrême, ou alors se laisser aller dans une sorte de compréhension, d’association de sentiments avec cet homme sadique, peut-être même un partage de frustrations communes. Un jeu dangereux, malsain et immoral dont elle ne peut sortir indemne d’un côté comme de l’autre.

    L’auteur nous transmet de drôles de sensations. Nous avons une vision policière, au sein-même d’une enquête, qui nous place face à un monstre sanguinaire et extrêmement déterminé, mais aussi face à un homme qui, par le biais de cette correspondance avec cette femme, nous donne une autre facette de lui-même. C’est assez gênant mais c’est une approche très intéressante. Nous sommes pris à partie.

    Au final, comme pour beaucoup de romans de Karine Giébel, nous errons entre maintes émotions, mais avec une perception qui nous dirige souvent vers une bonne part de compréhension.

    Comprendre, sans pour autant cautionner.

    Bonne lecture.

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