La Compassion du diable - Fabio M. Mitchelli

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Résumé :

1963 - Une nuit dans l’Ohio... impulsive. Suivront des corps, dans des barils en plastique. 1981 - Deux enquêteurs, hantés par leur passé. Le cannibale de Cleveland... et vous. Votre compassion... celle pour le diable.

Vos avis

  • Nicolas Elie 11 septembre 2017
    La Compassion du diable - Fabio M. Mitchelli

    T’as vu, en général, je laisse passer un peu de temps avant de te dire ce que je pense d’un bouquin. Ça permet de digérer les mots.

    Là, y a rien à digérer.

    C’est un roman abouti, comme ils disent les chroniqueurs.

    C’est quoi-t-est-ce un roman abouti ?

    Un roman où y a rien à ajouter, et surtout, rien à enlever.

    Un roman que tu prends en mains et que t’as du mal à lâcher.

    Un roman qui t’emmène quelque part, et qui fait exister les gens qui marchent dedans.

    C’est ça.

    Deux façons de voir les choses.

    Ça change un peu des enquêtes politico-sociales vu à travers les yeux des flics.

    J’aime bien avoir le point de vue du tueur parce que lui aussi, il a des choses à dire, des choses à expliquer, à nous expliquer. Pourquoi il est ce qu’il est, comment il est arrivé à être un tueur en série.

    « Pas de ma faute ! » il te dit.

    D’accord, mais quand même.

    Il y a de la bouffe, je te précise pas laquelle, il y a des viols, de la nécro…

    C’est chaud.

    Même quand comme moi, t’es habitué à des horreurs au quotidien, il y a parfois des images, comment dire… Pire qu’à la télé.

    Tu vois ?

    En revanche, il y a rien de gratuit. Pas de détails scabreux qui ne servent à rien. Tout est nécessaire pour que tu piges bien qui est en face de toi.

    Super boulot d’écriveur.

    Super idée de mêler ces trois histoires qui ont toutes en commun la même chose que je vais pas te dire. Tu le liras.

    En revanche, je peux te dire que la différence entre un flic et un tueur en série, elle est pas forcément aussi grande que tu imagines. Il suffit peut-être d’un rien.

    D’une bascule.

    D’un peu de compassion.

    Même si la compassion, t’as parfois du mal. T’as du mal, parce que Fabio, il s’est inspiré de faits réels.

    L’histoire de Jeffrey Dahmer. Le cannibale de Milwaukee. Il a utilisé toutes les perversions de ce type et les a attribuées à son tueur à lui.

    Pour ça que tout à l’heure, je t’ai dit que c’était chaud.

    Parce que tu fais le parallèle systématique entre l’imagination et la réalité.

    La réalité, elle est plus violente que ce que t’as dans la tête.

    T’as vu ça y a pas longtemps.

    Là, tu plonges dans le noir.

    Pas de lumière.

    Pas une seule étoile pour éclairer ton chemin.

    T’es dans la nuit la plus complète.

    Celle de l’esprit d’un tueur.

    La folie ?

    Même pas vrai.

    La folie ne justifie sûrement pas ce que tu vas lire, ce qui est arrivé dans la vraie vie des gens qu’il a croisés, le Diable.

    Rien ne le justifie.

    Rien.

    Alors fais gaffe.

    Le diable, c’est peut-être le type que tu croises le matin, juste avant de monter dans ta bagnole ou sur ton vélo, quand tu pars au boulot.

    Tu sais, celui qu’a l’air sympa, mais un peu bizarre quand même.

    Ou c’est peut-être celui que t’as remarqué, sur Facebook, et qui te met un like dès que tu publies un truc.

    Tu vois qui je veux dire ?

    T’as les chocottes maintenant ?

    Ben ouais.

    J’ai pas lu de rédemption dans ce bouquin.

    Sans doute parce que le Diable, la rédemption, il s’en tape.

    Sans doute.

    Ils sont trois à te faire triturer les méninges.

    Victoria, Freddy, et Blake.

    Victoria, une enfance difficile.

    Freddy, une enfance difficile.

    Blake, une enfance difficile.

    Et la tienne ?

    Je te demande ça comme ça.

    Pour savoir.

    Tu vas te faire des heures supplémentaires de tournage de pages.

    Tu verras.

    Un défaut ?

    À force de répéter les mêmes gestes, tu finis presque par t’y habituer.

    Tu sais, tu drogues, tu violes, tu démembres, tu bouffes…

    Un dernier truc.

    Souvent je râle parce que les couv sont pas terribles.

    Celle-ci, elle est sympa.

    Donc ma conclusion.

    Bon bouquin. Vraiment.

    Pas subjugué par l’écriture, dans le sens où il n’y a pas ce style qui te fait dire, putain, ça c’est du Mitchelli, mais, plus sérieusement, si la totalité de l’édition française était de cette qualité-là, je recommencerais à croire en l’humanité…

    J’aurais aimé plus de psy. Aller voir plus loin dans le cerveau du mec.

    Ouais.

    Ça, j’aurais aimé et on serait passé près du chef-d’œuvre.

    Si tout le bouquin avait été de cette qualité que je te donne à lire :

    « Il est inerte. C’est un embryon de quatre semaines qui danse encore dans le ventre de sa mère,

    un zygote évolué qui cherche encore à se développer, comme s’il fallait déjà qu’il sauve sa peau au détriment de la vie des autres (…)

    Son cerveau, comme une éponge sèche, se gonfle des informations qu’il perçoit depuis ce monde qui se trouve avant le monde,

    depuis le seuil de cette porte qui le conduira dans quelques mois au point zéro de son existence terrestre.

    Les informations ne sont que violences, hurlements, terreur.

    Il perçoit les chocs, les vibrations des coups qui pleuvent sur sa mère.

    Les prémices de son destin s’articulent lentement dans sa gangue de chair et de sang,

    les balbutiements de sa vie prochaine, cette vie de dangereux criminel, celui qu’il deviendra, celui qu’il sera…

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