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La fleur de l’illusion - Keigo HIGASHINO

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Résumé :

Lino vient de perdre son cousin Naoto. Personne ne comprend pourquoi ce dernier a mis fin à ses jours : il ne montrait aucun signe de dépression et son groupe de musique était aux portes du succès. À l’occasion du drame, la jeune femme se rapproche de son grand-père. Elle découvre alors ses extraordinaires cultures de fleurs. Fascinée, elle lui propose de tenir un blog pour présenter son travail. Le grand-père accepte mais à une condition : ne rien poster sur une certaine fleur jaune qu’elle a vue chez lui. Quelques jours plus tard, Lino rend visite à son aïeul et retrouve son corps sans vie.

S’apercevant que le pot contenant l’énigmatique fleur jaune a disparu, elle décide de mettre en ligne une photo du cultivar. Rapidement, un certain Gamo Yosuke, qui se prétend botaniste, la contacte, lui conseille de supprimer la photo et de lui apporter la fleur. Chez lui, elle fait par hasard la connaissance de son jeune frère Sota, qui ne comprend pas pourquoi son aîné s’intéresse à cette fleur et s’est fait passer pour un botaniste alors qu’il travaille dans la police. Lino et Sota se mettent à enquêter ensemble pour découvrir ce qui se cache derrière cette mystérieuse fleur.

Minutieux orfèvre, Keigo Higashino a conçu sa Fleur de l’illusion comme un véritable origami policier. Le lecteur y admire tour à tour la fantastique complexité des innombrables plis, l’extrême raffinement de la forme et la trompeuse simplicité d’un art subtil.

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Vos #AvisPolar

  • LesRêveriesd’Isis 10 octobre 2020
    La fleur de l’illusion - Keigo HIGASHINO

    J’aime beaucoup les romans de Keigo Higashino, car je leur trouve une saveur très particulière. La Fleur de l’illusion faisait partie de ces romans que je gardais comme une poire pour la soif, pour ces moments de creux où je ne sais pas quoi lire.

    Lino vient de perdre son cousin Naoto, sans que personne ne comprenne pourquoi il s’est suicidé. Ce drame familial lui permet de se rapprocher de son grand-père et de sa passion pour les fleurs. Bientôt, son grand-père est victime d’une agression et une mystérieuse fleur a disparu. Alors, Lino fait ce qu’elle peut pour rendre hommage à son grand-père et pour aider à élucider les événements.

    Comme beaucoup de romans de cet auteur, le récit débute lentement. Le décor est planté, et c’est un décor résolument japonais. Nous y découvrons la fête des ipomées, le marché aux fleurs, des petites traditions familiales qui rythment la vie de Sota Gamo. Nous faisons connaissance avec Lino aussi, avant que le pire n’arrive. Il y a là une manière tout à fait singulière de débuter un récit. Et les événements tragiques sont racontés avec une pudeur non feinte, tout en retenue et sans effusion de violence. L’apparente douceur du texte n’est pourtant qu’une façade car la brutalité des faits est bien là : le suicide de Naoto ravage famille et amis, l’agression du grand-père secoue irrémédiablement Lino, d’autant que ce méfait paraît gratuit. Rien ne semble expliquer cette violence. Et bientôt, l’enquête de la police s’embourbe, la cellule d’investigation se lasse et oriente le travail d’enquête dans une impasse.

    C’est à ce moment-là que l’empreinte forte du roman joue. La question de l’honneur revient en force et re-dynamise le récit car pour l’un des policiers de la ville, élucider cette affaire est primordial : ce vieux monsieur a été un témoin essentiel pour sortir son fils d’une situation honteuse. Il fera donc tout son possible pour trouver la clef de cette énigme quand ses collègues sont prêts à enterrer une affaire qu’ils trouvent – à tort- banalement triviale.

    La progression du récit est assez étonnante car finalement, de page en page, nous n’avançons pas beaucoup. Mais cette dimension statique n’est qu’un leurre. Des éléments nouveaux apparaissent, Lino trouve de l’aide auprès de Sota Gamo, l’arrivée de certains personnages comme Yosuké Gamo rendent la nébuleuse plus dense encore, mais en toute objectivité, l’enquête s’éparpille et nous sommes bien en mal de relier les découvertes de nos jeunes gens à l’affaire initiale. Et pourtant, une fois que nous sommes venus à bout de cette inextricable pelote, nous comprenons à quel point leurs errances, leurs tâtonnements, leurs découvertes et les secrets mis au jour sont en réalité primordiaux. Ces jeunes gens ont brillamment réussi à dévoiler les causes des deux drames, et au passage, ils en ont appris davantage sur eux-mêmes et sur leurs proches. Ce récit a donc – sous couvert d’une petite enquête- une densité folle. Et, loin des effusions de sang et des grands renforts de détails sordides, nous découvrons un roman policier tout en finesse, toute en beauté aussi, fort de tradition, fort d’humanité. Le fin mot de cette histoire est à la fois banal et puissant, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Il donne un relief très singulier à l’œuvre. J’ai beaucoup aimé l’épilogue, finalement des drames survenus, chaque protagoniste fera une force. Ils savent désormais qui ils sont, d’où ils viennent, et ils peuvent mieux appréhender leur futur. Les liens familiaux sont resserrés, la froideur apparente des uns trouve une justification, et, dans un fugace sourire, la complicité entre les vivants et les morts se renoue, pour porter nos vivants vers de nouvelles aventures et pour leur redonner le souffle qui leur manquait.

