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Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

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31 #AvisPolar
13 enquêteurs
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8 enquêteurs
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Résumé :

Maman disait de moi que j’étais un ange.
Un ange tombé du ciel.
Mais les anges qui tombent ne se relèvent jamais...
Je connais l’enfer dans ses moindres recoins.
Je pourrais le dessiner les yeux fermés.
Je pourrais en parler pendant des heures.
Si seulement j’avais quelqu’un à qui parler...

Tama est une esclave. Elle n’a quasiment connu que la servitude. Prisonnière de bourreaux qui ignorent la pitié, elle sait pourtant rêver, aimer, espérer. Une rencontre va peut-être changer son destin...

Frapper, toujours plus fort.
Les détruire, les uns après les autres.
Les tuer tous, jusqu’au dernier.

Gabriel est un homme qui vit à l’écart du monde, avec pour seule compagnie ses démons et ses profondes meurtrissures.
Un homme dangereux.
Un matin, il découvre une inconnue qui a trouvé refuge chez lui. Une jeune femme blessée et amnésique.
Qui est-elle ? D’où vient-elle ?

Rappelle-toi qui tu es. Rappelle-toi, vite !
Parce que bientôt, tu seras morte.

Vos #AvisPolar

  • steph 30 mars 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Tama, jeune esclave du 21ème siècle vit l’enfer en France, une figure féminine tellement forte malgré les épreuves et qui garde espoir.
    On ne peut s’empêcher de tourner les pages afin de découvrir si Tama trouvera sa liberté, la sécurité et le courage de se battre encore et encore…

    Le récit d’un destin très sombre où il faut se battre pour atteindre la lumière

  • Valérie 7 juillet 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Ce tout nouvel opus de Karine Giebel nous entraîne dans le quotidien de ces esclaves modernes. Certains passages sont insoutenables j’ai plusieurs fois failli fermer le livre mais j’ai heureusement tenu bon car l’histoire en vaut le coup !!!Retour ligne automatique
    J’aime beaucoup l’écriture de K. Giebal et une fois de plus je ne suis pas déçue. Ce polar confirme son talent !!! A lire absolument !!

  • Alexandrine Arnaud 20 août 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    S’il y a bien un roman qu’on ne peut pas lâcher une fois ouvert c’est Toutes blessent la dernière Tue de Karine Giebel. Ne vous laissez pas impressionner par les 800 pages du livre... On ne peut pas lâcher ce roman. C’est addictif et ce, dés les 10 premières lignes. Ce roman raconte le calvaire de la jeune Tama, orpheline, "vendue" par son père qui pensait qu’elle aurait une vie meilleure en France. Mais la nature humaine n’est pas toujours si bonne, et la jeune Tama se retrouve esclave de bourgeois sans coeur, sans pitié, sans humanité. et ce n’est que le début... Ce roman, noir, très très noir, relate l’histoire de cette jeune esclave, et ce n’est pas toujours facile à encaisser. On souffre avec elle. On espère avec elle. On combat avec elle. Car Tama est forte et combative. On ne peut pas trop en dire sur l’histoire et tous les rebondissements qui jalonnent la vie de Tama, mais l’écriture de Karine Giebel nous accroche, nous happe totalement dans cette histoire terrible. Une vraie découverte pour ma part qui n’avait pas encore lu de roman de Karine Giebel. Une auteur française qui se positionne, en tout cas avec ce livre, dans la cours des grands, des très grands maitre du roman noir. Un choc littéraire.

  • Leroy Delphine 4 septembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Dans ce roman, Karine Giebel surfe entre le roman très noir et le polar...

    Tama, déracinée, très jeune, de sa famille et de son pays, est vendue par son père à une femme pour qu’elle soit employée en France afin de gagner de l’argent pour être scolarisée...
    Mais Tama va plonger dans les ténèbres et être exploitée, battue, torturée, humiliée et violée et va vivre des années de souffrance avant de rencontrer quelqu’un qui va bouleverser sa vie...

    Ce roman est très addictif mais extrêmement dur. On souffre à chaque page face au calvaire de Tama. On a envie de hurler, de se révolter et en même temps, on ne peut pas lâcher le livre car on attend un retournement de situation et une fin heureuse pour cette héroïne, qui vous marquera de façon indélébile ...

    Beaucoup de violences et de tortures dans ce roman, qu’elles soient physiques ou psychologiques qui vous retourneront à la limite du supportable... mais aussi une belle histoire, celle d’une héroïne très forte, qui usera d’une force d’esprit hallucinante pour survivre à son calvaire, s’accrochant à l’amour, à l’espoir et faisant preuve d’une résilience admirable.

    Dans ce roman, Karine Giebel parle de l’esclavage moderne et du banditisme. Deux mondes en souffrance qui vont se mêler pour un cocktail forcément explosif...

    Toutes blessent, la dernière tue est un roman fort, dur et éprouvant mais nécessaire car malgré l’abolition de l’esclavage en France en 1848, une certaine forme d’esclavage moderne perdure, majoritairement domestique, et ne doit pas être ignoré.

    Un très bon roman malgré la dureté de son thème qui secoue, dérange mais marque durablement...

  • Sangpages 17 septembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Giebel, j’étais pas fan. A vrai dire, j’avais tenté il y a quelques années "Meurtre pour rédemption" que je n’ai jamais pu finir.
    Cependant, rester sur un seul avis n’est pas mon genre et ce livre-là, en particulier, m’a clairement appelée (oui, oui je vous jure, j’ai entendu un cri 🤪 ).
    Me voilà donc rabibochée avec cette auteur au talent presque vicieux, simplement parce qu’elle réussit le tour de force de nous engluer totalement dans son histoire !
    La mère de Tama est morte alors qu’elle avait 5 ans. Elle se retrouve à vivre chez sa tante Afaq. Son père, lui, s’est remarié et a eu deux fils. Il ne peut pas subvenir aux besoins de tous et accepte donc la proposition de Majda qui veut l’emmener en France pour un peu de travail dans une famille en échange d’une bonne éducation et d’une bonne scolarité. Son père accepte sans se douter que la réalité sera tout autre. Elle a tout juste 9 ans.
    Gabriel, lui, vit reclus dans une vieille ferme. Emmuré dans son chagrin, il semble avoir de drôles d’activités et être en contact avec une certaine Lady Ekdikos. Son quotidien et ses petites affaires se verront fort perturbés par la découverte d’une jeune femme blessée dans sa grange. Qui est-elle ? D’où vient-elle ?
    L’esclavage moderne est un sujet sensible voir tabou. Il fallait donc oser l’aborder sans détour, sans œillères, sans modération, sans fioritures, sans rien qui puisse nous détourner de cette horreur.
    Dans toutes blessent, la dernière tue, il est question de douleurs. Toutes les douleurs que ce soit physiques ou celles de l’âme.
    Il est question de peurs. Toutes les peurs.
    Il est question d’un combat pour la vie envers et malgré tout.
    Il est question d’amour et d’espoir aussi petit soit-il.
    Il est question de destin plus que malheureux, d’un sort qui s’acharne encore et encore pour la faire plier, pour l’abattre mais qui paradoxalement lui donne à l’inverse une terrible envie de vivre.
    Il est question d’une descente en enfer qui telle une spirale sans fin, ne lui permet plus de trouver la porte de sortie.
    Il est surtout question d’une réalité vraie, qui n’est pas une fiction et c’est bien là le pire.

    Une histoire sordide qui a pourtant ce quelque chose de commun simplement parce qu’elle est le quotidien de beaucoup. L’horreur de bon nombre.
    Un récit brutal, violent, dérangeant, percutant (Peut-être un poil trop avec une dose de redondances sans doute inutiles) qui ne vous laissera en aucun cas de marbre et qui vous poursuivra très longtemps.
    Le fait qui m’a particulièrement perturbée est que ce sont principalement des femmes qui infligent des sévices à Tama, qui la traite comme un chien. Non pas que ce principe soit exclusivement réservé à la gente masculine, bien loin de là, mais toujours plus terrible lorsque cette violence vient d’une femme. (Les hommes ne sont pas en reste "rassurez-vous" et sont eux aussi omniprésents et font preuve d’une grande imagination.)
    Une plume parfois poétique, parfois dure et acerbe. Je pensais le récit prévisible et bien je me suis fourrée le doigt dans l’œil et ce jusqu’à l’omoplate. Malgré quelques longueurs, le final est éblouissant, comme je les adore.
    A lire, si ce n’est pas déjà fait, mais soyez prévenus...Vous ne ressortirez pas indemne...vraiment !

  • Laure Manda Marie 26 septembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Le petit (ou le gros !) dernier de Karine Giebel est un roman irréfutablement sombre et addictif, vous ne le lâcherez pas jusqu’à la dernière page.

    C’est incontestable ! cet auteur à l’art du thriller, elle fait monter la tension et la maintient à son paroxysme du début à la fin. Une sueur froide coule le long de notre dos dès les premières pages, nous comprenons vite la réalité, partagés entre voyeurisme et impuissance face à l’histoire, à la situation quasi sans issue.

    Une lecture dure, un livre poignant à lire absolument pour Karine Giebel, pour sa qualité d’écriture, pour l’histoire, pour la prise de conscience. Un roman noir profond qui comble les grands adeptes de ce genre de livres. L’écriture est irréprochable, il ne souffre d’aucune incohérence, j’aimerais juste découvrir toute les qualités d’écriture de cette auteur dans un autre registre moins noir moins desespéré mais c’est ce qui fait son "charme" et sa signature aussi. A lire mais pas les jours de déprime ou si justement pour se dire que finalement notre vie est magnifique !

