La saison des Feux - Celeste Ng

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Résumé :

Ils se sentent à l’abri chez eux ? Cela ne va pas durer.
À Shaker Heights, banlieue riche et tranquille de Cleveland, tout est soigneusement planifié pour le bonheur des résidents. Rien ne dépasse, rien ne déborde, à l’image de l’existence parfaitement réglée d’Elena Richardson, femme au foyer exemplaire.
Lorsque Mia Warren, une mère célibataire et bohème, vient s’installer dans cette bulle idyllique avec sa fille Pearl, les relations avec la famille Richardson sont d’abord chaleureuses. Mais peu à peu, leur présence commence à mettre en péril l’entente qui règne entre les voisins. Et la tension monte dangereusement à Shaker Heights.

Vos avis

  • Root 30 juin 2018
    La saison des Feux - Celeste Ng

    Mia Warren est photographe. Elle représente le monde tel qu’elle le ressent, et met en lumière ce qu’on voudrait parfois taire. À 36 ans, elle est incapable de tenir en place. Elle a déjà traversé une bonne partie des États-Unis accompagnée de sa fille, rien ne semble jamais pouvoir la retenir nulle part. Si Mia se satisfait de cette vie marginale, il serait temps pour Pearl de connaître autre chose. C’est à Shaker Heights, non loin de Cleveland, qu’elles décident de s’établir. La devise du quartier : « La plupart des communautés se développent au hasard, les meilleurs sont planifiées. » Était-ce l’endroit le plus approprié ? Shaker Heights a ses règles, et personne ne les discute. On dépose ses poubelles derrière la maison le vendredi matin, pour ne pas entacher le décor de film que constitue le quartier. L’exemple en dit long sur les Richardson. Bill et Elena Richardson, et leurs 4 enfants. Snobs, cultivés, bien élevés. La famille américaine idéale, où l’on se doit de prétendre défendre les droits de l’Homme et où l’on choisit son université avec soin. Pas de place pour l’imprévu, l’inconvenant, le déplaisant. Pas de place pour Izzy, la benjamine des Richardson, anticonformiste dans l’âme.

    Et c’est ainsi que tout commence.

    La maison fume encore. Depuis sa « pelouse arborée », comme on dit ici, Elena Richardson observe la carcasse noircie. Trip, Lexie et Moody, juchés sur le toit de la voiture, réalisent qu’il ne reste rien de leur vie. Izzy a disparu. Ça ne fait aucun doute pour personne, ce feu, c’est elle qui l’a allumé, au sens propre du terme, après en avoir attisé bien d’autres dès ses plus jeunes années. L’auteur nous ramène alors à l’été précédent, lorsque les Warren ont emménagé dans la petite maison de location des Richardson. Elena se réjouissait de cette bonne action : une mère célibataire qui peine à joindre les deux bouts, il fallait lui tendre la main. Très vite, Pearl a sympathisé avec ses enfants jusqu’à faire partie de la famille. Moody a gagné son amitié, Lexie sa confiance, Trip feignait de ne pas remarquer ses regards enamourés. Elena et Mia, d’abord réticentes à voir se côtoyer les torchons et les serviettes, entretenaient des rapports cordiaux. Alors qu’un nouvel équilibre semblait s’être installé, Izzy s’est rapprochée de Mia, brisant plus que jamais le modèle maternel, idolâtrant chez elle ce que Pearl délaissait au profit des Richardson.

    Entre thriller psychologique et comédie de mœurs, La Saison des feux brosse un portrait de la société fascinant. Le titre original, Little Fires Everywhere, prend peu à peu tout son sens. Partant d’une histoire somme toute banale, le récit se structure doucement, porté par des personnages épatants. Tous sont travaillés avec le même soin. Chacun se révèle au contact de l’autre, hésitant entre se soustraire au carcan qu’il a toujours connu et la liberté qui lui fait des appels du pied. Le problème de la liberté, c’est qu’on ne sait pas jusqu’où elle peut nous conduire. Sont-ils prêts à tomber les masques ? Méfiance ou tolérance, sécurité et sincérité, aveux et secrets, chacun tente de préserver ce qu’il a. Celeste Ng décrypte la relation mère/fille avec piquant, confronte intelligemment les générations et pose un regard résolument féminin sur l’Amérique de Clinton. Une satire saisissante.

  • Les Lectures d’Anne-Sophie 8 janvier 2019
    La saison des Feux - Celeste Ng

    Avec La Saison des feux Celeste NG nous offre un petit bijou de lecture.

    Shaker Heights est une banlieue comme beaucoup d’autres aux États-Unis, ou même en France : cadre idyllique, jolies maisons, enfants bien élevés et jardins très bien entretenus, le tout pas forcément dans cet ordre.

