Vices - Gipsy Paladini

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Résumé :

" Fais tout de même attention. C’est quand on baisse la garde que les chiens attaquent. "
Le temps où Marie se rêvait en justicière insoumise appartient au passé. Arrachée à sa campagne natale, condamnée aux artères viciées de la ville qui accueille la Brigade des jeunes victimes, où elle officie en tant que lieutenant, la jeune provinciale avale des couleuvres. Car sur le terrain, la justice est un concept. Suicides, harcèlements, disparitions, viols... Et comme si la cruauté du monde ne suffisait pas, Marie doit au plus vite se faire une place au sein d’une équipe de flics à vif.
Qui est l’homme dont Zolan crie le nom chaque nuit ? D’où vient cette fureur qui dévore Sophie ? Pourquoi, chaque premier jeudi du mois, le commandant reçoit-il toujours la même carte postale ? Voilà autant de secrets dissous dans les ténèbres urbaines au fond desquelles Marie espère enterrer le sien...

Vos avis

  • Leroy Delphine 4 septembre 2018
    Vices - Gipsy Paladini

    Tout d’abord, je fus surprise de voir que le roman n’était pas une histoire à part entière mais un début de série. Dans ce livre, nous avons deux enquêtes de la BJV (Brigade des Jeunes Victimes) dans une métropole inconnue.
    Deux enquêtes très sombres, glauques par moment, mais efficaces.

    Je ne vous parlerai pas de la substance de ces deux enquêtes, je vous laisse le soin de les découvrir, histoire de ne pas manquer le côté percutant des intrigues mais aussi de la plume de Gipsy Paladini.

    Les membres de la BJV sont des écorchés vifs pour la plupart... soit par la vie, soit par leur profession. Ils sont confrontés à des enquêtes très dures mêlant des enfants, souvent, privés de leur innocence, bien trop tôt dans des quartiers à risques...

    J’ai aimé la fluidité des enquêtes qui se suivent comme une série télé, les personnages forts, les enquêtes percutantes et glaçantes. La playlist est démente, je me suis fait plaisir à écouter les morceaux pendant ma lecture pour une immersion totale. J’ai dévoré le livre en moins d’une journée, autant vous dire que la plume de l’auteure est addictive...

    J’ai un petit bémol quand même mais qui devrait se régler dès que la suite sortira... J’ai eu l’impression de débarquer dans une série déjà commencée... Bon, je me suis dit que Marie, le personnage principal, débarquait dans la brigade et que c’était normal... Mais beaucoup de zones d’ombres sur elle aussi donc on ne peut pas vraiment lire le livre de son point de vue non plus... Certains éléments arrivent par bribes et s’imbriquent dans le puzzle final... Les questions du résumé ne trouvent qu’en partie leurs réponses dans ce livre et la fin laisse augurer une suite mais frustration quand tu nous tiens ...^^

    Une très bonne lecture au niveau des enquêtes : rien à redire, c’est glaçant à souhait mais un flou au niveau des personnages qui perdure à la fin de la lecture et qui provoque, pour ma part, une frustration. Vivement la suite en tout cas car il ne faut pas me laisser comme ça, hein...^^

