Mort d’une héroïne rouge - Xiaolong Qiu

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Résumé :

Shanghai 1990. Le cadavre d’une jeune femme est retrouvé dans un canal par deux jeunes pêcheurs. Pour l’ambitieux camarade inspecteur principal Chen et son adjoint l’inspecteur Yu, l’enquête va rapidement se compliquer lorsqu’ils découvrent l’identité de la morte. Il s’agit de Hongying, Travailleuse Modèle de la Nation. Une fille apparemment parfaite et solitaire qui a pourtant été violée et étranglée. Qui se cache derrière ce masque de perfection et pourquoi a-t-on assassiné la jeune communiste exemplaire ? Chen et Yu vont l’apprendre à leurs dépens, car à Shanghai, on peut être un camarade respecté tout en dissimulant des moeurs... déroutantes. Un fascinant polar du côté de l’Empire Céleste, mené avec humour, poésie, gourmandise et un sens très particulier de la morale.

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  • 1001histoires 1er avril 2019
    Mort d’une héroïne rouge - Xiaolong Qiu

    "Mort d’une héroïne rouge" écrit par QIU Xiaolong a été publié par les Editions Liana Levi en 2001 après une parution aux Etats Unis en 2000 ( titre original "Death of a red heroine" ). C’est la première enquête de l’inspecteur Chen Cao, bibliographie de l’auteur ICI

    Premières phrases du roman :
    "Le corps fut découvert à 16 heures 40 le 11 mai 1990 dans le canal Baili, un endroit peu fréquenté à trente kilomètres environ à l’ouest de Shanghai ... La femme ne pouvait pas être restée très longtemps dans l’eau ... Le temps était très agréable, la température douce, les nuages blancs paressaient dans le ciel ... Ne touche à rien. Laisse le corps ici jusqu’à ce que la police arrive ..." ( Editions Points, traduit de l’anglais par Fanchita Gonzales Battle ).

    Les lecteurs attentifs ont reconnu des similitudes avec les premières phrases d’un autre roman : "Le corps fut retrouvé le 8 juillet juste après 15 heures ... Il était resté dans un parfait état de conservation et n’était sûrement pas resté bien longtemps au fond de l’eau ... La situation était la suivante : température élevée, beau temps, vent moyen ; quelques nuages dérivaient paresseusement dans le ciel ... Ne faites rien ! Ne touchez à rien ! Laissez tout en l’état jusqu’à ce que la police arrive ! " ( il s’agit des premières phrases de "Roseanna", éditions 10/18, traduit de l’anglais par Michel Deutsch ).

    L’oeuvre de Qiu Xiaolong commence par un hommage à Maj Sjöwall et Per Wahlöö. Les circonstances de la découverte du corps de Roseanna ( voir ICI ) sont comparables à celles de la découverte du corps de l’héroïne rouge. Nous sommes à Shanghai, l’inspecteur principal Chen Cao, chef de la brigade des affaires spéciales, police criminelle de Shanghai, entre en scène. Il rencontrera autant de difficultés que son collègue suédois Martin Beck pour identifier la victime.

    Nous sommes en Chine et rien ne ressemble à la Suède. Nous sommes en Chine et Qiu Xiaolong est tout aussi critique envers le régime politique que l’ont été Maj Sjöwall et Per Wahlöö envers l’état providence suédois !

    Au début des années 1990 peu de temps après Tian’anmen en 1989, Deng Xiaoping a lancé de vastes réformes économiques, la Chine est en pleine mutation vers une économie de marché . Les anciens cadres supérieurs du Parti communiste ne sont pas tous convaincus ( même leurs enfants croient encore en une impunité et Chen l’apprendra à ses dépends ). L’inspecteur Chen doit rendre compte au secrétaire du Parti Li Guohua et au commissaire politique Zhang Zhiqiang qui ne sont pas toujours en phase. Les procédures d’enquêtes suivies par Chen sont décrites avec précision, depuis ce que l’administration peut apporter jusqu’aux exténuantes vérifications de routine. Et puis comme toujours dans un bon polar, il y a un indic, le "Vieux chasseur", atypique et efficace.

    L’inspecteur principal Chen Cao dirige une petite équipe de seulement cinq hommes avec parmi eux l’inspecteur Yu Guangming dont Chen est très proche. Il faut dire que l’épouse de Yu travaille dans la restauration et que Chen est un fin gastronome. La cuisine chinoise occupe une place de choix dans ce roman même si Chen débordé par son travail se retrouve parfois face à un frigo vide ... Enfant unique, Chen a pu étudier et apprendre l’anglais. Il traduit des romans policiers occidentaux et publie des poèmes. Il est attiré par la journaliste Wang mais son coeur est peut-être dans une bibliothèque de Pékin ...

    L’identification de la victime complique l’enquête, il s’agit d’une travailleuse modèle, membre du Parti. L’affaire 736 prend une tournure politique. Mais il en faut plus pour détourner Chen de la ligne qu’il s’est fixé, il veut découvrir la vie personnelle de la victime. Même si elle semblait se consacrer exclusivement à son travail et au Parti, elle menait sans doute une autre existence, privée et différente de sa vie publique.

    Shanghai est un personnage à part entière, en pleine mutation vers le modernisme, aussi bouleversé que les traditions chinoises. Le lecteur, dans les pas de Chen, est un observateur privilégié d’un quotidien aux multiples facettes. Aucune lenteur dans le récit, une tonalité nostalgique, un suspense habile, le charme opère. J’ai été transporté dans les rues de Shanghai ( mais aussi à Pékin et à Canton ) où se pressent piétons, bicyclettes et de plus en plus de voitures de luxe. J’ai savouré cette visite dépaysante et exotique. J’ai été impressionné par le calme de l’inspecteur Chen Cao mais aussi par sa ténacité et sa perspicacité.

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