L’interview d’Oren Miller

Comment est née l’idée de ce roman ? Qu’aviez-vous envie de faire ?
Oren Miller : L’idée de mes romans commence toujours par un voyage. Je visite une ville en france ou à l’étranger et il y a quelque chose qui se passe au détour d’une balade. Je commence à réfléchir à un idée qui prendrait place dans cette ville ou dans ce quartier. J’imagine des scènes et je vois des images. Alors dis comme ça, ça fait un peu possédée, mais en réalité j’ai un processus d’écriture extrêmement visuel. Je pense d’ailleurs que ça se sent et que je mets plus en scène que je ne décris. Pour le précédent polar, "J’agonise fort bien merci" l’idée m’est venue suite à ma rencontre avec Saint-Malo et la résidence les roches brunes sur la pointe de la Malouine. Pour "A présent vous pouvez enterrer la mariée", c’est un voyage à Monaco qui a excité mon imagination. Pour l’intrigue en elle-même, je pense que c’est la somme de la quantité astronomique de livres et de reportages que j’ai vu sur des affaires criminelles au cour de l’histoire qui ont un peu formaté mon cerveau, même si j’ai des thèmes de prédilection assez récurrents dans mes livres.

Quand j’ai voyagé en Bretagne, l’aspect folklore et superstitions m’est apparu comme une évidence

Le précédent avait une touche de fantastique, pas celui-ci (apparemment). Il n’y en avait pas besoin ?
Oren Miller : Chacune de mes enquêtes est indépendante et spécifique. Chaque nouvelle aventure plonge le lecteur dans une ambiance et un environnement différent de la précédente. Clairement quand j’ai voyagé en Bretagne, l’aspect folklore et superstitions m’est apparu comme une évidence. J’avais envie d’associer ça à l’intrigue. Pour A présent vous pouvez enterrer la mariée, j’avais plus une idée de secrets sulfureux, d’intrigues politiques placés dans les hautes sphères de la société monégasque et parisienne de l’époque. Je prends sans doute des risques à plonger à chaque fois le lecteur dans une nouvelle ambiance mais pour moi chaque roman doit rester un challenge et doit proposer quelque chose d’autre aux lecteurs.

Qui sont les deux enquêteurs et comment construisez-vous vos personnages ?
Oren Miller : Deux enquêteurs sont en charge des enquêtes : Evariste Fauconnier et Isabeau le Du. Ils se rencontrent dans J’agonise fort bien merci et sont toujours "ensemble" dans A présent vous pourrez enterrer la mariée qui se déroule deux ans plus tard. Evariste Fauconnier est un notaire chevronné dont la clientèle est très riche, ce qui lui assure un carnet d’adresse extrêmement enviable. On comprend assez vite qu’il a l’habitude de régler des problèmes épineux de gens puissants qui font appel à lui en toute discrétion. C’est un homme qui a un lourd passé derrière lui et qui a apparemment perdu sa femme dans des circonstances terribles à l’époque où il vivait au Congo. Isabeau Le Du est un garçon du cru, né et abandonné en Bretagne. C’est un jeune homme terriblement vif d’esprit, avec de nombreux talents mais qui a été brimé par toutes les personnes qu’il a croisé depuis son enfance tandis qu’il était balloté d’orphelinat en orphelinat. Sa rencontre avec un homme de la capitale, cultivé, brillant et issu d’une classe sociale inconnue d’Isabeau va être une révélation pour lui. Et à l’inverse, Evariste va être surpris par l’intelligence et l’adaptabilité hors norme du jeune homme et leur duo qui devait être temporaire va finalement durer. Ils ont deux caractères diamétralement opposé mais du coup, ils se complètent parfaitement.

Les personnages sont le plus important pour moi dans un roman. L’histoire n’est là que pour permettre leur évolution et leur interaction, donc je mets un grand soin à développer les fiches personnages avant de commencer le roman. Je creuse leur psychologie et leur background pour ensuite voir comment ils fonctionnent ensemble. Parfois d’ailleurs, leur interaction fait carrément évoluer l’histoire. Parfois, ils me dépassent un peu !

J’ai besoin d’éprouver des émotions quand j’écris

Quels relations entretenez-vous avec Évariste Fauconnier et Isabeau Le Du ? Est-ce qu’on les retrouvera dans de futures histoires ?
Oren Miller : J’ai beaucoup d’affection pour ces deux personnages. En ce qui me concerne, l’amour que je leur porte est la base. Il faut que mes personnages me fassent ressentir quelque chose sinon je reste froide et l’écriture s’en ressent. J’ai besoin d’éprouver des émotions quand j’écris, sinon j’accumule les lignes et les paragraphes, c’est français, propre, mais ça reste glacé et impersonnel. Quand j’écris leur dialogue, il m’arrive de rire et de pleurer. Je pense que si déjà à la base l’auteur s’amuse ou ressent les émotions, alors c’est un bon début. Cela ne veut pas dire que le lecteur suivra, mais au moins c’est un bon début.

On les retrouvera dans de futures histoires, absolument. Ils n’ont pas encore révélé tous leurs secrets et n’ont pas encore complètement évolué donc je pense qu’ils peuvent encore surprendre et intéresser le lecteur.

Le titre est assez génial. Celui de votre précédent roman (J’agonise fort bien, merci) l’était également. Comment choisissez-vous les titres de vos livres ?
Oren Miller : Merci beaucoup pour les titres ! En fait, le titre est extrêmement important pour moi. Parfois, j’ai la phrase qui me trotte dans la tête depuis un moment, je ne sais pas forcément ce qu’elle veut dire, ni ce que je vais en faire. C’est juste que la phrase m’interpelle et elle participe du processus d’écriture. Je pense que la lecture d’un roman commence dès le titre et la couverture, car ils racontent quelque chose. J’ai la chance d’être assez libre sur le choix du titre et de la couverture donc ça fait partie du voyage que j’espère proposer au lecteur. Donc chaque fois qu’un lecteur me dit qu’il adore le titre, ça me touche énormément parce que je me demande toujours si j’ai fait le bon choix.

Sur quoi travaillez-vous ? Avez-vous par ailleurs des dédicaces à venir ?
Oren Miller : Je travaille actuellement sur les prochaines aventures d’Evariste et d’Isabeau et par ailleurs je publie des comédies romantiques chez harper and collins sous le nom de plume de Lucie Castel. Varier les genres est important pour moi. Cela me permet de me ressourcer.
Je devrais être présente au salon du livre de Genève ainsi qu’aux Hallienales.

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