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Papillon de nuit - Prix des Lecteurs Polar 2017 - R. J. Ellory - Maxime Chattam - Fred Vargas

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Vos #AvisPolar

  • cathy13600 24 janvier 2019
    Papillon de nuit - Prix des Lecteurs Polar 2017 - R. J. Ellory - Maxime Chattam - Fred Vargas

    Avant d’écrire ma première critique de l’an 2019, je tiens à adresser mes voeux de santé, de bonheur à celles et ceux qui ont l’amabilité de me suivre. Que cette année soit pour vous synonyme de livres à profusion et surtout de belles découvertes littéraires.
    Lors de ma dernière chronique qui portait sur « Vendetta », je m’étais engagée à lire immédiatement « Papillon de nuit », autre oeuvre de R.J. Ellory publiée en France en juin 2015 par les éditions Sonatine. Chose promise, chose due puisque c’est avec plaisir que je vous retrouve aujourd’hui pour vous en parler et tant qu’à y être, pourquoi ne pas vous donner l’envie de vous lancer à votre tour.
    D’emblée, si ma précédente lecture m’avait globalement convaincue, je peux vous affirmer que celle-ci m’a enchantée et qu’elle a ouvert de la meilleure des façons mon compteur annuel. C’est incontestablement une réussite.
    Lorsque nous ouvrons ce thriller, Daniel Ford, trente-six ans, se trouve dans le couloir de la mort dans une sordide prison de Caroline du Sud. Accusé en 1970, douze ans auparavant, du meurtre effroyable de Nathan Verney, son ami d’enfance. Ayant épuisé tous les recours, il ne peut désormais se soustraire à son sort inexorable : sa mort éminente par électrocution. Nous le suivons dans ses dernières semaines de vie où le temps file et les jours s’épuisent…
    Tout ce qui lui reste à faire, c’est de trouver la foi, de faire la paix avec son Dieu. Tout ce qui lui reste à faire, c’est de se confesser. Confronté à l’inacceptable, il se raconte alors au père John Rousseau. Il n’omet rien depuis son premier tête à tête à six ans avec Nathan, son frère noir, autour d’un sandwich au jambon cuit sur les rives du lac Marion près de Nine Mile Road en 1952, en passant par ses premiers amours, les assassinats des Kennedy – John puis Robert -, de la guerre du Vietnam, du ségrégationnisme, de la lutte pour les droits civiques, ou encore de leur indéfectible amitié qui se terminera par le crime brutal pour lequel il est condamné.
    Bien vite, il apparaît que les choses son loin d’être aussi simples qu’elles en ont l’air.
    Comment a-t-il pu être reconnu coupable ? A-t-il vraiment tué ce jeune de couleur qui était son « frère de coeur », son confident, son protecteur, son protégé ? Si oui, l’a-t-il fait par jalousie, par vengeance ? Si non, pourquoi est-il dans l’attente de son exécution ? A-t-il été victime d’un complot ? Lequel ? fomenté par qui et pour quelles raisons ?
    Autant de questions non exhaustives qui ne trouveront réponse qu’en entreprenant cette lecture.
    Livre mi-social, mi-politique d’un peu plus de cinq-cents pages dans sa version livre de poche, qui ne ménage aucune sensibilité. Outre le fait, que nous traversons deux décennies de l’histoire des Etats-Unis, nous nous aventurons avec effroi à l’intérieur d’un centre pénitencier et plus précisément dans l’aile réservée aux condamnés à la peine de mort. Nous sommes en 1982, et c’est dans cet endroit cruel, insupportable que nous plongeons au plus près de l’âme humaine. De la bouche même de notre héros, nous apprenons combien son existence a été compliquée tout en étant très fraternelle. Nous touchons du doigt les conditions de vie extrême dans cette section de haute-sécurité. C’est saisissant, dur, percutant et beau à la fois.
