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Malevil - Christian de Chalonge

Les pépites du polar

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Résumé :

La fin de l’été dans un petit village, une journée en apparence comme les autres et pourtant... Alors que le maire et quelques élus locaux se réunissent pour débattre d’un sujet administratif, cloitrés dans une profonde cave, une incroyable explosion se fait ressentir. Après avoir retrouvé leurs esprits, le petit groupe remonte à la surface et font face à un véritable désastre : d’origine nucléaire personne d’autre ne semble avoir survécu...

Une robinsonnade post-apocalyptique dans le cinéma français, c’est suffisamment rare pour susciter la curiosité. Et pourtant, si le septième art hexagonal n’a pas été prolixe en la matière (on citera La Jetée ou Le Dernier Homme), la littérature a engendré des classiques au vingtième siècle. Tout le monde sait à quel point René Barjavel a été un écrivain majeur de science-fiction. Mais il y a aussi Robert Merle, le fameux auteur de Week-end à Zuydcoote qui lui valut le prix Goncourt en 1949. Vingt-trois ans plus tard, le même signe un récit de fin du monde, allégorie d’une angoisse existentielle, celle d’un homme qui a connu la Seconde Guerre mondiale et l’avènement de l’âge nucléaire, avec les terrifiantes bombes d’Hiroshima et Nagasaki. Christian de Chalonge en propose une libre adaptation : il conserve les protagonistes, mais change bien des éléments de l’histoire, de sorte que Merle, mécontent de la version sur grand écran, ne voudra pas voir son nom associé à cette oeuvre.

Il s’agit pourtant d’un long métrage particulièrement mémorable, dès l’impressionnante scène inaugurale dans la cave, où les héros tentent de survivre, sans un bruit, accablé par la chaleur qu’a engendrée l’explosion nucléaire, jusqu’à leur tentative de recomposer une société, dans un environnement de fin du monde, où seul mugit un vent continu, tandis que, d’abord, tombent sans discontinuer les débris causés par l’explosion gigantesque (impressionnants décors de Max Douy pour son avant dernier long métrage).

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La rareté des paroles dans la première demi-heure de Malevil contribue à renforcer l’effet de sidération qui, par capillarité, se diffuse des protagonistes aux spectateurs. La suite de l’histoire est la lente reconstruction d’une communauté d’hommes, dévolus à des gestes de première nécessité (manger, boire, s’abriter), la mise en scène ayant le bon goût de rester aussi minérale que les paysage lunaires dans lesquels errent ces fantômes d’une vie d’avant. Puis le film adopte un principe propre au récit d’anticipation, avec une dominante largement dystopique, qui s’incarne dans une lutte entre des groupes humains redevenus tribaux.
Servis par d’excellents acteurs, Malevil constitue un jalon important dans le cinéma de science-fiction français.

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