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En quatrième vitesse de Robert Aldrich

Les pépites du polar

"En quatrième vitesse" ne pouvait que commencer dans le noir complet, par une de ces nuits si sombre que même sur la route en plein phare, il faut s’y reprendre à deux fois pour distinguer une silhouette se détachant de l’asphalte. C’est justement ce qui arrive au détective privé Mike Hammer, qui prend en auto-stop une jeune femme, Christina, évadée d’un hôpital psychiatrique et recherchée par la police. Elle lui raconte avoir été emprisonnée, que ses vêtements lui ont été dérobés par des tortionnaires afin qu’elle ne leur échappe. Très vite, un véhicule déboule de nulle part et contraint Mike à stationner. Assommé par des ravisseurs, il est réveillé par la mise à mort de Christina. Réinstallé aux côtés du cadavre dans l’habitacle de la voiture, le protagoniste assiste impuissant à leur chute depuis une falaise. Blessé mais bien vivant, poursuivi par des hommes effrayants, Mike va mener l’enquête...

On se souvient d’« En quatrième vitesse » comme au sortir d’un rêve tourmenté. Comme le personnage et central, le spectateur ne sait ni ce qu’il poursuit ni ce qui le prend en chasse. L’équation est énigmatique et fascinante. Du reste, pourquoi ce long-métrage est-il incontournable ?

Parce que c’est une œuvre culte

Hantée par la violence, parsemée de femmes fatales comme autant de vamps irrésistibles, "En quatrième vitesse" est un polar à la fois malaisant et sexy. Il y a fort à parier que le réalisateur David Lynch, au travers de ses films "Lost Highway" et "Mulholland Drive" (que cela soit s’agissant de la fascination pour route, la nuit, les boîtes étranges ou encore les créatures désirables), a largement été influencé par ce chef d’œuvre d’Aldrich. En tout point paranoïaque, ce thriller étourdit par son rythme syncopé et son final hallucinant.

Parce que Mike Hammer, flic raté et singulier

Adaptation du best-seller éponyme de Mickey Spillane, "En quatrième vitesse" en respecte le déroulé excepté pour son personnage central, Mike, auquel le cinéaste Robert Aldrich attribue un comportement digne d’un psychopathe. Sous l’influence du scénariste Bezzerides, le détective en ressort plus insensible, irascible et misanthrope. Deux éléments essentiels du roman changent aussi : le décor passe de New York à la côte ouest, et le fameux sac contenant de la drogue devient une boîte étrange ayant quelque chose à voir avec le cauchemar nucléaire. À l’instar de Mike Hammer, nébuleux et pernicieux, rien ne se donne comme évidence dans "En quatrième vitesse". Et c’est justement ça qui donne au film toute sa puissance.

Parce que sa construction est remarquable

Avec son scénario à dormir debout à la Hitchcock, "En quatrième vitesse" aurait pu facilement s’empêtrer dans un écheveau absurde et s’effondrer de lui-même. Pourtant, ses scènes prodigieuses s’enchaînant sans répit démontrent qu’il n’en est rien. Mieux : dès son générique (vingt plans stupéfiants et angoissants focalisés sur Christina, la jeune femme perdue sur la route), le ton magistral est donné. L’intrigue, propulsée par une mise en scène ultra maîtrisée et soignée, contrecarre systématiquement les pronostics du spectateur.

Pour sa tonalité mystique et universelle

Là où dans le roman Mike réussit à s’extraire du véhicule avant qu’il ne tombe dans la ravine, il n’en est rien dans le film. En cela, le cinéaste Robert Aldrich fait du détective un ressuscité (la référence à Lazare est formulée dès le réveil dans l’hôpital). Dès lors, la violence et la mort deviennent omniprésentes et ne cessent de rappeler le film à ses références mythiques et quasi surnaturelles. Le fantastique dévore le long-métrage jusqu’à sa dernière scène, l’un des plus grands twists du cinéma. Il n’est contrairement aux idées reçues pas question d’apocalypse mais plutôt du symbole d’un mal consubstantiel à l’humanité et auquel il faudrait continuellement faire face. Périlleux programme, au croisement de la philo et des mythes (Pandore, notamment).

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