    Je m’étais aperçue en le lisant récemment, que l’auteur britannique excellait dans sa façon de nous dépeindre les Etats-Unis. Ici, il ne se défausse pas. Il nous fait voyager avec brio dans l’Amérique des années 60-80 en analysant, en décortiquant la mécanique de cette société. Il nous livre les tenants et aboutissants en vigueur à cette époque, parcourt tous les problèmes et les bouleversements alors présents. Si les grands évènements politiques évoqués sont évidemment connus de tous (La baie des cochons, la mort de Martin Luther King, le scandale du Watergate…), il n’en reste pas moins que ce Monsieur nous offre une véritable leçon d’histoire. Son ouvrage permet d’approfondir ces sujets d’actualité. Nous en avons, si j’ose dire, une vision de « l’intérieur ». Il porte un regard assez acerbe sur la période, n’hésitant pas à dénoncer les pratiques, à critiquer les institutions en place. J’ai beaucoup apprécié.
    Bien que l’histoire oscille entre le passé et le temps carcéral, la cohésion tout au long de l’arc narratif est maintenue. John Roger arrive par une plume coulante à passer de l’un à l’autre sans difficulté aucune. Je n’ai nullement été gênée.
    La tension est à son summum dans les soixante ultimes pages. Comme notre héros, nous sommes désorientés, nous avons peur, nous supplions. Partie émotionnellement forte. Paradoxalement, plus le jour J approche, plus c’est pénible, moins on ne peut s’arrêter.
    Le style est direct, cinglant mais rempli de sensibilité quand R.J.H. brosse le portrait du prisonnier. C’est entraînant, addictif.
    Les personnages principaux, à savoir Nathan et Daniel, sont loyaux, profonds et très humains. J’ai pris du plaisir à les accompagner. Ils apparaissent comme des garçons ordinaires vivant des situations extrêmement difficiles.
    Nathan est le « fort » de ce duo inséparable. Il est volontaire, travailleur, combatif. Il a de l’assurance et ne revient jamais sur ses décisions.
    Daniel est naïf, doute sans cesse, manque d’initiatives et ne s’oppose pas à son ami. Il le suit tout simplement. Son absence de réaction m’a quelquefois chagrinée. J’aurai voulu qu’il se rebiffe. Cela dit, il est très sympathique, très touchant quand il se narre. Plus nous avançons, plus nous le connaissons, plus son exécution prochaine s’avère comme étant injuste. Ses échanges avec le prêtre sont très réels, très intimes.
    L’ecclésiastique joue à merveille son rôle de confesseur.
    Certains protagonistes secondaires ne sont pas en reste. J’ai été charmée par Eve Chantry. Une femme de caractère ayant connu des instants de vie bouleversants.
    J’ai aimé l’empathie de Mr. Timmons. Détesté Mr West.
    Caroline et Linny m’ont laissée indifférente.
    Je regrette seulement que le dénouement ne m’ait pas totalement surprise. Je m’attendais à l’issue d’ensemble même si certains éléments le composant étaient, quant à eux, inattendus. Sans ce bémol, ma notation aurait été de cinq étoiles.
    En résumé, je viens de terminer un grand roman noir sur l’enfance, le passage à l’âge adulte et la manière dont les expériences, les évènements vécus dans nos tendres années perdurent et nous affectent pour le restant de notre vie. Scénario habilement monté dans un contexte historique décrit minutieusement. C’est maîtrisé, intelligent, réaliste, puissant et résolument troublant.
    A entreprendre ? au vu de ce qui précède, est-il nécessaire de réfléchir ? Je ne peux que vous inciter fortement à sauter le pas. Vous serez aux prises avec une intrigue magnifiquement documentée, entremêlant conflits internationaux, magouilles politiques, corruption, mensonge, discrimination et haine raciale qui ne vous laissera pas de marbre. Ce texte, empli d’humanité, est aussi et surtout une vraie ode à l’amitié qui vous émouvra et vous tiendra en haleine jusqu’au dernier mot. Vous aimerez !