  • GHLS 12 octobre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Grosse grosse claque... La couverture ne me disait rien. On m’a offert ce livre que j’ai laissé trainer des semaines sur ma table de salon. et un soir, un peu désoeuvré, j’ai ouvert le livre et j’ai commencé à lire, persuadé que j’allais le fermer au bout de quelques pages tellement, la couverture ne m’inspirait pas et ne provoquait chez moi que dédain pour ce pavé de 800 pages Karine Giebel je ne connaissais pas. Une amie m’a offert ce livre m’assurant que c’était une bombe.
    Et en fait, elle avait raison ! J’ai lu la première page, puis la seconde, puis j’ai enchainé jusqu’à la dernière page... Je me suis laissé embarqué par la vie de Tama, cette jeune esclave, qui a tout subit, tout supporter, tout surmonter. roman noir plus que polar, Toutes blessent la dernière tue a été pour moi une révélation... j’ai déjà commandé les autres livres de Giebel. Je vous en dis plus bientôt :)

  • Maëva Dupré 15 novembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    J’avais lu toutes sortes de critiques sur ce livre. J’avais envie de le lire pour me faire mon avis. Si j’ai été emballée dans le premier tiers du livre (quand même un pavé de 700 pages !) Je finis par m’essoufler, m’ennuyer face au déluge de sentiments dans ce livre. Le sujet de l’esclavage est enfouis face à un amas de violences. Violence sur violence. Gratuite, sans intérêt à mes yeux. Giebel m’avait pourtant habituée à mieux. Mais, indéniablement, la passion s’effrite entre nous. Même si le sujet avait le mérite d’être intéressant, et j’aurais aimé qu’il soit encore plus creusé.

    MAis peut-être Giebel me rattrapera à son prochain roman, j’espère.

  • catoche 13 décembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    il me manque ce livre de Karine GIEBEL, j’ai presque lu tous les autres et donc j’ai tous les avis favorables et certains défavorables ; comme cela je me ferai une idée ! merci

  • Galiko 13 décembre 2018
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Ce livre de Karine Giebel, un vrai page turner, vous donne une bonne raison de rentrer du travail et continuer à le lire, tant au niveau du sujet très actuel, qu’au style très dynamique et entraînant de l’auteur !
    Suzy Galiko

  • Ju lit les Mots 14 janvier 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Plonger dans un pavé est un vrai plaisir pour moi ! Oui je suis fana de ces pavés qui font peur… Plus le truc est gros (je vous vois venir ! Rien de sexuel…) plus je m’éclate ! Bref, ce n’est donc pas le nombre de page qui me freine… Mais qui dit gros pavé, dit que je suis plus exigeante dans la lecture. Il faut que l’auteur arrive à m’accrocher et surtout ne pas me perdre en route. J’ai déjà eu le plaisir de découvrir la plume de l’auteur, avec « Juste une ombre » et sur quelques nouvelles, j’attendais donc beaucoup de cette lecture… Pour autant, c’est en demi-teinte que je termine ce livre.Une lecture qui a mis du temps à se digérer… Une lecture dont le sujet touche, mais une lecture aux parties inégales.

    Karine Giebel, nous embarque dans une intrigue touchante, avec sujet principal l’esclavage moderne. Et même si cela semble tout droit sorti de l’imagination de l’auteur, on sait malheureusement que l’horreur existe.

    La première partie campe l’intrigue et Tama, personnage principal est décrite avec empathie. Sa vie est un calvaire et ce qu’elle vit est le summum de la noirceur dont l’être humain est capable. Le sujet est grave et touche à la corde sensible du lecteur.

    Je me suis même demandée, si ce n’était pas le parti pris de l’auteur… A la sortie du livre, j’ai eu la sensation que plusieurs livres traitaient du sujet… Je venais de lire « dans la cave » de Minette Walters… Peut-être un trop plein d’émotions… Je ne sais pas, mais toujours est-il que dans l’ensemble, je suis passée à côté !

    J’ai survolé des passages entiers, car même si les descriptions sont importantes et parfois riches de surprises, j’ai trouvé ici que certaines étaient superflues et l’ennui m’a guetté à plusieurs reprises !

    Dans la première partie, l’auteur arrive à jouer avec nos nerfs et quelques passages font repartir l’intrigue, mais entre temps, j’ai réussi à perdre le fil, sans surprise, l’auteur dévoilant trop ses cartes…

    Je ne me suis pas sentie embarquée… Plus je tournais les pages et plus je me sentais perdue… Je sais que le sujet est grave, mais pourquoi l’auteur a-t-elle pris le parti de trop en faire ? Pourquoi autant de violence… Une violence gratuite, dans la seconde partie… Avec Gabriel… Même si on sait qu’une victime a du mal à sortir de ce cercle infernal… Mais pourquoi ne pas dénoncer l’esclavage d’une manière plus subtile.

    Pourquoi retourner la situation et faire de Tama un personnage aussi naïf ? Je n’ai pas compris, j’ai longtemps cherché la réponse… Et j’ai arrêté de chercher… La romance qui a pointé son nez va supplanter l’intrigue et me vriller les neurones ! Encore une fois, l’auteur m’a perdu… Même si le parallèle entre les deux parties a une raisonnance entre esclavage et amour toxique, cela ne l’a pas fait et l’auteur s’est fourvoyée…

    Je n’ai eu aucune surprise avec ce final prévisible…

    Une déception et j’en suis la première navrée… J’attendais beaucoup de ce livre, qui pourtant est très dur, sans concession et d’une rare cruauté, mais le tout est balayé par cette déception et cette sensation d’avoir tourné en rond sur plus de 700 pages…

    En bref, une lecture que je vais vite oublier…

  • Musemania 4 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Je tiens à remercier énormément Agnès Chalnot Communication pour sa confiance ainsi que les Editions Belfond pour l’envoi de ce service-presse qui pour moi sera l’un de mes coups de cœurs de l’année 2018 ! Un conseil : ne passez pas à côté !

    L’an passé, je vous avais fait part de mon coup de cœur pour le recueil de nouvelles de Karine Giebel, « D’ombre et de silence » [Voir ma chronique : http://musemaniasbooks.blogspot.com/2018/01/dombre-et-de-silence-de-karine-giebel.html]. Cette année ne dérogera pas à la règle car j’ai tout simplement A-D-O-R-É son dernier - « pavé » si je puis dire – « Toutes blessent, la dernière tue ». Surtout, ne vous effrayez pas par le nombre de pages car ce serait vraiment dommage. Malgré ces 740 pages, je l’ai dévoré en à peine deux jours. Une fois commencé, il est difficile de déposer ce livre, au risque de se désociabiliser totalement du monde extérieur. Les chapitres sont courts et filent à toute allure, trop vite pour moi.

    M’émouvoir par des mots, au contraire des images, n’est vraiment pas chose aisée. Pourtant ici, je dois me confesser et avouer : l’auteure y parvient et ce, à plusieurs reprises en plus. Si j’ai un jour la chance que Karine Giebel lise une de mes chroniques, je souhaiterais qu’elle sache que pour cela - car ce n’est vraiment pas chose aisée - elle est une de mes auteures favorites et pour lesquelles j’ai le plus de respect. Si j’avais pu être écrivaine, j’aurais aimé avoir la plume qu’elle déploie dans chacun de ses romans. Autant, on peut parfois être un peu sceptique par l’unanimité de très nombreuses critiques allant toutes dans le même sens (pour ce titre par exemple) autant c’est plus qu’amplement mérité.

    On découvre en parallèle deux histoires. D’abord, celle de Tama, depuis sa naissance dans un petit et pauvre village marocain jusqu’à sa vente à une famille franco-marocaine de la banlieue parisienne où elle sera utilisée à titre d’esclave et où aucun cadeau ne lui sera jamais fait. A côté, il y a celle de Gabriel, homme torturé et vivant en reclus, pour lequel non plus la vie n’a pas été tendre. Bien entendu, on se doute que leur destin sera de se rencontrer d’une manière ou d’une autre. Pourtant, vous serez surpris car les apparences sont parfois trompeuses et surtout, dans les livres de Karine Giebel.

    Ce qui est dur et effrayant dans ce livre, c’est de se dire que la réalité n’est pas si éloignée de la fiction ; combien d’enfants (!) et jeunes femmes sont vendues chaque année pour être utilisées comme esclave auprès de familles européennes ou autres, pas forcément fortunées pour autant ? Les chiffres en feraient frémir plus d’un et pourtant, c’est le quotidien de ces trop nombreuses jeunes filles et femmes.

    La justesse des émotions et de son écriture en fait un grand roman, difficilement classable mais qui ne s’oublie pas facilement. Une fois les dernières pages tournées, il est vraiment pénible de se séparer de ses personnages, auxquels on n’a pu que s’attacher et qui m’hanteront sûrement encore quelque temps…

    Chronique sur mon blog : https://musemaniasbooks.blogspot.com/2018/07/toutes-blessent-la-derniere-tue-de.html

  • Maks 9 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Véritable coup de massue, ce thriller est une réussite totale, malgré une violence accrue, on ne peut qu’adhérer au sujet que Karine Giebel met en lumière, L’esclavage moderne.

    L’écriture est à la hauteur du sujet, violente, crue, sans tabous mais avec son style inimitable, un style qui capte l’attention jusqu’au point de nous faire avaler les 750 pages de ce roman sans s’en rendre compte.

    Les personnages sont simplement extraordinaires, à différents niveaux car si certains sont dépeints de manière à nous faire comprendre les blessures physiques et morales d’une personne réduite à l’état d’esclave, battue et traité comme un chien voire pire, d’autres sont détaillés tels le diable en personne, d’une cruauté sans nom, ayant toujours plus d’imagination pour rabaisser plus bas que terre leurs souffres douleurs. L’auteure ne fait pas de quartier, pas de distinction, chacun des personnages est aussi travaillé et détaillé avec la même conviction de dénoncer le pire.

