Fantazmë - Niko Tackian

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Résumé :

Une nouvelle enquête du commandant Tomar Khan.
Comment être un bon flic quand les victimes sont aussi des bourreaux ?

Janvier 2017. Dans une cave du 18e arrondissement de Paris, un homme est retrouvé, battu à mort. Sur place, beaucoup d’empreintes et un ADN ne correspondant à rien dans les fichiers de police. Le commandant Tomar Khan pense à un règlement de compte. Le genre d’enquête qui restera en suspens des années, se dit-il.
Mais voilà, l’ADN relevé sur les lieux a déjà été découvert sur le corps d’un dealer albanais, battu à mort dans une cave lui aussi. Et bientôt la rumeur court dans les quartiers chauds de Paris, celle d’un tueur insaisissable, un Fantazmë, le « spectre » en albanais.
Tomar et son équipe se lancent dans l’enquête et seront très vite troublés par le parcours des victimes, qui de leur vivant cultivaient carrément le sordide. Pourtant Tomar s’accroche à son devoir de flic, d’autant plus que son avenir lui semble menacé : un lieutenant teigneux de l’IGPN, la police des polices, a convoqué son adjointe, Rhonda, pour l’interroger sur un couteau, une pièce à conviction dans une affaire de meurtre mystérieusement disparue des Archives. Or, ce couteau, c’est celui de Tomar, et si on remonte jusqu’à lui…

Vos avis

  • Louison Lit 22 janvier 2018
    Fantazmë - Niko Tackian

    Quel plaisir que de lire à nouveau Niko Tackian. Fantazmë est le second opus après Toxique, il peut se lire séparément sans souci de compréhension. On retrouve tous les membres de la brigade du groupe de Tomar Khan pour une nouvelle enquête qui va nous mener vers la mafia albanaise, le destin des immigrés ou encore la prostitution forcée des filles de l’Est. Encore une fois on ira de rebondissement en surprise et de coup de cœur en coup à l’âme. Lorsqu’un immigré Syrien est retrouvé battu à mort dans une cave toute l’équipe a le sentiment que l’enquête va s’enliser et pourtant c’est sans compter sur l’apparition d’un nouveau personnage bien énigmatique surnommé « Fantazmë » qui se comporte comme un justicier laissant derrière lui des victimes qui en leur temps ont eu un passé de bourreau. Les chapitres vont alterner entre l’évolution de l’enquête et un côté plus introspectif de Tomar notre personnage principal. C’est dans ces moments où l’on découvre l’âme torturée et les pensées secrètes de Tomar que j’ai apprécié toutes les émotions ressenties face à ma lecture. L’écriture rythmée et particulièrement prenante, il se passe toujours quelques chose dans ce bouquin, on ne s’ennuie jamais. Les côtés sombres de l’âme humaine y sont dévoilés et je suis restée en peine face à des situations que je connaissais mais qui ici prennent vie avec une force qui nous emporte. C’était aussi un plaisir que de retrouver les personnages féminins de ce thriller. La mère de Tomar est toujours aussi combattante et ne manquera pas de donner un éclairage humaniste à une situation qui plonge beaucoup dans l’indifférence, c’est un personnage fort en symbolique. Il y a aussi la belle Rhonda qui prend de plus en plus de risque pour l’homme qu’elle aime et c’est juste … beau. Je vous laisse découvrir le troisième personnage féminin qui a été pour moi une douleur et un coup de cœur. C’est un livre dur avec des scènes tellement bien écrites que j’avais l’impression de les voir défiler sous mes yeux, il faut garder le cœur bien accroché mais c’est aussi pour ce réalisme que j’ai adoré ce livre. J’espère qu’il y aura encore d’autres suites et je serai parmi les premières à m’y coller. Bonne lecture.

  • Black Kat 1er avril 2018
    Fantazmë - Niko Tackian

    Je n’ai pas abandonné Tomar Khan bien longtemps puisque j’ai enchaîné Toxique et Fantazmë. Le plus difficile sera d’attendre la suite de ces deux romans !
    Comme d’hab’ lorsque je donne mon avis sur un tome de série, je conseille toujours de commencer par le premier pour ne rien rater de l’évolution de la psychologie des personnages récurrents, et ce, même si chaque roman peut se lire indépendamment les uns des autres sans grande gêne !