    Mais si la façade semble impeccable, c’est, comme souvent, derrière les portes closes ou les sourires engageants que le bât blesse.

    Et lorsque les Richardson, l’une des plus anciennes et vénérables familles du coin loue une de ses maisons à Mia Warren, artiste bohème et anti conformiste, on se doute bien vite que le temps est compté avant que le vernis ne se craquelle, et que les premières victimes en seront certainement leurs enfants respectifs.

    Et bien que l’on s’attache à certains personnages, et que d’autres nous semblent plus antipathiques, il faut, comme dans la vraie vie, aller regarder par-delà les apparences.
    Et bien vite on se rend compte que personne n’est entièrement bon ou mauvais dans cette histoire.

    Je crois que c’est ce que je préfère dans l’écriture de Celeste NG, les nuances qu’elle sait donner à chacun.
    Mais ici, encore plus que dans son précédent roman (qui était déjà très bon), chaque chapitre ressemble à un tableau, chaque phrase ajustant la couleur, chaque mot donnant vie au contexte.

    Les personnages sont travaillés, ciselés même.
    À l’image de Shaker Heights, ils apparaissent lisses de loin, puis se découvrent rugueux en y regardant mieux, et même tranchants si on s’approche de trop près.

    Oui, vraiment, ce livre est un petit bijou.
    Alors, si vous avez aimé « Tout ce qu’on ne s’est jamais dit », dépêchez-vous de lire « La Saison des feux », vous ne le regretterez pas.
    Et si vous n’avez pas lu le premier, dépêchez-vous quand même de lire celui-ci, parce qu’il fait partie de ces livres à côté desquels il ne faut pas passer !

  • Sangpages 9 janvier 2019
    La saison des Feux - Celeste Ng

    Question de feu, on y est direct. La maison des Richardson est en flamme dès la première page. Bien sûr, on s’interroge sur le pourquoi du comment en se doutant bien que la réponse se trouvera dans le passé.
    On revient donc, dès le 2ème chapitre, avant l’incendie, avec l’installation de Mia et Pearl à Shaker Heights, une petite ville pittoresque de la banlieue de Cleveland.
    Mais attention, Shaker Heights n’est pas n’importe quelle ville. Elle a été construite avec des règles bien précises et des manières de faire définies. De la couleur des maisons en passant par la tonte du gazon obligatoire jusqu’aux poubelles qui doivent impérativement être cachées. Idyllique ? Pas si sûr !
    Mia, photographe, bohème sur les bords et sur les côtés pourrait bien faire tache dans ce magnifique paysage.
    J’ai véritablement adoré ce concept. Cette vision sarcastique d’une société propre en ordre. Une société soit disant bien-pensante qui fonctionne exclusivement selon des règles et où les apparences sont plus importantes que tout.
    La saison des feux est une histoire d’apparence (Vous l’aviez compris 😜) somme toute assez banale qui pourtant vous prendra et ne vous lâchera plus, tout en vous donnant à réfléchir au sens de la vie.
    Pas tout à fait un thriller, pas tout à fait quoi que ce soit d’ailleurs. Un de ces livres inclassables qu’il est bien difficile de définir. Un de ces livres qui doit se lire pour comprendre.
    Mia est photographe et j’ai eu, tout au long, cette sensation qu’elle n’aurait pas pu être une autre type d’artiste. J’ai eu l’impression de regarder cette histoire au travers de son objectif puisque comme une photo, ce livre m’est apparu comme une succession d’images.
    Une image de chacun des personnages. Celle qu’ils veulent bien montrer. Des instants de vie tout en apparence. Des snapshots.
    L’image d’une pile de petits billets verts qui ouvrent toutes les portes et obtiennent ce qu’ils veulent quand ils le veulent.
    L’image d’une famille en apparence unie où chacun est en fait tout simplement seul.
    L’image d’une société où l’on juge tout un chacun à tour de bras.
    Mais aussi l’image d’un bonheur simple. Celui de Mia et sa fille.
    Mais la saison des feux c’est aussi et surtout, un questionnement pertinent sur l’adoption, la mère biologique et ses droits.
    Un livre émouvant, bien monté, bien mené qui tient plus que largement la route. Une histoire qui n’est, comme je l’ai déjà dit, ni un thriller ni un polar mais où le suspense est clairement de mise. Pas de sang, pas d’hémoglobine mais pourtant bourré de tensions. La réflexion qui s’en suit, pourrait même vous faire passer quelques nuits blanches...
    Qui donc a pu mettre le feu et surtout pourquoi ?
    En résumé, c’est drôlement bon ! Un coup de coeur pour ma part et donc à lire absolument !

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