    Le sujet est bien l’esclavage moderne, en plus, cela commence avec une petite fille marocaine de 9 ans vendue par son père à une marchande d’esclaves qui va rapporter la petite fille en France et la présenter à des familles sans scrupules.
    Le fait est que l’eslavage traité ici va entraîner des dommages collatéraux atroces comme les violences conjugales, le viol, la pédophilie, le harcèlement moral et sexuel. Heureusement il y a aussi du positif comme l’espoir, l’amour, la compassion, l’entraide, entre autres.
    Heureusement pour le lecteur, il y a aussi quelques éclaircies, des gens gentils de nature.

    La trame de l’histoire se déroule en deux lignes de conduite, d’un côté nous sommes avec une petite esclave et son parcours semé d’embûches et de violences, parallèlement une jeune femme amnésique se retrouvant chez un tueur au grand cœur. La deuxième trame équilibre un peu cette violence que nous mangeons littéralement à côté et rend certainement le tout plus digeste.

    Nous sommes en présence d’un thriller, c’est indéniable, mais on peut y greffer d’autres genres, notamment le "Drame" ou la "Psychologie".

    "Toutes blessent, la dernière tue" nous embarque en enfer, et je ne dirais pas âmes sensibles s’abstenir mais plutôt "âmes sensibles, lisez le et accrochez vous" car c’est une lecture utile, Karine Giebel a écrit ce roman en enquêtant auprès de L’OICEM (organisation internationale contre l’esclavage moderne), elle nous l’explique dans le roman et donne notamment les coordonnées de cette association que je vais vous retransmettre ici en guise de conclusion, je la remercie sincèrement d’avoir écrit ce livre.

  • valmyvoyou lit 26 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, article 4 :

    Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

    Nous suivons deux histoires en parallèle : celle de Gabriel et celle de Tama. Le premier découvre, dans son écurie, une jeune femme grièvement blessée et amnésique. La seconde est une enfant de huit ans, marocaine, qui est esclave dans une famille franco-marocaine.

    C’est une tuerie ! Je suis admirative devant le talent de Karine Giebel.

    J’ai commencé à lire ce livre jeudi soir et je l’ai terminé vendredi soir. Pendant quarante-huit heures, mon quotidien a tourné autour de ma lecture. Dès que j’avais quelques minutes, je reprenais ce thriller magistral. J’ai eu des nuits courtes, car je ne pouvais pas le lâcher. Et pourtant, à certains moments, il m’a fallu reprendre mon souffle, tant ce que vit la jeune Tama est insoutenable.

    La construction est originale. Au départ, cela m’a surprise, car l’histoire de Tama est racontée, parfois, à la première personne du singulier, et parfois, à la troisième personne du singulier. Nous finissons par en comprendre la raison, mais, cela nous fait remuer les méninges.

    Le thème est très fort et très dur. Ce que vit cette enfant au quotidien est atroce. Karine Giebel ne nous épargne aucun détail, l’escalade de violence est incroyable et notre conscience est malmenée. Dans nos petites chaumières, imaginer que de telles horreurs se produisent, pas très loin de nous, remue.

    La force de Karine Giebel est aussi dans ce que les personnages nous inspirent. J’ai développé des sentiments pour certains qui ne sont pas des enfants de chœur. J’ai éprouvé de la haine pour d’autres.

    Les switchs sont ahurissants. À certains moments, je me suis crue très maligne. J’ai pensé que l’auteure était très forte, car elle ne laissait rien entrevoir. Cependant, à force de me triturer le cerveau, j’avais compris certaines choses. C’est cela quand on lit beaucoup de thrillers … et patati et patata. Eh ! Valmyvoyou, redescends sur terre ! Madame Giebel est beaucoup plus forte que toi ! 😂 Tu t’es trompée sur toute la ligne ! Eh oui ! J’étais complètement à côté de la plaque ! 😂

    Toutes blessent la dernière tue est un roman psychologique, mais aussi un fait de société. L’histoire est puissante. Ce livre qui m’a fait pleurer, à plusieurs reprises, est inclassable. Attention, l’auteure ne nous ménage pas. Elle n’hésite pas à piétiner notre cœur.

    Conclusion

    J’ai pris une claque ! Toutes blessent la dernière tue est phénoménal, magistral, puissant, poignant, incroyable, sensationnel, bouleversant ... Vous pouvez aussi ajouter tous les mots qui définissent un chef-d’œuvre. Un énorme coup de cœur ! Il va autant me marquer que Meurtres pour rédemption. Je suis époustouflée par le talent immense de Karine Giebel. ❤️

  • AUFILDESPAGES 26 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    ** Chialing Power ** Je viens de finir le dernier Giebel ! Putingggggg mais comment elle m’a retourné le cerveau ! J’ai eu un défilé de sentiments ... tristesse, haine, douleur, empathie ... j’ai tremblé tellement de fois, j’ai versé ma larme au milieu, à la fin ... c’est d’une dureté absolue ! La cruauté est dépeinte ici tout du long, AMES SENSIBLES vraiment s’abstenir ! Tama - tout comme Marianne (meurtre pour rédemption) et CHloé (juste une ombre) - restera pour moi un personnage qui m’aura complètement émue et bouleversée. Je ne pourrai oublier ce ptit bout de "femme" qui a tellement vécue la misère, le desespoir :’( Et je ne peux pas ne pas parler de Gabriel ... qui m’a apporté tant de désespoir aussi, tant de tristesse ...tant de .... :’( J’en suis encore sous "le choc" de cette histoire, le moins que l’on puisse dire c’est que K.Giebel n’y va pas de mains mortes et qu’elle ose (peut être trop parfois)
    Un bémol si j’ose avec qq longueurs et répétition dans le calvaire de cette jeune TAMA ... mais punaise comment lire autre chose après celui ci sérieux ?!?
    Du grand GIEBEL du très grand mais je le redis encore, tout le monde ne pourra supporter la cruauté et la complexité du sujet : l’esclavage .... Bienvenue dans l’horreur de l’histoire de Tama .

  • Loudiebouhlis 26 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Sept cent quarante quatre pages qui vont vous bouleverser, vous fasciner, vous retourner, vous briser. Parce qu’une chose est sûre, il est inconcevable d’espérer sortir indemne d’un livre de Karine Giebel.

    Je n’ai pas tout lu de cet auteur car même si je l’aime profondément, elle reste le genre d’auteur qui me fait complètement flipper. La cruauté qu’elle expose dans ces romans ne me laisse pas de marbre, bien au contraire. Comme je l’ai dis à une amie, j’ai bien conscience de ne pas vivre dans le pays des bisounours mais ce que je sais c’est qu’il y a des sujets, qui sont pour moi, intouchables. C’est infiniment dur de lire la cruauté faite aux enfants, mais Karine Giebel ne se formalise pas de ça. Elle y va. Dans le trash, dans le sordide, dans l’horreur.

    Et je dois dire qu’au début, j’étais septique. Dès le prologue, j’ai senti mon cœur se retourner, se serrer, se briser. J’ai hésité. Longuement. Je me suis demandé si j’allais pouvoir lire ce livre. Si c’était vraiment fait pour moi. Ou si ça allait être au dessus de mes forces. Au bout de cent pages, une pause s’est imposée. J’étais révolté. Et tellement en colère de lire ça. Qu’on se méprenne pas. J’ai conscience que la cruauté, que l’esclavage existe... mais ai-je vraiment envie de le lire ?! C’est la question que je me suis longuement posée. J’ai donc abandonner mon livre au détriment d’une de sommeil afin de réfléchir. Au réveil, une seule envie. Une seul désir.

    Celui de savoir comment le personnage principal, mon personnage chouchou allait s’en sortir. Allait finir... C’était plus fort que moi. C’était devenue nécessaire. Indispensable. Vital. 

    Elle sait parfaitement comment rendre ses personnages très attachants malgré leur noirceur. Même les pires bruts arrivent à nous toucher en plein cœur. À nous prendre par les sentiments.

    Vous vous en doutez cette lecture m’a marquée, m’a touché. Elle me trotte dans la tête. Elle me donne envie d’y retourner, d’en vouloir plus. Alors je sais par avance que je n’attendrais plus autant de temps pour lire un énième Giebel, parce que par chance, il m’en reste trois dans ma pile à lire. Trois des meilleures, qui plus est.

    Alors je n’ai qu’une chose à ajouter... Karine à très bientôt !

  • Des Livres Mon Univers 27 février 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    C’ était mon premier KarineGiebel et j’ai été percutée par cette lecture très bien écrite, des mots choisis à la perfection.

    J’ ai espérée avec Tama, j’ ai essayée de la soutenir, ce n’ est pas possible de vivre ainsi non SURVIVRE. J’ ai eu mal avec elle par cette violence en continu. Mon coeur a une nouvelle fois été brisé pour elle, pour Izri, pour leur histoires, pour leur espérances.

    On ne peut pas y croire, croire que tout Cela puisse exister en France de nos jours et pourtant …. “Elle est le monde tel qu’ il est, tel qu’on refuse pourtant de le voir.”

    “Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.” DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’ HOMME DE 1948,ARTICLE 4.