    Après l’excellent Toxique, je n’avais que peu de doutes sur Fantazmë. Je me suis autant régalée, si ce n’est davantage car les personnages principaux prennent de l’épaisseur.

    Et notamment Tomar dont l’univers onirique s’invite dans ses phases d’éveil, avec des hallucinations et des malaises.
    Une force de la nature ce Tomar mais qui ne peut rivaliser avec son propre corps qui sonne l’alerte sur le mal-être de son âme, entre les fantômes du passé, le poids de ses actes, et la noirceur de certaines ombres.
    Il fait l’effort d’accepter le soutien d’un psy, même si c’est le futur époux de son ex, bénéficie du roc maternel qui lui rappelle ses racines et sa bonne éducation, accepte que ses sentiments soient plus profonds qu’il ne le souhaiterait envers Rhonda, mais tout semble aller à vau-l’eau.

    Rien n’est simple entre vie privée et vie professionnelle, tout se complique.

    Tomar avance coût que coûte, bien déterminé à mener son enquête jusqu’au bout, avec l’aide de son équipe, mais devra aussi gérer les soupçons qui pèsent sur lui dans l’affaire Müller, ce violeur retrouvé mort dans Toxique.

    La présence de Rhonda est moins discrète, elle s’affirme au sein de son couple et de son travail. Rhonda apporte un soutien indéfectible à Tomar, quitte à mettre sa carrière et sa liberté en danger.

    Et mention spéciale pour le personnage quelque peu délabré de Bob. Malgré son côté surper sexy de l’au-delà (humour !) et l’angoisse qu’il génère chez Tomar, il m’a bien fait sourire !

    L’intrigue est ancrée dans l’actualité : attentats, mafias de l’Est de plus en plus présentes, vagues de réfugiés, proxénétisme agressif et violent, indifférence des uns et petites morts des autres… Cette prédominance de l’actualité efface quelque peu la frontière entre réel et fiction, ce qui en fait un polar puissant, à mon sens.

    Le tout est rythmé, très visuel (je ne vais vous ressortir que l’auteur est aussi scénariste pour la télévision, une des cordes à son arc, et que son talent s’exerce avec bonheur tout autant dans ses romans !), efficace et addictif.
    Nous avons l’enquête et l’action d’un côté mais aussi un zeste de roman noir avec cette actualité qui questionne le lecteur.
    Nous avons tous oublié que nous sommes aussi certainement tous des migrants, par nos ancêtres ou nos grands-parents tout au moins, migrations plus ou moins confortables selon les circonstances et les époques mais migrants tout de même. Et Ara qui, après avoir fui son pays et ses racines, s’est intégrée à sa terre d’accueil mais n’a jamais oublié et le rappelle bien énergiquement à Tomar, son fils, quand son empathie est en berne. Elle se retrouve en position aujourd’hui de tendre la main et d’aider. Une leçon d’humanité glissée au creux de cette enquête policière…

    Le choix du titre est idéal. Fantazmë, spectre en albanais.
    S’il est justement choisi pour le personnage insaisissable qui laisse dans son sillage des lieutenants de la pègre albanaise battus à mort dans des caves, les spectres sont partout ! Ce sont ces étrangers, ces migrants, que l’on croise dans l’indifférence générale du quotidien, ses ombres sans identité qui peuvent disparaître sans remous.
    Ce sont ces femmes exploitées et violentées, esclaves de la violence et de la cupidité de l’homme.
    Ce sont nos propres fantômes, nos blessures, nos fautes, nos remords qui nous hantent chaque jour et nous grignote l’âme petit à petit.

    Fantazmë est également une histoire de vengeance, une justice rendue pour des victimes ignorées, par le sang et pour le sang. La frontière entre justice et crime est ténue. L’auteur nous le concède volontiers quand une sympathie certaine nous lie spontanément au Fantazmë. C’est une vision accablante de la société, quand les meurtres se commettent en toute impunité, quand les coupables ne sont jamais inquiétés car instaurant un régime de terreur, quand les autorités sont impuissantes ou totalement laxistes, quand il ne reste plus d’autre solution que la vengeance, le « œil pour œil, dent pour dent » pour ne pas perdre totalement espoir en une certaine humanité.