  • Sangpages 25 septembre 2018
    Vices - Gipsy Paladini

    Un livre qui se décline en deux parties. Deux histoires pour la même brigade. La BJV, Brigade des jeunes victimes. Une équipe avec ses histoires, ses alliés et ses presque ennemis. Ceux dont il faut se méfier.
    Un petit air de "Polisse" de Maïwenn. Un grand air de Paladini !
    J’avais déjà été happée par les précédents écrits de Gipsy : Sang pour sang et J’entends le bruit des ailes qui tombent mais alors là...Putain le truc ! (Me voilà à nouveau dans les gros mots mais parfois ça ne peut pas se dire autrement !)
    Vices c’est deux histoires aussi terrible, aussi dramatique l’une que l’autre : Trois petits singes et Zabulu.
    Vices c’est des personnages fabuleusement travaillés. Attachants et excellents : Marie, petite jeunette qui débarque de sa campagne, fan d’Eastwood. Zolan le ténébreux au grand cœur. Bia, fan de pop culture asiatique, experte en informatique. Amir, pour qui tout est bon à faire la fête. Marcus et Sophie la jalouse maladive.
    Chaque personnage poursuit ses propres démons et tente d’évoluer et de les chasser. Ils cheminent chacun à leur manière sur les voies de la vérité.
    Une première histoire, une première affaire pour Marie : la pendaison d’Amélie. Une histoire qui pourrait être celle de n’importe qui. La vôtre...
    La cruauté à l’état brut cachée sous une pseudo jeunesse qui n’est pas supposée comprendre. Une jeunesse déchue par les réseaux sociaux.
    J’ai trouvé là plus de haine, plus de violence dans ce récit presque quotidien, devenu presque banal que dans certains récits de tueur en série... Certaines scènes m’ont bouleversée et m’ont clairement foutu les frissons.
    Laissée pantelante comme après une grosse soirée, un matin d’hier après cette première histoire. Ce n’était pourtant que le début...
    On part pour une deuxième affaire : Djibril, 16 ans a disparu, une femme africaine est brûlée vive après avoir été rouée de coups.
    On plonge cette fois-ci dans les cités avec tout ce qu’elles peuvent apporter. La misère au quotidien dans toute sa splendeur ne générant pas grand choses d’autres que le vice sous toutes ses formes. Un univers à part, un autre monde...quoique...vos voisins, les gens juste là-bas...Le tout baigné par les croyances africaines, leurs rituels et leurs habitudes.
    Aucun temps mort. Magistral de bout en bout. Des émotions, des sentiments à la pelle...non au tractopelle. Un livre d’une réalité crue et sans faux semblant.
    La violence, Gipsy la décrit avec un réalisme puissant qui vous laissera sur le carreau !
    Et sa plume ? Que vous dire de sa plume ?
    Une poétesse du noir. Le noir foncé, le noir obscure...pas le noir clair !
    Acérée, piquante, à vous transpercer les mirettes...
    Allez je vous avoue mais chut ne le dites pas plus loin...C’est la deuxième fois après celui de Norek que j’ai lu un livre avec la boule dans la gorge et les larmes au bord des yeux. Faut que ça cesse !
    Bon, c’est pas tout ! Alors ? A quand la suite de la brigade des jeunes victimes ?

  • universpolars 24 novembre 2018
    Vices - Gipsy Paladini

    Gipsy Paladini nous sert ici un concept original et audacieux : nous aurons entre les mains l’équivalent de deux séries, donc deux histoires bien glauques et noires. Deux épisodes - oui comme à la TV ! -, avec des personnages « forts » et bien présents - dans ma tête pour encore longtemps.

    Les histoires sont indépendantes, mais les mêmes personnages vivent à plein régime du début jusqu’à la fin...

    L’intro, classique, fait froid dans le dos. Dès les premières pages, le lecteur saura déjà qu’il va être confronté aux fissures qui apparaissent à force de s’acharner sur l’innocence.

    En parlant d’innocence, nous allons rencontrer Marie. Pas qu’elle soit innocente, non, peut-être insouciante, mais elle œuvre au sein de la Brigade des Jeunes Victimes (BJV) qui traite de la violence liée aux enfants ou jeunes adultes. La violence dans tous ses états.

    Marie est chimérique, une idéaliste qui rêve de justice. Mais la réalité lui permettra-t-elle d’assouvir son besoin de protéger les plus faibles ? La jeune lieutenante va en avoir le cœur net en débarquant dans cette brigade et en étant confrontée, peut-être, par la même occasion, aux joies de la désillusion.

    Ce personnage est épatant : fragile et fort à la fois. Un rapace dans un corps de moineau qui chante comme un corbeau. Lorsqu’elle s’adresse à vous, le sol se rapproche tellement vite que vous finissez le cul parterre sans avoir eu le temps d’ouvrir la bouche. La pertinence de ses mots est deux fois plus efficace qu’un haussement de voix.

    Mais son côté fragile, additionné à son inexpérience, remontera parfois à la surface. Normal, c’est assez humain !

