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L’interrogatoire de Chrystel Duchamp

BePolar : Comment est née l’idée de ce roman ?
Chrystel Duchamp : L’idée du roman est née de l’art corporel extrême, un courant aussi fascinant que perturbant. J’ai suivi des études de graphisme durant lesquelles plusieurs heures étaient consacrées à l’histoire de l’art. J’ai alors découvert des artistes qui utilisaient leur corps, leur sang, qui repoussaient les limites de la douleur et, par extension, se mettaient en danger pour servir leur démarche artistique. L’installation de Paul McCarthy intitulée « Sod & Sodie Sock » – vue lorsque j’avais 19 ans – m’a traumatisée. Je décris d’ailleurs cette expérience dans mon roman. Dès lors, la problématique « jusqu’où peut-on aller au nom de l’art » n’a cessé de me hanter. La nouvelle « De beaux tableaux », que j’ai écrite il y a six ans, proposait une réponse à cette question. Avec L’Art du meurtre je suis allée plus loin dans ma réflexion.

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BePolar : L’enquête se déroule dans le monde de l’art, monde que votre héroïne Audrey a fait une partie de ses études. Qu’est-ce qui vous intéressait dans cet univers au point de vouloir le mettre en scène ?
Chrystel Duchamp : La représentation de la violence dans l’art m’intéresse. Depuis la nuit des temps, les artistes s’interrogent sur la mise en images de la souffrance et de la mort. Les adeptes de l’art corporel extrême se placent en tête de cette réflexion puisque la douleur fait partie intégrante de leur démarche. J’ai donc décidé d’établir un parallèle entre cette violence et celle dont peuvent faire preuve les tueurs en série. La violence subjugue. Et dans un thriller, les lecteurs – dont je fais partie – se délectent des meurtres sanglants. Alors quoi de mieux qu’un assassin qui magnifie ses crimes ?

BePolar : Même question pour le sadomasochisme dont la première victime était habituée ?
Chrystel Duchamp : Contrairement à l’art, je vous promets n’avoir aucun penchant pour le sadomasochisme ! Mais lier les deux univers me semblait évident. La plupart des acteurs de l’art corporel ont des pulsions d’autodestruction. Devant la souffrance que s’infligent certains d’entre eux, on est en droit de se questionner sur leur masochisme. L’artiste Bob Flanagan, par exemple, est présenté dans le documentaire « Sick » comme un « Supermasochist ».

BePolar : Vous mettez en place toute une galerie de personnages du côté de votre équipe de policier. Comment les avez-vous imaginés les uns et les autres, comment avez-vous composé votre équipe ?
Chrystel Duchamp : J’aime m’inspirer de personnes réelles pour créer mes protagonistes. Alain, le technicien de scène de crime, existe dans la vraie vie et m’a d’ailleurs beaucoup aidée pour la cohérence du récit. Des personnages réalistes, dotés de qualités et de défauts, participent à la crédibilité de l’histoire.
Avant l’écriture de « L’art du meurtre », je soignais mes personnages principaux mais négligeais les secondaires. Et puis j’ai lu « Quand sort la recluse » de Fred Vargas. J’ai été fascinée par sa façon de faire intervenir de nombreux protagonistes et de proposer ainsi un récit très vivant. J’ai relu mes premiers écrits et réalisé que cette vie manquait. J’ai donc décidé de constituer une équipe avec plusieurs membres qui gravitent autour du personnage principal. Ils dynamisent le récit et l’enrichissent par leurs points de vue, leurs caractères, leurs dialogues, leurs interactions.

BePolar : Et parlez nous de votre héroïne, Audrey, 34 ans, et un passif peu reluisant avec sa mère et qui a aussi d’autres failles ? Vous vouliez un personnage un peu écorchée ?
Chrystel Duchamp : Comme pour Alain, je me suis inspirée du caractère et du vécu d’une amie. Sans trop en divulguer sur l’intrigue, il était important qu’Audrey ait un passé difficile et des difficultés à accorder sa confiance. Le final n’en est que plus percutant. Je voulais qu’on éprouve de la sympathie pour elle, de la compassion. Qu’elle soit attachante. Un personnage principal trop lisse n’est jamais intéressant pour un auteur. Et puis dans la réalité, nous avons tous nos fêlures. Ce sont elles qui font notre richesse.

BePolar : On est à quelques jours de la sortie du livre, comment vivez-vous cette période ?
Chrystel Duchamp : C’est beaucoup de stress, évidemment. « L’art du meurtre » est mon premier roman, ce qui constitue un véritable enjeu. Mais je suis surtout très excitée ! Ce roman m’a demandé beaucoup de travail. Qu’il voit enfin le jour me réjouit ! J’ai hâte que les lecteurs le découvrent et me donnent leur avis. Depuis toujours, mon unique but est d’être lue. Dans la démarche d’écriture, il y a une part de catharsis, c’est sûr, mais n’écrire que pour moi ne m’intéresse pas. J’écris pour les autres. Pour donner du plaisir comme j’aime en recevoir lorsque je lis mes confrères !

BePolar : Quand pourrons-nous vous voir en dédicace ?
Chrystel Duchamp : Je serai en dédicace vendredi 24 janvier, à 17h30 à la librairie Bleue comme une orange (La Talaudière - 42), samedi 15 février de 14h à 18h à Forum (Saint-Etienne - 42). Puis je participerai dimanche 17 mai au salon Polar de la Fnac de Rosny-sous-bois.

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