L’interrogatoire de Pierre Gaulon

Chaque bonne idée n’est pas suffisante à en faire en roman, il faut souvent qu’il y ait collision des idées entre elles pour créer une sorte de « méta idée »

Comment est née l’idée de ce nouveau roman ?
Pierre Gaulon : En fait, il n’y a pas « une idée » mais une succession d’idées. En général, la base de mes thrillers est un fait divers. Dans La mort en rouge, il s’agit du suicide d’un homme dans une cage d’escalier, dans Noir ego d’une disparition inexpliquée d’un père de famille lors d’une halte sur une aire d’autoroute. Ici, l’idée de base a été celle d’une agression dans le quartier d’une ville réputée calme. Souvent, le socle de mes histoires repose sur un «  et si… ». Dans ce cas précis, je me suis dit : « Et si un expert en combat sauvait une personne agressée dans la rue puis s’en allait sans laisser de trace, comment le retrouverions-nous ? »
Cette idée de base va ensuite mijoter quelques semaines, quelques mois, quelques années et vont se greffer à elle d’autres thèmes qui me tiennent à cœur. Chaque bonne idée n’est pas suffisante à en faire en roman, il faut souvent qu’il y ait collision des idées entre elles pour créer une sorte de « méta idée » (FUSIIIOOOOOOONNNN !!!).
Dans « La brûlure des anges », on retrouve, brodés autour de cette intrigue principale, de nombreux thèmes et symboliques comme celles de la religion, de la manipulation médiatique, de la corruption avec le feu en métaphore filée.

Peux-tu nous présenter ton héroïne ?
Pierre Gaulon : L’héroïne s’appelle Louise. Il s’agit d’une étudiante studieuse de psychologie, passionnée de dessins, dont la vie va changer du jour au lendemain lorsqu’une bande de quatre types dans essaie de la violer. Elle sera sauvée in extremis par un providentiel protecteur dont elle ne voit qu’une vague cicatrice au bras, comme une brûlure…

On sent que la malencontreuse expérience de Louise a occasionné un choc post-traumatique dont elle n’arrive pas à se remettre.

Pourquoi est-ce important pour elle de retrouver son sauveur ?
Pierre Gaulon : C’est là que la chose devient un peu plus complexe. Sans que cela soit clairement dit, on sent que la malencontreuse expérience de Louise a occasionné un choc post-traumatique dont elle n’arrive pas à se remettre. Cette agression lui tourne dans la tête, lancinante. Et son sauveur finit par être idéalisé, fantasmé en une sorte d’ange gardien. Aidée par Quentin, un journaliste au chômage ancien héroïnomane, Louise va donc chercher à reconstituer le portrait de son providentiel protecteur.
Il y a dans ce roman, toute une réflexion sur la foi en comparant le parcours de Louise et celui de Quentin. Tous deux ont été « sauvés  » à leur manière, par une personne extérieure, mais chacun aborde ce « sauvetage » de façon radicalement différente. L’une voit des signes de son ange-gardien à chaque étape de sa vie, l’autre est au contraire devenu cartésien et pragmatique.
C’est en ce sens que l’intrusion de ce que j’appelle un fantastique « à l’ancienne  » me paraissait intéressant. Le lecteur, comme les protagonistes, vont hésiter entre la thèse rationnelle et le surnaturel.

J’essaie d’introduire dans chacun de mes romans, ce genre de suspens fantastique

Y’a-t-il des liens avec La Mort en rouge, Noir Ego ou Enragés ?
Pierre Gaulon : Il n’y a pas de lien véritable entre les différents livres. Chaque livre est un one shot, indépendant des autres. Cependant, j’ai inséré tout un tas de clins d’œil aux précédents thrillers. A un moment du livre par exemple, Quentin se fait passer pour un policier et emprunte celui du policier présent dans Noir ego, etc
Le seul point commun réel entre ces différents livres tient dans ce léger fantastique. Etant un fan des auteurs fantastiques du 19eme siècle comme Maupassant, Mérimée, Villers de l’Isle Adam, ainsi que des polars fantastiques tels que  Le chien des baskerville , Le mystère de la chambre jaune ou double assassinat dans la rue morgue, j’essaie d’introduire dans chacun de mes romans, ce genre de suspens fantastique. Certains ont dit que mes romans ne tenaient pas du fantastique, mais de l’étrange. Je trouve que ça leur correspond assez bien.

Est-ce que tes lecteurs habituels vont être surpris ?
Pierre Gaulon : Je l’espère ! J’ai envie de dire qu’ils doivent l’être pour chaque roman, étant donné que sur les 9 que j’ai publiés, aucun n’est pareil ! J’essaie de toujours me renouveler quitte à me situer à la limite des genres, créer une atmosphère qui soit propre à chaque histoire.

Comment travailles-tu en tant qu’auteur ?
Pierre Gaulon : En ce qui concerne mes habitudes de travail, j’ai tendance à écrire le matin, si possible dans le calme. Le soir, je le consacre à la lecture d’autres romans car je suis en constante recherche d’amélioration et ce n’est qu’en lisant, « un stylo à la main », que je pourrai y arriver.
Si certains lecteurs veulent en savoir plus sur mes méthodes de travail, j’ai créé un blogd’aide à l’écriture intitulé «  un an pour un roman » dans lequel je donne quelques méthodes.

Tu as aussi publié des romans de fantasy. Tu passes de l’imaginaire au polar facilement ?
Pierre Gaulon : Mes « thrillers  » sont classés dans cette catégorie « suspens », mais ils pourraient aussi bien être mis dans la catégorie « fantastique  » tant ils se situent à la limite des genres. Je n’entre jamais dans le « surnaturel  » comme certains textes de Sire Cedric par exemple, mais on ressent une atmosphère fantastique, on doute, on se pose des questions. Je ne passe donc pas de l’imaginaire au polar mais j’intègre l’imaginaire au polar. Dans la saga Blizzard, j’ai essayé d’intégrer le « thriller  » à la fantasy en écrivant des chapitres plus courts que ceux de la fantasy « classique  », créer une véritable intrigue dans laquelle on ne connaît le mobile et le nom véritable du coupable qu’à la fin. 

Quels sont tes projets ? Sur quoi travailles-tu ?
Pierre Gaulon : Avec Tatiana Forler, une nouvelliste confirmée, nous écrivons depuis plusieurs années une dystopie sur le thème de l’intelligence artificielle, notamment le deep learning, nous en sommes actuellement aux trois quarts mais je serais incapable de définir quand nous allons le terminer !

En parallèle, nous avons écrit avec un auteur de thriller, environ la moitié d’un « trasher  » qui va faire couler beaucoup de sang… et d’encre ! (Le nom de mon coéquipier d’écriture est top secret ! ;))

Concernant mes projets personnels, je viens de terminer le premier jet d’un roman jeunesse façon « chair de poule », afin de faire frissonner les plus jeunes, roman qui sortira si tout se passe bien au dernier trimestre 2017. Mais le projet qui m’accapare le plus est un roman dans un genre que je serais incapable de décrire. Entre le thriller, l’épouvante, le fantastique et la SF. Une expérience complètement folle qui me demande un travail de recherche absolument démentiel dans l’atmosphère angoissante d’une Louisiane réinventée.
Petite nouvelle, j’ai écrit également deux chapitres d’un roman de fantasy :).
J’adore lancer plein de projets simultanément et laisser le temps les faire mûrir. 

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