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Darwyne - Colin Niel

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Résumé :

Darwyne Massily, un garçon de dix ans, légèrement handicapé, vit à Bois Sec, un bidonville gagné sur la jungle infinie. Et le centre de sa vie, c’est sa mère Yolanda, une femme qui ne ressemble à nulle autre, bien plus belle, bien plus forte, bien plus courageuse. Mais c’est compter sans les beaux-pères qui viennent régulièrement s’installer dans le petit carbet en lisière de forêt. Justement un nouvel homme entre dans la vie de sa mère : Jhonson, un vrai géant celui-là. Et au même moment surgit Mathurine, une employée de la protection de l’enfance. On lui a confié un signalement concernant le garçon. Une première évaluation sociale a été conduite quelques mois auparavant par une collègue qui a alors quitté précipitamment la région.

Dans ce roman où se déploie magistralement sa plume expressive, Colin Niel nous emporte vers l’Amazonie, territoire d’une puissance fantasmagorique qui n’a livré qu’une part infime de ses mystères. Darwyne, l’enfant contrefait prêt à tout pour que sa mère l’aime, s’y est trouvé un refuge contre le peuple des hommes. Ceux qui le voudraient à leur image.

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Vos #AvisPolar

  • Aude Lagandré 13 février 2024
    Darwyne - Colin Niel

    Le Maskilili est une créature légendaire du folklore guyanais. Il ressemble à un enfant, mais en réalité c’est un monstre qui se déplace en forêt la nuit, mange des piments ou des grains de café et a la particularité d’avoir les pieds à l’envers. Darwyne Massily est un petit garçon d’une dizaine d’années, né dans l’urgence en pleine jungle, qui a la particularité d’avoir les pieds à l’envers. Sa mère, Yolanda a beaucoup de mal à supporter ce handicap, elle si belle, capable de séduire le cœur de n’importe quel homme, est jalousée par les autres femmes de Bois sec. Cela ne l’empêche pas de ramener ses conquêtes à la maison, au désespoir de Darwyne qui voit arriver ces « beaux-pères » comme des malédictions, des entraves entre l’amour de sa mère et lui-même. Car, ce que souhaite Darwyne plus que tout au monde c’est d’être aimé par sa mère. Or, à chaque nouveau beau-père, les punitions tombent à une régularité métronomique, comme si Yolanda devait choisir entre l’amour d’un homme et son fils, incapable d’en aimer deux à la fois, et comme si le nouvel homme de sa vie, forcément parfait mettait la lumière sur le handicap de son fils. Darwyne est « Un petit pian. Une sale bête. Une saloperie de macaque répugnant. » aux yeux de sa mère, tant et si bien qu’il fait l’objet d’une dénonciation anonyme auprès des services sociaux pour maltraitance. Mathurine, assistante sociale, passionnée par la faune et la flore, ouvre une enquête et décide de venir à la rencontre de ce petit garçon étonnant.

    Bois Sec. C’est là que vivent Yolanda et Darwyne. Un bidonville qui se construit de plus en plus haut sur la colline. Autour d’eux, la forêt amazonienne, épaisse, luxuriante, un environnement protecteur pour qui sait l’apprivoiser, inquiétant pour qui cherche à la dompter à tout prix. Dans le carbet où vivent Darwyne et Yolanda, dans les hauteurs les plus reculées, la forêt fait entendre ses droits. Les hommes sont sur son territoire, débroussailler, couper, défricher est un véritable mythe de Sisyphe, la nature reprend toujours le dessus. Cette jungle est l’un des personnages phares du roman, car c’est grâce à elle que Darwyne respire. Elle est le poumon de cet enfant assimilé à un animal, un enfant dont il faut « redresser » les pieds, et qu’il faut « redresser » tout court, comme si les punitions très inventives de la mère avaient pour but de faire cesser l’amour dérangeant et fatiguant de ce gosse qui demande trop. Être aimé, c’est trop demander. C’est étouffant cet amour dont Yolanda ne sait quoi faire et qu’elle ne partage pas.

    « Darwyne » est un roman noir qui regroupe principalement deux histoires : celle d’un enfant un peu particulier, exceptionnel sous bien des aspects, dans sa vie quotidienne et celle d’une rencontre entre une assistante sociale et ce même petit garçon. Ce que ne voit pas la mère, la singularité de ce petit bonhomme, Mathurine, celle qui peine à devenir mère, le voit. Les liens qui vont se créer petit à petit entre ces deux protagonistes un peu cabossés, qui se rapprochent grâce à la terre nourricière, sont le cœur du roman. Colin Niel raconte, sur la pointe des pieds, les interactions des êtres, confie peu à peu les secrets des portes closes, dévoile les blessures, révèle à nos yeux un monde magique et envoûtant dans lequel une nouvelle respiration est possible, et lie deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer. À de nombreuses reprises, il brouille les pistes, laisse croire des choses qui sont le pur produit de notre interprétation pour livrer la vérité crue quelques pages plus tard. Le choc de cette réalité est bouleversant, la frontière entre bien et mal si ténue…

