Club Sang

Profitez de toutes nos fonctionnalités et bénéficiez de nos OFFRES EXCLUSIVES en vous inscrivant au CLUB.

JE REJOINS LE CLUB SANG

Entre fauves - Colin Niel

Club Sang

Inscrivez-vous ou connectez-vous pour pouvoir participer au Club !

3 #AvisPolar
0 enquêteur
l'a vu/lu
0 enquêteur
Veut la voir/lire

Résumé :

Martin est garde au parc national des Pyrénées. Il travaille notamment au suivi des ours. Mais depuis des mois, on n’a plus la moindre trace de Cannellito, le dernier plantigrade avec un peu de sang pyrénéen. Martin en est chaque jour plus convaincu : les chasseurs auront eu la peau de l’animal. Alors, lorsqu’il tombe sur un cliché montrant une jeune femme devant la dépouille d’un lion, arc de chasse en main, il est déterminé à la retrouver et la livrer en pâture à l’opinion publique. Même si d’elle, il ne connaît qu’un pseudonyme sur les réseaux sociaux : Leg Holas.

L'œuvre vous intéresse ? Achetez-la chez nos partenaires !

En librairie

  • Acheter sur LesLibraires.fr
  • Acheter sur Emaginaire
  • Acheter sur Cultura
  • Acheter sur Rakuten

Et chez vos libraires en click & collect

  • Acheter sur Jesoutiensmalibrairie.com
  • Acheter sur lalibrairie.com
  • Acheter sur Place des libraires

Vos #AvisPolar

  • Aude Lagandré 16 septembre 2020
    Entre fauves - Colin Niel

    J’entends dire « je ne peux pas lire ce livre, il parle de la chasse » sous-entendu, il défend la chasse et les chasseurs. Détrompez-vous, ce roman ne fait en aucun cas l’apologie de la chasse, ni ne condamne celle-ci : il vous donne divers axes de réflexion. Des Pyrénées où Martin, garde d’un parc national cherche à retrouver le seul ours mâle encore présent, avant la réintroduction de femelles, aux confins de l’Afrique où la chasse des « big five » se monnaie à prix d’or, Colin Niel prend le parti de construire un roman choral dans lequel chaque voix a sa place, et où chacun défend « son bifteck ». Ce récit, loin d’être manichéen, amène le lecteur, tout en douceur et sans le brutaliser à revoir ses positions en se mettant à la place de l’Autre, qu’il soit chasseur, garde forestier, membre d’une tribu africaine, ou même lion ou ours.

    Martin est un fervent défenseur de la cause animale. Outre la vitrine respectable que lui confère son métier, garde dans un parc national, il est un membre actif d’un groupe Facebook dont la mission est de révéler au grand jour les noms de ceux qui chassent des animaux protégés en posant près de leurs cadavres. Surgit alors sur les réseaux, une photo d’une jeune femme. Près d’elle, le cadavre d’un lion. Qui est-elle ? L’obsession de Martin à trouver son identité n’aura de cesse que de la clouer au pilori sur les réseaux sociaux. Quoi de plus jouissif que de livrer ces meurtriers sans âme à la vindicte populaire ? « Franchement, moi, j’ai honte de faire partie de l’espèce humaine. Ce que j’aurais voulu, c’est être un oiseau de proie, les ailes démesurées, voler au-dessus de ce monde avec l’indifférence des puissants. Un poisson des abysses, quelque chose de monstrueux, inconnu des plus profonds chaluts. Un insecte à peine visible. Tout sauf homo sapiens. Tout sauf ce primate au cerveau hypertrophié dont l’évolution aurait mieux fait de se passer. Tout sauf le responsable de la sixième crise d’extinction qu’aura connue cette pauvre planète. Parce que l’histoire des hommes, c’est surtout ça. »

    Parallèlement, le lecteur découvre Apolline, issue d’un milieu aisé, tireuse à l’arc qui reçoit pour ses 20 ans, un billet d’avion. Destination l’Afrique afin de tuer son premier lion. Un lion devenu un problème pour la population, un lion qui tue le bétail et les maigres possessions des Himbas, peuple de Namibie. Kondjima, issu de ce peuple, est lui aussi à la recherche de ce lion. Il pense qu’en prouvant son courage, il pourra épouser la plus belle fille du village.

    Chacun devient donc une proie : Apolline celle de Martin, Charles le lion celle d’Apolline et de Kondjima.

