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Ces orages-là - Sandrine Collette

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Résumé :

Clémence a trente ans lorsque, mue par l’énergie du désespoir, elle parvient à s’extraire d’une relation toxique. Trois ans pendant lesquels elle a couru après l’amour vrai, trois ans pendant lesquels elle n’a cessé de s’éteindre.
Aujourd’hui, elle vit recluse, sans amis, sans famille, sans travail, dans une petite maison fissurée dont le jardin s’apparente à une jungle.
Comment faire pour ne pas tomber et résister minute après minute à la tentation de faire marche arrière ?

Sandrine Collette nous offre un roman viscéral sur l’obsession, servi par l’écriture brute et tendue qui la distingue.

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Vos #AvisPolar

  • Ju lit les Mots 12 juillet 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Au début, j’ai été assez déstabilisée par la voix de la narratrice, Marie Bouvet, que je trouvais monocorde, basse et finalement sa voix et le ton utilisé sont, bien contraire, raccord à l’intrigue. Elle arrive à donner vie au personnage, à faire éclore ses sentiments pour que l’on s’imprègne du livre.

    Sandrine Colette, use de la thématique de la violence subie par les femmes, mais en la prenant à contresens, puisqu’elle le fait par le biais de la reconstruction. J’ai d’ailleurs trouvé cela très intéressant, car il ne suffit pas de fuir ces relations toxiques, pour que tout rentre dans l’ordre. Il faut souvent des mois, des années, pour s’extraire de la peur, du manque de confiance et commencer à se reconstruire.

    La plume de l’auteure est concise et incisive et ne s’embarrasse pas de longues descriptions, ce qui rend le sujet encore plus réel, palpable. Le phrasé court, aurait pu entraîner une cassure dans la fluidité du récit, or, il n’en est rien, cela donne au contraire un certain dynamisme, une tonalité où l’angoisse et les interrogations du personnage prennent une dimension où la redondance, parfois, met le doigt sur la peur viscérale qui continue à la poursuivre malgré sa fuite. Clémence a quitté Thomas, elle s’est échappé des griffes d’un manipulateur, pervers, mais elle continue de le voir, de le sentir. Elle sent qu’il l’épie, elle sait qu’il va la retrouver… L’obsession est aussi destructrice que la relation toxique. Entre la plume de Sandrine Colette et la voix de Marie Bouvet, cette tension est palpable et donne toute sa dimension à cette histoire.

    On pourrait parfois penser que Clémence ressasse sa douleur, sa peur, mais il faut avoir à l’esprit que sortir d’une relation toxique ne se fait pas du jour au lendemain, que c’est une reconstruction et je dirais même une nouvelle construction. Ce genre de relation toxique, détruit tout ce qui fait que l’on est, pour devenir une autre personne.

    Suis-je sortie de cette expérience convaincue ? J’ai toujours hésité à me lancer dans ce format, mais ayant mille choses à faire, je me suis dit que c’était un bon moyen pour continuer à « lire ». J’ai apprécié l’écoute de ce livre, et c’est la narration qui lui donne tout son sel. En revanche, impossible de faire autre chose, et cette sensation de passivité, m’a vraiment dérangé.

    Pour se faire un réel avis, il faut que j’en écoute d’autres. J’en ai d’ailleurs deux autres en attente, dans des genres totalement différents. Certains genres doivent se prêter plus volontiers à l’audio, je ne sais pas. Mais je vous en parlerais.

  • jeanmid 19 juin 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Même si ce nouvel opus de Sandrine Collette m’a moins ému que son précédent je n’ai pas pour autant boudé mon plaisir de retrouver cette prose qui n’appartient qu’à elle . Cette écriture et cette grammaire si singulière qui décortique l’âme torturée de ses personnages .
    L’évolution de son style me fait un peu penser à Franck Bouysse , qui est passé de la littérature noire à la blanche sans jamais se dévoyer ni renier ses origines .

