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Piranhas - Roberto Saviano

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Résumé :

Naples, quartier de Forcella. Nicolas Fiorillo vient de donner une leçon à un jeune homme qui a osé liker des photos de sa copine sur les réseaux sociaux. Pour humilier son ennemi, Nicolas n’est pas venu seul, il s’est entouré de sa bande, sa paranza : ils ont entre dix et dix-huit ans, ils se déplacent à scooter, ils sont armés et fascinés par la criminalité et la violence. Leurs modèles sont les super-héros et les parrains de la camorra. Leurs valeurs, l’argent et le pouvoir. Ils ne craignent ni la prison ni la mort, mais une vie ordinaire comme celle de leurs parents. Justes et injustes, bons et mauvais, peu importe. La seule distinction qui vaille est celle qui différencie les forts et les faibles. Pas question de se tromper de côté : il faut fréquenter les bons endroits, se lancer dans le trafic de drogue, occuper les places laissées vacantes par les anciens mafieux et conquérir la ville, quel qu’en soit le prix à payer.

Vos #AvisPolar

  • Mes évasions livresques 17 octobre 2018
    Piranhas - Roberto Saviano

    Gallimard a sorti ce roman en littérature blanche dans sa collection du monde entier. Pourtant, la couleur de ce roman est noire indéniablement...

    Roberto Saviano, dix ans après avoir dénoncé sur la mafia dans Gomorra, revient avec une sorte de suite romancée. De son titre original, La parenza del bambini (la parenza est aussi bien un bateau de pêche qu’un groupe de personnes formant une famille loyale), le roman sort en France sous le titre Piranhas, ces petits poissons voraces attaquant en groupe.

    Malgré son quotidien chamboulé depuis la sortie de Gomorra et d’Extra Pure (le romancier est menacé de mort et vit sous protection depuis et ne se déplace pas sans garde du corps), Roberto Saviano nous livre, certes, une fiction, mais basée sur des faits réels : les bandes d’enfants formant des gangs, avides de pouvoir et de reconnaissance.

    En effet, dans Piranhas, nous suivons le périple de Nicolas et de sa parenza, formée d’enfants de dix à seize ans, qui profite que les anciens soient en prison pour prendre le contrôle du marché et former leur propre mafia.
    Un récit terrifiant... Voir ses enfants, à peine sorti de l’enfance, se prendre pour des adultes criminels, étant sans pitié, même entre eux.
    Des enfants qui veulent tout immédiatement, sans attendre, sans vision réelle de l’avenir car ils savent tous qu’ils peuvent mourir d’un jour à l’autre et le plus terrifiant est qu’ils n’ont pas peur de mourir... Ils vivent intensément chaque moment comme si c’était le dernier, s’impliquant dans des délits de plus en plus dangereux, peu importe le prix à payer tant que le délit rémunère...

    Un récit glaçant et bouleversant qui ne nous épargne rien... Les premières pages sont à la limite du voyeurisme mais avec la globalité du roman, on se dit que ce n’était que le début d’une morbide escalade...

    Les gangs d’enfants se généralisent malheureusement, même s’ils ne sont pas aussi organisés que dans ce roman, les faits divers regorgent de violences commises par des jeunes de plus en plus précoces.

    Un roman qui fait peur et qui nous informe à la fois. On peut crier au voyeurisme, je n’y ai vu, personnellement, que fiction et information.

    Une lecture dure et marquante, une belle incursion de Roberto Saviano dans la fiction, certes pas parfaite, mais instructive.

    Je le conseille à un public averti ;)

    « -Pour devenir un enfant j’ai mis dix ans. Pour te mettre une balle dans la tronche je mettrai pas plus d’une seconde. »

  • Les Lectures de Maud 10 janvier 2019
    Piranhas - Roberto Saviano

    C’est bouleversée que j’ai refermé ce livre. Voici un roman sur fond de Paranza (à la fois un bateau, mais aussi un groupe d’individus vivant en bande). Nous suivons l’histoire de plusieurs enfants-adolescents qui vont peu à peu devenir et souhaite devenir des mafieux. Jouer dans la cour des grands, devenir leur propre groupe, ne travailler pour personne ; voici l’objectif qu’ils se sont fixés à tout prix. On comprend également leur envies et besoins de vouloir tout, tout de suite, en effet la mort peut les faucher à chaque virage.
    Ces ados, menés par Nicolas, vont bafouer toutes les règles existantes dans le Système de Naples. Ils sont issus de familles de classe moyenne, vont à l’école, jouent à la console et pourtant ils aspirent à un autre avenir, un autre idéal. Pour cela ils vont s’unir, s’armer et braver tous les dangers pour régner sur les places et sur leur quartier, sur leur Ville. De braquage en extorsions, en passant par le deal de drogue, ils vont se faire un nom, leur paranza va se faire connaître. Elle prime sur l’individu, tous les membres agissent en leur nom et pour elle, c’est une véritable unité à elle seule. Mais quel avenir s’ouvre devant eux ?
    L’auteur, après avoir publié deux documentaires sur ce thème, signe ici un très vraisemblable premier roman. La plume et le rythme nous montre la rapidité avec laquelle les jeunes veulent évoluer rapidement et griller les étapes. Les nombreux dialogues et échanges entre eux, nous montrent leurs pensées et leurs envies et aspirations. Cette lecture est choquante de réalité, percutante de réalisme. Je lirai très probablement prochainement Gomorra et Extra pure. Malgré les différentes menaces qui pèsent sur l’auteur, il continue d’écrire et je salue également son courage.

