L’interrogatoire de Hervé Jourdain

Comment est née l’idée de Femme sur écoute ?
Hervé Jourdain : L’idée est née il y a quelques années, sur mon lieu de travail, un casque sur les oreilles en train d’écouter les conversations de la femme d’un voyou qui était en fuite. Pénétrer dans la vie d’une personne peut être source de beaucoup d’informations pour un policier. Et pour le pervers, pour le véreux, cela peut vite devenir jouissif et source de manipulation.

En tant qu’ancien enquêteur, je refuse de tricher avec l’enquête.

Que pouvez-nous nous dire sur votre trio policier : Compostel, Kaminski et Lola Rivière ? Comment les voyez-vous ?
Hervé Jourdain : Le commissaire divisionnaire Hervé Compostel et la jeune Lola Rivière ont leurs failles. Le premier, qui dirige un service d’une centaine de personnes chassant le crime, n’a pas été capable de détecter la fragilité de son fils Alexandre, lequel a fini par se suicider. La seconde est touchée par une maladie qu’elle tente de cacher mais qui la handicape au quotidien. Ces deux personnages vont apprendre à se connaître et finir par s’entraider et se soutenir dans l’adversité. Le commandant et chef de groupe Kaminski, lui, fait partie de la « vieille école ». Peu tolérant avec les femmes dans la police, il n’aura de cesse de mettre des bâtons dans les roues de sa jeune collaboratrice. Bien entendu, ces trois personnages sont totalement fictifs !

Comment avez-vous composé votre intrigue ? Vous avez un plan très minutieux ?
Hervé Jourdain : Ce roman est une fiction qui s’appuie sur un réalisme procédural. En tant qu’ancien enquêteur, je refuse de tricher avec l’enquête. Par conséquent, je visse, j’ajuste toutes mes idées afin de ne pas me trouver dans une quelconque impasse à un moment de l’écriture. Ce temps de préparation, de maturation, dure plusieurs mois, j’établis un canevas de plusieurs dizaines de pages qui sera mon guide, mon fil conducteur tout au long de la phase d’écriture.

C’est un lieu qui représente 14 ans de ma vie

Il y a des histoires dans l’histoire. C’est un plaisir de suivre et de nouer plusieurs fils d’intrigue dans un même roman quand on est écrivain ?
Hervé Jourdain : C’est effectivement un plaisir de mettre le doute dans l’esprit du lecteur, de l’entendre dire « mais où m’emmène-t-il ? ». Mais c’est surtout un devoir. J’avais à cœur de parler de la manipulation, celle d’un individu en particulier (Manon Legendre, strip-teaseuse dans un night club parisien) mais aussi celle des esprits via le contrôle des médias. D’où plusieurs intrigues qui s’entremêlent.

Un petit mot sur le 36 quai des Orfèvres qui déménage prochainement. Que représente ce lieu pour vous ?
Hervé Jourdain : C’est un lieu qui représente 14 ans de ma vie, des rencontres, des amitiés qui se sont nouées au gré d’enquêtes complexes et chronophages. C’est un lieu que l’on investit, que l’on habille, une deuxième maison, une deuxième famille, un lieu impénétrable où on sépare le bon grain de l’ivraie. On s’y sent utile, on y sèche les larmes, on met des mots sur des douleurs, des colères, on y répare. Et le soir venu on débriefe, parfois sur les toits glissants du 36 avec vue panoramique sur la capitale, éclairés par les bateaux-mouches remplis de touristes qui découvrent une île de la Cité pas tout à fait endormie.

Sur quoi travaillez-vous, quels sont vos projets ?
Hervé Jourdain : Hervé Compostel et Lola Rivière, désormais installés dans les nouveaux locaux du « 36 » en périphérie de la ville, enquêtent sur la
disparition de la femme du commandant Desgranges. Cette affaire les
mène très loin de Paris, dans le parc naturel des Ardennes où les cadavres de femmes semblent pulluler. Comment sont-elles mortes ? Pourquoi les Ardennes ? Voici deux mystères à percer…

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