  • calyenol 28 février 2019
    Papillon de nuit - Prix des Lecteurs Polar 2017 - R. J. Ellory - Maxime Chattam - Fred Vargas

    <<< Vous devez continuer de croire....Vous devez simplement continuer de croire. >>>
    .
    Terminé hier,ce livre m’a chamboulé.
    "Papillon de nuit",c’est l’histoire de deux petits garçons qui font connaissance autour d’un sandwich au jambon cuit.
    Deux petits garçons,Daniel et Nathan dont l’amitié—au delà de la couleur de peau—va dépasser l’amitié pour devenir un amour fraternel,loyal,profond.
    Dans ce livre,l’histoire se passe dans les années JFK,Martin Luther King et les groupes de blancs anti-noirs,le triple K fait parler de lui,le moment où le monde devient fou et ou cette folie arrive à Greenleaf,petite ville de Caroline du Sud.
    C’est l’époque où se faire insulter de nègre et se faire frapper à plusieurs devient normal...à vous donner la nausée.
    Puis vient la guerre du Vietnam,les courriers non désirés appelant les jeunes à aller combattre pour une guerre qui ne les intéresse pas,ils ont d’autres rêves,d’autres ambitions.
    Alors,ils décident de leurs vies.
    De vadrouille en vadrouille,ils vont rencontrer des obstacles et renforcer leur lien d’amitié,vivre leur vie de frères jusqu’à leur retour à Greenleaf où l’amour d’une fille va venir s’immiscer et où l’enfer va ouvrir ses portes à Daniel.
    Un soir où tout bascule et où Daniel rentre dans le monde de West.
    .
    Ce que j’ai pensé de ce livre,un livre fort en émotion où quelques fois l’injustice m’a foutu la rage.
    Un livre qui chamboule et qui confirme que RJ Ellory est un excellent narrateur,parce que la façon qu’à le livre de nous raconter cette histoire nous captive et nous transporte vraiment dans la vie de Daniel et Nathan.
    Après avoir adoré "Seul le silence",je ne suis pas déçue.
    Si vous ne l’avez pas encore lu,allez-y.

  • Aude Lagandré 6 octobre 2019
    Papillon de nuit - Prix des Lecteurs Polar 2017 - R. J. Ellory - Maxime Chattam - Fred Vargas

    Daniel Ford est dans le couloir de la mort. Il attend son exécution. Comme la procédure le lui permet, un prêtre lui rend régulièrement visite pour discuter. Au gré de ces conversations avec John Rousseau, Daniel se souvient : de la naissance de son amitié avec Nathan, de l’émergence des premiers émois amoureux, des évènements joyeux et tragiques qui ont jalonnés sa vie. Au milieu du tumulte historique qui commence en 1961 par l’élection de Kennedy, des conflits ségrégationnistes, de la guerre du Vietnam, Daniel voit ses souvenirs affluer. Le roman commence en 1982, Daniel a 36 ans, mais c’est bien en 1952 que nous sommes plongés, date à laquelle Daniel rencontre Nathan, petit garçon noir au rire communicatif. Entre passé et présent, les émotions ressurgissent, intactes.

    Beaucoup de choses ont déjà été écrites sur ce livre. « Papillon de nuit » est le premier ouvrage de RJ Ellory publié aux éditions Sonatine. Il est assez enivrant de découvrir la patte de l’auteur à ses débuts, alors que j’ai achevé il y a peu de temps, son dernier ouvrage « Le chant de l’assassin ». J’y ai retrouvé tout ce que j’aime chez lui : l’atmosphère noire, des personnages denses, des réflexions intimes sur l’Humanité et le sens de la vie, des sujets polémiques concernant l’Histoire américaine.

    Je referme ce livre avec beaucoup de nostalgie, je laisse Danny et Nathan exister à travers les lignes, même d’un livre fermé, car dans ma tête ils vivent toujours, comme Evan Riggs ou Henri Quinn. Cette lecture a suivi celle de l’excellent « Replay » qui m’avait apportée tant d’émotions. Celui-ci est fait dans la même veine, du même bois : de l’émotion à l’état brut.

    Ma fille aînée me demandait hier si je n’avais pas l’impression de vivre une vie par procuration en étant sans cesse plongée dans un livre narrant la vie des autres. Il y a peu d’auteurs capables de vous emporter à la fois dans un récit, mais aussi au fond de vous-même, tout au fond, là où sont terrées vos émotions, vos rages, vos joies. RJ Ellory est un magicien, un magicien doué avec les mots qu’il manie par le biais de phrases longues, percutantes, où la poésie virevolte à chaque page, simplement en parlant du destin d’un homme, d’une nation, de l’humanité au sens large. Son écriture vous emporte par delà le tangible, au-delà des mots que vous pourriez utiliser pour qualifier son œuvre. Il vous laisse sans voix, mais avec tellement de béatitude, tellement de citations qui font sens, tant d’idées déclenchant la réflexion sur la condition humaine, la vie, l’absurdité de certains choix, l’honneur, l’amitié, la parole donnée, la différence, la cruauté.

