Ghostface (Scream) de Wes Craven

Avatar d’épouvante de toute une génération, Ghostface représente la quintessence du slasher en même temps que sa limite. Souvent parodié et copié, ce personnage lui-même inspiré du versant pop-corn du cinéma d’horreur, continue en tout cas de fasciner. Radioscopie.

Tueur en série mu pas une force et une vélocité diaboliques, Ghostface ne renvoie pas à une personne précise. Derrière son masque, se cache néanmoins le plus souvent un adulescent dérangé (Stu Macher, Billy Loomis… ), épris d’un sentiment de jalousie et de vengeance indomptables. En résulte cette présence fantomatique, invariablement vêtue des mêmes haillons noirs à capuche – une cape façon grande faucheuse – et du même masque spectral. Prompte à fondre sur ses proies de nuit comme de jour, celle-ci affectionne exclusivement les armes blanches, en particulier les longs couteaux à lame courbe. Ce qui fait sa spécificité, c’est sa propension à surgir de manière inopinée, sans oublier son sens du macabre et sa cruauté – les dispositifs de mise à mort, particulièrement cinégéniques, reposent sur un système complexe.

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Figure clé du slasher, ce célèbre sous-genre du cinéma d’horreur où l’antagoniste poignarde ses victimes, Ghostface en représente aussi la synthèse. C’est qu’il descend d’une vaste tradition amorcée pour l’essentiel par Michael Myers (Halloween), Jason Voorhees (Vendredi 13) et Freddy (Les griffes de la nuit). Mais davantage qu’un banal mélange de tout ce qui compose habituellement le tueur dans un slasher, le personnage en détourne également les règles élémentaires pour mieux les surpasser. Lorsque le réalisateur Wes Craven (déjà papa justement de Freddy, entre autres) initie sa trajectoire sanglante (de Scream à Scream 4), l’optique se veut ainsi à la fois grossissante et inattendue. Parce que le spectateur apparaît depuis longtemps comme rompu aux règles de ce type de cinéma, le cinéaste joue sur le contretemps. Sans remettre en question le dispositif original (les fameux jump scares, soit l’irruption brutale dans l’image d’un élément d’effroi), le récit va cette fois jusqu’à mettre à nu ses ressorts cachés. Sauf que le fait de prévenir en avance le spectateur permet en réalité de l’induire d’autant plus en erreur, pour mieux ensuite le saisir de peur. C’est comme si Ghostface, par sa connaissance encyclopédique du slasher, était capable de manipuler à loisir son audience, de prédire chacune de ses réactions.

5 choses à savoir sur Ghostface

1. Si la folie meurtrière de Ghostface semble en général n’avoir aucune limite, sa principale cible se limite souvent à Sidney Prescott, protagoniste central de la saga.

2. Le masque de Ghostface s’inspire de la forme du visage et de l’expression terrifiée de l’individu représenté dans le tableau "Le Cri" – œuvre culte de la peinture expressionniste signée par le norvégien Edvard Munch (1893).

3. Au fil des opus de la série de films, le tueur en série adopte une méthode distincte pour abattre ses victimes. Par exemple, dans le premier volet, Ghostface recourt au téléphone en modifiant sa voix afin d’effrayer ses cibles, là où il filme en direct ses meurtres en vue de réaliser un "remake" dans le quatrième épisode. Aussi, l’évolution de la méthode du serial-killer se confond à celle des nouvelles technologies.

4. Le masque de Ghostface a légèrement changé dans la série Scream (Jill Blotevoegel, 2015), donnant dorénavant l’impression en sus de l’apparence habituelle, d’un visage brulé. Par ailleurs, un ciré noir vient remplacer la fameuse cape.

5. Pour expliquer la résistance surnaturelle de Ghostface (chutes, coups, et même tirs d’arme à feu – façon cartoon), le scénario du troisième opus de la saga de films souligne la présence d’un gilet par balles sous la cape du serial-killer.

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