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Niko Tackian nous parle de Celle qui pleurait sous l’eau

BePolar : Ce nouveau roman fait la part belle aux femmes, en tant que personnages mais évoque aussi les violences qu’elles subissent. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous frotter à ce thème ?
Niko Tackian : Ce qui m’a donné envie c’est la polémique mise à jour par la couverture atroce des Inrockuptibles sur Bertrand Cantat. Comme beaucoup de gens, j’ai été choqué par cet affichage public au mépris de la mémoire des victimes et de leurs familles. A l’époque, j’écrivais Avalanche Hôtel et je me suis dit que si Tomar Khan existait vraiment, il se battrait forcément contre ce genre d’impunités. Et puis à la même période, les premiers haschtags #metoo ont fait leur apparition et j’ai compris qu’il était temps de fouiller ce sujet pour le traiter avec précaution et le plus de justesse possible.

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BePolar : Vous y abordez notamment la violence psychologique et parfois la difficulté de la faire reconnaître. Vous aviez envie de mettre ça en lumière ?
Niko Tackian : Les violences faites aux femmes forment un iceberg dont la partie immergée est composé par les violences physiques, de loin les plus visibles. Mais combien de femme font l’objet, au quotidien, de violences psychologiques, affectives, sociales ? Et ce sont bien ces violences qui entraînent jour après jour la dépression et parfois le suicide. Et bien au moment ou j’ai commencé l’écriture de « Celle qui pleurait sous l’eau  », il n’existait pas vraiment de jurisprudence ou même d’arsenal légal pour poursuivre un conjoint ayant provoqué le suicide de sa compagne.

BePolar : Est-ce qu’en plus de raconter une bonne histoire, vous cherchez aussi à dénoncer des choses, comme une forme d’engagement de votre part ?
Niko Tackian : Je suis avant tout un « raconteur d’histoires » mais il se trouve que le polar est un genre du réel qui s’inscrit dans notre époque et notre société. Qu’on le veuille ou pas, un polar est forcément politique, forcément social… Ce serait totalement illusoire de vouloir incarner des flics déconnectés des problématiques de notre temps : ils sont en plein dedans ! Donc oui, j’utilise mes histoires pour éclairer le regard du lecteur sur des thématiques qui me touchent. Après tout l’art consiste à les intégrer intelligemment est subtilement dans une histoire. Il ne s’agit pas d’y aller à la truelle, surtout sur un sujet aussi délicat que celui que j’ai choisi.

BePolar : Une blogueuse parle d’un Tomar "encore plus sensible". Livre après livre, vous avez l’impression de creuser sa personnalité, de le connaître de mieux en mieux ?
Niko Tackian : Bien sûr et c’est d’ailleurs l’intérêt principal d’avoir créé une série avec des personnages récurrents. Tomar fait partie de moi désormais et je suis d’ailleurs heureux pour lui qu’il ait pu évoluer dans le bon sens entre l’être tourmenté qu’il était dans Toxique et celui, plus apaisé qu’il devient dans Celle qui pleurait sous l’eau. Je ne dirai pas qu’il est « plus sensible » car il a toujours été extrêmement sensible, ce qui est très difficile quand on est flic, mais en tout cas, il est moins hanté par ses angoisses…

BePolar : C’est la troisième enquête de Tomar et Rhonda. C’est un plaisir de les retrouver à chaque fois ? (peut être qu’ils ne partent jamais vraiment de votre esprit d’ailleurs...).
Niko Tackian : J’ai trouvé le rythme d’intercaler un roman isolé entre chaque enquête de Tomar Khan et ça me va très bien. Cela nous permet à tous les deux de nous retrouver avec joie. C’est difficile d’enchainer des romans avec le même personnage et d’y retrouver le même plaisir. Grace à ce système, ça fonctionne parfaitement.

BePolar : Parlons de la promo. Avant la sortie du roman, vous avez proposer aux lecteurs et lectrices de jouer et de mener une enquête sur le web dans l’univers du livre. Comment l’avez-vous conçu ? Et quel regard portez vous sur cette expérience, sur la conception d’éléments en plus de vos histoires, et de l’interaction que ça génére ?
Niko Tackian : Je l’ai conçu grâce au talent de l’équipe de PCI AGENT, une jeune start up de passionnés proposant des enquêtes réalistes accessibles à tous et toutes en ligne. Je suis tombé sur eux par hasard et j’avoue que leur enthousiasme et leur talent m’a immédiatement séduit. Pour moi, la promo d’un roman doit être ludique, car le genre polar est un genre ludique et aussi car cela fait partie de ma culture. Alors à chaque roman, je cherche, avec l’équipe Calmann, une manière de parler du livre en offrant réellement une expérience aux lecteurs. Nous sommes tous très content de cette enquête interactive qui reste d’ailleurs disponible gratuitement toute l’année.

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