    Si les personnages sont très différents, leurs aspérités illuminent le paysage blanc des montagnes ou la terre rouge et les herbes desséchées africaines. Colin Niel n’a pas son pareil pour nous balader des Pyrénées majestueuses au bush africain, de l’un à l’autre, décrivant de main de maître les atmosphères, les paysages, les rites qu’ils soient africains ou relatifs à la chasse. La construction, en 5 parties distinctes et précises, plonge le lecteur dans une problématique à chaque fois différente : identifier sa proie, l’approcher, la traquer, la mettre à mort. Je vous laisse découvrir la dernière.

    Le roman s’ouvre : le lecteur est dans la tête de Charles le lion, brillante idée. Une immersion totale dans les pensées de l’animal à un instant crucial de son existence. Par des phrases incroyablement longues ponctuées de nombreuses virgules, Charles évoque son histoire, ses pensées et ses émotions, car « L’heure était venue de faire face aux hommes ».

    « Entre fauves », titre bien choisi pour décrire l’atmosphère du roman. Les fauves ne sont pas simplement les félins, ils représentent surtout les chasseurs, ceux qui chassent le fauve, mais aussi ceux qui chassent les chasseurs de fauves. Qui est prédateur ? Qui est proie ? Peut-on être chasseur et être chassé ? La puissance du roman, dans sa construction, dans l’écriture de Colin Niel réside dans cette inversion, oh combien intelligente, précise et subtile, des forces en présence. Le final est magistral et terriblement déstabilisant de par ce qu’il implique pour la psychologie de l’un des personnages. La lente progression alternative dans les pensées des deux personnages principaux conduit le lecteur à s’interroger sur leurs vies, leurs buts, leurs failles et permet de mesurer à quel point les choses peuvent être différentes de ce qu’elles semblaient être au départ. Colin Niel nous happe, offrant au fil des pages la possibilité d’une île, d’un terrain d’entente, d’une amnistie, laissant présager une direction très claire de la fin du roman. L’auteur est semblable au joueur de flûte d’Hamelin : il vous charme et vous emporte vers un dénouement que vous n’aviez pas anticipé.

    Faisons un point sur notre humanité : que reste-t-il de beau ? De respectable ? De défendable ? À quoi conduit la haine lorsque nous sommes poussés par un idéal ? Défendre la nature, prôner la nécessité d’une harmonie entre l’homme et la terre peut-elle se faire sans devenir un éco terroriste ? La lutte silencieuse est-elle suffisante ? Ce roman éclaire les consciences et compare les points de vue, intensifie les réflexions sur notre monde actuel. Un autre récit citoyen qui confronte aussi nature et culture, évolution et déclin de notre civilisation. Une nourriture spirituelle indispensable dans un monde où le « mieux » est l’ennemi du « juste ». Notre monde se résume bien à devoir demeurer « Entre fauves ».

    « Plus que jamais, j’avais honte de faire partie du genre humain. »

  • Kirzy 19 septembre 2020
    Entre fauves - Colin Niel

    L’intrigue se déroule en parallèle sur deux territoires : les Pyrénées avec les vallées d’Aspe et d’Ossau ; et le Nord-Ouest désertique de la Namibie, le Kaokoland. Deux territoires où les hommes cohabitent avec de grands prédateurs, l’ours et le lion. Tout part d’une photographie comme on en voit passer régulièrement sur les réseaux sociaux : une très jeune chasseresse posant avec le lion qu’elle vient d’abattre. Colin Niel va décortiquer l’avant / après qui entoure cette photographie, révélant ce qui se cache derrière.

    Il prend beaucoup de soin à caractériser la psychologie de ces trois personnages principaux : Martin, garde du parc national des Pyrénées, personnage dont on devine très vite la radicalité, hanté par la crise de biodioversité et par la défaunation en cours, hanté par la mort de Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne, découvrir l’identité de la jeune femme de la photo devient une obsession ; Apolline la jeune femme donc ; et Kondjima, jeune Himba qui a vu son troupeau de chèvres décimé par un lion solitaire, il a une revanche à prendre. Si Martin et Kondjima sont assez linéaires et stéréotypés et agissent tels qu’on l’imagine, Apolline est de très loin le personnage le plus intéressant, le plus nuancé, très loin des clichés de la tireuse sans conscience à la gâchette facile. C’est d’elle qu’arrivent une grande partie des surprises scénaristiques.