  • mooncatchereads 1er mars 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Encore une fois, Karine Giebel signe un roman puissant et horrifiant. Après avoir parlé (on s’en souvient tous) du monde carcéral, c’est le monde de l’esclavage moderne que Giebel explore dans son dernier roman. Et ça fait froid dans le dos…

    Avec ce nouvel ouvrage, il est question d’une jeune femme, d’une enfant, enfermée et humiliée : Tama. Elle vit en France, à Paris, dans un appartement appartenant à un couple bien chic, qui a deux enfants. La belle famille, quoi. Mais il ne faut surtout pas aller chercher jusque sous l’escalier, parce que là, l’image de la belle famille s’effondre : sous l’escalier, à même le sol, avec quelques couvertures pour ne pas mourir de froid, il y a Tama. A qui on avait promis une belle vie en France, une vie dans laquelle elle pourrait aller à l’école et apprendre à lire. Au lieu de ça, lorsqu’elle arrive en France, ses papiers lui sont confisqués et elle est vendue à sa « nouvelle famille ».

    La vie de Tama, c’est l’enfer, l’horreur. Ce sont les coups à répétition, les menaces, les violences verbales, les attouchements et les viols, parfois. Elle est esclave et elle ne s’appartient pas. Karine Giebel utilise sa plume pour raconter l’horreur au travers des yeux d’une fillette qui deviendra jeune fille. Mais pour elle, c’est normal tout ça, après tout, elle n’a connu que ça ! Pourquoi mériterait-elle plus ?

    La vie de Gabriel, c’est une vie de solitaire. Une vie pleine de vengeance et de meurtres. Jusqu’au jour où débarque une jeune femme, amnésique et presque sans vie. Si elle meurt, tant mieux ; sinon, il faudra la tuer. Voilà son crédo.

    Avec ses deux voix de personnages brisés par la société, Karine Giebel entraine ses lecteurs dans un monde infâme, où cruauté et désespoir se mêlent au profond humanisme de certains personnages. Le langage utilisé est cru, comme la réalité derrière ce roman, acerbe et violent. Il prend aux tripes.

    Avec Toutes blessent, la dernière tue, Karine Giebel signe un roman qui égale, pour moi, son premier chef-d’oeuvre : Meurtres pour rédemption.

  • claire chronique 5 mars 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Tout d’abord merci aux éditions Belfond et à l’auteure Karine giebel
    Pour sa dédicace qui m’a fait chaud au Coeur !
    Attention à vos tripes et accrochez-vous bien !
    Au commencement du prologue, nous sommes plongés dans l’inhumain.
    Le lecteur n’est, en aucun cas, épargné !
    Karine Giebel s’attaque à un vrai sujet de société :
    Si en 1848 la France a aboli l’esclavage, je pense que de nos jours des gens n’en tiennent pas compte.
    L’esclavage moderne ou esclavage domestique qui touche toutes les classes sociales
    Elle aura même un nouveau prénom que lui donnera sa première tortionnaire.
    Nous faisons la connaissance de Tama, petite fille de 9 ans vendue comme esclave.
    Originaire du Maroc, elle se retrouve séquestrée en France, exploitée, battue, violée.
    Nous suivons une autre histoire en parallèle celle d’une jeune femme blessée et amnésique
    Malgré un beau pavé de plus de 700 pages, je ne me suis nullement ennuyé.
    Qui trouve refuge chez Gabriel, un homme solitaire et torturé. Un tueur qui vit loin des autres.
    Mais avec toutes ses horreurs vécus Tama puisera la force de tout subir grâce à l’amour d’un
    Jeune homme ! Enfant d’une de ses tortionnaires.
    Et là ou d’autres voies des longueurs. Moi, je vois une auteure qui à laisser vivre ses personnages !
    En bref, j’ai adoré son dernier livre et c’est coup de Cœur magistral !

  • mimi85600 12 mars 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    L’histoire commence avec Tama, une petite marocaine de 8 ans, confiée à une certaine Mejda par son père avec l’assurance de cette dernière que l’enfant sera mieux en France, qu’elle pourra faire des études et avoir une meilleure vie.

    Mais arrivée sur le sol Français, tout ne se passe pas comme promis. Mejda revend Tama à une famille bourgeoise habitant près de Paris. La petite devient donc leur esclave et doit s’occuper de tout à la maison y compris des enfants. Commence alors pour elle une longue descente en enfer.

    En parallèle, on suit Gabriel, un homme brisé, qui un jour retrouve chez lui une jeune femme endormie et blessée.

    Qui est cette jeune femme ? D’où vient-elle ? Quel est le lien avec l’histoire de Tama ? Je n’en dirai pas plus pour ne pas spoiler.

    Ce roman c’est du grand, du très grand Karine Giebel. A la hauteur de " Meurtres pour rédemption". C’est sombre, c’est noir, c’est violent, c’est à la limite du supportable. Et pourtant, lorsque vous ouvrez ce livre, vous êtes immédiatement happé par cette histoire si dure et vous ne pouvez plus le lâcher. Les 736 pages défilent à une vitesse folle et vous emmènent toujours un peu plus loin dans l’horreur et la souffrance.

    Puis, lorsque arrive le dernier mot, le point final, vous ne pouvez retenir vos larmes, des larmes qui menaçaient de couler dès le prologue et vous ressortez complètement bouleversé et vidé de cette lecture.

    Mais après, qu’est ce qu’on peut bien lire après ça ?

    Une chose est sûre, cette petite Tama est de ces personnages qui vous laisse une empreinte indélébile.

    Vous l’aurez donc compris, ce roman est un immense coup de coeur pour moi et je ne peux que le conseiller.

  • Lectures noires pour nuits blanches 21 mars 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    "Vulnerant omnes, ultima necat.
    At eae quas ad vos consumpsi me delectaverunt.
    - Toutes les heures blessent, la dernière tue. Mais j’ai aimé celles passées auprès de vous."

    Le prologue vous annonce d’emblée la couleur. Vous allez en bavez durant votre lecture. Et pas qu’un peu.

    Il m’est difficile de vous exprimer tous les sentiments qui m’ont accompagnée pendant cette lecture. Je l’ai terminée depuis des jours et l’histoire me trotte encore dans la tête. Des scènes, des mots, des images. Je n’ai pas encore réussi à la digérer.

    J’ai lu ce livre avec une boule au ventre tout du long. Dégoûtée, révoltée, mais même si cette lecture a été difficile, il m’a été impossible de la lâcher. Accrochée à mon livre, les pages se tournaient quasi toutes seules. Certaines scènes, abominables, m’ont particulièrement ébranlée, mais là encore je n’ai pas pu m’empêcher de lire la suite.

    Suis-je blasée ? Devenue insensible à force de lire des livres plein de violence ? Non, j’en suis certaine, parce que j’ai rarement autant souffert lors d’une lecture. Mais il fallait que j’aille jusqu’au bout, pleine d’angoisse, la rage au ventre et au bord de la nausée, je devais savoir et connaître la fin.

    Plus que la violence, pourtant intolérable, ce qui m’a le plus révoltée, c’est ce sentiment d’injustice. Il ne m’a pas quittée. Se dire que là c’est un roman mais ces faits existent réellement. C’est écoeurant, innommable. Je ne peux comprendre comment des êtres qui se disent humains peuvent infliger cela à leurs semblables.

    Karine Giebel avec son style bien particulier, nous entraîne dans une histoire d’une noirceur et d’une violence inouïe. C’est dérangeant, émouvant, oppressant. Les émotions se bousculent tout au long de cette éprouvante lecture. Les seuls moments de répit sont teintés d’amour, pur, beau, véritable. Ca vous permet de reprendre votre souffle pour affronter la suite.

    J’ai fini ma lecture en larmes, complètement chamboulée. Tama, Izri, Tayri et Gabriel, votre souvenir me hantera longtemps.

    Un livre poignant, une claque magistrale, vous n’en sortirez pas indemne. Un livre qu’il faut lire à tout prix.

  • Light and Smell 20 avril 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    L’histoire et les personnages…

    Karine Giebel est une autrice dont j’ai beaucoup entendu parler et dont je possède plusieurs romans dans ma PAL. Mais c’est finalement avec sa dernière parution que j’ai découvert son style noir comme la nuit et incandescent comme de la braise. Car autant le dire tout de go, l’auteure ne vous propose pas une gentille fable, mais plutôt un conte moderne qui ne cache rien de la noirceur humaine. Et cette noirceur, une jeune marocaine vendue par son père, puis mise au service d’une famille française va en faire les frais.

    À un âge où elle aurait dû aller à l’école, la fillette dépossédée de son nom et renommée Tama par ses bourreaux, passe ses journées à récurer, à préparer les repas, à s’occuper des enfants… tout ça sous les coups, sous les humiliations et l’annihilation pure et simple de son être. On suit donc, année après année, Tama dans sa vie de femme de ménage, de nourrice et de punching-ball puisque les Charandon, chez qui elle vit, passe leurs nerfs sur elle. Sans loisirs, sans confort, sans amis, sans amour, sans respect et avec la faim au ventre, les coups en guise de contact physique et la peur comme seul compagnon, Tama est réduite à une vie d’esclave. Une esclave des temps modernes qui se retrouve perdue et exploitée dans un pays qui n’est pas le sien et dont elle ne connaît rien si ce n’est les contours de son lieu d’habitation. Mais malgré tout ce qu’elle endure, malgré les douleurs physiques et morales qui l’accompagnent chaque minute de sa vie, Tama garde en elle une certaine naïveté et la volonté de ne jamais plier devant ses bourreaux. Et des bourreaux, elle en rencontrera beaucoup durant ce roman, certains faisant passer sa « famille française » pour des enfants de chœur ! Il faut dire que quitter cette famille ne marquera pas la fin du calvaire de Tama, mais le début d’une longue et douloureuse série d’épreuves durant laquelle elle fera également la découverte de l’amour auprès de son « sauveur » Izri.