    Colin Niel interroge souvent des thématiques qui font écho en moi. Dans « Entre fauves », il questionnait la vindicte populaire sur les réseaux sociaux, le prédateur et la proie et nous faisait même partager les pensées d’un lion. Dans « Darwyne », il pénètre au cœur de l’amour maternel et de l’amour filial, fouille la relation d’osmose qui peut exister entre un être humain et la nature. Récit un peu fantasmagorique, peuplé de légendes et d’êtres parfois insaisissables, le roman nous plonge dans un univers envoûtant, voire ensorcelant, où un petit garçon « handicapé » se révèle être exceptionnel. Tout est une question de perception et de rencontres. Colin Niel fait résonner les voix, celle de l’enfant, celle de la nature et démontre avec dextérité que les apparences sont souvent trompeuses. Demain est notre présent en construction et l’auteur se plaît à nous le rappeler sur différents sujets dont il est plus que légitime de se préoccuper. « Darwyne » est un roman délicat, d’une belle justesse, qui invite au voyage de l’imagination et de la réflexion.

  • L’atelier de Litote 11 février 2024
    Darwyne - Colin Niel

    Darwyne a dix ans, il grandit dans un bidonville au pied de la forêt amazonienne. Il vit avec sa mère « la plus belle femme du monde » dans un carbet fait de tôle et de bois qui menace de s’effondrer. Darwyne est légèrement handicapé, ce qui ne l’empêche pas d’aller à l’école et de tout faire pour être aimé de Yolanda sa mère. Cela fait longtemps que Darwyne a perdu ses illusions sur les différents beaux-pères qui se succèdent, d’après les comptes du petit garçon, nous en sommes au beau-père numéro 8. Yolanda réserve toute son affection à son nouvel amant et à sa fille, la grande sœur de Darwyne qui a réussi à quitter le bidonville. L’arrivée de Mathurine, une éducatrice qui enquête sur la situation préoccupante de l’enfant va mettre sous pression toute la famille. Très vite elle devient synonyme de danger. Dans toute cette tension, seule la forêt apporte du réconfort à Darwyne. Sans que jamais elle ne soit mentionnée, on devine que la Guyane est le lieu de l’action, on y parle français, allocations et action éducative en milieu ouvert. Ce département français soumis à une importante immigration devient le terrain où vont évoluer les personnages forts et attachants de ce roman noir. L’auteur parvient à nous faire voir le monde à hauteur du regard de Darwyne, à travers lui on comprend tous les enjeux auxquels il doit faire face. Il aborde des thèmes comme la maternité, la parentalité, la maltraitance mais aussi la précarité et le handicap. Vue comme un personnage à part entière, la forêt amazonienne se veut tantôt belle, bienfaitrice et luxuriante tantôt sauvage, dangereuse et inquiétante. Une écriture tout en délicatesse lorsqu’il s’agit de construire le lien entre l’enfant et son éducatrice, entre étrangeté et révélation. Un roman d’atmosphère qui vous fera ressentir la faune et la flore amazonienne comme jamais. Bonne lecture.

  • spitfire89 2 février 2024
    Darwyne - Colin Niel

    Une œuvre lauréate du Grand Prix de Littérature Policière 2023. J’ai reçu ce livre pour la sélection 2024 du Prix des lecteurs Le Livre de poche. Un thriller magique, une fantasmagorie, au coeur de la forêt hostile amazonienne, des descriptions dont une relation avec la nature, des personnages charismatiques, un enfant hors du commun et Mathurine une assistante qui doit déterminé si l’enfant doit rester vivre dans cette environnement. Une intrigue mystérieuse inspiré de légendes autours de créature forestière et magique connu par les tribus amazonienne.

    Condition de vie, imagination, croyance, amour filial, maltraitance, relation toxique, un roman déconcertant, captivant et magnifique. La réconciliation entre l’homme et la nature.

    "Il devine que l’homme le suit du regard, rassuré de le voir quitter les lieux. Parce que les gens comme lui, les étrangers, ça va pour débroussailler son terrain, mais il ne faudrait pas qu’ils s’incrustent non plus. Il a compris ça, Jhonson, qu’ici il y a des frontières faites pour ne jamais être franchies."

    "Elle songe à ces espèces "découvertes " il y a peu par les naturalistes, plusieurs centaines au cours des dernières années, plantes, poissons, reptiles, oiseaux, un ouistiti, même, à peine un an plus tôt en pleine Amazonie. Elle pense à celles encore inconnues du monde dit "moderne", jamais observées, jamais décrites, bien plus nombreuses encore à en croire les spécialistes."

    "Elle se souvient des chants pratiqués par les amérindiens pour attirer le gibier. Elle se souvient que pour beaucoup d’entre eux, le monde animal est plus vaste que ne le décrivent tous les ouvrages, qu’il existe plusieurs sortes de jaguars, de nombreuses variétés de pécaris. Des formes bien plus diverses, sans compter les intermédiaires, toutes les métamorphoses possibles entre espèces pas si séparées que ça, humains compris d’ailleurs."

