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L’interrogatoire de Sandrine Zorn et Alain Siméon

Bepolar : Comment est née l’idée de ce roman ? On retrouve vos personnages de Camille Jeanson et du capitaine Kravinsky. Vous aviez envie de poursuivre avec eux ? Quels rapports avez-vous avec ces deux personnages ?
Sandrine Zorn et Alain Siméon : La fresque est effectivement la suite directe de Mitragyna, bien que le livre puisse se lire indépendamment. Au cours de l’écriture, nous nous sommes attachés à ces deux personnages et lorsque nous avons décidé d’écrire un second roman, l’idée de continuer avec eux s’est imposée. Alors que Mitragyna est davantage accès sur la vie de Camille, La fresque se penche sur Silas. Nous avions laissé une zone floue dans l’histoire du capitaine Silas Kravinsky. Ce personnage a vécu un événement traumatisant qui est fondateur de son caractère, de son comportement et de ses choix de vie. La Fresque revient sur cet événement
Plus généralement, ce qui nous intéresse chez ces deux personnages, ce n’est pas tant leur personnalité (et ils en ont !) que leur relation. Leur rencontre les a obligés à s’interroger sur les choix qu’ils avaient faits par le passé. Camille et Silas se sont enrichis du point de vue de l’autre. Ce qui est intéressant dans le travail des personnages, c’est de les faire évoluer. De les confronter à une situation et de voir comment ils s’en sortent. Parfois, c’est amusant, ils nous échappent ! C’est plutôt bon signe, ça signifie qu’ils existent. Même pour nous.

Bepolar : L’intrigue parle notamment d’un lanceur d’alerte autour des malversations de son laboratoire pharmaceutique. Qu’est-ce qui vous intéressait chez les lanceurs d’alerte ?
Sandrine Zorn et Alain Siméon : Dans nos romans, on souhaite toujours avoir un ou deux thèmes de réflexion qui servent de support à l’intrigue. Dans Mitragyna, on évoquait la biopiraterie que les multinationales exercent sur les ressources naturelles des pays du sud et que les lois internationales peinent à empêcher. Dans La Fresque, on veut montrer les difficultés actuelles de notre société à diffuser une information de qualité. Dans notre monde globalisé, la concurrence entre les médias a uniformisé l’information. Les moyens techniques ont accéléré la circulation de l’information au point où les journalistes d’investigation n’ont plus le temps et les moyens pour pousser à fond leurs enquêtes. Si on ajoute à cela Internet et les réseaux sociaux qui transforment un quidam en éditorialiste, on a la recette complète pour la fabrication de fake-news. Les lanceurs d’alerte sont alors apparus, comme une forme d’expression et de dénonciation. Ils sortent du cadre en criant assez fort pour qu’on ne puisse plus taire certains scandales. Pour leur conscience et une poignée de gens, ils sont des héros, mais pour d’autres, ils ne sont que des traîtres, des voleurs. Cette démarche demande une abnégation totale : ils perdent leur boulot, risquent d’être poursuivi en justice… Ça doit être une décision particulièrement difficile de tout remettre en question, pour soi mais surtout pour ses proches. Comment ne pas trouver ces gens intéressants ?

Bepolar : Vous parlez aussi d’écologie, de santé, de justice... Beaucoup de sujets très actuels. Vous aviez envie de porter une forme de message ?
Sandrine Zorn et Alain Siméon : Ce sont des thèmes universels, qui portent des valeurs qu’on a malheureusement mises de côté. On ne parlera jamais assez d’écologie. Toutes les occasions doivent être utilisées pour faire comprendre à l’homme qu’il doit être respectueux de son environnement, qu’il fait parti d’un tout dont l’équilibre est en train de dangereusement changer, par sa faute. Le virus actuel nous montre que nous ne sommes pas tout-puissants et qu’acheter une nouvelle bagnole et des tas de gadgets électroniques n’est pas ce que nous faisons de plus intelligent. Pour autant, on ne doit pas négliger les aspects économiques et sociaux qui font fonctionner notre société. Toutes ces questions sont très compliquées et donc passionnantes. C’est aussi ce que l’on cherche à montrer dans La Fresque : à chaque point de vue, on tente d’opposer un point de vue différent.

Bepolar : Comment avez-vous construit votre roman avec toutes ces thématiques (sans oublier évidemment les meurtres) ? Vous travaillez en duo. Comment vous répartissez vous le travail ?
Sandrine Zorn et Alain Siméon : Nous nous connaissons depuis une trentaine d’années ; donc on a une grande complicité et des centres d’intérêts communs. On apprécie tous les deux le polar et le roman noir, et ce d’autant plus qu’ils dénoncent les dérives de notre société. Donc sur la forme, on est vite d’accord. Et pour les thématiques, ce n’est pas difficile non plus : on parle de ce qui nous intéresse. Dans La Fresque, en plus de tout ce que l’on a déjà évoqué, nous avions aussi la volonté de faire une place au street art, (comme le montre la couverture du livre). En plus d’embellir nos villes, c’est aussi un moyen de revendication, qui vient s’insérer dans notre thématique de l’information.
Concrètement, on a commencé par construire un plan assez détaillé de l’intrigue et on s’est partagé les scènes à écrire selon nos affinités. Chacun restant libre d’imaginer ses scènes comme il le souhaite du moment qu’elles respectent la trame. C’est pour nous le moyen de se réserver des surprises. Dès qu’une scène est écrite, on l’envoie à l’autre, qui propose des corrections, on en discute. Le fonctionnement est très démocratique. On a un canevas, mais on ne s’interdit pas de s’en éloigner un peu ; l’objectif est de se faire plaisir, de surprendre l’autre. Les critiques entre nous sont très libres. L’avantage d’écrire ainsi à deux, c’est qu’on a immédiatement un regard critique sur la scène écrite et la possibilité de corriger le tir si ça ne va pas.

Bepolar : Est-ce qu’on retrouvera vos deux héros prochainement ?
Sandrine Zorn et Alain Siméon : Ce serait étonnant ! A priori, on devrait plutôt en créer de nouveaux. Il y a un certain confort à reprendre toujours les mêmes personnages. Le défi est d’en faire exister d’autres, qui soient différents et qui deviennent tout aussi attachants, crédibles pour nous et pour les lecteurs.

Bepolar : Le livre arrive en librairie, après un report avec le confinement. Comment avez-vous vécu cette période ?
Sandrine Zorn : Je suis allée piocher dans ma bibliothèque personnelle des livres que je voulais relire depuis très longtemps. C’est assez étrange, mais j’ai eu l’impression qu’on était dans une parenthèse, un moment statique et j’ai eu envie de relire des livres qui m’avaient marqués quand j’étais jeune : Orwell (1984), Kundera (La plaisanterie), Ellroy (Le dahlia noir), Dona Tartt (Le maître des illusions)… c’est toujours émouvant de se rendre compte que ces livres vous touchent encore, mais peut-être pas forcément pour les mêmes raisons. C’est la force d’un livre : savoir vous parler à différentes époques de votre vie.
Alain Siméon : Comme Sandrine, j’ai aussi relu un excellent roman, Saga (Tonino Benacquista) mais j’en ai surtout profité pour faire fondre ma PAL. Il faut dire qu’avec le report dû au confinement, les séances de dédicaces en librairie ou en salon ont toutes été annulées, ça laisse du temps pour la lecture ! Ne pas pouvoir promouvoir La Fresque activement est assez frustrant. Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot, dès que le virus nous laissera tranquille, nous retournerons à la rencontre des lecteurs.

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