    Tama connaîtra heureusement quelques moments de bonheur purs comme lors de ses rencontres avec une personne âgée qui deviendra sa première vraie amie. Je dois d’ailleurs dire que si les scènes de torture ne m’ont pas fait pleurer, j’ai fondu en larmes lors d’un passage où Tama explique sa vie d’esclave à son amie… La charge émotionnelle de ce passage est tellement forte qu’elle permet autant à Tama qu’aux lecteurs de déverser un peu de toutes ces émotions accumulées au fil des pages. Il y a aussi Vadim, un des enfants Charandon qui aime sincèrement la jeune fille et qui a noué avec elle des liens très forts. La lecture fera aussi partie de Tama et l’aidera à trouver un certain réconfort et le moyen de s’évader mentalement à défaut de pouvoir le faire physiquement.

    La jeune femme impressionne le lecteur par sa capacité à trouver un peu de lumière au milieu du chaos. C’est d’ailleurs cette manière de ne jamais perdre espoir qui lui permettra de se montrer si résiliente et si brave face à toutes les épreuves que la vie mettra sur son chemin… Une force de caractère et un vrai courage qui font de Tama un personnage qui suscite non pas la pitié, mais le respect ! À maintes reprises durant ma lecture, je me suis dit qu’à sa place, je n’aurais jamais eu la force de me battre aussi longtemps et avec tellement de volonté…

    En parallèle de l’histoire de Tama, nous suivons celle de Gabriel, un homme rongé par la culpabilité et une envie implacable de vengeance. En marge de la société, il vit une existence très solitaire jusqu’à ce qu’une jeune femme s’immisce peu à peu dans sa vie, puis dans son cœur… J’ai eu du mal à saisir l’intérêt de ce personnage avant d’apprendre à mieux le découvrir, lui et ses blessures qui font partie de celles qui ne peuvent jamais vraiment guérir, mais juste être pansées jusqu’à ce que la douleur devienne supportable. À l’inverse de Tama qui ne se montrera sombre qu’en de rares occasions et la plupart du temps quand les circonstances l’exigeront, cet homme n’hésitera pas à se faire sa propre justice. Sans pardonner ses actes, j’ai fini par comprendre son envie de vengeance et toute cette peine qui aveugle son raisonnement. Contre toute attente, cet homme dont le cœur asséché retrouvera la force de battre m’a parfois émue et complètement brisé le cœur quand le destin se jouera une nouvelle fois de lui.

    Un roman difficile qui vous fera passer par de nombreuses émotions…

    Ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains, car l’auteure n’épargne pas le cœur des plus sensibles des lecteurs. Entre meurtres, scènes de torture et viols, on n’a pas une minute pour respirer et se sortir de ce sentiment d’horreur et d’incrédulité devant la haine que certaines personnes peuvent ressentir. Comment peut-on en arriver à exploiter une enfant ? Comment peut-on prendre plaisir à lui infliger les pires douleurs et regarder ensuite droit dans les yeux ses propres enfants ? Comment ne peut-on pas prendre dans ses bras cette enfant arrachée à sa famille et vouloir lui offrir une meilleure vie ? Comment peut-on assouvir ses bas instincts et violer une autre personne ? Comment peut-on en venir à ne plus ressentir aucune empathie, juste de la haine et des velléités de destruction ?… Tout autant de questions qui n’ont pas vraiment de réponse et qui nous laissent à fleur de peau durant une bonne partie du roman.

    Devant toutes ces horreurs, on en vient à se dire, un peu pour garder foi en l’espèce humaine et un peu pour se rassurer, qu’elles sont seulement issues de l’esprit un peu tordu d’une auteure qui souhaite faire frissonner ses lecteurs. Puis, on se rappelle différents faits divers à l’instar du meurtre de Sophie Lionnet, jeune fille au pair à Londres exploitée par ses employeurs. Un exemple qui prouve que l’esclavagisme et la barbarie humaine sont une triste réalité que l’auteure a su dénoncer à travers une histoire révoltante et un personnage féminin fort.

    Cette folie et bestialité humaine qui peut pousser une personne à jouir de la souffrance d’une autre est tellement bien mise en scène que cela en devient parfois difficile à supporter. J’ai d’ailleurs mis ma lecture en pause durant deux jours de manière à prendre un certain recul… Puis, je me suis replongée dans le roman, car que cela soit volontaire ou non, Tama s’insinue dans notre esprit et notre cœur.

    Quand l’esclavagisme se fait amoureux…

    Ce roman traite de l’esclavagisme moderne certes, mais il serait vraiment dommage de le limiter à cela puisque Karine Giebel parle également de l’esclavagisme au sens large, celui qui vous pousse à être dépendant de l’argent ou d’un statut social, celui qui vous lie à votre passé et vous englue dans un cercle vicieux de violence et de vengeance… Et puis, il y a cet « esclavagisme » amoureux au nom duquel l’intolérable devient pardonnable, où la violence se fait oublier au nom de la dépendance affective et physique, où les coups viennent sanctionner un manque de confiance en soi et en l’autre, où l’amour se noie dans un sentiment primal de possessivité…

    La manière dont Karine Giebel aborde les violences conjugales m’a beaucoup touchée et m’a semblé très réaliste notamment dans les sentiments contradictoires qu’elles soulèvent chez les personnes qui en sont victimes ou témoins ! En effet, Tama a subi tellement de choses difficiles qu’on en vient à se dire que les coups que son grand amour lui porte ne sont finalement que peu de chose… Après tout, cet homme qui l’a sauvée des griffes du monstre par lequel tous ses malheurs ont commencé n’est pas méchant, il s’est juste laissé deux ou trois fois submerger par ses émotions. Il a d’ailleurs eu lui-même sa part de malheur avec une enfance chaotique auprès d’un père alcoolique et violent et d’une mère qui s’est faite la complice de ce bourreau… Et puis Izri protège Tama des autres et l’aime passionnément alors que sont quelques coups au regard du bonheur qu’il lui apporte ?

    Voilà plus ou moins le raisonnement que Tama développe après qu’Izri se soit montré violent avec elle. Mais le plus révoltant, c’est que le lecteur finit par avoir exactement le même ! Et c’est là le génie ou le machiavélisme de l’auteure qui a su nous mettre à la place de toutes ces femmes qui se font battre, mais qui pensent que c’est normal ou que c’est acceptable car leur bourreau les aime. J’ai tellement détesté me dire que les coups d’Izri ne sont pas si graves, car il aime sa princesse ! J’ai détesté me faire du souci pour ce délinquant qui, bien que ce ne soit pas récurrent, a osé porter la main sur la personne qu’il dit aimer plus que tout au monde et qui a déjà tant souffert ! Espérer les voir finir ensemble et vivre heureux m’a semblé tellement déplacé au regard de leur relation… Certains pourront y voir une belle histoire d’amour alors que j’y vois l’histoire d’un mec violent qui vole le dernier espoir de liberté en même temps que l’innocence d’une jeune fille.

    Peut-on, en effet, vraiment justifier qu’un jeune adulte couche avec une jeune fille de quatorze ans en profitant de la dévotion qu’elle lui porte ? Peut-on justifier qu’au nom de l’amour, on prive une adolescente de son libre arbitre et de la possibilité d’avoir des amis masculins ? Peut-on accepter qu’une supposée trahison de l’être aimé justifie la volonté de le tuer ? Pour ma part, la réponse est un non clair et définitif, la possessivité n’ayant jamais été de l’amour ! Pour autant, j’ai apprécié de constater l’évolution d’Izri bien que finalement, ce ne soit qu’en toute fin de roman, qu’il gagne éventuellement un peu de clémence de ma part. Il prend, en effet, conscience du mal qu’il a pu faire à Tama…

    Et pour ceux qui me trouveraient un peu dur avec le personnage, j’aimerais ajouter qu’un coup porté à son partenaire de vie est inacceptable quelles que soient les circonstances, quel que soit son passé et quels que soient les sentiments de celui qui frappe.

    Un récit qui malgré sa dureté et sa longueur se lit incroyablement vite…

    Si j’avais lu cette chronique sur un autre blog, j’aurais probablement craint qu’en raison des thématiques abordées, ce roman de plus de 700 pages se révèle difficile et très long à lire. Et sur ce point, je peux vous rassurer puisque malgré toute la violence et la haine que l’on se prend de plein fouet, les pages défilent les unes après les autres.

    Plusieurs raisons expliquent ce phénomène : le style percutant de l’auteure qui sait happer l’attention de ses lecteurs sans jamais ne la laisser s’échapper, de nombreux dialogues qui apportent beaucoup de rythme au récit, une protagoniste forte et attachante que l’on ne veut pas quitter d’un œil de peur qu’il ne lui arrive des malheurs, l’alternance des points de vue diaboliquement efficace pour casser le rythme et relancer sans cesse l’intérêt des lecteurs, une tension permanente qui fait que le roman ne quitte jamais totalement votre esprit, le maelström d’émotions qui vous assaillent au fil de votre lecture et qui vous prend aux tripes au point que le devenir de Tama devienne une question qui vous hante… En bref, Karine Giebel a l’art et la manière de narrer une histoire difficile de manière efficace et addictive !

    La seule chose qui m’a parfois un peu freinée dans ma lecture est cette impression de « trop » : trop de haine, trop de violence, trop de torture… Que Tama subisse tant de choses aussi dures finit par sembler impossible même si finalement, on peut se poser la question de l’existence d’un cercle destructeur au sein duquel la haine appellerait la haine… De la même manière, la rencontre entre la jeune femme et Gabriel, deux personnes torturées, l’un dans sa chair l’autre dans sa psyché, m’a paru somme toute improbable.

