- Auteur : David Coulon
- Genre : Thriller
- Editeur : Cosmopolis
- Date de sortie : 11 mars 2021
- EAN : 9782902324118
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Résumé :
Il sort de prison. Nous ne connaîtrons jamais son nom. Il a passé huit ans derrière les barreaux pour avoir accidentellement renversé un enfant, alors qu’il conduisait. Maintenant qu’il est libre, la conditionnelle lui permet un emploi d’agent d’accueil dans un garage où on aide les accidentés de la route, les naufragés de la nuit. Une vraie chance pour repartir du bon pied et trouver enfin la rédemption.



































































































































lecturesdudimanche 24 juin 2026
Biotope - David Coulon
Non, ceci n’est pas un manuel de biologie. Ceci est plutôt une grosse baffe dans la gueule, qui démarre dès le premier chapitre ! La scène d’ouverture est glaçante et déstabilisante. On sait que l’être humain est particulièrement doué pour faire les mauvais choix, mais là, le narrateur va loin, très loin ! Et ce « mauvais choix » l’envoie droit vers la case prison, dont il ne ressortira que plusieurs années plus tard, après avoir vécu l’enfer. Sa porte de sortie conditionnelle, il la doit à « Monsieur Jean », qui lui offre une place de gardien d’accueil de nuit dans son garage de dépanneurs.
Alors déjà, un employeur qui s’appelle « Monsieur Jean », c’est bizarre… Mais ce ne sera pas le plus bizarre ! On comprend vite que le prix à payer pour une conditionnelle sans histoire sera une discrétion absolue pour des agissements douteux. Lesquels ? Le narrateur lui-même l’ignore… Tout ce qu’il veut, lui, c’est retrouver un semblant de vie normale et revoir sa sœur.
Le narrateur nous dévoile petit à petit des tranches de son passé, dans lequel il se posait en protecteur de sa petite sœur victime. Difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue !
L’écriture de David Coulon est très rythmée. Par saccades, on se prend une volée de phrases courtes, voire incomplètes, qui accentue le sentiment de drame et l’oppression ressentie par le lecteur. L’histoire est abominable, tant le passé que le présent.
L’entièreté de l’œuvre repose sur des actes écœurants et pervers. Et pourtant, tout est une question de point de vue… David Coulon, une fois encore, va déstabiliser son lectorat et habillement mélanger noir et blanc, si bien qu’il deviendra impossible de les différencier.
Je n’ai pas ressenti le même coup de cœur que pour « Troubles passager » (mon avis ici), principalement parce que j’ai compris l’un des éléments-clés de l’intrigue, mais cela ne m’a pas empêchée de dévorer ce livre qui, une fois de plus, met à mal nos certitudes et nous laisse une impression malsaine qui nous accompagnera bien après le mot fin…
universpolars 6 juillet 2025
Biotope - David Coulon
L’auteur balance un prologue qui a l’avantage de ne pas tergiverser pour nous annoncer la couleur. Noire. C’est radical.
Je remarque que David Coulon n’est pas du genre à agrémenter les faits pour éviter de choquer le lecteur. C’est cash, froid et sans détour. Cet écrivain m’a rapidement appâté avec une écriture brute et sans concession.
Le rythme soutenu de cette narration m’a charrié à travers les pages, presque en apnée. Il n’y a aucun répit. Cette structure narrative est très originale, détachée, presque sans âme. L’homme qui nous parle vient de sortir de prison. Son crime ? Avoir découpé un gamin en morceaux après l’avoir heurté accidentellement en voiture.
Ce personnage névrotique, qui restera pour nous anonyme, à priori très instable et aux pensées qui se bousculent, va nous narrer sa réinsertion chaotique.
Nous allons faire quelques détours par son passé, pour comprendre. L’histoire qui nous est alors servie est à la limite du soutenable mais on s’y accroche et on veut savoir, c’est addictif. C’est lourd, c’est vache, c’est cruel. Il n’y a pas que les faits qui sont abominables, mais aussi la façon de les présenter, les coucher sur le papier. L’auteur nous dévoile une putain de bonne écriture.
Cette manière d’écrire nous pousse sans cesse à accélérer la lecture et, paradoxalement, tout devient confus. Les pensées brouillonnes et désordonnées de notre narrateur nous désorientent totalement. Cet homme cache ou garde un lourd secret familial.
C’est trouble, c’est glauque, nous progressons par à-coups, à l’aide de demi-mots et nous restons ainsi emprisonnés dans une profonde incertitude.
David Coulon nous place face à un phénomène qui me fascine, celui de la définition du bien ou du mal. A partir de quel moment, de quels actes, peut-on prétendre qu’une action est bien ou mal, juste ou non. D’un point de vue moral, qui le décide finalement ?
L’auteur nous pousse vers certains dilemmes liés à la justice, en plaçant les proches de victimes sur une plaque brûlante à ce qui a trait à la vengeance. Cette dernière représente-t-elle une sorte de justice ? Exécuter une vengeance est-ce entrer dans le même moule qu’un criminel ? Sommes-nous moralement innocents après une vengeance dite « justifiée » ?
Est-ce réparateur ... ?
Ce récit gorgé de névrose va certainement vous mettre mal à l’aise, mais aussi vous coincer dans une sorte d’incompréhension. C’est voulu, évidemment. L’auteur va vous manipuler jusqu’au bout en gardant ses cartes maîtresses bien à l’abri. Mais n’ayez crainte, il vous les balancera sur la table au dernier moment.
Une fois le bouquin refermé, vous allez pas mal gamberger, croyez-moi.
Bonne lecture.