Requiem pour une République - Thomas Cantaloube

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Résumé :

Automne 1959. L’élimination d’un avocat algérien lié au FLN vire au carnage. Toute une famille est décimée.

Aimé de la Salle de Rochemaure charge Antoine Carrega, ancien résistant de son réseau mais aussi voyou corse qui a ses entrées dans le Milieu, d’enquêter sur les meurtres de sa fille, ses petits-enfants et son gendre.Sirius Volkstrom, ancien collabo devenu exécuteur des basses oeuvres du pouvoir, est lui aussi à la poursuite du tueur qu’il était censé neutraliser pour le compte de Jean-Paul Deogratias, fonctionnaire et bras droit du préfet Maurice Papon. Sur le lieu du crime, Sirius a récupéré des documents estampillés secret-défense dont il peine à comprendre le sens et les enjeux, mais qu’il compte bien utiliser à son profit.Luc Blanchard, jeune flic naïf affublé d’un vieil acolyte alcoolique, est chargé de mener une enquête manipulée dès le début par la préfecture.

Leur traque va amener ces trois hommes aux caractères et aux convictions radicalement différentes à se croiser, à s’opposer un temps puis, contre toute attente, à s’allier contre une manipulation politique d’envergure.

Vos #AvisPolar

  • 1001histoires 1er février 2019
    Requiem pour une République - Thomas Cantaloube

    Thomas Cantaloube est journaliste, né en 1971. Son premier roman aurait pu avoir pour cadre les USA où il a longtemps travaillé, un autre coin du globe tellement les pays où il a effectué des reportages sont nombreux, il a tout simplement choisi la France mais une époque peu explorée, les années 1959, 1960, 1961.

    En ce début d’année 2019, Thomas Cantaloube gratifie les amateurs d’un exceptionnel roman noir historique. Les Trente Glorieuses cachent des années parmi les plus sombres de la Cinquième République. Il nous en fait le récit.

    Requiem pour une République : ce roman raconte le destin de trois hommes que tout oppose mais qui vont se croiser et même s’unir pour tenter de faire éclater la vérité dans une affaire politico-criminelle. Luc Blanchard est inspecteur débutant à la crim’ du 36, quai des Orfèvres, ses premières enquêtes sont des échecs, il n’hésite pas à recourir à la violence, les coups pleuvent mais les suspects n’avouent rien. Antoine Carrega est corse, ancien résistant, sa vie apparente bien rangée cache des liens avec François Marcantoni ou le convoyage clandestin d’anisette entre Marseille et Paris, certaines bouteilles contiennent de l’héroïne. Sirius Volkstrom est un ancien collabo, peut-être même pire un ancien de la carlingue. Il a ensuite fuit la France pour la guerre d’Indochine où il a perdu un bras ce qui ne l’a pas empêcher par la suite d’accomplir de basses besognes en Algérie.

    Chaque chapitre raconte une journée avec un de ces trois hommes comme personnage central. Le 4 octobre 1959, Sirius Volkstrom se renseigne sur l’extrême droite parisienne auprès de Jean-Marie Le Pen alors ex-député. Vokstrom rejoint en février 1961 les rangs de l’OAS des partisans prêts à combattre pour l’Algérie française. Il avait auparavant opéré au sein du SAC de Pierre Debizet : le Service d’action civique, association officielle pour lutter discrètement contre le FLN, les communistes et plus généralement contre toute forme d’opposition au Général de Gaule. Carrega a également rejoint le SAC dés sa création en janvier 1960 : il participe au service d’ordre des meetings politiques de Michel Debré mais sa carte tricolore lui sert aussi de couverture pour ses trafics. Luc Blanchard s’est vu confier le 24 septembre 1959 l’enquête sur l’assassinat de l’avocat algérien Bentoui et de sa famille, une exécution de sang froid. C’est le Préfet de police de Paris, Maurice Papon, en personne qui lui confit ce dossier délicat qui sent la poudre.

    Une fiction plus vraie que nature ! L’Histoire est au tournant de chaque page avec des personnalités connues bien dans leur rôle. Il y a une enquête solide, avec ses incertitudes, ses périodes où il ne se passe rien, les hasards qui brusquement la relancent, des fausses pistes, des filatures, des planques. Luc Blanchard débute dans le métier. Sera-t-il un éternel perdant ? Pas du tout, il se pose les bonnes questions, il veut aller au bout même s’il a compris que désormais des salauds dirigent la France. Volkstrom le mercenaire, Carrega le truand, vont l’aider. Leurs relations comme leurs attitudes restent ambigües. Le trio veut aller au bout de l’affaire Bentoui, peu à peu l’enquête devient une quête de vengeance.