    En conclusion, Toutes blessent la dernière tue fait partie de ces romans qui vous marquent au fer rouge, vous remuent et vous broient les tripes. C’est dur, c’est violent, mais c’est incroyablement prenant ! Il faut dire que l’auteure, en insérant quelques rayons de soleil dans la plus noire des nuits, joue allègrement avec nos émotions. Elle nous embarque dans un ascenseur émotionnel dont il est bien difficile de sortir indemne, mais dont on tire une conclusion : l’homme n’est non pas un loup pour l’homme, mais un monstre… Karine Giebel nous offre donc ici un roman coup de poing qui, en abordant sans concession ni angélisme des sujets difficiles comme l’esclavagisme moderne, vous met K.-O. !

  • VALERIE FREDERICK 8 mai 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Wouah ! Quelle histoire ! Je referme à peine ce livre et j’en ai encore la chair de poule !
    Karine Giebel frappe fort avec ce roman noir construit sur le thème de l’esclavage moderne en France. Aucun passage n’est occulté pour le lecteur. De l’achat de la petit Tama au Maroc à son arrivée dans notre pays et jusqu’à ses divers geôliers, aucun détail des souffrances de la gamine ne nous est épargné. Tama arrive en France dans un seul but : être une esclave, une domestique, un jouet qui passe de mains en mains, la plupart du temps avec une violence inouïe...
    Certaines scènes m’ont fait monter les larmes aux yeux. Certains actes de cruauté sont inconcevables et pourtant, on sait très bien qu’ils existent, et c’est cela qui est terrifiant, troublant, affolant. Des larmes de tristesse et de douleur pour cette petite fille torturée mais aussi de colère contre ce monde qui, hélas, permet cela.
    Heureusement, il y a ce personnage de Gabriel, au prénom bien choisi ; un ange, lui aussi du mal, mais avec une once de douceur dans l’âme.
    Un récit qui va me hanter longtemps...

  • Laurent 23 mai 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Il paraît que l’on voit défiler les meilleurs moments de sa vie au moment de passer de vie à trépas, sa famille, son premier flirt amoureux, son mariage, sa moitié bref tous ses souvenirs marquants, à la vitesse des dernières secondes à embrasser la Terre qui nous a vue naître, un jour ...
    Sauf que, tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir, cette force enfouie et oubliée se rappellera peut-être qu’il existe des raisons supplémentaires de s’accrocher, de repousser encore un peu l’échéance et de déjouer le destin, un jour de plus ...

    Du prologue qui amorce une histoire terrible, de celle qui vous fait tout oublier autour de vous, à l’achèvement de ce thriller de Karine Giebel, Toutes blessent, la dernière tue, je ne vais pas tourner autour du pot, doux euphémisme, ce n’est ni plus ni moins que le meilleur roman de son auteure qui ne cesse de me surprendre à chaque fois, toujours plus loin, toujours plus fort et finalement l’un de mes meilleurs livres toute catégorie confondue lu ... ces dernières années !

    Il est possible d’aborder des thématiques sociétales sans tomber dans la surenchère, ni d’en rajouter dans le voyeurisme, encore moins d’abreuver gratuitement de pages d’une violence souvent insoutenable voire pire, si cela peut choquer certains, posez-vous une question, pourquoi lit-on des thrillers ?

    Happy end ?

    Une évasion de quelques heures pour sortir un peu de sa zone de confort et tout oublier après ?

    Suivre la mode des livres à lire ?

    Souvent la réponse peut se dessiner au coeur de ces interrogations, un thriller ça doit secouer, ça doit vous faire sentir le goût du sang, âcre, métallique et vous remuer et les méninges et les tripes mais surtout continuer à vous hanter qui des jours qui des nuits, faisant alors reculer votre prochaine lecture, l’important est d’en saisir toutes les nuances, ce qui se trame dans l’ombre, ceux qui tirent les ficelles, la parole bafouée des innocents, de se poser d’autres réflexions sur l’humanité, sur la notion abstraite du bien et du mal, sur la providence, le hasard des rencontres et le but inavoué de notre présence, nos desseins, nos désirs et notre capacité à se surpasser quand le sort peut s’acharner, c’est aussi rebondir, se relever, survivre, vivre ...

    Vulnerant omnes, ultima necat

    A partir d’une alternance à deux voix, des chapitres courts pour rythmer une dynamique balayant le temps qui trace des destinées, le récit vire rapidement dans un cauchemar absolu, entre la réalité effroyable à l’oeuvre et les songes de ces nuits glaciales, la terreur s’empare des personnages pour finir par contaminer le lecteur, cette permanente vibration de manquer d’air à chaque page tournée, l’auteure se garde bien de faire tourner ses intrigues comme des vers remuant dans un bocal, tout concourt à appuyer là où ça fait mal, à ressentir les souffrances et les douleurs insurmontables de ses protagonistes, personne n’est épargnée, comme une valse de la vie et la mort, la force de son écriture réside dans la percussion de ce qui en train de se dérouler, comme une bobine de film que l’on programmerait à rebours, rien ne manque à l’aspect tragique d’existences tourmentées et torturées, jusqu’à plus soif, la colère et l’empathie font bon ménage pour s’attacher aux personnages et adhérer à leurs pensées, leur résilience, chacun mène des combats différents, de la rédemption à l’amour, du chagrin infini aux peines incommensurables, comment peut-on continuer à croire en notre bonne étoile ? Jusqu’où est-on prêt à affronter la mort par amour ?

    Inspirer ...

    Suivant des pistes déjà abordées dans ses précédents romans, la fatalité, la vengeance, la quête du bonheur, l’insouciance de la jeunesse, Karine Giebel continue à esquisser ses personnages dans des situations exténuantes, l’impuissance à hurler ses complaintes lorsque vos cordes vocales ont été coupé, ces flots intarissables de larmes inondant le pavé, il n’est pas présomptueux d’évoquer une plume talentueuse à creuser, à dresser des portraits ambigus d’hommes et de femmes en prise avec leurs blessures et leur passé immuable, d’une société aveugle et privilégiant les apparences, une atmosphère insidieuse qui gangrène pages après pages, les silences de la gravité du moment, les codes du thriller sont déboussolés, sans concession et sans tabou, toujours cette dichotomie flottant dans les esprits déchirés, la peur de perdre son prochain, la souffrance palpable comme une décharge électrique, affronter la violence sous toutes ses formes n’est pas un simple retour à l’envoyeur, encore faut-il la prendre de plein fouet par le poids des mots, de ce cri déchirant qui ne cesse de vouloir traverser les murs et de toutes parts.

    Expirer ...

    De Tama à Gabriel, deux des protagonistes de ce voyage au bout de l’enfer ne subsistera-t-il que la vérité au bout du compte ? Poussant parfois le paroxysme à atteindre des sommets thrillesques, Toutes blessent la dernière tue rejette tous les bons sentiments, déclinant cette machinerie funeste en une agonie lente et inexorable du temps impitoyable à broyer les êtres fragiles et jamais, ce pavé littéraire ne semblera vous alourdir le fardeau dans vos main, 736 pages d’une puissance hallucinante à vous laisser un goût amer dans la bouche, à vous acculer davantage si c’était encore possible, un style jamais redondant si ce n’est de vous injecter encore et toujours que la vie n’est pas toujours un cadeau, entre humiliation et épreuves douloureuses, un thriller percutant qui s’inscrit dans une actualité cruelle, celle de l’asservissement et de l’esclavage moderne, cupidité et souffrance coexistent, victimes et bourreaux, lumière et obscurité, vie et mort, une question d’opposition dans tous ses soubassements de l’existence et les non-dits des huis clos, la bête sommeille, le diable existe, attention au réveil !

    Survivre ...

    La mémoire joue parfois des tours dit-on, s’agit-il d’un début de jeu de pistes ou la désincarnation d’une humanité, la noirceur du monde a-t-elle délivré tous ses sens cachés pour inclure différents combats inégaux voire suicidaires, l’ambiance souvent oppressante qui règne dans l’ombre de ses personnages, Karine Giebel ne se contente pas de vous triturer les méninges mais d’avancer l’idée qu’il peut exister des monstres plus vrais que nature et qui souvent, dépasse la fiction, briser les chaînes et rendre la liberté pour un monde meilleur, théorie utopique pour certain, une bataille de gagné pour une guerre de tous les espoirs possibles dans l’ordre d’un monde déstabilisé et cherchant inlassablement des repères et des bouées.

    Des chaînes et des barreaux ...

    Tout a un prix en ce bas monde n’est pas une révélation, à chaque fois qu’une main se tend, inévitablement l’on se pose cette question de savoir ce que l’on attend de l’autre en retour, l’auteure rend ses personnages avec toute leur panoplie sans fard ni paillettes, au fil des pages va s’installer une perche pour rapprocher des sentiments et des émotions intimes, impressionnant d’éprouver alors ces recrudescences sinon coupable, la révolte gronde, la peur instillée dans les veines, il ne vous reste plus qu’à attendre le supplice final, la sentence qui peut tomber comme un couperet à toute heure, implacable ...

    Vivre à tout prix ...

    Grondement sourd qui n’en finit plus de traverser les chemins d’ornières maléfiques, la tristesse s’empare de l’âme quand elle sent sa dernière heure arrivée, la vie peut-elle se résumer à ce filament de haine et de courroux ?
    Tama c’est toi, c’est l’autre, c’est le sang qui diffuse et infuse dans le coeur déraciné de chacun, ici et là-bas, à hurler de toutes les fibres de son être, un monde meilleur, un monde empli d’amour l’attend peut-être, au bout ...

    Magistralement servi par une successions de séquences fortes, Toutes blessent, la dernière tue cristallise tout le talent de Karine Giebel à éveiller les consciences, à suivre les pages de tragédies humaines et de côtoyer l’ignominie, à ressentir la psychologie humaine dans toutes ses démesures, en bien ou en mal, palier par palier, un électrochoc qui m’a laissé sans voix !