  • Yannick Provost 25 juin 2019
    Piranhas - Roberto Saviano

    Piranhas est le premier tome d’un diptyque d’une descente dans les quartiers populaires de cette Italie du Sud.
    Naples, quartier de Forcella. Pas très loin du quartier espagnol. Les touristes aiment. C’est typique. Nicolas Fiorillo y vit. C’est un jeune adolescent blond. Il est le pur produit de son environnement. Naples a une histoire violente. Elle aurait pu clamer la Dolce Vita. Mais la pauvreté fait rage. Chacun y va de son petit boulot et de ses à-côtés. Cette ville perdue, où le désert industriel jouxte les bords de mer, où les blocs d’immeubles entassent une population étouffée, où les porches et les ruelles offrent un accueil aux nécessiteux, aux immigrés, cette ville est le territoire de Nicolas.
    A la tête de son baby-gang, sa bande, il en est le chef incontesté et incontestable. Il est Maharaja !
    Nicolas et sa bande sont l’archétype de ce fléau urbain, qui déboule en scooter et sillonne les rues. Ils ont entre dix et dix-neuf ans. Rejetant le modèle de leurs ainés, sauf celui de la mafia, ils sont armés et obsédés par la violence, persuadés que la criminalité est l’unique moyen de survivre, de vivre. Avec pour seules valeurs, l’argent et le pouvoir, ils vivent dans l’instant présent. Ils veulent tout, vite ! Quitte à tout prendre, un canon dans la main. C’est une « camorra 2.0 qui apprend à tirer à travers des tutos sur Youtube et se déchaine dans la vie comme sur les jeux vidéos. Demain n’a pas de sens. Seul compte le pouvoir immédiat.
    Nicolas est intelligent et manipulateur. Il porte en lui-même les caractéristiques des hommes qu’il vénère. Il veut sa propre parenza. Peu importe le prix à payer. Pour cette jeunesse, tout peut se prendre, même s’il faut à terroriser pour être respecté et reconnu. Il n’a qu’un modèle, un autre Nicolas, Machiavel.
    Ces mômes jouent à se faire peur. Ils y arrivent. D’autant plus que les personnages de Saviano, suintent le réel. En cela, Piranhas, porte des allures de tragédie. Le lecteur sait dès la première page que l’issue ne sera pas faite de bonheur. Rien n’est rose, ni fragile. C’est un livre qui correspond à son milieu. Dur. Agressif. Violent.
    Roberto Saviano avait dénoncé les agissements de la mafia. Là, il s’attache à ce nouveau phénomène que sont les baby-gangs. Une nouvelle version de la criminalité. Piranhas, est à l’image de ses protagonistes, sec, brut et rapide, comme l’ascension de ces gamins. Aucune emphase, une description cinématographique. Je longeais Naples en famille en le lisant. Malgré la chaleur extérieure, je n’ai pu éviter d’être tétanisé, glacé par, la vision de ces gamins qui avaient l’âge des miens et qui ont fait le choix d’une vie violente. C’est en observant les ruelles, le linge pendant aux fenêtres, en évitant les scooters qui slaloment entre les voitures, en regardant ces femmes qui sortent endimanchées des églises et des pères qui palabrent fort sur un coin de table en expresso, que je me suis aperçu de la jeunesse de la population napolitaine. Jeune, sans foi, ni loi. Cela n’a rendu ce 1er tome que plus captivant. Car, si cela reste un roman, comme souvent avec Saviano, la réalité n’est jamais bien loin.

  • Sonia Boulimique des Livres 11 octobre 2019
    Piranhas - Roberto Saviano

    « Piranhas », fiction se passant à Naples, est le premier tome d’un diptyque. Fictif, vous avez dit ? Pas si sûr que cela. Car même s’il est précisé au début de la lecture que c’est de la fiction, on a vraiment l’impression de lire une étude de terrain.

    Nous faisons la connaissance de Nicolas, 14 ans, qui va devenir le leader d’un baby gang, ces gangs mafieux d’adolescents avides de pouvoir et d’argent. Nicolas souhaite régner sur Naples et il va tout faire pour y arriver. Nous suivons son ascension, son « apprentissage ».

    Les « parrains » de la mafia tels que nous les connaissons sont en passe de devenir has been, car cette nouvelle génération est bien plus efficace, elle veut tout, tout de suite. Ils vivent à 200 à l’heure et n’ont pas peur de mourir jeunes, bien au contraire ! Et ils utilisent les réseaux et internet, comme tous les ados. Sauf qu’ils regardent youtube pour apprendre à se servir d’armes à feu, non pas pour regarder la vidéo de leur star préférée. C’est glaçant !

    Le pire dans tout ça, c’est que je me suis attachée à ces gamins. Ils ont choisis la mauvaise route, ont fait les mauvais choix. Mais ils restent des enfants. Sans avenir. Ils se détruisent petit à petit, ruinent leurs parents également. Ils sont tellement insouciants dans le fond, ils ont leurs propres valeurs et y croient dur comme fer.

    L’écriture est d’une redoutable efficacité, sans aucun filtre, soucieuse de nous relater l’impensable. Je me suis prise à imaginer mes enfants dans ce milieu, avec un fusil dans les mains, à vendre de la drogue et à se jouer de la vie. Et j’ai imaginé Nicolas et ses copains vivant normalement, jouant au foot après l’école et postant des photos de leurs vacances sur facebook. La limite est ténue. La qualité du terreau sur lequel pousse nos enfants est primordial. Car cela peut déraper très très vite…

    Ce livre m’a bouleversée. Il met le lecteur face à cette réalité de la vie que nous ignorions jusqu’alors. Je vais me laisser le temps de digérer tout cela avant de lire la suite. C’est impératif. Parce que c’est trop fort.

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