    Je réitère mon amour inconditionnel pour cet écrivain britannique qui n’a pas son pareil pour vous entraîner sur les chemins de l’histoire américaine avec passion, et lucidité. Il dit de lui qu’il veut « écrire des histoires qui ont un effet sur les gens ». Il est, sans conteste, une voix de la littérature noire qui résonne dans votre tête longtemps après le livre refermé, et laisse dans votre cœur une plaie béante. J’ai souri en lisant les remerciements à la fin du roman : « À tous ceux qui ont cru que je ne vaudrais jamais rien. » Joli pied de nez à la vie, à ceux qui ont le cœur aussi noir que celui du gardien de prison West, à tous ceux qui par leurs mots ont tenté de détruire un être en construction.

    J’aime son regard sur l’histoire américaine : il est sans concession et d’une grande lucidité. Les années 60 sont une période de prédilection pour l’auteur et souvent je me demande si, en enlevant les dates dans ses romans, les faits d’hier ne pourraient pas s’appliquer à ce qui se passe dans le pays aujourd’hui. Je vis en Californie, mais avant cela, j’habitais près de Detroit, Michigan où les problèmes de couleur de peau étaient toujours extrêmement présents. Certes, les noirs ne sont plus parqués au fond des bus, et pourtant, le racisme ordinaire est toujours d’actualité. J’ai retrouvé dans cette citation, « Je crois qu’elle venait du genre de milieu où elle pouvait obtenir à peu près tout ce qu’elle voulait sans trop d’efforts. Quand vous vivez comme ça quelque temps, je crois que les choses commencent à perdre leur valeur. Les relations aussi. Je suppose que si vous avez de l’argent, il a toujours des gens qui font la queue pour être votre meilleur ami. », tout ce que j’ai vécu en Californie qui résume si parfaitement mon désir profond de partir. Ce drapeau qui affiche ses étoiles comme un étendard de pléthores possibles cache sa crasse sous le tapis.

    Je ne suis pas croyante. Et pourtant, les interrogations de RJ Ellory sur l’existence de Dieu me touchent. Le doute, prégnant « J’ai cherché Dieu, là-haut. Je ne l’ai pas vu. Je me suis dit qu’il avait mieux à faire. » se mélange sans cesse à la certitude « Je crois au karma. Je crois que Dieu existe. »

    Ses personnages sont d’une profondeur incomparable. Ici, Daniel a lui aussi « plus de souvenirs que s’il avait mille ans. » L’introspection sincère, perspicace de sa propre vie est vibrante. Les êtres qu’il côtoie, cette amitié indéfectible avec Nathan, ou cette tendresse presque maternelle avec Eve Chantry engendrent sa propre construction. On ne grandit qu’au contact des autres parfois dans la fureur et dans le bruit, parfois dans l’amitié ou l’amour. Cette compassion qu’Ellory possède pour le genre humain, cette propension à accepter les forces et les faiblesses, les actes justes et les injustices, font de ses romans des œuvres humanistes. L’opposition des gardiens Timmons et West en est une magnifique démonstration.

    Enfin, il a le don de me laisser hagarde, les yeux dans le vague, à juste lire certaines phrases qui me remuent les tripes. « La vérité est ce qu’elle est, tu es ce que tu es, et même si ton point de vue peut changer, même si tu as peut-être une perspective nouvelle sur quelque chose, ton cœur, et ce en quoi tu crois et qui tu es au fond de toi seront toujours toi…et du dois écouter ce cœur, tu dois croire que ce que tu as fait est juste, et qu’importe ce que peuvent dire, penser ou faire les autres, tu dois avoir foi dans tes décisions. » Puis plus loin, « Je me demande ce qu’est la vie, ce qu’elle signifie. Peut-Être n’est-elle rien de plus qu’une histoire, une voix chaque fois différente et rare, racontée avec une voix propre. »

    Quand je lis Ellory, je sens toujours l’homme et ses valeurs en premier. Puis vient l’écrivain. Il n’a pas son pareil pour brosser l’enfance, l’amitié, et l’amour. Son écriture est tripale. Quand il vous emmène dans les couloirs du couloir de la mort, c’est comme si vous y étiez. Quand il oblige un personnage à l’introspection, il déterre la substantifique moelle de son destin « Le recul — notre conseiller le plus cruel et le plus perspicace — vacillait dans le rétroviseur de mon esprit. »

    Nous sommes tous des papillons de nuit « attirés par la lumière, car nous voulons être vus, nous voulons que notre propre beauté magique soit reconnue ». Nous sommes des êtres de contradictions. Nous sommes des êtres de lumière et d’ombre et RJ Ellory pose toujours sur nous son regard bienveillant.

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