    Edité chez Belfond, le 11ème roman de Karine Giebel est un coup de coeur, une histoire à couper le souffle dans toute sa tragique dimension et humaine, à lire sans filtre ni modération pour comprendre et ne pas oublier que malheureusement, la vérité n’est pas toujours là où l’on l’imagine ...

  • mlle javotte books 24 août 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Toutes blessent la dernière tue de Karine Giebel n’est, pour moi, pas vraiment un thriller, en tous cas pas celui auquel on s’attend mais c’est un roman difficilement qualifiable. C’est une histoire passionnante, émouvante, violente qui traite de l’esclavage « moderne » et qui se dévore très vite. L’auteure a un talent certain pour surprendre son lectorat... une lecture que j’ai énormément aimée.

    Je n’ai finalement lu que peu de romans de cette auteure et jusqu’à ce jour, chacune de mes lectures a été une belle découverte même si pour celle-ci il y a bien failli y avoir un MAIS...

    C’est une histoire violente tant physiquement que moralement que nous raconte l’auteure, celle de Tama, 9 ans, que son père a laissé partir en France en espérant qu’elle aurait une meilleure vie que celle qui l’attend au pays et qui se retrouve enfermée dans un placard, esclave d’une famille bien sous tous rapports, vivant chaque jour un enfer. C’est horrible à lire, on a beaucoup de mal à imaginer que des humains puissent être aussi méchants, violents et considérer autrui comme une chose...bref, c’est violent à lire dès les premières pages on s’attache à Tama, on a envie de rentrer dans le livre pour la sauver et on attend fébrilement et avec impatience de voir si et comment elle va s’en sortir.

    En parallèle, l’auteure nous montre un homme, Gabriel, dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’il tue des gens et qui se retrouve devant une situation qui va bouleverser sa vie et nous par la même occasion.

    Le problème de ce roman est qu’il est long, très long et même si j’ai dévoré les 740 pages en 3 jours parce que j’ai aimé particulièrement l’histoire de Tama, force est de reconnaître, objectivement qu’il n’y avait pas besoin de consacrer autant de pages à la vie de Tama, moitié moins aurait suffi à nous faire prendre la mesure de toute l’horreur qu’elle a subie.

    L’alternance des chapitres entre la vie de nos deux personnages est disproportionnée, pour 20 pages de Tama on en a 2 de Gabriel et les pages de Gabriel sont tellement peu instructives qu’elles agacent, on veut retourner avec Tama. J’avoue qu’au bout d’un moment ça m’a un peu lassée, j’avais même une idée du déroulement de l’intrigue et j’attendais avec appréhension de voir si j’avais raison. Bon après c’est aussi là le talent de l’auteure qui arrive toujours à surprendre son lectorat par des twists inattendus ce qui a été le cas ici et a redonné à cette lecture un regain de suspens et de tension.

    Au final et malgré une petite baisse de régime au milieu, j’ai énormément aimé cette lecture parce que j’aime les "belles" histoires avec des personnages attachants et profonds qui m’embarquent dans leur vie et c’est ce que l’auteure a su m’offrir avec Tama dans un premier temps puis avec Gabriel qui se révèle dans le dernier tiers du roman. Il y a du suspens pour savoir comment tout cela va finir, c’est captivant et la tension est maintenue jusqu’à la toute dernière page.

    Encore une belle découverte de la plume de l’auteure même s’il y a un petit bémol.

  • Morgane Andre 5 septembre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    L’auteur nous plonge encore une fois dans un huit clos psychologique et "violent" dans une société actuelle où le paraître cache esclavage , violence conjugale et banditisme ... L’auteure porte un regard poignant sur le monde entourant son personnage et nous oblige par la même occasion à ouvrir les yeux sur cette vie moderne et quotidienne .
    K.Giebel pointe du doigt une dystopie qui pourtant n’ai en rien imaginative ...
    Elle jongle ainsi entre la vision et les ressentis de Tama , notre malheureuse "héroïne" et celle de Gabriel , homme qui jouera un rôle inattendue dans toute cette histoire ... Ce qui permet de comprendre et de sortir un peu de ce "placard" dans lequel nous nous retrouvons attaché et enfermé avec le personnage principale . Même si quelques pages supplémentaires lors des chapitres dits de Gabriel auraient pu être intéressants par moments.

    Elle devient donc une des reines ,en France, de l’écriture psychologique !
    Car je ne pense pas que ce livre soit réellement un thriller mais bel et bien un roman psychologique , poignant et éprouvant qui nous donne matière à réflexion !

    J’adore et j’adhère !
    Je recommande à tous , attention toutefois , certains passages peuvent choquer les plus jeunes !

  • booksandmartini 6 septembre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Bon, bon, bon. Alors autant dire que je suis mitigée face à cette lecture..
    .
    Encore une fois Karine Giebel nous livre un roman fluide, alternant chapitre court avec des plus longs. Alternant entre le récit passée et présent. Comme à chaque ces personnages sont touchant. Leur histoire bouleversante. Puis sincèrement qui ne serai pas toucher par cette histoire d’esclavagisme des temps modernes ? Prendre le lecteurs aux tripes semble être la spécialité de Karine Giebel.

    Mais (car oui il y a un mais et un gros pour le coup) avec ce troisième romans hyper saisissant, poignant, brutal, violent... J’ai cet horrible arrière gout que malheureusement Karine Giebel reste bloqué dans un certains schéma qui à super bien marché avec « Purgatoire des Innocents » et « Meurtres pour Rédemption ». Car bien que cette histoire soit touchante à souhait, la fin ne m’a pas étonné. Je retrouvais ce fameux schéma de fin présent dans les 2 autres ouvrages.

    Certes, j’ai avalé les 700 pages en 24h (non ne me juger pas, oui j’ai une vie, mais quand je suis a fond dedans... je suis à fond), mais je reste sceptique...

  • La Bibliothèque de Juju 12 septembre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Je referme ce pavé de plus de 700 pages.

    Karine Giebel est de retour.

    Elle nous raconte la destinée de Tama. Esclave dans la France d’aujourd’hui chez des monstres, les Charandon, qui feraient passer les Thénardier pour des anges.

    En parallèle de l’histoire de la jeune esclave, on découvre Gabriel, cet homme mystérieux. Dangereux ? Blessé ?
    Un livre qui, malgré sa longueur se laisse dévorer car on VEUT savoir ce qu’il va se passer. le lecteur est pris d’une frénésie de lecture rare.

    Des personnages forts, humains, qu’ils soient bons ou méchants. Une héroïne que l’on aimerait sauver des pourritures que l’on croise dans ce récit. Un roman dur, très dur où les hommes ne font pas le poids face à la puissance d’amour des femmes. Ou les livres soulagent un peu de vivre lorsque la vie est un cauchemar dans fin.

    Nouvelle héroïne de Giebel, Tama va vous embraser et vos nuits ne seront plus les mêmes après cette lecture.

    TOUTES BLESSSENT LA DERNIERE TUE est un livre coup de poing qui m’a bouleversé, accroché et que je referme avec la sensation de m’être pris un coup de poing dans le ventre. C’est dur comme jamais. C’est fort. C’est un putain de livre.

    « VULNERANT OMNES, ULTIMA NECAT.
    AT EAE QUAS AD VOS CONSUMPSI ME DELECTaVERUNT.
    (…)
    Toutes les heures blessent, la dernière tue. Mais j’ai aimé celles passées auprès de vous. »

    J’ai aime celles passées auprès de vous, Karine Giebel.

    Merci.

  • Aude Lagandré 5 octobre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur ce livre, certaines que j’ai lues, d’autres pas.
    Je m’excuse par avance pour les répétions, s’il devait y en avoir.
    Je ne vous fais pas de résumé, pour ça il y a google, et puis à trop résumer, on révèle trop de choses que personnellement je n’aurai pas aimé savoir.

    Que peut-on dire sur le dernier Giebel ?

    Chaque page est un coup de poing dans la gueule !
    Chaque page a réveillé en moi la révolte, le sentiment d’injustice, la haine, le violence devant l’horreur dont l’Homme est capable.
    Le meilleur et le pire. Karine Giebel a choisi de mettre en exergue le pire.
    Le pire, pas seulement de l’Homme avec un grand H, mais aussi de la femme avec un grand F, car dans ce livre, une femme en particulier est une tortionnaire de la pire espèce.
    Intéressant je trouve d’avoir choisi cette voie, de n’avoir pas réduit la femme à un petit être toujours fragile, toujours faible, toujours en attente de secours.
    Certaines femmes peuvent être bien pires que certains hommes et Karine Giebel se fait un plaisir de nous en dresser quelques portraits vraiment très réussis et criants de réalisme.

    Ce livre est aussi une dénonciation de l’esclavage moderne, triste réalité, pas seulement dans les pavillons bourgeois mais aussi dans les HLM de misère. La misère appelle la misère.
    Le manque de compassion envers les autres, la volonté d’avoir le dessus, la nécessité de quelques sous gagnés sur le dos des autres dressent le portrait d’une société qui fait frémir de par la noirceur de son âme profonde.

    J’ai aimé la mise en lumière du schéma familial que l’on essaye de ne pas reproduire.
    Quand on a été un enfant battu, il est extrêmement difficile de choisir une autre vie sans fatalement reproduire la violence vécue. Izri est un exemple parfait de cette difficulté là.
    Ses bas instincts dus à son vécu familial reviennent souvent le tarauder et il doit redoubler d’efforts, prendre sur lui, se souvenir de son tortionnaire de père pour ne pas tomber dans le piège d’une violence tripale et quasi génétique.

