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Quentin Tarantino, ses cinq polars cultes : Boulevard de la mort

Pour satisfaire ses pulsions sexuelles inassouvies, Stuntman Mike met à mort ses proies à l’aide de sa voiture. Manque de bol pour lui cette fois, les règles changent : chasseur, il devient la proie d’une bande de femmes bien décidée à se venger. And they’re gonna kick his ass !

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Le débat autour du caractère profondément misogyne (ses méthodes hitchcockiennes de tournage) ou a contrario féministe (ses intrigues « girl power ») de Quentin Tarantino est peut-être un non sujet. Par-delà cette problématique souvent montée en épingle, une chose est sûre en matière de scénario : les personnages féminins de ses films occupent une place éminente, qu’il s’agisse de Mia ("Pulp Fiction"), Shosanna ("Inglourious Basterds"), Daisy ("Les Huit Salopards") en passant par Jackie ("Jackie Brown") ou Black Mamba ("Kill Bill"), sans oublier Miho et Gail dans le "Sin City" de Robert Rodriguez (auquel a participé Tarantino). Mieux : même si pris dans un double-jeu (celui de l’héroïne à la fois célébrée et vampirisée voire fantasmée par la caméra), celles-ci sont là pour incarner une morale servant à déconstruire la toute-puissance masculine.

Certes, le jeu s’avère bien sûr biaisé d’avance car le démiurge reste dans l’équation un homme à savoir celui aux manettes : Quentin Tarantino himself. Cependant, le dispositif semble dépasser ce paradoxe dans "Boulevard de la mort", film noir sexy et vengeur fallacieusement dans la tradition du Russ Meyer obsédé de "Faster, Pussycat ! Kill ! Kill !" (1965).

Ici, toute l’intrigue consiste à dépeindre la monstruosité d’un homme pour mieux la déconstruire et finir par la réduire à néant, si bien que le temps où les femmes étaient seulement des victimes semble d’un autre âge.

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Eh non, le sixième film de Quentin Tarantino n’est pas seulement un hommage aux films de séries B à l’instar de "Planet Terror", film de Robert Rodriguez sorti de manière quasi concomitante (pour former un double programme façon Grindhouse), mais bien un film noir de premier plan. Sa forme se veut certes plus atypique. Dans un premier temps, il suit la trajectoire d’un groupe d’amies croisant dans un bar la route d’un prétendu cascadeur, en réalité prédateur sexuel refoulé doublé d’un serial-killer abattant ses proies féminines avec son véhicule lancé à pleine vitesse. Funeste rencontre malheureusement pour le trio, mais "Boulevard de la mort" ne s’arrête pas à cette fatalité. Plus tard, le système s’inverse et Stuntman Mike va voir ses plans tordus contrecarrés par quatre proies (magistrales Zoë Bell, Tracie Thoms, Rosario Dawson, Mary Elizabeth Winstead) peu enclines à se laisser dominer par leur poursuivant.

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Furieuse et hautement fétichiste, la mise en scène de Tarantino est jouissive à souhait, assez proche dans son schématisme du "Point limite zéro" de Richard Sarafian (1971). En vieux vétéran sorti de "New York 1997", Kurt Russell excelle quant à lui dans son rôle de mâle impuissant et incapable de sublimer l’acte sexuel autrement qu’avec ses véhicules. Mention spéciale pour les scènes de dialogue, jubilatoires, pour le lap-dance dévastateur de Vanessa Ferlito, pour toutes ces sautes d’images et autres rayures imitant les vieilles bandes seventies en mode Nouvel Hollywood. Culte.

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