    Ce récit c’est celui de Clémence , une jeune femme de trente ans . Clémence a toujours été « transparente « aux yeux de ses semblables . Manque de personnalité , une apparence quelconque , Clémence est comme une présence diffuse , que l’on voit passer mais qu’on oublie vite . Cette condition l’a rendu invisible auprès des garçons de son âge avant qu’elle rencontre un beau jour , Thomas . Thomas , son prince charmant , devenu …son bourreau . Thomas qui a façonné Clémence en fonction de ses bons plaisirs , qui l’a peu à peu soumise à ses vils caprices . Comme ces jeux en forêt . Un jeu de cache-cache pour adultes mais garde à la perdante !

    Mais Clémence a pu s’échapper des griffes de son prédateur . Un nouveau travail dans cette boulangerie . Une nouvelle ville , Un nouveau lieu de vie : une petite maison en location . Une construction biscornue mais doté d’un jardin . Enfin , quelques mètres carrés de verdure avec , dans le fonds , un petit bassin dans lequel s’égaillent des poissons rouges . Quatre et demi exactement , car le dernier est a moitié mangé : des nageoires difformes et des écailles manquantes . Qu’importe , un poisson qui existe bel et bien comme Clémence . Elle aussi bien amochée , meurtrie à l’intérieur comme à l’extérieur . Et cette douleur revient la hanter en permanence , comme si Thomas était encore là …à la faire souffrir , à l’humilier , à la rabaisser . Ces pensées s’accrochent à son être comme si elle était finalement …en manque de lui , malgré tout ce qu’il lui a fait subir ..
    Mais au-delà de son jardinet , derrière ces quelques arbustes qui la cache , qui la protège des moindres regards , une main secourable , compréhensive , n’attend peut être que de la rencontrer.

    Sandrine Collette nous fait pénétrer dans l’intimité psychologique de son héroïne .
    Et pas n’importe laquelle : une femme , comme il en existe tant ( trop ) qui survit au jour le jour à l’emprise morale et physique de son conjoint . L’auteure nous fait (re) vivre les expériences douloureuses de Clémence avec ses mots choisis , avec la force de la répétition , avec un agencement stylistique qui entrainent le lecteur dans l’abime sentimental vécu par Clémence . Car le coeur et la raison sont des affaires complexes, souvent contradictoires , qui ne laissent aucune place à la simplicité . On subit .On s’enfuit . On se souvient . Mais parfois la solitude peut laisser place à l’ envie que ça recommence .Comme un Syndrome de Stockholm joué à satiété .
    La mécanique du scénario , parfaitement construite, nous embarque peu à peu vers un subtil croisement des possibles , où rien ne semble définitif..mais pour ceux qui connaissent les antécédents de l’écrivaine , le dénouement ne pourra qu’être surprenant .

  • Bagus35 16 juin 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Clémence a réussi à s’enfuir de l’emprise de Thomas ,une personne toxique qui a fait d’elle son objet. Elle l’a quitté ,a déménagé et changé de travail en espérant ne plus jamais le croiser. Seulement elle se sent encore faible et prête à retomber dans la toile qu’il a tissé en l’isolant de ses proches et en l’avilissant .Sera-t-elle assez forte pour s’en sortir ?
    Il faudra lire ce bon thriller psychologique jusqu’à la dernière ligne pour le découvrir.

  • DesLivresEtMoi7 5 juin 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Cette fois-ci l’autrice explore l’intime, avec ses combats – de ceux qu’on gagne à grand-peine – et ses blessures – de celles qui guérissent difficilement… Quand elles guérissent. Bienvenue dans la nouvelle vie – ou survie – de Clémence, celle qu’elle essaie de construire sur les ruines de la précédente.
    Et tandis qu’on pénètre avec elle dans cette petite bâtisse décrépite dans laquelle elle s’est installée – ou réfugiée -, on découvre et partage les motifs qui l’ont amenée ici jusqu’à la moindre parcelle de son douloureux cheminement de pensée… Et c’est alors un véritable déferlement d’émotions qui s’abat sur nous.
    Parce que la plume de l’autrice – aussi sublime qu’elle est unique – ne nous épargne rien des maux de notre héroïne. De ces maux sur lesquels seule une autrice comme Sandrine Collette parvient à poser des mots d’une effroyable justesse. Des mots qui font dès lors aussi mal que les maux qu’ils suggèrent plus qu’ils ne décrivent.
    Alors on encaisse et on lit, on lit jusqu’à n’en plus pouvoir, on lit avec les larmes aux yeux, les bleus à lame et l’énergie du désespoir. Pour Clémence. Parce qu’il le faut. Pour contrer son bourreau. Alors on lit. Et vous lirez aussi. C’est écrit.