    J’ai aimé les juxtapositions de ces deux histoires d’homme, celle d’Izri et celle de Gabriel : l’un a été témoin des violences que sa propre mère à fait subir aux autres et mis un temps que j’ai trouvé infini à réagir, quand l’autre oeuvre chaque jour pour punir ceux qui ne sont pas intervenus, n’ont pas réagis devant une injustice ni bougé devant un crime.

    J’ai aimé le personnage de Tama, son courage, sa résilience, sa volonté de chercher l’humanité dans ses tortionnaires, sa compassion, sa révolte, son abnégation, son envie de mourir, puis celle de vivre, son amour démesuré pour Izri tantôt son amant, tantôt son bourreau.

    Karine Giebel n’accorde que peu de répit à ses personnages.
    Quelques secondes parfois,
    Quelques moments volés à la brutalité de la vie,
    Quelques respirations pour avoir le temps de se relever,
    Quelques gestes tendres pour soigner les blessures marquées au fer rouge.
    Quelques rayons de soleil au milieu d’une avalanche d’horreurs, de sévices, plus pervers les uns que les autres, chaque fois plus démentiels, plus inhumains, plus retors.
    Les « méchants » de ce livre sont de vrais méchants. Mejda par exemple donne au lecteur des envies de meurtre, sa cruauté est sans limite et si sauter dans un livre était une réalité, elle serait morte dans d’atroces souffrances des centaines de fois.

    La violence physique et les descriptions des sévices encourus sont absolument intolérables : le lecteur a lui aussi mal dans sa chair, à chaque gifle, à chaque coup de poing, à chaque viol et espère que tout finira par s’arrêter sauf que…Karine Giebel choisit souvent un chemin différent. Elle torture à loisir son lecteur !
    La violence psychologique est tout aussi terrible, encore plus compliquée à encaisser que les coups. Elle détruit Tama de l’intérieur, la déshumanise aux yeux des autres, lui enlève toute existence.

    Et cette phrase bouleversante qui m’a happée, qui me taraude, qui me déchire le bide :
    « Depuis que je suis né, j’attends qu’on m’aime… »

    Maintenant, c’est à vous de décider…
    Aurez-vous le courage d’encaisser les 736 pages de ce livre sans qu’il ne vous arrache les entrailles, des sanglots, vous donne des relents de violence , des désirs de vengeance, des envies de meurtres, sans qu’il ne hante vos nuits ?
    C’est un excellent Giebel
    C’est un émouvant Giebel
    C’est un terrifiant Giebel
    C’est surtout un tristement réaliste Giebel
    Le reflet du monde pourri dans lequel nous vivons … de la bestialité des hommes, de leurs actes insupportables, de leur volonté de pouvoir…Pas vraiment de quoi être fiers de nous …

  • Mes petits plaisirs à moi 1er décembre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Des personnages prisonniers de leurs propres destins

    Karine Giebel réussit le pari de nous tenir en haleine jusqu’au bout du roman et quand je dis « jusqu’au bout », je veux dire jusqu’à l’épilogue soit tout au long des 786 pages que comporte ce roman. Et en cela, je lui tire mon chapeau ! Pas un seul temps mort au point qu’on en arrive à maudire tout ce qui pourrait interrompre notre lecture.

    Car ce roman est une véritable course contre la montre voire même une course contre la mort tant les personnages sont en proie à des destins extraordinairement tragiques. Tout d’abord, Tama, cette gamine de 9 ans, « achetée » au Maroc pour servir de bonniche à tout faire dans une famille de bobos, complètement azimutés. Comment peut-on imaginer qu’une enfant puisse subir tout ce que Karine Giebel lui fait endurer au fil des pages ? Et pourtant, c’est la vie que vivent, en secret, des tas de gamins dans notre monde contemporain pour satisfaire les moindres désirs d’êtres malfaisants et cupides. En dix ans, Tama frôle la mort des dizaines de fois en s’accrochant à une seule idée : l’amour sans aucun doute inconcevable et parfois perturbant qu’elle éprouve pour Izri, le fils d’un de ses bourreaux. Izri, lui aussi, connaît un destin tragique même si, vous le verrez plus loin, je n’ai pas pu lui trouver d’excuses pour les choix qu’il a décidé de faire dans sa vie d’adulte et dans sa vie d’homme, tout court. Certes, il n’est pas parti du bon pied avec des parents que l’on ne souhaite à personne mais cela ne justifie pas toute la violence dont il se montre capable envers certains personnages dans le roman. Gabriel, lui, porte bien son nom et, même si vous en douterez au départ, vous ne pourrez que tomber sous son charme tant c’est un être blessé. Avec ce personnage, Karine Giebel redonne à son roman un peu d’humanité. Si, si, je vous jure, il faut juste aller jusqu’au bout de l’histoire et vous vous direz qu’au final, il en faudrait beaucoup plus des Gabriel dans notre monde pour qu’il tourne un peu plus rond. Et puis il y a cette inconnue que recueille Gabriel au début du roman, cette inconnue que l’on pense connaître dès le début du roman et pourtant… Gabriel, tout comme le lecteur, méritait bien une telle (et si douloureuse) révélation, dans tous les sens du terme.

    Et puis, il y a cette violence qui est le cœur du roman et qui enserre le vôtre. Cette violence qui semble totalement décomplexée et dont Karine Giebel nous présente un véritable patchwork avec toutes les facettes les plus glaçantes et les plus glauques qui soient. Cette violence gratuite, cette violence domestique, cette violence conjugale, cette violence organisée… L’auteur ne nous en épargne aucune au point que la nausée, parfois, nous gagne. On est, en effet, souvent content de ne pas avoir le droit, pour certaines scènes, aux images ou au son car l’on ne pourrait plus dire que l’on ne savait pas. En définitive, on voit défiler sous nos yeux toutes les configurations possibles de l’Enfer sur terre, au point qu’on supplierait presque l’auteur de mettre un terme aux souffrances de certains personnages tant on se demande comment ils peuvent supporter un tel acharnement. Une chose est certaine : si vous avez des difficultés dans la vie avec votre patron, vos amis ou votre percepteur, lisez ce roman et croyez-moi, vous allez très rapidement relativiser les choses et réaliser que vos petits soucis ne sont vraiment rien face à ce qu’endurent en silence certains ou certaines à quelques pâtés de maisons de chez vous.

    Mon chouchou à moi

    Gabriel, sans aucun doute. On voit en lui une sorte de Terminator ou de Wolverine investi d’une mission qui en fait, malgré les moyens utilisés, une sorte de rédempteur et d’être profondément humain. On commence par le condamner pour l’absence d’empathie et la froideur qui le caractérise avant de littéralement fondre face à ce colosse aux pieds d’argile en proie à son passé et à ses remords. L’épilogue du roman vous laissera l’impression que, peut-être et je dis bien peut-être, ce personnage si attachant finira un jour par trouver la paix.

    Ma tête à claques à moi

    Certains considéreront que je suis sans cœur mais le personnage d’Izri m’a profondément agacé. Alors oui, la vie ne lui a pas fait de cadeaux, alors oui il a tenté de se battre pour s’en sortir, même si on peut regretter la voie suivie par le jeune homme, mais son aveuglement face à l’amour démesuré de Tama, sa jalousie sans fin et sa violence égoïste en ont fait à mes yeux un personnage détestable. Pour ma part, il n’a aucune excuse car, dans la vie, on fait des choix et on les assume. Ici, Izri fait des choix mais se réfugie constamment dans un principe de victimisation à son égard que j’ai trouvé particulièrement écœurant. S’il y a une victime dans le couple qu’il forme avec Tama, c’est cette dernière et elle seule. Lui se contente de se chercher des excuses.

    Au final, un excellent thriller mené de main de maître par Karin Giebel et qui nous dévoile une facette de notre monde peu ragoûtant. A dévorer dès que possible, si ce n’est déjà fait.

  • Matildany 12 décembre 2019
    Toutes blessent la dernière tue - Karine Giebel

    Un fameux pavé que ce Karine Giebel...beaucoup l’ont encensé, pour ma part, je suis mitigée, partagée.

    On découvre le quotidien de Tama, malheureuse petite esclave des temps modernes. Orpheline de mère, envoyée en France chez une tante à huit ans par un père démuni qui espère qu’elle y aura une éducation et une vie meilleure. Il ignore qu’elle sera cantonnée à une vie de servitude.

    Gabriel, lui, est solitaire et dangereux. Reclus, il reçoit par mail les noms de cibles qu’il doit abattre. Un jour, il trouve aux abords de son refuge une jeune femme blessée et amnésique.
    Habituellement tueur sans états d’âme, il hésite à la liquider, et la séquestre chez lui. Au fil du temps, une relation étrange se joue entre ces deux écorchés.

    Avec son style particulier, aux phrases hachées, l’auteure sait nous lancer sur de fausses pistes. Malgré l’épaisseur du livre, l’efficacité nous maintient en haleine, on tremble pour Tama, on ressent les blessures intérieures de Gabriel.

    Et même si certaines ficelles sont un peu grosses, elles sont diablement efficaces, j’ai rarement les larmes aux yeux dans mes lectures mais là, il y en a eu.

    Par contre, il n’y a pas de structure claire quant à la prise de paroles des personnages, cela nuit un peu à la fluidité. Et au fil de la lecture, jouer sur les mots, les opposer en permanence, j’ai trouvé cela un peu récurrent, surtout au vu de la taille de livre. C’est dans sa longueur qu’il m’a perdue...cette avalanche de violence, doublée d’une relation amoureuse finalement toxique, la fin qui était prévisible pour moi, le sentiment que cela n’en finissait pas m’a fait traîner sur les 100 dernières pages.

    https://instagram.com/danygillet

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