L’Arménien - Carl Pineau

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Résumé :

Nantes, 22 décembre 1989. Le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou. Deux balles dans la peau, et partiellement calciné. Assassiné. Mais par qui ?
Et qui était vraiment l’Arménien ?
Un trafiquant de cocaïne notoire, comme le pense l’inspecteur Greg Brandt ?
Un copain de virées avec qui écumer les bars et draguer les filles, comme le voit Bertrand, son premier et peut-être unique ami ?
Un jeune orphelin perturbé, mais à l’esprit vif et éveillé, comme le pense Françoise de Juignain, sa psychiatre depuis 20 ans ?
Rien de tout cela, bien plus encore ?
De la place Graslin au Château des ducs de Bretagne, des ruelles pavées du quartier Bouffay aux bars à hôtesses du quai de la Fosse, des pavillons de Rezé aux immeubles de Bellevue, Carl Pineau fait revivre dans ce thriller noir toute l’ambiance du Nantes des années 80.

Vos #AvisPolar

  • Root 28 juin 2018
    L’Arménien - Carl Pineau

    Retrouvé près du corps de ses parents, abattus dans une rue de la capitale arménienne, Luc Kazian est recueilli par sa tante. Peu loquace, parfois maladroit, le gamin préfère laisser le passé là où il est puisque la vie lui a accordé un sursis. Il grandit sans trop d’encombre, à l’abri des livres. Au détour de ses errances dans la ville, il atterrit au salon de coiffure où travaille Bertrand. Rapidement, les deux hommes se lient à la vie à la mort et Bertrand se charge d’introduire son protégé dans le milieu nantais.

    1989. Quelques jours avant Noël. Luc gît dans la forêt de Touffou, mutilé et brûlé. Qui pouvait lui en vouloir au point de le massacrer de la sorte ? Bien du monde. De ses premières sorties à son dernier souffle, Luc a connu une ascension sociale fulgurante et s’est fait nombre d’ennemis. Peu à peu, il a gagné les quartiers de la ville pour y revendre sa came en compagnie de son acolyte. Redouté, détesté, adulé, il ne laissait personne indifférent. Les filles étaient à ses pieds, les caïds déjà en place s’associaient avec lui. Mieux valait être du côté de L’Arménien. La piste du règlement de comptes est la plus plausible. Mais l’inspecteur Brandt semble avoir une revanche personnelle à prendre sur les marchands de poudre et ne saurait se satisfaire de l’omerta.

    Tour à tour, Bertrand, l’ami de toujours et Françoise, la psy, racontent.

    Bertrand, queutard en chef de son état, a le don de s’attirer la guigne. S’il a conscience de ses limites, il s’applique à les dépasser. Il ne peut pas croiser une femme sans lui sortir son grand jeu de séducteur de bas étage. Il épuise les bouteilles de whisky qu’il planque dans l’arrière-boutique au même rythme que son amour-propre. Il avait des rêves, pourtant, des envies de vie de famille, il y a peut-être cru avec Sandrine, mais ça ne lui a pas suffi. Du drôle de duo qu’il formait avec Luc, c’était lui l’agitateur. Il avait voulu se faire instructeur, il s’avérait finalement un piètre élève. Car Luc était raisonné, discret. Généreux, entier et cultivé, il avait su s’attirer le respect que Bertrand n’aurait jamais. De là à faire naître la haine qui pousse à l’irréparable ?

    Françoise de Juignain entretenait une relation particulière avec son patient. Elle avait bien tenté de résister à son charme, mais qui l’aurait pu ? Luc savait vous mettre dans sa poche en un regard et quelques mots, et la trop grande empathie de la psy l’a fait déborder de ses fonctions. Elle lui avait tendu la main sans se faire prier, emportée par son désir de protection. Son désir tout court, peut-être. Sa mort laisse un vide immense, beaucoup de questions sans réponses. Ce que l’on dit aujourd’hui du jeune homme ne rend pas justice à celui qu’elle a connu, et elle se fait un devoir moral de défendre sa mémoire. Certes, il était plutôt le genre de gars qu’on évite en temps normal, mais lorsqu’on commence à le connaître…

    Comme elle, j’ai eu envie de protéger Luc, mais il était trop tard. Comme Bertrand, j’ai eu envie d’être à ces côtés et de partager cette insouciance d’apparence le temps d’une nuit où rien ne compte. Les Nuits Nantaises, c’est la France des années 80, la France de Mitterrand, la mort de Bob Marley et la chute du mur de Berlin. Le sida a des allures de légende, et on se laisse un mot sur la table si on a oublié de se dire quelque chose. Carl Pineau aborde la décennie avec beaucoup de justesse. Pieds et poings liés, on le suit dans chacune des pérégrinations qu’il a imaginées, car chaque chapitre se clôt d’une telle façon qu’on ne peut qu’entamer le suivant. Difficile de lister toutes les émotions que L’Arménien m’a procurées. Nostalgie, angoisse, sympathie, peine, colère.