    (Chronique complète : https://deslivresetmoi7.fr/2021/01/chroniques-2021-ces-orages-la-de.html)

  • Killing79 3 juin 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Depuis quelques années, je pensais essayer les livres audio. J’étais un peu réticent, ne sachant pas comment je ressentirais le roman sous cette forme. Mais comme j’avais déjà lu deux livres de Sandrine Collette, je me suis dit qu’elle était le parfait cobaye pour tenter cette aventure.

    L’autrice s’attaque comme d’habitude à un thème très fort. Elle parle d’une femme martyrisée par son mari. Seulement, elle choisit un angle original en décidant de nous raconter l’après. Cette femme a réussi à partir des griffes de son agresseur et on découvre la suite des évènements.

    La grande sensibilité de l’écrivaine réussit encore son effet grâce à une plume simple, sans effet de style. Elle sait aller au cœur des sentiments de son héroïne et le lecteur ressent ses émotions. Le récit est asphyxiant de par les souffrances intérieures qu’il développe.

    Seulement trop de malheur tue le malheur ! J’imagine très bien le calvaire de Clémence, mais sa tendance à tout voir en noir et à se plaindre m’a un peu exaspéré. L’histoire tourne un peu en rond autour de sa personne, et j’ai eu l’impression qu’elle ressassait sa douleur. Elle est toujours négative malgré les gens qui veulent l’aider. Elle ne voit pas de porte de sortie à son drame et à la longue, son désespoir devient communicatif.

    Je suis convaincu par ma première expérience audio. La voix et le ton de Marie Bouvet sont en parfaite adéquation avec le propos du texte. Elle a un véritable talent pour incarner les sentiments du personnage principal. Le roman de Sandrine Collette, quant à lui, me laisse plus dubitatif. Je suis persuadé que ce roman doit être lu pour comprendre les souffrances de ces femmes mortifiées, mais son atmosphère plaintive et répétitive m’a un peu lassé. Je vous laisse donc vous faire votre propre opinion !

    https://leslivresdek79.wordpress.com/2021/06/03/661-sandrine-collette-ces-orages-la/

  • Alexandra Thiry 12 mai 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Avis assez mitigé sur ce roman. L’histoire de départ me plaisait bien, le style d’écriture également mais la magie n’a pas opérée. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette héroïne. L’histoire est bouleversante mais je ne suis jamais entrée dedans. J’ai malheureusement uniquement survolé. Dommage. Ce fût un rendez vous manqué avec l’auteur mais je lirai peut-être un autre de ses romans.

  • stokely 8 mai 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    ****Livre audio/ Audiolib***

    Second livre audio pur ma part et c’est vraiment un format qui me plait car il permet de faire autre chose tout en écoutant un récit et ce type de récit permet vraiment de s’immerger complétement dans une histoire.

    Dès le début ici nous nous retrouvons dans une chasse à l’homme ou nous faisons la connaissance de Clémence qui fuit quelqu’un la nuit la narratrice Marie Bouvet évoque très bien la peur avec sa lecture et la tension constante qu’il y a dans ce récit, nous sommes constamment dans la tête de Clémence qui nous raconte son histoire même si d’autres personnages sont évoqués.

    Dans ce livres audios il y a également souvent lors de passage de chapitres quelques notes de piano qui nous avertissent du changement.