    L’auteur nous emmènera au sein de cette brigade aux affaires sensibles, difficiles, qui ne font de loin pas la « Une » des journaux. Peut-être juste la place à de malheureux faits divers. Et pourtant... Comme le dit si bien « Tala », le chef de cette unité, il faut traiter le problème à la base. Et la base c’est quoi ? C’est le ou la jeune qu’on peut encore éventuellement récupérer.

    La perte d’innocence peut se déclencher chez une personne qui deviendra alors une victime, mais c’est également valable pour un agresseur, ce phénomène pouvant également amener une personne à une puissante agressivité.

    Finalement, je crois qu’on peut prétendre qu’une victime peut être un bourreau, et un bourreau une victime. Tout est relatif, tout est bien compliqué.

    La première affaire qui nous occupera permettra effectivement aux flics de la brigade de « récupérer une jeune fille à la base » : une gamine de 15 ans est retrouvée pendue dans sa chambre.

    Mises à l’écart, chantages, moqueries, humiliations publiques, harcèlements, on ne peut pas mieux trouver comme activités pour aboutir à un suicide. Gipsy Paladini appuie là où ça fait vraiment très mal et brise tous les garde-fous pour nous parler, sans détour, de la souffrance qui peut s’engouffrer au plus profond d’un être fragile et sans défense. Les jeunes face aux jeunes : une confrontation disproportionnée, injuste, inhumaine, immorale, dont les règles sont inexistantes.

    Ce premier dénouement - vous aurez la chance d’en avoir deux - est dramatique, d’une grande tristesse, car la violence est pure et malsaine. Une violence un peu particulière, qui vient du plus profond d’une âme dévastée.

    Ce récit est sombre, nerveux. Les personnages sont atypiques, également nerveux. L’ambiance est plombante, lourde - lourde de sens ? - mais paradoxalement elle est aussi d’une incroyable vivacité.

    L’auteure, par ses personnages dotés d’une forte personnalité, énergiques, nous sert des interactions et des échanges d’une magnifique subtilité. Bien des personnes dans cette histoire seront « cassées » par la franchise et le franc-parler ! Ça fait du bien, croyez-moi.

    À contrario, nous nous rendons compte que nous avons aussi à faire à des personnages qui ont un vécu - évidemment ! -, un passé qui fait parfois encore souffrir, qui les empêche de s’épanouir, des antécédents qui les rattrapent et qui les frappent dans les jambes pour les déstabiliser, voire les déséquilibrer. Des personnages comme la lieutenante Marie Lafontaine ou son coéquipier Zolan. Mais encore peut-être d’autres.

    Dans le second épisode, nous allons changer de registre, toujours avec les mêmes personnages que nous connaissons à présent bien, les présentations ayant été faites en bonne et due forme. Quoi que...

    C’est dans une cité déglinguée, occupée majoritairement par des ressortissants arabes ou africains, que nous allons trouver une autre sorte de violence. Tournantes dans les caves, corps carbonisé dans un appartement : la vie de cité est loin de ressembler à un long fleuve tranquille. L’auteur nous plongera dans cette ambiance de zone de non droit, ou plutôt dans laquelle on se donne tous les droits, d’une manière assez brutale.

    L’Afrique sera au centre de cette violence. Gipsy Paladini pointe cette fois sa plume vers la violence liée au manque d’éducation, aux croyances ancestrales ou à la peur, pour nous écrire, ou plutôt décrire le résultat plus qu’alarmant que peuvent engendrer ces aspects qui nous paraissent totalement inimaginables.

    Mis à part cette nouvelle enquête en terrain miné, nous allons faire de plus amples connaissances avec les personnages que nous côtoyons depuis le début. C’est à ce niveau-là que l’auteur me tiendra fermement en haleine.

    Et comme toute bonne série, ce livre se termine sur une continuité... Les personnages ont encore mille choses à nous dévoiler, mais encore faut-il gagner leur confiance absolue ! Oui, car ce que nous devons encore découvrir, ce sont les causes des profondes entailles qui défigurent chaque personnage.

    Je vous invite également à écouter la bande son que nous propose l’auteure au début et la fin de chaque série. C’est prenant, puissant et absorbant.

    Bonne lecture et bonne écoute.

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