    Plusieurs fois, j’ai redouté que le pot aux roses ne soit pas à la hauteur de ce que j’espérais, mais Carl Pineau m’a donné bien plus encore. Il aurait pu se contenter d’écrire (très, très bien écrire) un polar original, mais il y a ajouté une histoire d’amitié, d’amour(s) aussi, et des valeurs, beaucoup de valeurs. Un premier roman admirable, qui mérite sa place en tête de toutes les gondoles. J’attends Le Sicilien avec impatience.

  • Les Lectures de Maud 6 juillet 2018
    L’Arménien - Carl Pineau

    Je referme ce livre, estomaquée. Un enchainement de faits, un rythme à la fois soutenu et plu lent qui laisse place au suspense. Une fin inimaginable, un déroulé de l’énigme parfaitement maîtrisé.
    Une histoire alternant le passé (les souvenirs) et le présent permet au lecteur de s’immiscer aux côtés des personnages principaux nous permet de comprendre les évènements qui se sont succédés et qui ont amené à la mort de Luc, inévitable je pense. L’alternance se fait aussi, lorsqu’à chaque chapitre le lecteur vit l’histoire au travers d’un narrateur différent, Greg, Bertrand et Françoise principalement. Le lecteur est donc directement imprégné des ressentis du personnage, de ses pensées, ses souvenirs, de sa rage. Tout le monde, à sa manière, pleure la mort de Luc mais le déteste en même temps, c’est ce que j’ai trouvé extraordinaire dans ce livre, pour des raisons différentes mais ils sont unis par ce lien, LUC.
    Les personnages, pour certains retors et diaboliques, ont une description de façade, puis plus intrusive lorsque l’on change de narrateur.
    L’auteur nous transporte dans l’ambiance des années 80, par les références musicales et cinématographiques. Premier livre de l’auteur, que je garderai un moment en mémoire, tant les évocations de symboles comme l’amitié sont tendres et douloureuses à la fois.
    Bonne future lecture à tous !!!

  • Ophé Lit 3 octobre 2018
    L’Arménien - Carl Pineau

    Nantes le 22 décembre 1989, le cadavre de Luc Kazian, dit l’Arménien, est retrouvé en forêt de Touffou.
    Le corps est plombé de deux bastos et partiellement calciné…
    Qui a pu prendre la vie de cet homme énigmatique, personnage phare des nuits nantaises ?
    Qui était réellement Luc Kazian ?
    Au travers des yeux et des souvenirs des personnes qui ont été le plus proche de lui, j’ai voyagé dans le Nantes de la fin des années 80, à une époque où la loi Evin n’existait pas, une époque où les guerres claniques s’affichaient au grand jour, l’époque des blousons noirs, une époque qui n’a plus grand chose à voir avec la notre…
    Je me suis attachée au personnage de Luc que j’ai vu vivre dans le regard de son entourage, un personnage mystérieux, écorché vif, séduisant… et à la fin de cette histoire je ne sais toujours pas si je l’aime ou si je le déteste.
    Dans ce roman noir de Carl Pineau, tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment : trafic de drogue, amour, amitié, trahison, sexe… Il dépeint avec justesse cette France des années 80 où le SIDA est méconnu et les contaminations par MST légions, où François Mitterrand est perçu en sauveur d’un pays qui n’avait connu que des Présidents de droite depuis le début de la Vème République, où la mode est aux blousons de cuir et à l’émancipation.

    Un polar efficace dont la construction en flash back attise la curiosité et permet d’entretenir le mystère jusqu’aux dernières pages, émouvantes.
    J’ai apprécié la plume juste et sans envolées lyriques de Carl. L’ambiance du roman et le choix des mots m’ont transportée à la fin des années 80 sans difficultés.
    Carl a soigné chacun des personnages, leur psychologie, leurs émotions, leur donnant vie et accentuant la crédibilité du récit.
    Voilà donc un auteur à découvrir…

  • Happy Manda Passions 7 décembre 2018
    L’Arménien - Carl Pineau

    Une très belle decouverte pour ce premier thriller.
    Un récit sur plusieurs voix et le noir en fond de plus en plus obscur plus on avance dans notre lecture.

