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Memento - Christopher Nolan

42 - Top des 100 meilleurs films thrillers

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N°42 DU TOP 100 DES MEILLEURS THRILLER DE BEPOLAR

Brillant, impressionnant, agaçant… toute la réussite de Memento tient à ses contradictions. Il y a certes de l’esbroufe, mais la mécanique reste vertigineuse. Culte.
Avec : Guy Pearce, Carrie-Anne Moss, Joe Pantoliano
Année : 2000
De quoi ça parle ?
Leonard Shelby a beau vivre dans des motels minables, il porte toujours des costumes de grands couturiers et règle en cash en grosses coupures. Son idée fixe : piéger la personne à l’origine du viol et du meurtre de son épouse. Une vengeance inflexible rendue épineuse par la forme rare et incurable d’amnésie dont il souffre. S’il se remémore facilement son passé, il oublie chaque fois ce qu’il a fait dans les quinze minutes qui précèdent, où il se trouve et pour quelle raison. Pour y palier, il a mis au
point un système reposant sur des notes, des fiches et des tatouages sur le corps. Ainsi, son objectif peut se poursuivre sans tenir compte du temps et de l’espace…

C’est culte parce que…
Avec Memento, au moins deux choix s’offrent au spectateur : s’identifier coûte que coûte au protagoniste central en tentant de ne jamais perdre le fil de sa trajectoire, ou bien se perdre (parfois malgré soi) dans le labyrinthe en considérant alors le film comme une étude minutieuse sur
l’aliénation. Dans les deux cas, l’expérience est passionnante. La première réclame une concentration absolue sous peine de ne jamais pouvoir ordonner un tant soit peu le vertigineux kaléidoscope. La seconde, sans éclairer pleinement les zones d’ombre, fascine dans son exploration de la mécanique de la mémoire.

Avec ce second film (après Following, thriller fauché voyeur et paranoïaque en noir et blanc – façon Pi), Christopher Nolan remet le couvert avec un suspense encore plus retors. Avec frénésie et une certaine rigueur, le papa de The Dark Knight clame alors déjà très fort sa volonté d’en découdre avec le cinéma de genre – qu’il a entre temps déjà traversé presque d’un bout à l’autre. Le montage stroboscopique, l’alternance du noir & blanc (pour les scènes qui suivent un ordre chronologique) et de la couleur (pour celles qui suivent un ordre chronologique inversé) ont immédiatement fait de Memento un film culte aux quatre coins du globe. Une œuvre si ludique qu’elle offre une multitude d’interprétations possibles. Façon pour Nolan de donner sa définition du réalisateur, à savoir un illusionniste capable à tout instant de charmer son audience. Subtil, créatif et musical (dans sa
structure tout en aller-retour), le film fait penser à une partition de Bach ou de Philip Glass. Mention spéciale pour la performance de Guy Pearce.

Ce que le film apporte au thriller

Memento génère un chaos permanent. À chaque fois que le spectateur pense se saisir de quelque chose, Christopher Nolan l’induit en erreur en l’immergeant dans une scène bizarre et en prenant toujours son temps pour expliquer comment les protagonistes en sont arrivés là. En résulte un
sentiment de confusion perpétuelle provoquant une profonde angoisse – tant pour le héros que pour nous.


Voir en ligne : Le Top 100 des meilleurs films thrillers de BePolar

Vos #AvisPolar

  • Laurence S 8 mai 2019
    Memento - Christopher Nolan

    Fermez les yeux. Le monde continue d’exister. Tout Memento repose sur cette angoissante constatation. Le conflit perpétuel entre l’illusion, peut-être le désir, et la réalité. Le personnage dostoievskien du Sous-Sol revendiquait le droit d’agir à l’encontre de son propre intérêt, quoi qu’il lui en coûtât. C’est ce que fait Lenny... pardon, Leonard (seule sa femme l’appelait Lenny), mais lui ne s’en doute même pas.

    Les autres personnages du film le voient, souvent incrédules, évoluer dans un monde partiel, qui se dérobe sous lui. Comment pourrait-il en être autrement ? Leonard Shelby a perdu la mémoire... ou plutôt, il ne cesse de la perdre. Chaque instant de sa vie, chaque seconde traversée disparaît sans laisser de traces si ce ne sont celles qu’il saisit au travers de son polaroïd ou des tatouages dont il recouvre son corps et qui sont autant de stigmates indélébiles de son étrange "condition".

    Christopher Nolan mène Lenny en bateau, ceux qu’il croise usent et abusent de lui. Mais Leonard, à son tour, fait de nous des victimes consentantes. L’axiome de base est respecté : le cinéma est un leurre et la caméra va de trahisons en entourloupes ! Un homme nous raconte ce qu’il vit, donc ce qu’il vit est ce qu’il nous raconte. Pas de raisons de douter. L’omniscience du spectateur est rudement battue en brèche, en grande partie du fait d’une construction scénaristique plus qu’atypique qui fait de Memento un film hors du commun. Un autre atout maître, ici, est sans aucun doute l’acteur principal, Guy Pearce. Son charme, son obstination agaçante, ses certitudes, que rien n’ébranle, ne l’en rendent que plus touchant, parfois même drôle. Son regard est une fenêtre sur une âme en lutte avec elle-même.

    Sa femme morte - de l’agression alors subie date son traumatisme - il traque inlassablement celui qu’il soupçonne de l’avoir tuée, épaulé dans sa quête par un auxiliaire mystérieux et adepte du téléphone. Juste une manipulation supplémentaire. Puisque la police a classé l’affaire, lui trouvera. N’était-il pas enquêteur en assurances ? N’était-il pas passé maître dans l’art de débusquer les fraudeurs ? Souvenez-vous l’histoire de Sammy Jenkins, qui souffrait du même mal. Il aurait pu surmonter son mal, s’il s’était astreint à une draconienne gymnastique de l’esprit : faire de sa vie une suite de gestes prédéfinis, immuables, qui vous permettent de garder la tête hors de l’eau. Une sorte d’aliénation par l’action. Je suis ce que je fais.

    Memento, au final, porte un regard dérangeant sur la liberté, sur une liberté dangereuse et perverse. Celle du choix, de l’autodétermination que nous exerçons, de fait, parfois à notre insu ou en détournant le regard, même en dépit de notre propre intérêt - et à cet égard, la scène du "choix de Léonard" compte parmi les plus émouvantes -... mais savons-nous seulement où se trouve notre intérêt ?

    Fermez les yeux. Le monde continue d’exister. Ne reste plus qu’à y trouver votre place.

    Voir notre critique (écrite avec Dominique Brunel) sur => https://www.avoir-alire.com/memento-la-critique-test-dvd

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