JASON VOORHEES (Vendredi 13)

Puissant et immortel, Jason Voorhees a lui aussi écrit l’histoire du slasher. Ce croque-mitaine au masque de hockey continue de s’imposer comme l’une des figures les plus emblématiques du cinéma d’horreur moderne. Portrait.

Avant de devenir ce colosse taiseux à la détermination sans faille, traquant implacablement ses proies jusqu’à la mort, Jason Voorhees aura dû attendre que s’égrainent de nombreux opus de la saga Vendredi 13. Il lui faut d’abord patienter jusqu’au troisième volet (Meurtres en trois dimensions, Steve Miner, 1982) pour revêtir le célèbre masque de hockey qu’il soustrait à l’une de ses victimes. Aussi, son discernement de prédateur et sa capacité à mettre à profit chaque aspérité de son environnement (recoins, sous-sol, etc.) ne lui viennent pas immédiatement. Pendant de nombreuses années, les metteurs en scène successifs du serial-killer (surtout à partir de Steve Miner et Joseph Zito) négligent toute profondeur psychologique, filmant juste un être pataud et brutal. Seules comptent alors les scènes d’horreur, au croisement du slasher – pour le côté tueur à l’arme blanche – et du survival – par la nécessité des protagonistes pris en chasse de survivre dans un espace limité. C’est avant tout à partir du reboot/remake de Marcus Nispel que la profondeur calculatrice de Jason – celle en suspens dès le premier volet – refait surface. Le réalisateur allemand s’inspire alors largement du dépoussiérage de Michael Myers réalisé par Rob Zombie avec Halloween (2007), ou de celui de La Colline a des yeux par Alexandre Aja (2006). Mais la qualité discutable des films constituant la saga Vendredi 13 n’entache en rien l’aura de Jason Voorhees dans la culture populaire. Mieux : le tueur en série surpasse dans l’inconscient collectif son concurrent Michael Myers, ou même Freddy Krueger – avec lequel il partage l’affiche dans le crossover Freddy contre Jason (Ronny Yu, 2003). Un avantage qui s’explique sans doute par le fait qu’il incarne mieux que quiconque, aux yeux des spectateurs, l’invulnérabilité et l’impassibilité attendues d’un tueur de film d’horreur.

Son histoire

Quelques mots sur le cheminement alambiqué de Jason Voorhees. Le personnage né avec une hydrocéphalie, à savoir une anomalie neurologique et une malformation du crâne – phénomène caractéristique de la consanguinité. Abandonné par son père, il est élevé par sa mère Pamela Voorhees. En 1957, il accompagne cette dernière, devenue cuisinière au camp de vacances de Crystal Lake. Continuellement moqué et violenté par les autres enfants, il finit un jour par glisser dans le lac adjacent. Le manque de vigilance des moniteurs ne permet pas d’empêcher sa noyade. Ce qui pousse depuis ce jour Pamela, par vengeance, à faire fuir ou assassiner les moniteurs se rendant à Crystal Lake. En 1979, alors qu’elle perpétue son massacre, Mme Voorhees trouve finalement la mort, décapitée par la dernière survivante du camp. Ce qu’elle ne sait pas, c’est que son fils Jason a survécu à sa noyade et assisté à sa mort. Se sustentant d’animaux sauvages et d’herbes sauvages, le garçon a grandi dans la folie à l’abri des regards, gardant en mémoire sa semi noyade. Dès cet instant, l’être traumatisé se mue en tueur psychopathe, tuant quiconque rôde aux abords de Crystal Lake. La machette utilisée pour tuer sa mère devient son arme de prédilection. Puis il revêt un sac à patates à la Elephant Man pour masquer sa difformité, avant d’opter plus tard pour le masque de hockey. Sa mort en 1984 (Vendredi 13  : Chapitre final, de Joseph Zito) ne marque pas la fin de ses exterminations puisqu’il ressuscite (sous la forme d’un revenant) dans le sixième opus (Jason le mort-vivant, McLoughlin, 1986).

7 choses à savoir sur Jason Voorhees

1. Le physique de Jason Voorhees varie légèrement au fil des volets de la saga Vendredi 13. D’abord représenté avec quelques cheveux à l’origine, il finit plus tard chauve avec quelques touffes éparses. Seul le Vendredi 13 de Marcus Nispel le donne à voir avec une implantation classique, certainement pour le rendre plus humain. Notons aussi que Jason, compte tenu de sa paralysie faciale, ne dispose que d’un seul œil fonctionnel : le gauche, visible à travers le sac à patates ou ses différents masques. Côté look, le tueur en série porte en général des bleus de travail et des vestes élimées, auxquels s’ajoutent quelquefois des gants. Il arrive aussi qu’il s’habille avec des chemises à carreaux ou foncées.

2. Jason Voorhees apparaît dans pas moins de 12 films, dans lesquels il incarne le plus souvent le rôle-titre. Dernier bonus en date : une apparition-hommage dans Ready Player One (Spielberg, 2018).

3. Dans le dixième volet de Vendredi 13 (Jason X, de Jim Isaac, 2000), le croque-mitaine, cryogénisé puis réveillé en 2455 dans un vaisseau spatial, va jusqu’à déborder le genre de la science-fiction.

4. Plus encore que Michael Myers, Jason se relève toujours de ses blessures. Noyé, tronçonné, poignardé, découpé à la hache, broyé au marteau, électrocuté, brûlé, empalé, clouté, transpercé par les balles et congelé… rien n’y fait. Ne pas oublier que le personnage revient d’entre les morts dès le sixième épisode.

5. Jason Voorhees ne délaisse presque jamais sa machette, même s’il utilise parfois d’autres armes à sa portée. Son mode opératoire : avancer paradoxalement d’un pas lent et lourd, mais avec de longues foulées façon bottes de sept lieues, jusqu’à inexorablement trucider ses victimes.

6. Dans Freddy contre Jason, Freddy Krueger découvre le point faible de Jason : sa phobie de l’eau, relative à sa noyade passée.

7. Le tueur en série a été interprété par dix acteurs différents, parmi lesquels Ari Lehman, Warrington Gilette, Steve Daskewisz ou encore Derek Mears.

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