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L’interrogatoire de Jacques Pons

Bepolar : Comment est née l’idée d’Organigramme ?
Jacques Pons : L’idée de l’intrigue dans ses détails et dans ses rebondissements est venue au fur et à mesure de l’écriture du texte. Dans la mesure où le roman commence par la fin (ou en tout cas par une idée de ce à quoi pourrait ressembler la fin), je me suis amusé à tracer le chemin vers cette fin, en explorant plusieurs détours, impasses ou déviations.
Quant au propos général du roman, je dirais que je l’avais déjà en moi, depuis longtemps. Cette mécanique pas toujours huilée des rapports hiérarchiques dans l’entreprise, ce système aussi implacable qu’il est asymétrique dans sa gouvernance, les dérives potentielles que tout cela peut créer dans la psyché des individus qui composent cet univers sont des thèmes qui me passionnent. La matière était là, je n’ai fait que la modeler, avec des mots, une intrigue et des personnages incarnés.

Bepolar : Vous y pénétrez l’univers du Luxe. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous immerger dans ce domaine ?
Jacques Pons : D’abord, cet univers est celui dans lequel j’ai évolué, au plan professionnel, pendant plus de quinze ans. J’en connais donc les beautés autant que les chausse-trappes, le sublime autant que le grotesque. C’est un univers dans lequel il me semblait crédible d’ancrer mon récit.
Ensuite, l’univers du luxe est un monde de contradictions permanentes. On y cultive une forme presque abstraite d’excellence (artistique, créative, comportementale…), alors que les facteurs objectifs de succès et d’épanouissement sont souvent déverrouillés par les mesquineries les plus sordides. C’est un monde d’une richesse artisanale et patrimoniale sans grand équivalent, mais il est rare que cette profondeur survive au tamis des impératifs économiques et commerciaux et des rivalités individuelles.
De ce point de vue, je trouvais intéressant d’en faire le décor d’un roman noir, d’un thriller sociétal.
Enfin, mon parcours dans ce monde m’a permis de rencontrer des personnes exquises, drôles, extravagantes, de me retrouver dans des situations totalement absurdes si on les sortait du contexte, c’est aussi ce que j’ai tenté de retranscrire. Un peu d’humour dans un thriller n’a jamais fait de mal !

Bepolar : Votre roman décrit une société dans laquelle on n’a pas envie de travailler : pression sur les salariés, burn out, menaces, harcèlement... mais aussi des séminaires de créativité et plein de jolis mots comme CoDir ou beautiful people. Vous aviez envie de dénoncer les dérives du monde du travail ?  
Jacques Pons : Non. Mon propos n’est pas de dénoncer. Le monde du travail est un formidable terrain d’épanouissement et d’expression. J’ai plutôt essayé, modestement, de faire réfléchir, de démontrer par l’absurde à quelles extrémités on pouvait arriver si l’on ne prenait pas un peu de recul sur certaines pratiques.
Je pense que l’entreprise, l’organisation en tant que telle, périra si elle ne modernise pas les rapports entre les individus qui la construisent.

Bepolar : Votre tueur cible la Maison Louis Laigneau. Cette société est un personnage à part entière pour vous ?  
Jacques Pons : C’est une question difficile. A vrai dire, je ne pense pas. Les membres du Comité de Direction de Louis Laigneau et les autres personnages de cette société sont des archétypes, presque des allégories, mais Louis Laigneau en tant que telle est davantage un décor à mon sens.

Bepolar : C’est votre premier roman, qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’écriture ?  
Jacques Pons : C’est plutôt « qui » que « quoi », dans ce cas. J’ai toujours adoré lire, surtout des romans. Je suis un boulimique de lecture. Et l’admiration que je voue à tous les auteurs, publiés ou non, d’ailleurs, qui ont le courage et la résilience d’écrire une histoire jusqu’au bout, sur un temps long, a entretenu en moi ce fantasme latent de produire un tel effort. D’écrire un roman. Mais vous savez ce que c’est… Le temps passe, on se trouve sans cesse une bonne excuse, une bonne raison, et à la fin on ne produit rien… C’est de la paresse, de la pudeur, de la crainte ou de la vanité, le résultat est là : toujours rien.
Et puis un beau jour, c’est ma femme qui a tout déclenché. Elle est rentrée en tenant à bout de bras un exemplaire de VSD, ouvert à la page qui présentait le « concours du meilleur thriller français », en partenariat avec RTL, et organisé par la plateforme digitale communautaire Fyctia, des éditions Hugo & Cie. « Depuis le temps que tu nous bassines avec tes envies d’écrire, tu n’as qu’à t’y mettre pour de vrai ! ». Un brin narquoise, provocatrice, encourageante aussi. Ce fut le déclic. Mon orgueil de velléitaire endurci était piqué. Je me suis lancé dans le concours, en écrivant le prologue le soir-même. Trois mois plus tard, le résultat était là : j’avais écrit une histoire. En entier ! Et en plus j’y avais pris du plaisir. Par la grâce des jurés du concours, que je remercie encore, cette histoire est devenue un roman. Et l’histoire est belle puisque le roman est sorti récemment chez Pocket, ce qui lui apportera, j’espère une seconde vie et un lectorat plus large !

Bepolar : Comment avez-vous vécu ces premiers mois après la sortie de votre livre ?  
Jacques Pons : Comme un gosse à qui on donne carte blanche dans un magasin de jouets ! J’ai tout découvert avec un enthousiasme de débutant… Les signatures, les salons, les réseaux sociaux, les discussions enflammées avec les bloggeuses et les bloggeurs, à qui il faut rendre hommage ici car ce sont aussi eux qui font exister les textes au-delà des plateformes et des librairies. Je me suis amusé comme un fou. Et puis il faut bien le dire : je n’étais pas spécialement fan de littérature noire, alors j’ai découvert un univers fascinant, passionnant, de textes et d’auteurs animés par une même énergie, celle de faire vivre un genre souvent décrié ou méprisé. Quel pied ! Je suis devenu accroc à la plume de certains…

Bepolar : Quels sont vos projets ? Avez-vous déjà des idées pour un prochain polar ?
Jacques Pons : J’ai beaucoup d’idées, sans doute trop ! Je souris en vous répondant. Encore une bonne excuse… Oui, j’aimerais beaucoup écrire une nouvelle histoire, sur un domaine et un registre différents. Mais toujours avec du suspense, du cliffhanger, des fausses pistes, et, si j’y arrive, un peu d’humour !

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