    Concernant l’histoire nous sommes donc avec Clémence qui semble fuir quelqu’un en s’éloignant de sa vie précédente en louant une vieille maison et en changeant de lieu de travail, elle semble avoir tout plaquer du jour au lendemain et vivre la peur au ventre

    Au fil du récit nous allons donc en apprendre plus sur sa vie passé même si l’on se doute assez rapidement de son vécu, on s’attache forcément à ce personnage on ne peux pas rester indifférent à sa vie.

  • Aude Lagandré 12 janvier 2021
    Ces orages-là - Sandrine Collette

    Sandrine Collette est certainement l’auteur qui, par la force de son écriture, me fait ressentir le plus d’émotions, souvent contradictoires, puisqu’elle n’évolue pas dans un monde manichéen. Rien n’est jamais tout noir ou tout blanc. À moi, elle apprend le sens des nuances, la faculté d’appréhender les choses sous des angles différents en pondérant les émotions en fonction du vécu. « Les larmes noires sur la terre » est sans doute le roman qui m’a permis d’apprécier et de comprendre l’écriture de Sandrine ; la façon qu’elle a de vous tirailler, de déclencher la compassion sans verser dans le pathos, de plonger tête baissée dans son univers. Dans « Juste après la vague » paru en 2018, elle aborde une thématique singulière : l’incident climatique qui jaillira sur le destin de toute une famille et bouleversera à jamais son équilibre. Idée qu’elle poursuit en 2020 avec « Et toujours les forêts » où le monde brûle et s’écroule autour de Corentin. Place à la fin du monde, à la nécessité de survivre et à la solitude qui emprisonne l’âme de son personnage principal.

    Dans « Ces orages-là », Clémence, héroïne du roman est en exil volontaire. Elle a choisi l’éloignement pour survivre, la quarantaine impérative, l’autoréclusion indispensable. Elle se cache, plus qu’elle ne vit en trouvant asile dans une petite maison fissurée… comme elle… une maison à son image, des murs qui tiennent on se sait comment, et dont le jardin sauvage est indompté. Le lieu où atterrit Clémence est à son image : instable et bancal. Car Clémence a fui, avec l’énergie du désespoir, son compagnon Thomas et par là, s’est soustraite à une relation sous emprise protéiforme. « la sensation dérangeante d’être en danger en même temps qu’à la bonne place, exactement. » Chez Sandrine Collette, je vous le disais plus haut, les choses ne sont jamais toutes blanches ou toutes noires, et c’est au gré des pages que le lecteur s’infiltre dans le labyrinthe des émotions de Clémence : partir, rester, revenir, fuir, et qu’avec elle, il chemine vers la reconstruction de son âme, la mise en ordre de son jardin secret, le colmatage des parois internes démolies. Il suit surtout ses déambulations psychologiques, ses velléités de faire marche arrière, son cheminement personnel qui la fait passer de l’état de victime à l’état de rescapée, ses incertitudes, ses peurs, les étapes de son deuil personnel : le déni parfois, la colère dans la narration de son passé, la dépression accompagnée de la tristesse inhérente à la décision prise, l’acceptation du bien-fondé de son choix. Au rythme de la vie qui renaît, de nouveaux personnages qui croisent sa route, d’autres émotions naissent, d’autres étapes sont franchies, d’autres idées germent. Tout doucement, la torpeur s’en va, les effets d’une longue anesthésie s’estompent, les muscles se remettent à fonctionner et avec eux les idées.

    Sandrine Collette démontre ici sa finesse dans l’approche psychologique de Clémence, mais pas seulement. Un autre personnage arrive à pas feutrés pour prendre une place énorme et contribuer, de façon bien involontaire, à une quête. Car rien n’est laissé au hasard. La vie est remplie de hasards qui se télescopent, de planètes qui s’alignent, d’opportunités qui se créent. À titre d’exemple, j’évoquerais simplement le choix des prénoms qui est tout sauf anodin. Le prénom Clémence vient du latin qui veut dire douceur et indulgence. Elle était en couple avec Thomas, qui en araméen veut dire jumeau. Ceci explique sans doute l’intensité de leur relation…La meilleure amie de Clémence s’appelle Manon, prénom dérivé de Myriam en hébreu, la voyante, celle capable de prédire les destinées. Le voisin, qui devient un personnage clé porte le prénom d’un ange, Gabriel. Il est le messager de dieu, un prénom dont la contraction est force et Dieu, celui qui affirme « Je suis certain que je peux vous aider. » Gabriel sait « (…) elle est au bout. À bout. En miettes. Elle a beau ramasser les morceaux, donner l’illusion, il la voit comme un vitrage feuilleté qu’on aurait essayé de briser : debout — avec mille fissures en étoiles à l’intérieur. »

