L’interrogatoire de Franck Thilliez

Avec Sharko, Franck Thilliez a mis ses deux enquêteurs préférés dans une situation très délicate puisque cette fois ce sont eux les tueurs et complices.

Comment est née l’idée de Sharko ?
Franck Thilliez : De deux éléments essentiels. D’abord, l’envie de traiter le sujet du sang. C’est un thème qui m’intéresse depuis quelques années, et après avoir parlé des greffes d’organes, des virus, du sommeil, de la psychiatrie ou de la mémoire, il était temps d’approfondir le sujet, sous tous les angles : historique, scientifique, sociétal et mythologique. A partir de ces informations, j’ai construit l’intrigue policière. L’autre élément, tout aussi essentiel que l’enquête, était la volonté de mettre le couple Sharko/Henebelle en difficulté, comme je le fais à chaque livre. L’idée de les impliquer dans un crime, de leur faire franchir la ligne rouge, était extrêmement intéressante et excitante.

Quinze années qu’ils m’accompagnent, tout de même. Je suis capable d’en parler comme si je parlais d’amis ou de proches

Quel est votre lien avec vos deux personnages, Lucie Henebelle et Franck Sharko ?
Franck Thilliez : Ce sont des personnages que j’aime énormément, qui font aujourd’hui, je dirais, partie de ma vie ! Quinze années qu’ils m’accompagnent, tout de même. Je suis capable d’en parler comme si je parlais d’amis ou de proches, je les connais sur le bout des doigts. Ce qui est à la fois troublant et intéressant, c’est qu’ils existent également pour les lecteurs. Bien sûr, ils savent que ce ne sont que des êtres de papier, mais ils éprouvent de l’empathie pour eux, Franck et Lucie existent dans un petit coin de leur tête.

Y’a-t-il un plaisir particulier à les voir plonger dans les ennuis jusqu’au cou ?
Franck Thilliez : C’est le plaisir du romancier que de créer du drame. Sans drame, pas de moteur à l’histoire, pas d’intérêt, et pas d’envie d’écrire. Je dirais donc que oui, il y a une certaine forme de plaisir à les malmener, les pousser dans leurs retranchements. C’est dans la difficulté que ces personnages se révèlent et évoluent. C’est aussi, finalement, ce que les lecteurs aiment. Il n’y a rien d’intéressant à lire des scènes banales du quotidien avec le couple, sans autre enjeu. L’enjeu, c’est le piment que l’on verse sur le plat principal, c’est ce qui va créer l’excitation et donner l’envie de continuer à lire.

Les droits ont été cédés à la société de production française Escazal. L’idée est de créer une série en plusieurs saisons, chaque saison étant basée sur un roman.

Comment construisez-vous vos intrigues ?
Franck Thilliez : L’une des partie les plus importantes pour moi (et certainement la plus angoissante) est la recherche de l’idée du prochain roman. C’est une phase qui peut s’étendre sur deux mois, et qui n’est que spirituelle. A ce stade, les questions qui me traversent la tête sont nombreuses : Quel sera le thème du roman ? Les personnages, le lieu ? Huis clos, enquête policière ? Durant cette période, je lis beaucoup, fouille sur Internet sans but précis, regarde des reportages, les informations. à un moment, arrive l’impression de tenir une piste intéressante. Alors, je me mets à creuser cette piste, à me documenter. C’est aussi à ce moment-là que se mettent en place l’intrigue, les personnages, les rebondissements. La documentation apporte des éléments à mon histoire, et les éléments à mon histoire demandent de la documentation... Une fois tout ceci en place (donc au bout d’environ 6 mois), le roman est prêt, ne reste plus qu’à l’écrire.

Est-ce qu’on verra ce livre un jour sur grand ou petit écran ?
Franck Thilliez : Cela est fort possible, puisque les droits ont été cédés à la société de production française Escazal. L’idée est de créer une série en plusieurs saisons, chaque saison étant basée sur un roman. Pour le moment, nous commençons à écrire la première saison d’environ 10 épisodes, qui sera tirée du Syndrome E et Gataca réunis.

Sur quoi travaillez-vous, quels sont vos projets ?
Franck Thilliez : Sur l’adaptation en série, justement, et sur un prochain texte, qui sera un roman "unitaire". En octobre, sortira une BD thriller pour les 10-14 ans, chez les éditions Jungle, dont j’ai écrit le scénario. Elle s’intitulera "La brigade des cauchemars".

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