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L’interrogatoire de Catherine Dufour

Bepolar : Qu’est-ce qui t’a donné envie d’écrire ce livre ? Et d’écrire un polar ?
Catherine Dufour : J’ai été contactée par Gwenaëlle, une éditrice du Seuil, qui m’a demandé d’écrire un opus pour sa collection polar. Je travaille beaucoup en opposition d’ambiance. Il m’a toujours semblé que mettre en présence deux ambiances très distinctes, par exemple un jardin japonais et un port industriel, génère par simple friction une ou des histoires. Là, j’ai opposé les angoisses de l’esprit (une maison hantée) et les angoisses très concrètes du chômage. Ou pour faire plus simple : quand on est au chômage, vouée à dormir dans la rue, et qu’on trouve un manoir hanté pour poser son sac, comment faire pour tuer les spectres qui encombrent les couloirs ?

Bepolar : Comment pourrais-tu nous présenter Claude, qui semble en totale perdition quand lui arrive une offre assez étonnante, mais aussi figure déterminée à s’en sortir ?
Catherine Dufour : Claude est un personnage fétiche. Je l’ai déjà mise en scène dans « L’immaculée conception » (in L’arithmétique terrible de la misère, recueil publié au Bélial) et dans « Des millénaires de silence nous attendent » (in le dernier numéro de Bifrost, la revue de SF du Bélial). Claude, c’est l’anti-instagrammeuse, une femme qui ne comprend pas que la société attend une mise ne scène de soi comme d’un produit. Forcément, la société le lui fait payer en la rayant des cadres. Il va donc falloir qu’elle se débrouille seule.

Catherine Dufour photo par Lionel Allorge

Bepolar : Le livre parle de la disparition entière d’une famille, ce qui fait écho à certains faits-divers terribles. Y’a-t-il un faits divers qui t’a marqué et servit de point de départ pour cette histoire ?
Catherine Dufour : Ce qui m’a marqué, c’est « The haunting of hill house », le roman de Shirley Jackson, qui a donné, entre autres, une série récente sur Netflix. D’ailleurs, la maison hantée de mon roman s’appelle « Le logement de tante Colline », en anglais « The housing of aunt Hill. »

Bepolar : C’est aussi ce roman une forme de chronique sociale, sur le chômage, la misère économique mais aussi affective. C’est ce que tu voulais faire avec ce livre où ces thématiques se sont imposées petit à petit ?
Catherine Dufour : C’est exactement ce que je voulais faire : mettre aux prises une femme intelligente avec des angoisses psychiques. Car, nous sommes d’accord : les personnages de films et de livres d’horreur sont stupides. Ils assistent à des phénomènes paranormaux carrément inquiétants et n’ont pas le réflexe, pourtant évident, de jeter leur valise dans une voiture et de partir au plus vite. J’ai mis en présence d’un esprit malfaisant une femme qui n’a pas la ressource de fuir. Mais elle va étudier cet esprit, et apprendre à le battre.

Bepolar : Il y a plein de clins d’oeils à des films de genre. Quels sont ceux que tu voulais évoquer ?
Catherine Dufour : Oh, j’en ai mis beaucoup, et j’en ai enlevé la moitié, pour ne alourdir le propos. Il y a bien sûr « La maison des damnés », un chef d’oeuvre, et d’autres plus pesants, comme « Poltergeist » ou « Amytiville », qui ont marqué leur temps mais se revoient assez mal.

Bepolar : Tu es une habituée notamment des littératures de l’imaginaire. Est-ce que c’est le même processus de création et d’écriture que pour un polar, même fantastique ?
Catherine Dufour : J’imagine que l’ambiance diffère. La science-fiction sent l’huile de rouage et le cerveau chaud, là où le polar sent la brume et le whisky. Sinon, j’écris toujours avec les mêmes doigts.

Bepolar : Sur quoi travailles tu ? Quels sont tes projets ?
Catherine Dufour : J’avance lentement sur un livre de science-fiction contemplatif...

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