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L’interrogatoire de Nicolas Druart

Bepolar :Comment est née l’idée de votre roman ? Qu’aviez-vous envie de faire ?
Nicolas Druart : J’ai eu l’idée de L’Enclave en lisant un roman de John Connolly, Le Temps des Tourments. Dans cette histoire, qui se déroule aux États-Unis, il est question également d’une zone interdite, sauvage, qui vit en marge de la société, et où il se passe des trucs plutôt glauques. J’ai voulu créer ma propre région autonome, enclavée par une forêt (d’où son surnom), mais qui serait implantée en France, en Aveyron, un département que je connais très bien. L’intrigue est une trame classique d’histoire d’horreur dans laquelle on flirte à la lisière du surnaturel ; en revanche il est difficile d’aborder plus précisément le but général du roman sans en dévoiler la fin… Pour rester ambigu, je dirais que j’ai voulu faire l’inverse de ce qu’on lit habituellement dans ce genre de récit.

Bepolar : Vous nous emmenez dans une vallée du Lot. Pourquoi cette région ?
Nicolas Druart : En tant qu’auteur débutant, il me parait logique de traiter de sujets que je maîtrise. J’ai choisi de développer mon intrigue en Aveyron car c’est un département que je connais très bien pour y avoir grandi. De plus, l’isolement de cette région, sa densité et sa géographie en font un décor idéal pour un thriller, rappelant ces étendues rurales, parfois sauvages, que l’on peut rencontrer dans les romans américains.

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Bepolar :Comment l’avez vous "construite" et peut-on dire qu’elle est presque un personnage à part entière ?
Nicolas Druart : Je suis tout à fait d’accord, on peut même dire que L’Enclave est le personnage principal du livre. Le but était de créer une zone terrifiante, source de rumeurs incroyables, interdite d’accès pour entretenir le mystère, que les habitants du coin n’osent pas mentionner mais dont l’histoire est connue de tous. Je trouvais le paradoxe intéressant : les gens ont peur de L’Enclave mais ils en sont dépendants, économiquement parlant. On la découvre petit à petit, au fur et à mesure de la lecture, d’un point de vue intérieur (grâce aux personnages qui s’y perdent), mais aussi d’un point de vue extérieur (avec les gendarmes). Ainsi, le lecteur se fait une idée de L’Enclave dans sa globalité.

Bepolar :Cette une zone pleine de mystères dans laquelle vont plonger le jeune adjudant-chef Stanislas Sullivan, Vanessa, aide médico-psychologique, et Simon, infirmier. Comment pourriez-vous nous présenter ces personnages ?
Nicolas Druart : Comme dans tous mes romans, les personnages principaux sont issus du monde médical. C’est un milieu que je connais bien pour y avoir travaillé pendant des années, il me paraissait donc naturel de mettre en scène des professionnels dont je maîtrise les compétences. De plus, les soignants ont déjà un bagage émotionnel fort de par la difficulté de leur métier, je trouve qu’ils ont une résilience intéressante pour évoluer dans un thriller, ils ont plus de cartes en main pour s’extirper de situations horribles. Vanessa est une jeune femme aléthique, sportive, endurante, passionnée par son boulot d’aide-médico-psychologique, originaire de l’île de La Réunion et qui a du mal à s’intégrer socialement ; elle est du genre réservé, limite antisociale. C’est aussi une grande lectrice. Je trouvais intéressant de créer un personnage doté d’une bonne condition physique pour pouvoir se débrouiller dans le décor accidenté de L’Enclave. Simon est un peu le contraire, c’est la raison pour laquelle ce duo professionnel fonctionne bien ; il est exubérant, très social, toujours de bonne humeur, mais sous les apparences se cache un garçon timide qui a des difficultés à avouer son homosexualité à ses parents. Ça le fait souffrir. En ce qui concerne l’adjudant-chef Stanislas Sullivan, c’est un jeune gendarme fraîchement muté dans le département et dont la compagne attend leur premier enfant. Il était indispensable de créer un personnage qui n’était pas originaire du coin, qui a un regard extérieur sur les mœurs de la région afin que le lecteur découvre à travers ses yeux et ses raisonnements les mystères que recèle L’Enclave.

Bepolar :Vous n’hésitez pas d’ailleurs à les malmener. Vous vouliez qu’ils souffrent ?
Nicolas Druart : J’avoue que dans ce roman je n’ai pas épargné les personnages. Je ne suis pas spécialement sadique — quoique —, c’est un des aspects que j’affectionne dans l’écriture de one shot (c’est une des raisons pour laquelle je n’écris que ça) : la possibilité qu’il puisse tout arriver aux protagonistes. Je trouve que ça hausse le suspense. Aucun personnage n’est à l’abri d’une tragédie…

Bepolar :On lit le roman à toute vitesse. L’intrigue est rapide. Comment avez-vous construit le récit en terme de style ?
Nicolas Druart : Je suis content d’apprendre qu’il se lit vite 😊 C’est bon signe ! J’essaye de créer des intrigues haletantes, que le lecteur soit en apnée durant la lecture. Tout est fait de façon à rendre accroc, un peu comme une drogue littéraire. Dans ce troisième livre, j’ai voulu faire un roman plus « d’ambiance », le décor est planté progressivement avant que les choses s’accélèrent. Le récit est scindé en deux histoires parallèles : d’un côté on suit un groupe de personnages qui se perd dans l’Enclave ; de l’autre on assiste la brigade de gendarmerie qui enquête sur des disparitions. Ces deux histoires avancent en parallèle pour donner du rythme, jusqu’à ce qu’elles se rejoignent…

Bepolar :Un internaute parle d’une écriture très visuelle, très cinématographique. Est-ce que vous aviez certains films à l’esprit en commençant votre roman ?
Nicolas Druart : Je ne m’en cache pas, j’ai grandi en regardant des films d’horreur de série B. Des jeunes se perdent dans un coin paumé, un méchant tueur masqué arrive et l’hémoglobine fuse. J’aime ces films, j’en regarde encore aujourd’hui. Pour vous donner un exemple, en cours d’écriture, j’ai revu Sheitan, avec Vincent Cassel, dans un registre un peu similaire à celui que j’ai voulu faire. J’affectionne ce style d’écriture cinématographique car c’est avant tout ce genre de romans que j’aime lire. J’insiste sur le côté visuel pour que le lecteur s’imprègne des lieux, des situations, afin d’essayer de l’immerger le plus possible dans une ambiance pesante et oppressante.

Bepolar :Sur quoi travaillez-vous désormais ? Quels sont vos projets ?
Nicolas Druart : J’ai écrit les trois quarts d’un nouveau thriller qui se déroule à Toulouse, dans la ville où j’habite. L’intrigue tourne autour d’un vieil hôtel où, là encore, il se passe des trucs bizarres. J’ai des idées pour un cinquième roman, notamment un thriller dont l’histoire se situerait dans un petit village des Pyrénées. J’ai également écrit une nouvelle, j’en reparlerai très bientôt 😊

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