  • jeanmid 4 octobre 2023
    Marathon du polar 2023, équipe JMD
    Darwyne - Colin Niel

    Certains, encore aujourd’hui, cherchent à remettre en question la théorie de l’évolution des espèces mise en lumière par Darwin au XIXe siècle. A leurs yeux il est en effet impensable que l’homme puisse descendre d’une autre branche que celle d’Adam et Ève et surtout pas d’un animal qui passe sa vie à sauter de l’une à l’autre pour chercher sa nourriture quand il n’est pas occupé à copuler.
    Je vous rassure : ce nouveau roman de Colin Niel n’est pas ici pour débattre de cette question mais, à sa manière, pour rendre un vibrant hommage à cette nature qui nous entoure et tenter, si c’était nécessaire, de nous réconcilier avec elle.

    Darwyne Massily est un petit garçon d’une dizaine d’années qui vit avec sa mère Yolanda dans un carbet ,cabane de bric et de broc avec comme jardin la forêt amazonienne toute proche , au sein d’un bidonville qui grandit chaque année en périphérie d’une ville guyanaise. Darwyne n’est pas un gamin comme les autres. Il est handicapé par une difformité au niveau des pieds qui lui donne une démarche chaloupée et lui vaut les moqueries de ses camarades. Son refuge c’est cette jungle où sa véritable nature peut s’exprimer. Sa hantise c’est de devoir subir la présence d’un nouveau beau-père succédant ainsi aux précédents dans les bras de sa mère, dont le charme hypnotique les a tous séduit. Car Darwyne le sait bien : ces hommes n’ont que faire d’un gamin dans leur pattes quand ils partagent le lit d’une telle beauté quitte à utiliser la violence pour se faire comprendre.
    C’est justement pour des faits de violence sur enfant mineur que Mathurine est alertée via un témoignage anonyme. Mathurine est éducatrice spécialisée et travaille dans un organisme dédié à la protection de l’enfance. A travers plusieurs entretiens avec la mère et son conjoint actuel mais aussi grâce à des balades en forêt- la passion de Mathurine - elle va essayer de percer les mystérieux secrets de Darwyne. Ceux qui le lient avec cette mère fusionnelle comme ceux qui se dévoilent dès que la nature l’appelle. Cette inextricable forêt qui ne fait aucune différence entre les animaux qui y vivent et ces hommes qui la parcourent, possède peut- être une des clefs.

    Comment ne pas être envoûté par ce récit aussi passionnant que fascinant ?. Une passion partagée par Darwyne et Mathurine pour cette nature sauvage, libre, bien loin de l’oppression de la société. Cette nature exubérante qui ne juge pas mais qui se mérite avant de s’offrir totalement aux sens humains. Comment ne pas vouloir y trouver refuge quand la brutalité du monde et des hommes semblent être des règles implacables ? Un monde qui laisse peu de place à la différence et qui cherche à dompter cette nature afin de mieux asseoir le règne de l’homme sur celui du végétal et de l’animal.
    Colin Niel parvient peu à peu à nous laisser gagner par la magie qui se cache dans cette forêt que l’on maltraite pourtant. Comme ce personnage touchant du jeune Darwyne qui s’est inventé un nouvel univers afin d’oublier l’autre, celui où il est persécuté et méprisé. Un univers où il devient un autre Darwyne, un animal dont le corps et l’esprit semblent en osmose avec leur environnement.
    L’autre personnage qui nous marque est celui de Mathurine, qui cherche désespérément à tomber enceinte et qui va peut-être rencontrer l’enfant qu’elle n’a pas eu. C’est beau, émouvant et d’une grande sensibilité. Sans doute le roman le plus abouti de l’auteur.

  • titine_bouquine 26 juillet 2023
    Marathon du polar 2023, équipe LESTONTONSFLINGUEURS
    Darwyne - Colin Niel

    Darwyne Massily vit seul avec sa mère, Yolanda, qu’il aime par-dessus tout, dans un minuscule carbet accolé à la jungle, sur les hauteurs de la colline de Bois Sec.
    Mais un jour, une assistante sociale s’empare du dossier de Darwyne. En effet, un appel anonyme a été passé au 119 il y a plusieurs mois. Sans être précis, l’homme en ligne affirmait que quelque chose n’allait pas. Ses courriers ne recevant aucune réponse, ni ses tentatives d’appel, Mathurine décide de se rendre à Bois Sec.

    Jusqu’où Darwyne est-il capable d’aller pour se faire aimer de sa mère ? Et jusqu’où celle-ci est-elle capable d’aller pour en faire un enfant comme les autres ?

    Une intrigue éprouvante pour ce roman sur la violence familiale mais aussi le magnifique portrait d’un enfant sauvage.

    Au final, l’auteure aura réussi à nous retourner le cerveau. Un coup de cœur !

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