    Ainsi, La Fleur de l’illusion est un très beau roman policier, fin, délicat, d’une finesse terrible si le lecteur accepte de passer outre l’apparence statique et nébuleuse de l’affaire. Il ne faut pas se fier à l’apparence insoluble, chaque erreur des enquêteurs a sa cause, chaque détail aussi et c’est ce qui fait toute la belle complexité de l’œuvre. Avec la précision d’un orfèvre, Keigo Higashino façonne une très belle pièce, une fois de plus.

  • LesRêveriesd’Isis 10 octobre 2020
    La fleur de l’illusion - Keigo HIGASHINO

    J’aime beaucoup les romans de Keigo Higashino, car je leur trouve une saveur très particulière. La Fleur de l’illusion faisait partie de ces romans que je gardais comme une poire pour la soif, pour ces moments de creux où je ne sais pas quoi lire.

    Lino vient de perdre son cousin Naoto, sans que personne ne comprenne pourquoi il s’est suicidé. Ce drame familial lui permet de se rapprocher de son grand-père et de sa passion pour les fleurs. Bientôt, son grand-père est victime d’une agression et une mystérieuse fleur a disparu. Alors, Lino fait ce qu’elle peut pour rendre hommage à son grand-père et pour aider à élucider les événements.

    Comme beaucoup de romans de cet auteur, le récit débute lentement. Le décor est planté, et c’est un décor résolument japonais. Nous y découvrons la fête des ipomées, le marché aux fleurs, des petites traditions familiales qui rythment la vie de Sota Gamo. Nous faisons connaissance avec Lino aussi, avant que le pire n’arrive. Il y a là une manière tout à fait singulière de débuter un récit. Et les événements tragiques sont racontés avec une pudeur non feinte, tout en retenue et sans effusion de violence. L’apparente douceur du texte n’est pourtant qu’une façade car la brutalité des faits est bien là : le suicide de Naoto ravage famille et amis, l’agression du grand-père secoue irrémédiablement Lino, d’autant que ce méfait paraît gratuit. Rien ne semble expliquer cette violence. Et bientôt, l’enquête de la police s’embourbe, la cellule d’investigation se lasse et oriente le travail d’enquête dans une impasse.

    C’est à ce moment-là que l’empreinte forte du roman joue. La question de l’honneur revient en force et redynamise le récit car pour l’un des policiers de la ville, élucider cette affaire est primordial : ce vieux monsieur a été un témoin essentiel pour sortir son fils d’une situation honteuse. Il fera donc tout son possible pour trouver la clef de cette énigme quand ses collègues sont prêts à enterrer une affaire qu’ils trouvent – à tort- banalement triviale.

    La progression du récit est assez étonnante car finalement, de page en page, nous n’avançons pas beaucoup. Mais cette dimension statique n’est qu’un leurre. Des éléments nouveaux apparaissent, Lino trouve de l’aide auprès de Sota Gamo, l’arrivée de certains personnages comme Yosuké Gamo rendent la nébuleuse plus dense encore, mais en toute objectivité, l’enquête s’éparpille et nous sommes bien en mal de relier les découvertes de nos jeunes gens à l’affaire initiale. Et pourtant, une fois que nous sommes venus à bout de cette inextricable pelote, nous comprenons à quel point leurs errances, leurs tâtonnements, leurs découvertes et les secrets mis au jour sont en réalité primordiaux. Ces jeunes gens ont brillamment réussi à dévoiler les causes des deux drames, et au passage, ils en ont appris davantage sur eux-mêmes et sur leurs proches. Ce récit a donc – sous couvert d’une petite enquête- une densité folle. Et, loin des effusions de sang et des grands renforts de détails sordides, nous découvrons un roman policier tout en finesse, toute en beauté aussi, fort de tradition, fort d’humanité. Le fin mot de cette histoire est à la fois banal et puissant, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Il donne un relief très singulier à l’œuvre. J’ai beaucoup aimé l’épilogue, finalement des drames survenus, chaque protagoniste fera une force. Ils savent désormais qui ils sont, d’où ils viennent, et ils peuvent mieux appréhender leur futur. Les liens familiaux sont resserrés, la froideur apparente des uns trouve une justification, et, dans un fugace sourire, la complicité entre les vivants et les morts se renoue, pour porter nos vivants vers de nouvelles aventures et pour leur redonner le souffle qui leur manquait.

    Ainsi, La Fleur de l’illusion est un très beau roman policier, fin, délicat, d’une finesse terrible si le lecteur accepte de passer outre l’apparence statique et nébuleuse de l’affaire. Il ne faut pas se fier à l’apparence insoluble, chaque erreur des enquêteurs a sa cause, chaque détail aussi et c’est ce qui fait toute la belle complexité de l’œuvre. Avec la précision d’un orfèvre, Keigo Higashino façonne une très belle pièce, une fois de plus.

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