    Ce roman rappelle ce qu’a été cette période, une tragédie pour des algériens déchirés au sens propre et figuré, ça ratonnait dur à l’époque, en toute impunité. Parfois les mitraillettes se faisaient entendre, la voiture de François Mitterrand en fit les frais. La presse était muselée. Les attentats étaient vite oubliés. Des coupables étaient fabriqués avant d’être suicidés. Mais peu importe, la France entre dans l’élite des puissances détenant l’arme atomique.

    Quel roman ! Quelle réussite ! Chaque page est une surprise. Tout foisonne, les sentiments, l’action, l’Histoire. Je le dis rarement, énorme coup de coeur !

  • Lau Lo 10 mars 2019
    Requiem pour une République - Thomas Cantaloube

    Certains polars et romans noirs ont également vocation à nous rappeler une tranche d’Histoire, de France ou d’ailleurs. Celui-ci non seulement nous parle d’une période noire de notre pays mais révèle un scénario de polar exceptionnel pour plusieurs raisons.
    Nous sommes en 1959 au début de cette histoire, même pas 20 ans après la fin de la seconde guerre mondiale. La guerre d’Indochine vient de se terminer, la France en ressortant vaincue.
    Pays colonialiste, cette même France a largement utilisé les peuples de ses colonies du Maghreb notamment comme premières lignes lors de la seconde guerre mondiale. Au milieu des années 50, l’Algérie réclame son indépendance, c’est le début de la Guerre d’Algérie. On pourrait penser qu’avec le génocide juif que la France a subi, ses dirigeants seraient plus enclins à accéder à ces demandes et à bien traiter ceux qui ont choisi de rester vivre en France. Rappelons qu’à cette époque, le Général De Gaulle est Président…
    Il n’en est rien et Thomas Cantaloube pointe du doigt ce racisme anti arabe qui gangrénait le gouvernement et ses bras armés et plus précisément la police alors dirigée par Papon, « célèbre » collabo.
    Dans tout le déroulé du roman, l’auteur mêle avec brio faits réels et fiction pure, faisant intervenir des personnages réels dans des situations réelles même si déplacées dans l’espace ou fictives. Ainsi nous croisons Mitterrand, Le Pen, De Gaulle, Papon et bien d’autres.
    Il y avait ceux qui voyaient d’un bon œil l’intervention de l’armée pour préserver l’Algérie dans le giron hexagonal. Moins à cause de la « menace soviétique » évoquée parle général Maurice Challe, qu’en raison du sentiment confus mais solidement ancré dans les esprits que « l’Algérie c’est la France ». Il y avait ceux qui ne pouvaient pas souffrir les galonnés et rejetaient par principe tout putsch de leur part – même si cela les rangeait dans le camp d’un autre officier, le président-général De Gaulle. Enfin, il y avait ceux qui goûtaient ce chaos qui détournait l’attention des autorités vers des choses plus pressantes que leurs trafics.
    Ce roman s’ouvre sur l’assassinat d’un avocat Algérien et de toute sa famille, un assassinat orchestré par Papon et savamment enterré par le 36 Quai des Orfèvres. Thomas Cantaloube nous présente alors trois personnages centraux bien distincts, trois hommes qui vont jouer un rôle déterminant, trois protagonistes incroyablement maitrisés par l’auteur.
    Sirius Volkstrom est un mercenaire de l’état. Il n’a pas été engagé pour perpétrer le meurtre de l’avocat algérien mais pour faire disparaitre le tueur après son méfait. Sauf que ça foire.
    Antoine Carrega est un passeur de contrebande, grand-père des go-fast d’aujourd’hui. Ancien résistant, son ancien compagnon de guerre Félix, beau-père de l’avocat, lui demande de trouver les assassins de sa fille parce qu’il n’a aucune confiance dans la police pour résoudre ce quintuple assassinat.
    Enfin, Luc Blanchard, est un flic encore perclus de ses bonnes intentions et à qui est confiée l’enquête. Masi il va vite se rendre compte qu’on lui met des bâtons dans les roues, que l’enquête est falsifiée et sera vite classée.
    Ces trois personnages vont bien-sûr se télescoper dans ce polar qui ne laissera aucune part d’illusion à personne.
    C’est un grand polar historique dans lequel la trame policière est aussi passionnante que le fond politique. Quand on sait qu’il s’agit d’un premier roman, on est tout simplement bluffé par cette plume déjà précise, moi je dis bravo et respect Monsieur Cantaloube.
    http://www.evadez-moi.com/archives/2019/03/10/37165171.html

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