    L’écriture est alerte, le rythme de l’intrigue n’a aucun temps mort et nous pousse à tourner les pages. Si les personnages sortent de milieux bien différents leur but est le même : comprendre et répondre à l’unique question Qui était vraiment celui qu’on appelait l’Arménien, ce jeune à qui tout aurait pu sourire, et qui regardait la mort en face.

    Pari tenu pour ce premier roman noir qui coche toutes les cases du très bon policier. Il porte le lecteur jusqu’à la fin et ne laisse pas à son imagination un moment de répit. Petit bonus, au delà de l’histoire vous aurez le plaisir de visiter d’une façon originale la ville Nantaise.

    Mon seul regret, l’absence de titre de chapitres.
    https://happymandapassions.blogspot.com/

  • Ju lit les Mots 26 janvier 2019
    L’Arménien - Carl Pineau

    L’Armenien a remporté le Prix des auteurs inconnus 2017 :)

    Avec son premier roman, l’auteur, Carl Pineau, fait le pari de nous embraquer dans les années 80, ce qui est très intéressant et je dois dire que de ce côté-là on est servi…. L’ambiance est vraiment palpable et tellement bien retranscrite qu’on s’y croirait.

    Une histoire somme toute banale, un caïd des nuits nantaises qui se fait assassiner, cela aurait pu être une histoire simple, sans fioriture qui aurait fait passer un bon moment, sans laisser de souvenir impérissable. Mais l’auteur a un vrai talent et la construction narrative est excellente avec ces flashbacks, permettant peu à peu au lecteur de comprendre pourquoi le personnage principal, Luc, est retrouvé mort ce 22 décembre 1989, deux balles dans la peau, partiellement calciné…

    L’auteur a réussi le tour de force de m’entrainer dans cette ambiance sombre du monde de la nuit, avec cette liberté qui prédominait au début des années 80, avec sexe à gogo, sans protection… C’est glauque, c’est cru, c’est noir et tellement bien construit que l’on visualise la drogue, les dealers, les boites de nuit avec ces videurs, bâtis comme des armoires… King Kong, un personnage secondaire archétype des nuits chaudes…

    Bertrand, coiffeur et seul véritable ami de Luc., qu’on aime et déteste à la fois, queutard sans vergogne, confronté à la perte de son meilleur ami… Petite frappe des milieux nantais, dealer d’herbe à ses heures, mais avec de l’honneur, car ne veut pas toucher à la drogue dure… Qui fera connaître les endroits les plus mal famés de Nantes à Luca… Il va l’initier au monde de la nuit, comme un grand frère qui guide…

    Françoise, psy de Luc depuis son enfance, qui a développé des liens qui peuvent sembler particuliers, mais que l’on arrive à comprendre au fil de la lecture.

    La trame est différente de ce que j’ai pu lire jusqu’à aujourd’hui, puisque ce n’est pas réellement un déroulé d’enquête policière que nous suivons, mais la voix de ses amis qui nous font remonter le fil des évènements.

    Carl Pineau, propose une intrigue très bien bien ficelée qui peut sembler débuter lentement, mais qui peu à peu entraine le lecteur vers des révélations qui donnent envie de poursuivre la lecture pour comprendre et surtout apprendre à connaitre ces personnages très bien construits, très différents les uns des autres, certains détestables, d’autres attachants… Un langage très crue,parfois vulgaire, qui peut choquer… Mais auquel on se fait très bien puisqu’il cadre parfaitement aux personnages et à l’atmosphère des années 80.

    J’ai particulièrement apprécié l’alternance des points de vue et celle alternance entre passé et présent… Même si parfois, il fallait que je m’accroche pour savoir qui parlait … Les indications de temps restent assez floues, certainement voulues par l’auteur pour dérouter son lecteur et l’obliger à se concentrer sur l’intrigue et la construction narrative.

    L’auteur parsème son histoire des évènements majeurs des années 80, l’élection de Mitterrand… La chute du mur de Berlin… La découverte du Sida et surtout l’impact que cela va avoir sur les relations sexuelles, la prise de conscience du danger des MST… Mais surtout la transcription de la vie des jeunes de cité et la seule échappatoire qu’ils trouvent en dealant, la place qu’ils ont du mal à se faire sans ces années « touches pas à mon pote » et le racisme auquel ils sont confrontés… En fin de compte, même si les choses ont quelque peu changé… Malgré les années d’écart… Peu des choses ont changé… Dans l’esprit de certaines personnes…

    La couverture, faite « maison » présente bien l’ambiance froide et sombre des nuits nantaises dans laquelle le lecteur va plonger.

    Pour un premier roman, l’auteur propose un excellent livre, auquel je n’ai trouvé aucun défaut, une plume très bien travaillée et un talent d’écrivain pour le plus grand plaisir des lecteurs amoureux des bons polars.

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