    « Ces orages-là » est un roman noir très psychologique dont l’approche spirituelle, la quête de soi se fait toute en finesse, exercice de haute voltige parfaitement maîtrisé. On se laisse embarquer sur un chemin, totalement happés par ce qui est écrit, ce qui est suggéré et ce qui se lit entre les lignes, plus important encore que ce qui est vraiment énoncé. L’utilisation des traits d’union suggère plus qu’il ne dit véritablement, mais c’est cet effet de style qui donne au récit une force impressionnante. La virtuosité de son maniement permet, dans une même phrase, d’expliciter la complexité et l’ambiguïté des émotions, tout et son inverse, le moral et l’amoral. Il est beaucoup question de pardon dans ce texte. Le pardon est-il un cadeau que l’on se fait à soi-même ou un cadeau que l’on « offre » à l’autre ? « Quand vous serez grande et forte, alors, vous pourrez pardonner. Quand on peut pardonner, on peut guérir. (…) En vérité tout son être se braque en silence. En elle, il n’y a pas de pardon, il y a la colère. Devenir grande et forte, dans la tête de Clémence, ce n’est pas fait pour pardonner : c’est pour cogner. C’est pour gagner. Et pardonner ah là là, excusez-moi, mais — ce n’est pas gagner, car c’est se soumettre à l’humiliation qui ne s’arrête pas, consentir à sa propre faiblesse, c’est se laisser pisser dessus. » À travers la quête de sérénité de Clémence, ses doutes, ses trois pas en avant et ses deux pas en arrière, Sandrine Collette évoque avec brio le vécu d’une victime, mais aussi les reproches qu’elle peut se faire, l’ambivalence de ses émotions, ses doutes, la distanciation à laquelle elle doit parvenir en faisant fi de ses émotions, les mensonges qu’elle s’invente mis en parallèle avec les réalités bien factuelles. Ce poison qui dévore les entrailles de Clémence, oscillant entre l’oubli et la colère, la volonté d’avancer, mais aussi sa fièvre passagère de haine est le symbole de toute victime qui doit se placer en face d’elle-même pour guérir. « Maintenant, il est à la fois sa hantise et la seule chose vivant en elle, quand tout le reste est anesthésié. » Ressentir, même si c’est de la haine et de la colère, du ressentiment, c’est être encore un peu vivant, ne pas être tout à fait mort, respirer encore un peu…

    « Ces orages-là » risque de surprendre le lectorat fidèle de Sandrine Collette. C’est un texte à part, avec un dénouement à part auquel elle ne nous avait pas habitués. Elle démontre jusqu’où peut aller l’instinct de survie par le truchement d’étapes ou de paroles inexorables, comment il devient viscéral de prendre un chemin plutôt qu’un autre, à quel point les blessures ancrées au plus profond de la chair peuvent prendre toute la place. La relation Clémence-Gabriel, porteuse d’espoirs, car fondée sur l’honnêteté et la vérité de l’Autre peut évoluer très différemment de ce que le lecteur s’était imaginé, car sous la plume de Sandrine les démons rôdent parfois, les instincts se réveillent, et les destins s’accomplissent. Le roman refermé, il reste le cheminement intérieur de Clémence, un choix, une démarche intime, une conception personnelle de la liberté.

    Encore une fois, l’émotion a été au rendez-vous, portée par cette plume inimitable et singulière, précise et acérée. Et toujours cette appréhension que le pire déambule en attendant sa proie…

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