    La mise en scène alternant le double arc narratif pyrénéen et namibien, ainsi que les points de vue des personnages, est très habile. On sent que l’auteur sait où il va, dévoilant les destins de chacun très progressivement avec une part d’imprévisibilité très plaisante qui culmine dans les deux derniers chapitres lorsque le tempo s’accélère. Les coups de théâtre dramatiques arrivent au bon moment dans cette course à la chasse où la proie n’est pas forcément celle qu’on imagine, où l’homme retrouve sa par de bestialité. On est clairement dans le thriller avec au coeur les passions humaines et leur déchaînement, explorant ce que chacun a dans les tripes et jusqu’au bout on peut aller pour défendre ses valeurs.

    Avec des thématiques fortes sur l’extinction de la faune, la pression humaine sur la nature, le changement climatique ( errance du lion solitaire dans le désert de Namibie est causé par la sécheresse qui a décimé les troupeaux d’oryx et le pousse à se rapprocher des troupeaux domestiques pour survivre ) et le sujet très clivant de la chasse, le risque était de tombé dans un manichéisme lourdaud. Même si le personnage de Martin est assez caricatural, même si on sent que la sympathie de l’auteur va du côté des anti-chasse, son récit prend la mesure de toute la complexité de la situation, avec notamment le contrepied de la Namibie où des populations rurales très pauvres cohabitent très difficilement avec les grands prédateurs.

    Ce roman a beaucoup de qualités, il n’empêche qu’il ne m’a pas totalement emporté comme le formidable roman précédent de l’auteur, Comme des bêtes. J’ai moins ressenti la tension, sans doute car les personnages m’ont moins accroché. Et puis, j’ai été refroidi par un procédé qui, à titre très personnel, m’exaspère toujours : l’auteur fait parler le lion, se place dans la tête du lion. Il a beau le faire avec tout son talent d’écriture, avec parcimonie aussi, l’anthropomorphisme est inévitable et cela a dérangé ma lecture.

  • Matildany 12 novembre 2020
    Entre fauves - Colin Niel

    Un roman qui commence brutalement, par la mort de Charles, lion de Namibie, abattu lors d’une partie de chasse.
    Martin, garde d’un parc dans les Pyrénées, impliqué dans la défense de la faune, lutte à sa manière en traquant au travers d’un groupe Facebook les chasseurs étalant leurs prises sur les réseaux sociaux, et les livre à la vindicte populaire.
    Il tombe un jour sur une photo prise en Namibie, une chasseresse blonde, posant avec défi sous le pseudo Leg Holas devant la dépouille d’un splendide lion. Écoeuré, il découvre vite qu’elle est en France et se met à la pister.
    Apolinne, vingt ans, reçoit comme cadeau d’anniversaire, la possibilité d’aller chasser un trophée inédit avec son père : un lion de Namibie.
    Kondjima, jeune chevrier, voit le troupeau de sa famille complètement décimé par un lion. Pour retrouver l’honneur des siens, il recherche le félin, bien décidé à l’abattre.

    Qui est le fauve ? Chaque partie a ses motivations, est animée férocement du désir de sang, d’honneur, de gloire, de justice ou simplement du besoin de se nourrir.
    Le thème de l’homme qui se veut justicier nous démontre que tout n’est pas noir ou blanc, et que tout est une question d’angle, l’auteur faisant habilement s’entremêler les traques.
    C’est un récit où chaque point de vue est correctement exploité, la montée en tension est prégnante, avec une conclusion dramatique à l’ironie mordante. Colin Niel décrit aussi à merveille la rudesse de la nature, que l’on soit exposé au climat des Pyrénées quand l’hiver ne veut pas céder sa place, ou à la chaleur écrasante de la Namibie.
    J’ai beaucoup aimé avoir le "ressenti " du fauve également, on se sent complètement immergé dans ses sensations, cela avait déjà été exploité par Sandrine Collette dans "Animal" au travers d’une chasse à l’ours, si ce point vous intéresse.
    Bref,un roman noir, brillant, à la violence nécessaire, amenant intelligemment la réflexion.

    Ma note:4,5/5
    https://instagram.com/danygillet

Votre #AvisPolar

Votre note :
Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?

Bepolar.fr respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. et nous veillons à n’illustrer nos articles qu’avec des photos fournis dans les dossiers de presse prévues pour cette utilisation. Cependant, si vous, lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe constatez qu’une photo est diffusée sur Bepolar.fr alors que les droits ne sont pas respectés, ayez la gentillesse de contacter la rédaction. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.