    Par contre, encore une fois, je suis frustrée. Je trouve que le roman est trop court. Môssieur Niko Tackian, possible de rallonger un peu pour le prochain ?
    Car je serai, bien évidement, au rendez-vous !

  • Les Lectures de Maud 6 juillet 2018
    Fantazmë - Niko Tackian

    Une nouvelle enquête de Tomar, toujours aussi percutante et réaliste. Les pages et chapitres se lisent d’une traite, l’histoire est addictive. De nombreuses embuches et rebondissements ponctuent cette œuvre. L’enquête sur le passé des « victimes » va les conduire à se poser de questions sur la quête de Fantazmë et révéler ses motivations…
    Les personnages qui se dévoilent dans cet opus, Tomar avec ses tourments sa puissance et sa sensibilité ; sa mère, très présente, une femme dure et émouvante à la fois, et toute l’équipe d’enquête. Ils vont être malgré eux confrontés à une horreur qu’ils n’imaginaient pas…Parallèlement le passé ressurgit, qui pourrait bouleverser la vie de Tomar.
    J’ai découvert l’auteur en 2017, avec Toxique, j’attendais avec impatience la suite ; il nous entraîne en immersion, grâce à une écriture fluide et rythmée, je n’ai pas pu refermer ce livre avant la fin. Cette dernière totalement inattendue et magistrale qui laisserait penser que nous devrions bientôt revoir Tomar (enfin moi je l’espère).

  • Ophé Lit 9 juillet 2018
    Fantazmë - Niko Tackian

    Fantazmë (spectre en albanais)

    L’hommage de Niko à son père et la citation d’ouverture donnent le ton à ce roman qui est mon premier coup de coeur de l’année.

    Comme pour son précédent roman, « Toxique » (désormais disponible en poche), Niko a travaillé le thème du spectre, du fantôme, de différentes manières tout au long de l’intrigue.
    Le Fantazmë , ce tueur fantôme qui laisse dans son sillage des cadavres d’hommes loin d’être des anges, du petit dealer au caïd, aucun d’entre eux n’est innocent.
    L’ombre des fantômes de nos passés... avec le temps nous traînons tous des casseroles et avec elles la peur d’être perçus différemment lorsque nos secrets sont révélés.
    Mais aussi ces fantômes que nous croisons tous les jours, des femmes et des hommes en souffrance que nous préférons ne pas voir et à qui nous n’offrons que notre indifférence.

    « Lui aussi, il s’était laissé envahir par le souffle glacé de l’indifférence. Lui aussi, il préférait voir des ombres diffuses là où se trouvait la souffrance humaine. Des fantômes qu’on tentait d’oublier sans pouvoir nier leur existence. »

    Sans l’autre nous ne sommes rien... Ne pas être vu, ne pas partager, ne pas interagir, c’est errer tel un fantôme, une ombre, un spectre : « Nous n’existons pas sans l’autre »

    Niko dénonce également avec pudeur mais sans langue de bois les conditions d’accueil des réfugiés à Paris :

    « Ce cimetière de cailloux, dont l’emplacement stratégique [...] empêchait tout installation durable des exilés, donnait envie de vomir à Tomar. [...].On ne voulait rien leur laisser, même pas un pont. Même pas la chaleur des corps qui se collent pour lutter contre le destin. »

    C’est donc autour de ces thèmes que notre auteur a construit une intrigue originale, avec des chapitres courts et un rythme qui ne faiblit jamais.
    On retrouve Tomar et son équipe. Ce groupe de flics pour lesquels on se prend d’une réelle affection tant Niko les a revêtus d’humanité...
    Une équipe qui ne porte pas de costume de super héros, qui est confrontée à des sentiments paradoxaux, capable de ressentir de l’empathie et de la peur.

    « Rhonda faisait son possible pour mettre une distance et souder des plaques d’acier supplémentaires à sa carapace de flic, mais la cuirasse finissait toujours par se fissurer, particulièrement pendant la nuit, lorsqu’elle baissait la garde. »

    Une fois n’est pas coutume je ne vous raconterai pas l’histoire, ne dévoilerai rien de plus que la 4eme de couverture, parce que rien n’est plus beau que la découverte.

    Je terminerai juste en te remerciant Niko. Merci pour l’hommage que tu as rendu à mes collègues, dans ces pages, au travers des événements que tu cites, et merci d’avoir compris nos ressentis.

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