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Franck Thilliez nous parle d’Il était deux fois !

BePolar : Comment est née l’idée de Il était deux fois, vous aviez envie de tirer le fil du Manuscrit Inachevé ?
Franck Thilliez : L’histoire est née d’un personnage, ou plutôt, d’une pathologie qui allait me permettre de créer le personnage. Cette pathologie, c’est l’amnésie psychogène rétrograde (pas le terme qu’on emploie tous les jours), c’est à dire les personnes qui oublient toute une partie de leur vie, suite la plupart du temps à un événement traumatique. Vous pensez vous réveiller le jour de vos 20 ans, vous en avez en réalité 35 ! Pour les romanciers, une telle caractéristique est une source d’inspiration inépuisable, qui permet de bâtir à la fois un personnage fort, attachant, mais aussi vulnérable.

Quant au lien avec le Manuscrit inachevé, il s’est créé au moment où j’imaginais cette histoire. J’avais laissé des portes ouvertes dans Le Manuscrit, en me disant, sait-on jamais, peut-être un jour… C’était ici l’occasion. Dans « Il était deux fois », je passe de l’autre côté de ces portes et exploite ce qui se trouve derrière.
Je précise que les deux livres peuvent être lus complètement indépendamment. Mais quand on lit "Il était deux fois", en ayant lu Le Manuscrit inachevé , il se dégage une jouissance encore plus forte dans la lecture. Les nouveaux lecteurs, eux, ne décèleront pas ce lien mais cela ne gâchera en rien leur lecture.

BePolar : Comment voyez-vous Gabriel Moscato, le père de Julie qui a disparu en 2008 ? Comment pourriez-vous nous le présenter ?
Franck Thilliez : Gabriel est le personnage qui subit la rudesse du genre « thriller/suspense » par excellence, c’est-à-dire que dès le début du livre, de graves problèmes lui tombent dessus les uns à la suite des autres, sa vie s’effondre, et il va devoir surmonter toutes ces épreuves au fil des pages. Va-t-il y parvenir ? Réussira-t-il à retrouver sa fille disparue ?
C’est un père doté d’une force mentale incroyable, qui n’a jamais perdu espoir de connaître la vérité. Il faut imaginer le choc qu’il subit, lorsqu’il pense se réveiller en 2008, son époque de « la veille », alors qu’il est en 2020 ! Ce qui implique que sa fille n’a pas disparu depuis 15 jours, mais 12 ans ! N’importe qui aurait abandonné le combat. Pas lui.

Chaque personnage, le temps de l’écriture, devient comme un ami

BePolar : Quel lien avez-vous avec vos personnages, que ce soit Moscato ou Franck Sharko ?
Franck Thilliez : Les liens sont toujours très forts, je passe au moins un an de ma vie avec chaque personnage, le temps de l’écriture, il devient comme un ami, et même les grands méchants ne sont pas mes ennemis : on doit être proches de ses personnages pour qu’ils soient crédibles, humains, et loin des stéréotypes. Un bon méchant, c’est synonyme d’un bon roman. Pour Sharko, c’est encore plus fort, puisque ça fait plus de 15 ans qu’il m’accompagne, le jour comme la nuit (il m’arrive de rêver de lui !). J’aime beaucoup le retrouver pour de nouvelles histoires, mais j’apprécie également de l’abandonner un peu, parfois, pour écrire autre chose. Sharko a besoin de s’éloigner de moi, comme j’ai besoin de m’éloigner de lui, pour qu’on se retrouve mieux ensuite !
J’aime beaucoup Gabriel Moscato pour son combat et le chemin qu’il parcourt dans ‘Il était deux fois’. Le genre de personnage qui pourrait poursuivre son aventure dans d’autres romans, même si ce n’est pas prévu.
 

© Melania Avanzato

BePolar : Le roman tire vers l’horreur, en tout cas il est plutôt sombre. Vous aviez envie de quelque chose de plus noir ?
Franck Thilliez : Je n’ai pas l’impression qu’il soit plus noir qu’un autre, tous mes livres abordent des thèmes sombres voire extrêmes, avec des personnages prêts à tout pour parvenir à leurs fins. Trafic d’organes, manipulations génétiques, expérimentations sur l’humain sont des sujets qui ne sont pas gais. Ici, j’aborde autre chose, à la fois viscéral et cérébral, qui démontre jusqu’à quel point l’homme peut aller pour assouvir ses ambitions ou ses bas instincts. Il y a également quelques scènes fortes, visuellement et émotionnellement, destinées à donner un bon petit coup de fouet au lecteur, mais ça, je le fais à chaque roman !

BePolar : L’intrigue est complexe et elle fait des détours. On se laisse vraiment happer par le récit. Comment construisez-vous vos intrigues ?
Franck Thilliez : J’étais ingénieur en informatique, donc la complexité, ça me connais et j’aime ça. Il en va de même pour les lecteurs, qui lisent ce genre « thriller » pour être confrontés à ce labyrinthe cérébral qui, souvent, les ravit. Mais « complexité » ne veut pas dire « ne rien comprendre », c’est un subtil dosage entre une intrigue bien construite, des personnages forts, des décors surprenants et angoissants, le tout s’entremêlant pour emprisonner le lecteur. J’aime bien écrire des histoires qui ne soient pas juste linéaires, avec un point A et un point B, mais constituées de trames entrecroisées, de « vraies » fausses pistes (pas juste des astuces scénaristiques), de révélations permanentes. Il faut donc avoir une certaine logique de construction, qui, me concernant, se passe longtemps avant que j’écrive la première ligne. Ce n’est pas le genre d’histoire qui s’improvise au fil de l’écriture…

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Photo de Melania Avanzato

BePolar : On sent un univers plus vaste. Y’aura-t-il d’autres histoires au sein de cet univers ?
Franck Thilliez : Mes livres ne sont jamais « mono idée », je n’hésite pas à y glisser toutes les idées qui m’ont traversé la tête pendant ma phase de réflexion, et qui peuvent évidemment s’imbriquer dans l’histoire. Je pourrais me dire « Cette idée est trop bonne pour que je l’écrive maintenant dans ce livre, je vais la garder pour une autre histoire, afin de ne pas la gâcher », mais je préfère être généreux et exploiter l’idée là, maintenant, elle ne fera qu’enrichir mon histoire. J’ai souvent vu, au sujet de mon recueil de nouvelles «  Au-delà de l’horizon  », des commentaires qui expliquaient que chaque idée de nouvelle aurait pu faire un livre. Dans ce cas, est-ce que cela signifie qu’il faut garder les bonnes idées pour les romans, et les mauvaises pour les nouvelles ? Je suis toujours parti du principe qu’une bonne nouvelle, c’est une bonne idée. Sinon, autant ne pas en écrire…
Donc, l’univers de « Il était deux fois  » est vaste, les ramifications nombreuses, il n’est pas impossible de retrouver, un jour, des éléments de ce roman dans d’autres histoires, même si ce n’est pas d’actualité.


© Melania Avanzato

BePolar : Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Quel sera votre prochain roman ?
Franck Thilliez : Je travaille sur une prochaine histoire avec Sharko, qui sera très surprenante ! Mais je préfère garder le suspense pour le moment, c’est encore loin ! Je continue à développer les BD de « La brigade des cauchemars  », avec Yomgui à l’illustration et Drac à la couleur, et avec mon ami co-scénariste Niko Tackian, nous poursuivons l’aventure Alex Hugo sur France 2. Alex Hugo, c’est notre bébé et on l’aime beaucoup !

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