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Je maudis le jour - Anna-Véronique El Baze

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Résumé :

Un polar sous tension, entre folie et désespoir.

Nicolaï Stefanovic a rendu les armes au Mali, la nuit du 16 mars 2013, dans une grotte de l’enfer rocheux de l’Idrar des Ifoghas. La vie du fier légionnaire avait basculé et la France l’avait décoré pour ça. Depuis, il erre, indifférent au monde. Il regarde sa vie lui échapper au rythme des voitures qui filent sur un quai de Seine. Depuis, c’est comme en prison, le froid, la faim et l’infini en plus.

Léa, divorcée, 39 ans, est libraire ; elle a le profil d’une femme terne sur lequel on ne se retourne pas. Sa came c’est le roman noir, celui qui lui procure l’adrénaline. La vraie vie, elle ne sait pas ; les autres, elle les évite. L’émotion, elle la tient à distance. Elle est aussi invisible et détachée de la réalité des hommes que l’est ce vagabond.

Ces deux êtres " sortis du cadre " se croisent. Ils se voient, se parlent, se bousculent. Chacun redonne un semblant de sens à l’existence de l’autre.

Léa a pris les armes ; le légionnaire se donne une mission. La sauver de la folie. Mais Léa veut l’aimer, l’entraîner dans son monde, celui de l’autre Léa.

Ils ont en commun cette déchirure qui permet de commettre le pire au nom du meilleur.

La confrontation est au bout du chemin. Lequel des deux vaincra ?

Vos #AvisPolar

  • Stef Eleane 25 avril 2019
    Je maudis le jour - Anna-Véronique El Baze

    Je maudis le jour est un roman qui se dévore, mais attention je vous mets en garde, il faut lire le premier livre avant !

    Bien évidemment, si je vous dis cela c’est que je ne savais pas que c’était une suite lorsque j’ai commencé ma lecture. Autant parfois, cela n’est pas trop gênant, autant ici, on rate une grosse partie de la psychologie du personnage principal. L’antériorité de cette histoire est un point primordial pour comprendre pourquoi cette femme agit de cette façon et sa relation ambiguë avec le policier.

    Léa est une libraire de 39 ans, divorcée et mère d’une jeune fille qui est dans le coma. Elle a tout d’une femme insipide aux yeux du monde sauf dans ceux de Nicolaï Stefanovic. Ex-légionnaire, aujourd’hui SDF à Paris, il voit Léa comme une femme perdue qu’il faut sauver.

    En même temps, un tueur fou dézingue tout ce qui bouge. L’inspecteur Revel est persuadé que ce meurtrier n’est autre que notre gentille libraire.

    J’éradique les types qui brisent les femmes à force de les abreuver de mots, de fausses promesses, par indifférence, par négligence ou par perversion.

    Mon expérience de lecture est un peu faussée puisque comme je vous l’ai dit plus haut, il me manque une certaine dimension afin d’apprécier totalement la complexité de Léa. J’ai été, au début de ce roman, déstabilisé par son comportement. L’auteur met un peu de temps pour nous expliquer la situation, mais je rappelle que celle-ci est dans le premier roman.

    J’ai aimé énormément la plume de l’auteur et l’idée de nous offrir une femme qui agit comme un homme psychopathe. Cette femme qui file entre les doigts du lecteur et des policiers. Cette femme qui est complexe, insaisissable, versatile. Qui a une dualité. Qui est écorchée.

  • LilyRavioly 27 avril 2019
    Je maudis le jour - Anna-Véronique El Baze

    « Le mensonge, c’est comme les rêves, ça permet de façonner le monde, de le voir tel qu’on voudrait qu’il soit et de se voir dans le regard des autres tel qu’on voudrait être vu. »

    Roman des plus déstabilisants, Je maudis le jour met en lumière les contradictions de l’âme humaine.
    Le style n’est pas des plus conventionnels : un thriller un peu monté à l’envers, puisque l’on retrouve des personnages directement dans le feu de l’action. Nous savons dès les premières pages qui est l’auteur des meurtres, et nous savons également que l’enquêteur principal sait qui est le meurtrier, sans pour autant réussir à le prouver. L’intrigue n’est donc pas dirigée vers la recherche de l’identité de l’assassin, comme on peut le voir dans de nombreux romans policiers. Ici, on se concentre plus sur le meurtrier lui-même. Nous avons accès à ses pensées, livrées par petit bout. Et nous l’accompagnons tout au long de sa descente aux enfers. Ce roman nous fait plonger au cœur d’une folie sans nom, une folie insaisissable, incompréhensible. Elément central du roman, l’auteure nous dépeint à la perfection cette dualité, que chacun possède en soi, cette ligne rouge à ne pas franchir, cette frontière entre réalité et folie.
    Les actions s’enchaînent, sans laisser le temps au lecteur la possibilité de reprendre son souffle. Les chapitres sont courts, le rythme saccadé, les scènes de plus en plus insoutenable et le suspens tellement oppressant qu’il nous empêche de nous arrêter.
    Les personnages sont sombres et inquiétants, empreint d’une terrible fatalité. Tous blessés, ils nous émeuvent, et on se sent proche de leur fragilité.
    L’intrigue est bien menée, le sujet bien maîtrisé. L’écriture est pure, brute. Livrée noir sur blanc, sans fioritures, parfois crue mais toujours poignante, juste.

    Ce roman laisse un émerger étrange sentiment. Et pour cause. On ne ressort pas indemne d’une confrontation directe avec la plus noire des folies.

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